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🐞 CITATIONS,TEXTES,POÉSIES,CHANTS QUE VOUS AIMEZ 🐞

lila - 3 mars 2020 17:29

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lila3 mars 2020 17:29

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6 janvier 2024 18:25

« Un jour, je me rappelle, en quittant Rennes par un matin de mai
 le train suivait, trĂšs lent, une voie en rĂ©paration entre des taillis d’épines blanches, des pommiers roses dont l’ombre Ă©tait bleue, de jeunes saules Ă  feuilles de jade
 Debout, au bord du bois, une enfant nous regardait passer, une fillette de douze ans, dont la ressemblance avec moi m’a saisie. SĂ©rieuse, les sourcils froncĂ©s, de rondes joues brunies — comme furent les miennes — des cheveux un peu blanchis de soleil, elle tenait une branche feuillue dans ses mains hĂąlĂ©es et griffĂ©es — comme furent les miennes. Et cet air insociable, ces yeux sans Ăąge, presque sans sexe, qui paraissaient prendre tout au sĂ©rieux — les miens, rĂ©ellement les miens !
 Oui, debout au bord du hallier, mon enfance farouche me regardait passer, Ă©blouie par le soleil levant
 »
(Colette, La Vagabonde, 1910)

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2 janvier 2024 09:57

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,

À genoux, cinq petits, - misùre ! -
Regardent le Boulanger faire
Le lourd pain blond.

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pĂąte grise et qui l'enfourne
Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le Boulanger au gras sourire
Grogne un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.

Quand pour quelque médianoche,
Façonné comme une brioche
On sort le pain,

Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,

Que ce trou chaud souffle la vie,
Ils ont leur Ăąme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres Jésus pleins de givre,
Qu'ils sont lĂ  tous,

Collant leurs petits museaux roses
Au treillage, grognant des choses
Entre les trous,

Tout bĂȘtes, faisant leurs priĂšres
Et repliés vers ces lumiÚres
Du ciel rouvert,

Si fort qu'ils crĂšvent leur culotte
Et que leur chemise tremblote
Au vent d'hiver.

Les Effarés, Arthur Rimbaud, 1er cahier de Douai, (XI), mars/octobre 1870

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lila

1 janvier 2024 18:21

[LES VƒUX DE SERGE LAMA]
Pleurez enfants, pleurez enfants
C'est l'hallali des éléphants
Pleurez comme Romain Gary
Ralliez-vous Ă  son hourvari
C'est toujours la saison des pluies
Des pluies acides
Pluies qui décident
De nos brumes, de nos climats
De nos frousses, de nos frimas
Veux-tu qu'on décide à ta place
Petit, si douillet dans ta classe
Ecoute Gary qui défend
La dignité des éléphants
Prends conscience d'un monde en rut
Que ne gouvernent que des brutes
Préparant en secrets déserts
D'autres bombes d'Oppenheimer
Mais allons ! La bataille est belle
Soyons courageux et rebelles
Ne laissez pas, mon cƓur se fend
Mourir l'espoir et l'éléphant
Soyons courageux Ă  l'extrĂȘme
Pour que gagne le verbe "j'aime"
Soyons affamés d'espérance
Et au diable la tempérance
Bonne annĂ©e mes frĂšres et sƓurs
Tentons ensemble le bonheur
Je verbe "j'aime"
Je garde espoir
Que les extrĂȘmes
Viennent s’asseoir
Sous le poĂšme
D’un joli soir
Et qu'Ă  l'air pur
Le bel azur
Et ses oiseaux
Chantent mezzo
Voce Mozart
Des fleurs de l'art
En ribambelle
Toutes nouvelles
Disent l'espoir
Qui sort du noir
Disent la vie
Qui donne envie
De déclamer
Et de s'aimer
J'en veux pour preuve
Cette année neuve
Sauvons enfants
Les éléphants

