Avatar lila

🐞 CITATIONS,TEXTES,POÉSIES,CHANTS QUE VOUS AIMEZ 🐞

lila - 3 mars 2020 17:29

Partages avec nous

🐞 CITATIONS,TEXTES,POÉSIES,CHANTS QUE VOUS AIMEZ 🐞

Avatar lila

lila3 mars 2020 17:29

Partages avec nous

avatar
Avatar Josephine22

Josephine22

13 juillet 2021 22:06
lila a écrit :
Et la Mère, fermant le livre du devoir,
S'en allait satisfaite et très fière sans voir,
Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,
L'âme de son enfant livrée aux répugnances.

Tout le jour, il suait d'obéissance ; très
Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits
Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.
Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,
En passant il tirait la langue, les deux poings
À l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.
Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe
On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,
Sous un golfe de jour pendant du toit. L'été
Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
À se renfermer dans la fraîcheur des latrines :
Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.
Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet
Derrière la maison, en hiver, s'illunait,
Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marne
Et pour des visions écrasant son oeil darne,
Il écoutait grouiller les galeux espaliers.
Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers
Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,
Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue
Sous des habits puant la foire et tout vieillots,
Conversaient avec la douceur des idiots !
Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,
Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,
De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.
C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment !

À sept ans, il faisait des romans, sur la vie
Du grand désert, où luit la Liberté ravie,
Forêts, soleils, rios*, savanes ! - Il s'aidait
De journaux illustrés où, rouge, il regardait
Des Espagnoles rire et des Italiennes.
Quand venait, l'oeil brun, folle, en robes d'indiennes,
- Huit ans, - la fille des ouvriers d'à côté,
La petite brutale, et qu'elle avait sauté,
Dans un coin, sur son dos, en secouant ses tresses,
Et qu'il était sous elle, il lui mordait les fesses,
Car elle ne portait jamais de pantalons ;
- Et, par elle meurtri des poings et des talons,
Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

Il craignait les blafards dimanches de décembre,
Où, pommadé, sur un guéridon d'acajou,
Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;
Des rêves l'oppressaient, chaque nuit, dans l'alcôve.
Il n'aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu'au soir fauve,
Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg
Où les crieurs, en trois roulements de tambour,
Font autour des édits rire et gronder les foules.
- Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles
Lumineuses, parfums sains, pubescences d'or,
Font leur remuement calme et prennent leur essor !

Et comme il savourait surtout les sombres choses,
Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,
Haute et bleue, âcrement prise d'humidité,
Il lisait son roman sans cesse médité,
Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,
De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,
Vertige, écroulement, déroutes et pitié !
- Tandis que se faisait la rumeur du quartier,
En bas, - seul et couché sur des pièces de toile
Écrue, et pressentant violemment la voile !

MAGNIFIQUE
Nous retrouvons notre RIMBAUD....😍
MERCI LILA


Rien de tel que la poésie et la grande musique pour les moments de tristesse 😘

Répondre·

Avatar lila

lila

13 juillet 2021 20:49

Et la Mère, fermant le livre du devoir,
S'en allait satisfaite et très fière sans voir,
Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,
L'âme de son enfant livrée aux répugnances.

Tout le jour, il suait d'obéissance ; très
Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits
Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.
Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,
En passant il tirait la langue, les deux poings
À l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.
Une porte s'ouvrait sur le soir : à la lampe
On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,
Sous un golfe de jour pendant du toit. L'été
Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
À se renfermer dans la fraîcheur des latrines :
Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.
Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet
Derrière la maison, en hiver, s'illunait,
Gisant au pied d'un mur, enterré dans la marne
Et pour des visions écrasant son oeil darne,
Il écoutait grouiller les galeux espaliers.
Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers
Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,
Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue
Sous des habits puant la foire et tout vieillots,
Conversaient avec la douceur des idiots !
Et si, l'ayant surpris à des pitiés immondes,
Sa mère s'effrayait ; les tendresses, profondes,
De l'enfant se jetaient sur cet étonnement.
C'était bon. Elle avait le bleu regard, - qui ment !

