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chantoon - 16 janvier 2014 05:47

scoubidou51
Il pleut â â â
Jâentends le bruit Ă©gal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous lâaverse ;
Le deuil de lâair afflige les oiseaux.
La bourbe monte et trouble la fontaine,
Et le sentier montre Ă nu ses cailloux.
Le sable fume, embaume et devient roux ;
Lâonde Ă grands flots le sillonne et lâentraĂźne.
Tout lâhorizon nâest quâun blĂȘme rideau ;
La vitre tinte et ruisselle de gouttes ;
Sur le pavé sonore et bleu des routes
Il saute et luit des Ă©tincelles dâeau.
Le long dâun mur, un chien morne Ă leur piste,
Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ;
La terre est boue et le ciel est brouillard ;
Lâhomme sâennuie : oh ! que la pluie est triste !
René-François Sully Prudhomme
martinemdh
De la gentillesse.
Le mot gentillesse me vient Ă lâesprit
Et dĂ©crit mes potes avec qui jâĂ©tais rĂ©unis
Sous le ciel azuré de Nice et nuageux
De Bruxelles, jâĂ©tais un gamin heureux
Qui retrouvait la frivolité de ma jeunesse,
Loin des maux habituels de la vieillesse,
Quelques moments de pur enchantement
Qui suspendaient les soucis et le temps.
Quelquâun a justement dit que la gentillesse
Est lâintelligence de lâesprit, pleine de tendresse
Et de paix, elle ouvre les portes à la bonté,
Lâamour, la tolĂ©rance et Ă©loigne la mĂ©chancetĂ©
Que toutes les religions, les saintes priĂšres
Nâont pas rĂ©ussie Ă Ă©liminer et en derniĂšre
Analyse, je dis que la gentillesse est le langage
Universel de la sérénité que seul parle le sage
martinemdh
FrĂšre Jacques, frĂšre Jacques,
Réveille-toi de ton sommeil d'hiver
Les fins taillis sont déjà verts
Et nous voici au temps de PĂąques,
FrĂšre Jacques.FrĂšre Jacques,
Hier au matin, malgré le froid,
Deux jonquilles, trois anémones
Ont soulevé leurs pétales roses ou jaunes
Vers toi,
Et la mĂ©sange Ă tĂȘte blanche,
Fragile et preste, a sautillé Sur la branche de cornouiller
Qui vers ton large lit de feuillages mouillés
Se penche.
Et tu dors, et tu dors toujours,
Au coin du bois profond et sourd,
Bien que s'en viennent les abeilles
Bourdonner jusqu'au soir Ă tes closes oreilles
Et que l'on voie en tourbillons
RĂŽder sur ta barbe rigide
Un couple clair et rapide
De papillons.Pourtant, voici qu'Ă travers ton somme
Tu as surpris, dĂšs l'aube, s'en aller
Le cortÚge bariolé
Des cent cloches qui vont Ă Rome ;
Et, leurs clochers restant
Muets et hésitants
Durant ces trois longs jours et d'angoisse et d'absence,
Tu t'éveilles en écoutant
Régner de l'un à l'autre bout des champs
Le silence.Et secouant alors
De ton pesant manteau que les ronces festonnent
Les glaçons de l'hiver et les brumes d'automne,
FrĂšre Jacques, tu sonnes
D'un bras si rude et fort
Que tout se hùte aux prés et s'enfiÚvre aux collines
A l'appel clair de tes matines.
Et du bout d'un verger le coucou te répond ;
Et l'insecte reluit de broussaille en broussaille ;
Et les sÚves sous terre immensément tressaillent ;
Et les frondaisons d'or se propagent et font
Que leur ombre s'incline aux vieux murs des chaumiĂšres ;
Et le travail surgit innombrable et puissant ;
Et le vent semble fait de mouvante lumiĂšre
Pour frÎler le bouton d'une rose trémiÚre
Et le front hérissé d'un pùle épi naissant.
FrĂšre Jacques, frĂšre Jacques
Combien la vie entiĂšre Ă confiance en toi ;
Et comme l'oiseau chante au faĂźte de mon toit ;
FrĂšre Jacques, frĂšre Jacques,
Rude et vaillant carillonneur de PĂąques
scoubidou51
Oeufs de PĂąques
Voici venir PĂąques fleuries,
Et devant les confiseries
Les petits vagabonds s'arrĂȘtent, envieux.
Ils lĂšchent leurs lĂšvres de rose
Tout en contemplant quelque chose
Qui met de la flamme Ă leurs yeux.
Leurs regards avides attaquent
Les magnifiques Ćufs de PĂąques
Qui trĂŽnent, orgueilleux, dans les grands magasins,
Magnifiques, fermes et lisses,
Et que regardent en coulisse
Les poissons d'avril, leurs voisins.
Les uns sont blancs comme la neige.
Des copeaux soyeux les protĂšgent.
Leurs flancs sont faits de sucre. Et l'on voit, à cÎté,
D'autres, montrant sur leurs flancs sombres
De chocolat brillant dans l'ombre,
De tout petits anges sculptés.
Les uns sont petits et graciles,
Il semble qu'il serait facile
D'en croquer plus d'un Ă la fois ;
Et d'autres, prenant bien leurs aises,
Unis, simples, pansus, obĂšses,
S'étalent comme des bourgeois.
