
martinemdh
Quand va la vie est un collier
chaque jour est une perle
Quand va la vie est une cage
chaque jour est une larme
Quand va la vie est une forêt
chaque jour est un arbre
Quand va la vie est un arbre
chaque jour est une branche
Quand va la vie est une branche
chaque jour est une feuille
Quand va la vie c'est la mer
chaque jour est une vague
chaque vague est une plainte
une chanson un frisson Quand va la vie est un jeu
chaque jour est une carte
le carreau ou le trèfle
le pique le malheur
Et quand c'est le bonheur
les cartes de l'amour
c'est le cul et le coeur.
(Jacques Prévert, Fatras)
martinemdh
Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A de grands soleils
Couchants sur les grèves.
Paul Verlaine.
scoubidou51
Offrande
Au creux d’un coquillage
Que vienne l’heure claire
Je cueillerai la mer
Et je te l’offrirai.
Y dansera le ciel
Que vienne l’heure belle.
Y dansera le ciel
Et un vol d’hirondelle
Et un bout de nuage
Confondant les images
En l’aurore nouvelle
Dans un reflet moiré
Dans un peu de marée
Dans un rien de mirage
Au fond d’un coquillage.
Et te les offrirai.
Esther Granek
martinemdh
En l'honneur de la st Félicien
C'est dans un coin du bois d'Boulogne
Que j'ai rencontré Félicie
Elle arrivait de la Bourgogne
Et moi j'arrivai en taxi
Je trouvai vite une occasion
D'engager la conversation
Il faisait un temps superbe
Je me suis assis sur l'herbe
Félicie aussi
J'pensais les arbres bourgeonnent
Et les gueules de loup boutonnent
Félicie aussi
Près de nous sifflait un merle
La rosée faisait des perles
Félicie aussi
Un clocher sonnait tout proche
Il avait une drôle de cloche
Félicie aussi
Afin de séduire la petite chatte
Je l'emmenai dîner chez Chartier
Comme elle est fine et délicate
Elle prit un pied d'cochon grillé
Et pendant qu'elle mangeait le sien
J'lui fis du pied avec le mien
J'pris un homard sauce tomates
Il avait du poil au pattes
Félicie aussi
Puis une sorte de plat aux nouilles
On aurait dit une andouille
Félicie aussi
Je m'offris une gibelotte
Elle embaumait l'échalote
Félicie aussi
Puis une poire et des gaufrettes
Seulement la poire était blette
Félicie aussi
L'Aramon lui tournant la tête
Elle murmura "quand tu voudras"
Alors j'emmenai ma conquête
Dans un hôtel tout près de là
C'était l'hôtel d'Abyssinie
Et du Calvados réuni
J'trouvai la chambre ordinaire
Elle était pleine de poussière
Félicie aussi
Je m'lavai les mains bien vite
L'lavabo avait une fuite
Félicie aussi
Sous l'armoire y avait une cale
Car elle était toute bancale
Félicie aussi
Y avait un fauteuil en plus
Mais il était rempli d'puces
Félicie aussi
Et des draps de toiles molles
Me chatouillaient les guiboles
Félicie aussi
martinemdh
La vie sur terre est un passage
l'amour est un mirage
mais l'amitié est un fil d'or
qui ne se brise qu’après la mort
l'enfance passe ,la jeunesse suit
la vieillesse la remplace
puis la mort nous ramasse
la plus belle fleur du monde perd sa beauté
mais une amitié fidèle dure pour l'éternité
martinemdh
À beaucoup de danger est sujette la fleur,
Ou l'on la foule aux pieds ou les vents la ternissent,
Les rayons du soleil la brûlent et rôtissent,
La bête la dévore, et s'effeuille en verdeur :
Nos jours entremêlés de regret et de pleur
À la fleur comparés comme la fleur fleurissent,
Tombent comme la fleur, comme la fleur périssent,
Autant comme du froid tourmentés de l'ardeur.