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lila

28 décembre 2023 07:58

« La disparition progressive des temps (subjonctif, passĂ© simple, imparfait, formes composĂ©es du futur, participe passé ) donne lieu Ă  une pensĂ©e au prĂ©sent, limitĂ©e Ă  l’instant, incapable de projections dans le temps.
La gĂ©nĂ©ralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portĂ©s Ă  la subtilitĂ© de l’expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer Ă  l’esthĂ©tique d’un mot, mais Ă©galement promouvoir l’idĂ©e qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjuguĂ©s c’est moins de capacitĂ©s Ă  exprimer les Ă©motions et moins de possibilitĂ© d’élaborer une pensĂ©e.
Des Ă©tudes ont montrĂ© qu’une partie de la violence dans la sphĂšre publique et privĂ©e provient directement de l’incapacitĂ© Ă  mettre des mots sur les Ă©motions.
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
Il n’y a pas de pensĂ©e critique sans pensĂ©e. Et il n’y a pas de pensĂ©e sans mots.
Comment construire une pensĂ©e hypothĂ©tico-dĂ©ductive sans maĂźtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur? Comment apprĂ©hender une temporalitĂ©, une succession d’élĂ©ments dans le temps, qu’ils soient passĂ©s ou Ă  venir, ainsi que leur durĂ©e relative, sans une langue qui fait la diffĂ©rence entre ce qui aurait pu ĂȘtre, ce qui a Ă©tĂ©, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera aprĂšs que ce qui pourrait advenir soit advenu?
Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressĂ© aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et Ă©crire vos enfants, vos Ă©lĂšves, vos Ă©tudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variĂ©es, mĂȘme si elle semble compliquĂ©e, surtout si elle est compliquĂ©e.
Parce que dans cet effort se trouve la liberté.
Ceux qui expliquent Ă  longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «dĂ©fauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crĂ©e de la complexitĂ© sont les fossoyeurs de l’esprit humain. «

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Josephine22

25 décembre 2023 09:25

Décembre était le dernier mois de l année romaine,qui n en comptait que dix.
Les Saxons l 'appelaient Winter monath ou mois d hiver..
Et Heligh monath, c est à dire mois sacré, parce qu'il comprenait Noël.
C'est le 22 décembre, date du solstice d'hiver, que le soleil atteint le tropique du Capricorne.

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lila

24 décembre 2023 17:28

"Il vous paraĂźtra Ă©trange que mes NoĂ«ls d'enfant aient Ă©tĂ© privĂ©s du sapin coupĂ©, de ses fruits de sucre, de ses petites flammes. Mais ne m'en plaignez pas trop, notre nuit du vingt-quatre Ă©tait quand mĂȘme une nuit de cĂ©lĂ©bration, Ă  notre silencieuse maniĂšre. Il Ă©tait bien rare que Sido n'eĂ»t pas trouvĂ© dans la jardin, vivaces, Ă©panouies sous la neige, les fleurs d'ellĂ©bore que nous appelons rose de NoĂ«l. En bouquet au centre de la table, leurs boutons clos, ovales, violentĂ©s par la chaleur du beau feu, s'ouvraient avec une saccade mĂ©canique qui Ă©tonnait les chats et que je guettais comme eux. Nous n'avions ni boudin noir, ni boudin blanc, ni dinde aux marrons, mais les marrons seulement, bouillis et rĂŽtis, et le chef-d'oeuvre de Sido, un pudding blanc, cloutĂ© des trois espĂšces de raisins - Smyrne, Malaga, Corinthe - truffĂ© de melon confit, de cĂ©drat en lamelles, d'oranges en petits dĂ©s. Quoi, rien de plus ? Non rien. Aucun de nous ne souhaitait davantage, ne se plaignait d'avoir trop peu."
Colette

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24 décembre 2023 17:23

Dans les cieux, Ă  l heure tardive et cramoisie
De la splendeur du jour à son déclin,
Ici paraßt l armée des étoiles.


R. L Stevenson

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Josephine22

24 décembre 2023 17:17

L'an se meurt dans la lumiĂšre du soir,
Le poĂšte rĂȘve dans les bosquets d automne,
Entend de mélancoliques soupirs
Parmi les feuilles fanées.

Non pas ainsi..mais comme un Esprit en sa gloire
L Ange de l année se retire, se devet de ses tuniques,
Qui furent vertes au printemps
Ou brillantes du bleu de l été

Et, sa mission sur terre accomplie,
Emplissant dix mille vallées de blé rosé,
Et les vergers de fruits rosés,
Eparpillant des fleurs autour de lui,

A l 'ouest il s attarde un moment ,
Avec le soleil à son déclin, adresse à tout
Un sourire aimable en guise d adieu,
Et ainsi retourne Ă  Dieu.


(PoĂšme Allemand)

