
lila
Guantanamera, ma ville Guantanamera
Guantanamera, ma ville Guantanamera
C'était un homme en déroute
C'était un frère sans doute
Il n'avait ni lien, ni place
Et sur les routes de l'exil
Sur les sentiers, sur les places
Il me parlait de sa ville
Guantanamera, ma ville Guantanamera
Guantanamera, ma ville Guantanamera
Là-bas sa maison de misère
Était plus blanche que le coton
Les rues de sable et de terre
Sentaient le rhum et le melon
Sous leur jupon de dentelles
Dieu que les femmes étaient belles
Guantanamera, ma ville Guantanamera
Guantanamera, ma ville Guantanamera
Il me reste toute la terre
Mais je n'en demandais pas autant
Quand j'ai passé la frontière
Il n'y avait plus rien devant
J'allais d'escale en escale
Loin de ma terre natale
lila
APOLLINAIRE(LE GUETTEUR MÉLANCOLIQUE)
J'ai rêvé que j'allais à mon enterrement
Tu n'étais pas venue et j'entendais ton rire
Mais ta bouche était là ses suçons de vampire
Cerceaux rouges roulaient sous mon regard dément
Et je mourais encore en entendant ton rire
Toutes les roses ne sont pas roses
Tous les saules ne sont pas pleureurs
Or je sais des portes jamais closes
Et des Héros qui ont toujours peur
Les villes sont pleines d'amour et de douleur
Deux plantes dont la mort est la commune fleur
"O mon coeur j'ai connu la triste et belle joie D'être trahi d'amour et de l'aimer encore
O mon coeur mon orgueil je sais je suis le roi
Le roi que n'aime point la belle aux cheveux d'or
Rien n'a dit ma douleur à la belle qui dort
Pour moi je me sens fort mais j'ai pitié de toi
0 mon coeur étonné triste jusqu'à la mort
J'ai promené ma rage en les soirs blancs et froids
Je suis un roi qui n'est pas sûr d'avoir du pain
Sans pleurer j'ai vu fuir mes rêves en déroute
Mes rêves aux yeux doux au visage poupin
Pour consoler ma gloire un vent a dit
Écoute Élève-toi toujours. Ils te montrent la route
Les squelettes de doigts terminant les sapins. "
"Vous voilà de nouveau près de moi
Souvenirs de mes compagnons morts à la guerre
L'olive du temps
Souvenirs qui n'en faites plus qu'un
Comme cent fourrures ne font qu'un manteau
Comme ces milliers de blessures ne font qu'un article de journal
Apparence impalpable et sombre qui avez pris
La forme changeante de mon ombre
Un Indien à l'affût pendant l'éternité
Ombre vous rampez près de moi
Mais vous ne m'entendez plus
Vous ne connaîtrez plus les poèmes divins que je chante
Tandis que moi je vous entends je vous vois encore
Destinées
Ombre multiple que le soleil vous garde
Vous qui m'aimez assez pour ne jamais me quitter
Et qui dansez au soleil sans faire de poussière
Ombre encre du soleil
Ecriture de ma lumière
Caisson de regrets
Un dieu qui s'humilie"
"j'aurais voulu venir dans une ville et vivre et cela peut etre l'ai je lu dans un livre que toujours il fit nuit das la ville "
Josephine22
SUR LA VERANDAH AUSTRALE
Le soir,assis sur la vérandah coloniale,
Auprès de la douceur amère de mon coeur,
Je surveillais la baie sous les ombres du ciel
Où vieillissaient déjà les étoiles nouvelles,
Tandis que les requins chassaient au crépuscule.
Louis BRAUQUIER
Josephine22
HAUTE EGYPTE
MEMNON assis dans les trèfles
au soleil couchant d' Aménophis.
Pierres dorées,
admiration,
épuisement.
Pluies d'obélisques.
Et pour finir,
le souvenir qui séche
entre les feuillets de la mémoire,
un souci recueilli dans un champ d'hypogées
sous un clair de lune de la IVe dynastie.
Louis BRAUQUIER
extrait de JE CONNAIS DES ILES LOINTAINES
lila
Les derniers mots de Steve Jobs, milliardaire, mort à 56 ans :
"J'ai atteint le summum du succès dans le monde des affaires. Dans les yeux des autres, ma vie est une réussite.
Cependant, mis à part le travail, j'ai eu peu de joie. En fin de compte, la richesse n'est qu'un fait auquel je me suis habitué.
En ce moment, allongé sur mon lit d’hôpital, et me rappelant toute ma vie, je me rends compte que toute la reconnaissance et la richesse dans laquelle j’ai pris tant de fierté, a pâli et est devenue insignifiante face à la mort imminente.
Vous pouvez employer quelqu'un pour conduire votre voiture ou gagner de l'argent pour vous mais c’est impossible d’engager quelqu'un pour supporter la maladie et mourir pour vous.
Les choses matérielles perdues peuvent être retrouvées. Mais il y a une chose qui ne peut jamais être trouvée quand elle est perdue - "la vie ».
Quelle que soit l'étape de la vie à laquelle nous sommes actuellement, avec le temps, nous serons confrontés au jour où le rideau se ferme.
Aimez votre famille, votre conjoint et vos amis ... Traitez-les bien. Chérissez les.
Au fur et à mesure que nous vieillissons, et devenons plus sages, nous réalisons lentement que porter une montre à 300 $ ou 30 $ - les deux donnent la même heure...
Que nous avons un portefeuille ou un sac à main de 300 $ ou de 30 $ - le montant à l’intérieur est le même;
Que nous conduisons une voiture de 150 000 $ ou une voiture de 30 000 $, la route et la distance sont les mêmes, et nous arrivons à la même destination.