Non de fer ni de plomb, mais d'odorantes pommes
Le vaisseau va chargé, ainsi les jours des hommes
Sont légers, non pesants, variables et vains,
Qui, laissant après eux d'un peu de renommée
L'odeur en moins de rien comme fruit consommée,
Passent légèrement hors du cœur des humains.
scoubidou51
Les lilas
Je rêve et je me réveille
Dans une odeur de lilas
De quel côté du sommeil
T'ai-je ici laissé ou là
Je dormais dans ta mémoire
Et tu m'oubliais tout bas
Ou c'était l'inverse histoire
Étais-je où tu n'étais pas
Je me rendors pour t'atteindre
Au pays que tu songeas
Rien n'y fait que fuir et feindre
Toi tu l'as quitté déjà
Dans la vie ou dans le songe
Tout a cet étrange éclat
Du parfum qui se prolonge
Et d'un chant qui s'envola
O claire nuit jour obscur
Mon absente entre mes bras
Et rien d'autre en moi ne dure
Que ce que tu murmuras
Aragon
martinemdh
Un jour " pluie de printemps " ce n'est pas un problème,
C'est l'onde bienfaisante pour les arbres et les fleurs ;
Ecoute les chanter ces choses que l'on aime,
Le jardinier du ciel arrose avec bonheur.
Tu sais bien que pour faire un si bel oasis,
Il faut également de la pluie, du soleil,
Le printemps offrira ses pervenches et ses lys
Et les anges joyeux en frétillent de l'aile.
Ecoute le ruisseau en bulles rondes et vives,
Il exprime sa joie d'être enfin frétillant…
Il conte à la feuillée sa douce joie de vivre,
Caressant les cailloux, les joncs en même temps.
Le printemps s'accrochant là-haut, au campanile,
Se penche satisfait, inspectant ses quartiers…
Il sait tous ses bosquets qui s'exaltent et frétillent,
Il sait tous les trésors des allées, des vergers.
Voici que sous l'auvent le chat cherche un abri,
Sur la tonnelle folle un étourneau
Se pose,
Ils regardent étonnés la danse de la pluie...
Ça sent bon le gazon où la bruine repose.
Un jour " pluie de printemps ce n'est pas un problème,
Nous irons toi et moi rechercher l'arc en ciel,
Sur les chemins mouillés nous chanterons quand même,
Guettant l'instant suprême de ce cadeau du ciel.
martinemdh
Victor HUGO
1802 - 1885
Chanson des oiseaux
Vie ! ô bonheur ! bois profonds,
Nous vivons.
L'essor sans fin nous réclame ;
Planons sur l'air et les eaux !
Les oiseaux
Sont de la poussière d'âme.
Accourez, planez ! volons
Aux vallons,
A l'antre, à l'ombre, à l'asile !
Perdons-nous dans cette mer
De l'éther
Où la nuée est une île !
Du fond des rocs et des joncs,
Des donjons,
Des monts que le jour embrase,
Volons, et, frémissants, fous,
Plongeons-nous
Dans l'inexprimable extase !
Oiseaux, volez aux clochers,
Aux rochers,
Au précipice, à la cime,
Aux glaciers, aux lacs, aux prés ;
Savourez
La liberté de l'abîme!
martinemdh
Savoir vieillir dans la tendresse
te souvenir de ta jeunesse
te redresser en maintenant
ton corps au mieux ,l'esprit gagnant
savoir vieillir l'air malicieux
l’œil,le cœur heureux pétillant
offrir du temps à ses amis
et apprécier toujours la vie
savoir vieillir avec courage
savoir vieillir sans renoncer
de faire enfin ce qu'il te plait
martinemdh
J’aimais
J'aimais les fées et les princesses
Qu'on me disait n'exister pas
J'aimais le feu et la tendresse
Tu vois je vous rêvais déjà
J'aimais les tours hautes et larges
Pour voir au large venir l'amour
J'aimais les tours de cœur de garde
Tu vois je vous guettais déjà
J'aimais le col ondoyant des vagues
Les saules nobles languissant vers moi
J'aimais la ligne tournante des algues
Tu vois je vous savais déjà
J'aimais courir jusqu'à tomber
J'aimais la nuit jusqu'au matin
Je n'aimais rien non j'ai adoré
Tu vois je vous aimais déjà
J'aimais l'été pour ses orages
Et pour la foudre sur le toit
J'aimais l'éclair sur ton visage
Tu vois je vous brûlais déjà
J'aimais la pluie noyant l'espace
Au long des brumes du pays plat
J'aimais la brume que le vent chasse
Tu vois je vous pleurais déjà
J'aimais la vigne et le houblon
Les villes du Nord les laides de nuit
Les fleuves profonds m'appelant au lit
Tu vois je vous oubliais déjà