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lila

24 décembre 2023 11:46

«La guĂ©rison vient quand tu rentres dans l’acception de ce qui a Ă©tĂ©, de ce qui est, de ce qui sera. Tu sais que tu ne peux pas changer ton passĂ©, cependant, aujourd’hui avec ton nouveau niveau de conscience, tu as la possibilitĂ© de le regarder diffĂ©remment, pas uniquement avec ta raison, ton mental, qui vont te dire que c’est injuste, mais avec ton cƓur qui lui va mettre l’accent sur le fait que tes parents ont faits comme ils ont pu avec leur propre niveau de conscience, avec ce qu’ils Ă©taient, et cela change ta vision, ta façon de vivre ton histoire.
La guĂ©rison vient lorsque tu acceptes que chacune de tes actions est dictĂ©e par ton Ă©tat d’esprit, que chacun de tes mots guĂ©rit ou blesse, que certains comportements ne sont que des fantĂŽmes d’un passĂ© rĂ©volu.
La guérison se fait quand tu acceptes de voir la vérité, la réalité, pas uniquement des événements, mais des comportements mis en place par protection, que tu en prends conscience et que tu opÚres les changements nécessaires.
La guĂ©rison se rĂ©alise lorsque tu choisis de t’ouvrir Ă  la vie et de servir le plan divin qui fait partie de ton chemin d’ñme, d’avancer sur ta voie en reprenant ta libertĂ©, en acceptant tout l’amour Ă©touffĂ© en toi, laisse-le vivre Ă  l’air libre, relis-toi Ă  ton soleil intĂ©rieur, il est le royaume de l’amour et de la paix.»
Monique Damel (La Voie de l'Etoile).

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22 décembre 2023 22:18

“Celui qui n’a pas NoĂ«l dans le coeur ne le trouvera jamais au pied d’un arbre.”

Roy Lemon Smith

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22 décembre 2023 21:06

“N'ĂȘtre plus Ă©coutĂ© : c'est cela qui est terrible lorsqu'on est vieux.”..... Albert Camus

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lila

20 décembre 2023 20:57

Si tu peux voir dĂ©truit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre Ă  rebĂątir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux ĂȘtre amant sans ĂȘtre fou d’amour,
Si tu peux ĂȘtre fort sans cesser d’ĂȘtre tendre,
Et, te sentant haĂŻ, sans haĂŻr Ă  ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-mĂȘme d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frĂšres,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaßtre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
RĂȘver, mais sans laisser ton rĂȘve ĂȘtre ton maĂźtre,
Penser sans n’ĂȘtre que penseur ;

Si tu sais ĂȘtre dur, sans jamais ĂȘtre en rage,
Si tu sais ĂȘtre brave et jamais imprudent,
Si tu sais ĂȘtre bon, si tu sais ĂȘtre sage,
Sans ĂȘtre moral et pĂ©dant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe aprÚs Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un mĂȘme front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tĂȘte
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront Ă  tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

Traduction : André Maurois (1918)

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20 décembre 2023 12:15

Pour Joséphine:

Sensation
Par les soirs bleus d’étĂ©, j’irai dans les sentiers,
PicotĂ© par les blĂ©s, fouler l’herbe menue :
RĂȘveur, j’en sentirai la fraĂźcheur Ă  mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tĂȘte nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’ñme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohĂ©mien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.
Mars 1870
Arthur Rimbaud, Poésies.

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19 décembre 2023 08:05

«L’empathie c’est, Ă  la vitesse de l’éclair, sentir ce que l’autre sent et savoir qu’on ne se trompe pas, comme si le cƓur bondissait de la poitrine pour se loger dans la poitrine de l’autre.
C’est une antenne en nous qui nous fait toucher le vivant : feuille d’arbre ou humain.
Ce n’est pas par le toucher qu’on sent le mieux mais par le cƓur.
Ce ne sont pas les botanistes qui connaissent le mieux les fleurs, ni les psychologues qui comprennent le mieux les ñmes, c’est le cƓur.
Le cƓur est un instrument d’optique bien plus puissant que les tĂ©lescopes de la Nasa. C’est le plus puissant organe de connaissance, et c’est une connaissance qui se fait sans aucune prĂ©mĂ©ditation, comme si ce n’était plus nous qui faisions attention Ă  l’autre, comme s’il n’y avait plus qu’une attention pure et bienveillante fondĂ©e sur la connaissance de notre mortalitĂ© commune.
Ce qui est trĂšs curieux, car qui est-on Ă  ce moment-lĂ  ?
Toute sagesse qui vient dans le carcan d’une mĂ©thode est dĂ©passĂ©e par le cƓur.
Ce moment qui foudroie toutes les carapaces d’identitĂ©, qui saute par-dessus l’abĂźme qui me sĂ©pare d’autrui et oĂč le cƓur de l’autre est devinĂ© jusqu’en ses moindres battements, donne la plus grande lumiĂšre possible sur l’autre.
Dans l’empathie, on peut prendre soin d’autrui comme jamais il ne prendra soin de lui-mĂȘme, par une attention tendue comme un rai de lumiĂšre, mais il n’y a aucune emprise psychique sur lui.
C’est l’art double de la plus grande proximitĂ© et de la distance sacrĂ©e.»
đŸ–ŠïžChristian Bobin
đŸ“•Â«La LumiĂšre du monde»

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lila

16 décembre 2023 12:00

Ce monde doit cesser d'ĂȘtre celui de la police, des militaires et de l'argent pour devenir celui de l'homme et de la femme, du travail utile et du loisir intelligent.
Albert Camus

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