À sept ans, il faisait des romans, sur la vie
Du grand désert, où luit la Liberté ravie,
Forêts, soleils, rios*, savanes ! - Il s'aidait
De journaux illustrés où, rouge, il regardait
Des Espagnoles rire et des Italiennes.
Quand venait, l'oeil brun, folle, en robes d'indiennes,
- Huit ans, - la fille des ouvriers d'à côté,
La petite brutale, et qu'elle avait sauté,
Dans un coin, sur son dos, en secouant ses tresses,
Et qu'il était sous elle, il lui mordait les fesses,
Car elle ne portait jamais de pantalons ;
- Et, par elle meurtri des poings et des talons,
Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

Il craignait les blafards dimanches de décembre,
Où, pommadé, sur un guéridon d'acajou,
Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;
Des rêves l'oppressaient, chaque nuit, dans l'alcôve.
Il n'aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu'au soir fauve,
Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg
Où les crieurs, en trois roulements de tambour,
Font autour des édits rire et gronder les foules.
- Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles
Lumineuses, parfums sains, pubescences d'or,
Font leur remuement calme et prennent leur essor !

Et comme il savourait surtout les sombres choses,
Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,
Haute et bleue, âcrement prise d'humidité,
Il lisait son roman sans cesse médité,
Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,
De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,
Vertige, écroulement, déroutes et pitié !
- Tandis que se faisait la rumeur du quartier,
En bas, - seul et couché sur des pièces de toile
Écrue, et pressentant violemment la voile !

Répondre·

Avatar lila

lila

13 juillet 2021 20:14

Très beaux poèmes

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

13 juillet 2021 19:16
lhuron a écrit :
Je le sais , JOSÉPHINE , et c'est pour ça, surtout ,que je les reproduis .

Merci...cela me touche énormément
J ai contacté une trentaine de librairies sur St Malo..Dinan..et Bécherel pour trouver ces
Magnifiques poèmes
L édition de 2005 est épuisée
J ai laisse mon numéro chez les bouquinistes ..on ne sait jamais..en occasion
Sur Amazone j ai déjà été déçue pour les livres d occasion..
C est très gentil de ta part de nous en poster de temps en temps😄
On en a bien besoin ! Encore Merci

Répondre·

Avatar lhuron

lhuron

13 juillet 2021 18:57

Je le sais , JOSÉPHINE , et c'est pour ça, surtout ,que je les reproduis .

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

13 juillet 2021 14:04

MAGNIFIQUE...j ADORE
Ce poème est PARFAIT

MERCI Ami Lhuron...
Ce recueil des Cents poèmes de la mer est une vraie pépite

C est tout ce que j aime😍

Répondre·

Avatar lhuron

lhuron

13 juillet 2021 13:43

NUIT SUR LE VIEUX PORT .

La nuit au ciel compte les heures ;minuit sonne ,
Le chant de la ville s'endort
Le dernier bar ferme ses portes sur personne ,
La Vierge regarde le port .

Les vergues dans le ciel sont des bras nostalgiques
Tendus vers les lointains climats ;
De l'entrepont d'un voilier grec , une musique
Berce le sommeil des grands mâts .

Il languit , vers la mer , des femmes de sa rade ,
Des couples qu'enlace l'espoir
Et des soleils couchants au large des Cyclades ,
Le matelot qui chante dans le soir .

Le Vieux Port balançant l'angoisse des mâtures ,
Et l'odeur des oursins ,
Et l'électricité rutilant en cassures
Sur le comptoir de zinc .

Je jouis de me voir tous ces livres à lire
Et que je n'ai pas lus .
Des écailles de lune à l'entour du navire
Que je n'ai jamais vu ;

Et que je reverrai peut - être près du môle
D'un autre port lointain.
Toute la nostalgie de l'Équateur au Pôle
Est dans ce soir marin.

Le regret sourd de n'être pas de l'équipage
Qui visita
Le cap Aphrodisium , l'embouchure du Tage
Et le Guatemala ,

Londres , ses carrefours , le port de la Tamise ,
Hong Kong , les fumeries ,
Vladivostok cerné de glaces ou bien Venise
Ou bien Mananzary .

Subtil sang phénicien , tant de rapts, d'aventures
Ne t'ont rassasié,
Que je puisse encor revêtir la vêture
De l'Aventurier .

Levons l'ancre, le soir est prometteur d'extases ,
Ô mon âme , mon cœur,
À travers le désir haletant et les phrases ,
Je reste le vainqueur .