Que nous buvons une bouteille de vin à 1000.$ ou à 10 $, la gueule de bois est la même;
Que la maison dans laquelle nous vivons mesure 300 ou 3000 pieds carrés - la solitude est la même.
Vous réaliserez que votre véritable bonheur intérieur ne provient pas des choses matérielles de ce monde.
Que vous voyagez en première classe ou en classe économique, si l'avion tombe en panne, vous tombez avec lui ...
Par conséquent .. J'espère que vous vous rendez compte, quand vous avez des amis, des copains et des vieux amis, frères et sœurs, avec qui vous discutez, riez, parlez, chantez, parlez du nord-sud-est ou du ciel et la terre, .... c'est le vrai bonheur !!
Un fait incontestable de la vie:
N'éduquez pas vos enfants à être riches. Éduquez-les pour être heureux. Donc, quand ils grandiront, ils connaîtront la valeur des choses et non le prix.
Josephine22
La vraie beauté ne se fabrique pas, elle jaillit de la nature humaine, aux prises avec les lois de la vie.Elle s'élabore en attitudes, en expressions chevaleresques, au fil des jours, humbles et monotones: ceux du labeur, ceux de la vie de famille, entre compagnons de travail, entre fréres et soeurs.
Elle rappelle la pièce de métal, admirable d' exactitude et de "poli" élaborée sur la forge en jaillissements d'étincelles....
Théophile MALICET...écrivain prolétaire et poéte Ardennais (1897-1976)
( Debout frères de misère)
Josephine22
Quand on veut faire quelque chose d important, il ne faut pas le faire comme une
bataille, il faut le faire comme un ménage, quand on se marie.
Une bonne Maison où il y a une bonne ménagère, où tout peut servir pour être bien,
où tout est bien organisé,où jamais personne ne reste dehors au froid, et à la faim,
où l on a besoin de tout le monde; où l on ne vend rien,où l on fait tout soi-même,
où tout se gouverne avec les grandes habitudes.
Jean GIONO
( Les vraies richesses)
lhuron
LE TEMPS PERDU .
Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?
Jacques PRÉVERT ( Paroles )
lila
Jean de La Fontaine
L'HOMME ENTRE DEUX ÂGES (1) ET SES DEUX MAÎTRESSES
[Ésope + Phèdre]
Un homme de moyen âge ,
Et tirant sur le grison,
Jugea qu'il était saison
De songer au mariage.
Il avait du comptant ,
Et partant
De quoi choisir. Toutes voulaient lui plaire ;
En quoi notre Amoureux ne se pressait pas tant :
Bien adresser n'est pas petite affaire.
Deux Veuves sur son cœur eurent le plus de part ;
L'une encor verte ; et l'autre un peu bien mûre,
Mais qui réparait par son art
Ce qu'avait détruit la nature.
Ces deux Veuves, en badinant,
En riant, en lui faisant fête,
L'allaient quelquefois testonnant ,
C'est-à-dire ajustant sa tête.
La Vieille à tous moments de sa part emportait
Un peu du poil noir qui restait,
Afin que son Amant en fût plus à sa guise .
La Jeune saccageait les poils blancs à son tour.
Toutes deux firent tant, que notre tête grise
Demeura sans cheveux, et se douta du tour.
" Je vous rends, leur dit-il, mille grâces, les Belles,
Qui m'avez si bien tondu :
J'ai plus gagné que perdu ;
Car d'hymen point de nouvelles .
Celle que je prendrais voudrait qu'à sa façon
Je vécusse, et non à la mienne.
Il n'est tête chauve qui tienne :
Je vous suis obligé, Belles, de la leçon. "
lhuron
"Petit texte mais immensément criant de vérité . " Un peu comme disait la publicité : " Tout riquiqui mais maouss costaud ! ", le thème de la fuite du temps, maintes fois traité par les poètes est repris ici en accéléré ,illustré par la première phrase .Merci LILA : PRÉVERT est un de mes poètes préférés .
lila
petit texte de J Prévert :
A peine la journée commencée et… il est déjà six heures du soir.
A peine arrivé le lundi et c’est déjà vendredi
et le mois est déjà fini
et l’année est presque écoulée
et déjà 40, 50 ou 60 ans de nos vies sont passés.
et on se rend compte qu’on a perdu nos parents, des amis.
et on se rend compte qu’il est trop tard pour revenir en arrière.
Alors… Essayons malgré tout, de profiter à fond du temps qui nous reste.
N’arrêtons pas de chercher à avoir des activités qui nous plaisent.
Mettons de la couleur dans notre grisaille.
Sourions aux petites choses de la vie qui mettent du baume dans nos cœurs.
Et malgré tout, il nous faut continuer de profiter avec sérénité de ce temps qui nous reste.
Essayons d’éliminer les « après » …
Je le fais après,
Je dirai après
J’y penserai après
On laisse tout pour plus tard comme si « après » était à nous.
Car ce qu’on ne comprend pas, c’est que :
après, le café se refroidit …
après, les priorités changent …
après, le charme est rompu …
après, la santé passe …
après, les enfants grandissent …
après, les parents vieillissent …
après, les promesses sont oubliées …
après, le jour devient la nuit …
après, la vie se termine …
Et après c’est souvent trop tard…. Alors… Ne laissons rien pour plus tard…
Car en attendant toujours à plus tard, nous pouvons perdre les meilleurs moments, …
les meilleures expériences,
les meilleurs amis,
la meilleure famille…
Le jour est aujourd’hui…L’instant est maintenant
Jacques Prévert (1900-1977)
