
Josephine22
MARINE
Je te regarde et le soleil grandit
Il va bientôt couvrir notre journée
Eveille-toi coeur et couleur en tête
Pour dissiper les malheurs de la nuit.
Je te regarde, tout est nu
Dehors les barques ont peu d 'eau
Il faut tout dire en peu de mots
La mer est froide sans amour
C'est le commencement du monde
Les vagues vont bercer le ciel
Toi tu te berces dans tes draps
Tu tires le sommeil a toi
Eveille-toi que je suive tes traces
J'ai un corps pour t 'attendre, pour te suivre
Des portes de l'aube aux portes de l'ombre
Un corps pour passer ma vie à t'aimer.
Un coeur pour rêver hors de ton sommeil.
Paul ELUARD
derniers poemes d amour
lhuron
MARINE .
L'Océan sonore
Palpite sous l'œil
De la lune en deuil
Et palpite encore ,
Tandis qu'un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D'un long zigzag clair ,
Et que chaque lame ,
En bonds convulsifs ,
Le long des récifs
Va , vient , luit et clame ,
Et qu'au firmament ,
Où l'ouragan erre ,
Rugit le tonnerre
Formidablement .
Paul VERLAINE : Poèmes saturniens.
lila
Le Coq et le Renard
Sur la branche d'un arbre était en sentinelle
Un vieux Coq adroit et matois .
Frère, dit un Renard adoucissant sa voix,
Nous ne sommes plus en querelle
Paix générale cette fois.
Je viens te l'annoncer ; descends que je t'embrasse ;
Ne me retarde point, de grâce :
Je dois faire aujourd'hui vingt postes sans manquer
Les tiens et toi pouvez vaquer,
ans ns nulle crainte à vos affaires :
Nous vous y servirons en frères.
Faites-en les feux dès ce soir.
Et cependant, viens recevoirLe baiser d'amour fraternelle .
Ami, reprit le Coq, je ne pouvais jamais
Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle
Que celle
De cette paix.
Et ce m'est une double joie
De la tenir de toi. Je vois deux Lévriers,
Qui, je m'assure, sont courriers
Que pour ce sujet on envoie.
Ils vont vite, et seront dans un moment à nous.
Je descends : nous pourrons nous entre-baiser tous.
Adieu, dit le Renard, ma traite est longue à faire,
Nous nous réjouirons du succès de l'affaire
Une autre fois. Le Galand aussitôt
Tire ses grègues , gagne au haut ,
Mal content de son stratagème ;
Et notre vieux Coq en soi-même
Se mit à rire de sa peur
Car c'est double plaisir de tromper le trompeur
Josephine22
MAGNIFIQUE poeme sur les oiseaux de mer..
je ne connaissais pas cet auteur
MERCI Ami LHURON
tu as beaucoup de beaux textes à nous faire découvrir 😊
j aurai demain
JE CONNAIS DES ILES LOINTAINES
de Louis BRAUQUIER..que j adore
l AU DELA DE SUEZ est malheureusement épuisé...
lhuron
HIRONDELLES DE MER .
La mer n'est plus terne ,
Le soleil renaît :
Car voici le sterne
Et le martinet .
Leurs pattes à peine
Se voient à leurs flancs .
Leur dos est d'ébène
Et leur ventre blanc .
Leur vol qui zigzague
Fuir , capricieux ,
Du ras de la vague
Au plus haut des cieux ,
Et , par lignes droites
Où vont s'allongeant
Leurs ailes étroites ,
Semble en y plongeant
Au bleu de l'espace
Comme au vert des eaux
Donner quand il passe
Des coups de ciseau .
Coupez , coupez ferme
Et d'un geste sûr
Le voile où s'enferme
Le timide azur .
Coupez de votre aile
Le brouillard dernier
Où le printemps frêle
Reste casanier .
Afin qu'il soit brave
Comme vous , oiseaux ,
Coupez son entrave
De vos noirs ciseaux .
Aux trous que vous faîtes
Qu'il regarde un peu
Sur la mer en fête
Le soleil en feu .
Et qu'il apparaisse ,
Délivré par vous,
Montrant la caresse
De ses grands yeux fous .
Jean RICHEPIN: la Mer .
lila
C'était l'hiver
Francis Cabrel
Elle disait "j'ai déjà trop marché"
Mon cœur est déjà trop lourd de secrets
Trop lourd de peines
Elle disait "je ne continue plus"
Ce qui m'attend, je l'ai déjà vécu
C'est plus la peine
Elle disait que vivre était cruel
Elle ne croyait plus au soleil
Ni aux silences des églises
Même mes sourires lui faisaient peur
C'était l'hiver dans le fond de son cœur
Elle disait que vivre était cruel
Elle ne croyait plus au soleil
Ni aux silences des églises
Même mes sourires lui faisaient peur
C'était l'hiver dans le fond de son cœur
Le vent n'a jamais été plus froid
La pluie plus violente que ce soir-là
Le soir de ses 20 ans
Le soir où elle a éteint le feu
Derrière la façade de ses yeux
Dans un éclair blanc
Elle a sûrement rejoint le ciel
Elle brille à côté du soleil
Comme les nouvelles églises
Mais si depuis ce soir-là je pleure
C'est qu'il fait froid dans le fond de mon cœur
Elle a sûrement rejoint le ciel
Elle brille à côté du soleil
Comme les nouvelles églises
Mais si depuis ce soir-là je pleure
C'est qu'il fait froid dans le fond de mon cœur
lhuron
L'APPEL DES PORTS .
La rade de Toulon , le port de Villefranche ,
Les Lérins aux yeux purs ,
Et Nice sur la côte aphrodisienne penchent
Des corbeilles d'azur .
L'escale de Ceylan , les nuits de Singapour ,
Les cuirassés d'Hakodaté ,
Dans un halo mouvant de lumière m'entourent
Et veulent m'emporter .
Eh bien ! c'est dit , je pars ; les grands embarcadères
Grinceront sous mes pas
Je donne rendez - vous au prochain hémisphère
Au café de l'endroit .
Nous vadrouillerons sur un rafiot de fortune
Pendant des mois sans fin ,
Nous irons voir comment se comporte la lune
Sur l'Empire abyssin .
Et nous découvrirons peut - être l' Atlantide
Sans le vouloir ,
Quelque part , par X degrés de latitude
D'un pays noir .
Vous resterez ici , dans vos maisons , à l'ancre ,
Vous penserez à nous ,
Dans les soirs d'or où le couchant comme un chancre
Et le ciel mou .
Et nous nous soûlerons d'angoissants paysages ,
Et des villes ensoleillées ,
S'approchent en nous voyant sur les rivages
Nous hanterons les quais
Lourds de clameurs , d'amour , de chaleurs odorantes
Et de noms étrangers ;
Notre équipe sera partout la plus violente ,
On entendra hurler
Nos voix dans les bordels , les grands soirs de bagarre
Sur la côte d'Asie ,
À Péra , Colombo , Hong Kong ; les plus bizarres
De nos amis
N 'auront fait que vingt fois le tour de la planète ;
Ceux qui riront de nous
Se feront assommer à coups de casse - tête.
Nous entrerons partout
Par la force des poings . Puis quand notre équipage
Rassasié de bourlinguer
Sous de lointains soleils , à travers les naufrages
Parlera de s'en retourner,
Un beau jour , nous vous reviendrons : lorsque la lune
Criera : " Marseille , sur bâbord !"
Vous verrez s'amarrer , vainqueur de la Fortune
Notre galion d'or .
Louis BRAUQUIER : Et l'au - delà de Suez