Louis BRAUQUIER : L'au - delà de Suez(Cent poèmes de la Mer , éd .Omnibus )

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

13 juillet 2021 06:37

du même auteur..dans le même recueil :

NOUS DEUX

Nous deux nous tenant par la main
Nous nous croyons partout chez nous
Sous l arbre doux , sous le ciel noir
Sous tous les toits, au coin du feu,
Dans la rue vide, en plein soleil,
Dans les yeux vagues de la foule,
Auprés des sages et des fous
Parmi les enfants et les grands
L'amour n ' a rien de mystérieux
Nous sommes l 'évidence même
Les amoureux se croient chez nous.

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

13 juillet 2021 06:29

AIR VIF

J ai regardé devant moi
Dans la foule je t' ai vue
Parmi les blés je t 'ai vue
Sous un arbre je t'ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l eau et du feu

L'été l'hiver je t'ai vue
Dans ma maison je t'ai vue
Entre mes bras je t'ai vue
Dans mes rêves je t'ai vue

Je ne te quitterai plus


Derniers poemes d Amour
PAUL ELUARD

LE 28 novembre 1946, Paul ELUARD perdait brutalement sa femme NUSCH.
Le 16 juin 1947, sous le pseudonyme de DIDIER DESROCHES, et pour quelques amis, il publiait aux Cahiers d Art : LE TEMPS DEBORDE..illustré de photographies de Man RAY et de Dora MAAR

ce poeme en fait partie...

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

12 juillet 2021 18:04

Super chanson..on y retrouve Certaines Vérités 😄

Ah les filles !😄

Répondre·

Avatar lila

lila

12 juillet 2021 08:17

Elle est abonnée à Marie-Claire
Dans l'Nouvel Ob's elle ne lit que Bretecher
Le Monde y'a longtemps qu'elle fait plus semblant
Elle achète Match en cachette c'est bien plus marrant

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile

Au fond de son lit un macho s'endort
Qui ne l'aimera pas plus loin que l'aurore
Mais elle s'en fout elle s'éclate quand même
Et lui ronronne des tonnes de "Je t'aime"

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile

Sa première ride lui fait du souci
Le reflet du miroir pèse sur sa vie
Elle rentre son ventre à chaque fois qu'elle sort
Même dans "Elle" ils disent qu'il faut faire un effort

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile

Elle fume beaucoup elle a des avis sur tout
Elle aime raconter qu'elle sait changer une roue
Elle avoue son âge celui de ses enfants
Et goûte même un p'tit joint de temps en temps

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile
Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

10 juillet 2021 09:23

BONNE PENSEE DU MATIN

A quatre heures du matin, l été,
Le sommeil d' amour dure encore.
Sous les bosquets l 'aube évapore
L'odeur du soir fêté.

Arthur RIMBAUD
Mai 1872

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

10 juillet 2021 09:17

magnifique chanson de FUGAIN ..paroles et musique

Elle fait rêver !


je l ai vu en concert..il était SUPER 😍

Répondre·

Avatar lila

lila

10 juillet 2021 07:18

Michel Fugain
L'amour est une forteresse
Dont les murs sont faits de promesses
C'est là que dorment les amants
Cachés de tout, cachés du temps

Et quand leurs lèvres se rejoignent
C'est tout l'univers qui s'éloigne
Autour le silence est parfait
Comme un instant d'éternité

Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants

L'amour est une forteresse
Dont les murs sont faits de tendresse
Aussi fins qu'un papier de soie
Mais qui ne se déchirent pas

La peau et la peau qui se touchent
Les mots qui naissent sur la bouche
Disent tout bas comme un secret
Qu'on peut tout prendre et tout donner

Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants

L'amour est une forteresse
Qu'il faut réinventer sans cesse
Pour qui oublie de la rêver
Elle disparaît à tout jamais

Si devant vous des amants passent
Quoi qu'ils se disent ou quoi qu'ils fassent
Ne vous posez pas de question
L'amour a toujours ses raisons

Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants
Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants

Répondre·

Avatar Josephine22

Josephine22

8 juillet 2021 10:44

je vous mets les photos sur mon site

Répondre·