Tous sont noués de faveurs roses.
On sent que mille bonnes choses
Logent dans leurs flancs spacieux
L'estomac et la poche vides,
Les pauvres petits, l'Ćil avide,
Semblent les savourer des yeux.
Marcel PAGNOL
martinemdh
Une jolie ? Des gaines
Un crĂąne ? Des garnis
Un frigo ? Des givrés
Une moue ? Des goûters
Un brusque ? Des luges
Un ministre ? Des missionnaires
Une grosse ? Des panses
Un propos ? Des placés
Une cinglante ? Des routes
Un fùcheux ? Des agréments
Un patron ? Des spot
Un délicieux ? Des cerfs
Une bande ? Des cinés
Un sirop ? Des rĂąbles
Un argent ? Des tournées
Et ne pas oublier...!
Une biĂšre ? Des haltĂšres
scoubidou51
L'ange et le rameau đ±
Que ce rameau béni protÚge ta demeure !
L'ange du souvenir me l'a donné pour toi :
Toi qui n'aimes pas que l'on pleure,
Sois heureux, plus heureux que moi !
Ăcoute : Ă ce rameau j'attache une espĂ©rance :
L'ange qui me conduit sait mon cĆur comme toi ;
S'il a bien compris ma souffrance,
Sois heureux, plus heureux que moi !
J'ai respiré l'encens de ce vieux sanctuaire,
Et je m'y suis assise, et j'ai prié pour toi ;
Je n'ai dit que cette priĂšre :
Sois heureux, plus heureux que moi !
Pour passer prĂšs de toi j'ai fait un long voyage ;
Mais l'ange me rappelle et veut m'ĂŽter Ă toi.
Adieu... Donne-moi du courage :
Sois heureux, plus heureux que moi !
Marceline Desbordes-Valmore.
martinemdh
Que le soleil est beau quand tout frais il se lĂšve,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-lĂ qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rĂȘve !
Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pĂąmer sous son Ćil comme un cĆur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !
scoubidou51
Le moulin au printemps
Le chaume et la mousse
Verdissent les toits ;
La colombe y glousse,
L'hirondelle y boit ;
Le bras d'un platane
Et le lierre épais
Couvrent la cabane
D'une ombre de paix.
La rosée en pluie
Brille Ă tout rameau ;
Le rayon essuie
La poussiĂšre d'eau ;
Le vent qui secoue
Les vergers flottants,
Fait sur notre joue
Neiger le printemps.
Alphonse de Lamartine
martinemdh
« La tendresse »
On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Yâen a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas
On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Etre inconnu dans lâhistoire
Et sâen trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il nâen est pas question
Non, non, non, non
Il nâen est pas question
Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment
Le travail est nécessaire
Mais sâil faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien... on sây fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraĂźt long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long
Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et lâamour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
Lâamour ne serait rien
Non, non, non, non
Lâamour ne serait rien
Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On nâest plus quâun pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
Dâun cĆur qui nous soutient
Non, non, non, non
On nâirait pas plus loin
Un enfant vous embrasse
Parce quâon le rend heureux
Tous nos chagrins sâeffacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu...
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cĆurs
Des torrents de tendresse
Pour que rĂšgne lâamour
RĂšgne lâamour
JusquâĂ la fin des jour
scoubidou51
Le printemps donne Ă tout la vie. đ· đ đž
Le printemps donne à tout la vie et la beauté ;
Chaque tige a sa fleur ; chaque fleur est superbe ;
L'azur est souriant. La nature en gaßté
Met des trésors d'amour et de bonheur dans l'herbe !
Dans les arbres, songeurs profonds, germe le fruit :
La joie est par les airs ; tout est gonflé de sÚve ;
Et ce jour trouble plus le penseur que la nuit,
Car un plus grand mystĂšre entre dans son grand rĂȘve !
Dieu se laisse entrevoir, et sur des arbrisseaux,
Ătres souffrants que nul doux parfum ne console,
Une fleur vient d'éclore, un nid de passereaux :
Encore de l'amour au sein d'une corolle !
Jean Aicard.
martinemdh
CompĂšre le Renard se mit un jour en frais,
Et retint Ă dĂźner commĂšre la Cigogne.
Le rĂ©gal fut petit et sans beaucoup dâapprĂȘts :
Le galant pour toute besogne,
Avait un brouet clair ; il vivait chichement.
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette :
La Cigogne au long bec nâen put attraper miette ;
Et le drÎle eut lapé le tout en un moment.
Pour se venger de cette tromperie,
A quelque temps de lĂ la Cigogne le prie.
« Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie. »
A lâheure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hĂŽtesse ;
Loua trĂšs fort la politesse ;
Trouva le dĂźner cuit Ă point :
Bon appĂ©tit surtout ; renards nâen manquent point.
Il se rĂ©jouissait Ă lâodeur de la viande
Mise en menus morceaux, et quâil croyait friande.
On servit, pour lâembarrasser,
En un vase Ă long col et dâĂ©troite embouchure.
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer ;
Mais le museau du sire Ă©tait dâautre mesure.
Il lui fallut Ă jeun retourner au logis,
Honteux comme un renard quâune poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas lâoreille.
Trompeurs, câest pour vous que jâĂ©cris :
Attendez-vous Ă la pareille.
