
lila
Je le sais
Sa façon d'ĂȘtre Ă moi parfois
Vous déplaßt
Autour d'elle et moi le silence se fait
Mais elle est
Ma préférence à moi
Oui je sais
Cet air d'indifférence qui est
Sa défense
Vous fait souvent offense
Mais quand elle est
Parmi mes amis de faĂŻence
De faĂŻence
Je sais ma défaillance
Je le sais
On ne me croit pas fidĂšle Ă
Ce qu'elle est
Et déjà vous parlez d'elle à l'imparfait
Mais elle est
Ma préférence à moi
Il faut le croire
Moi seul je sais quand elle a froid
Ses regards
Ne regardent que moi
Par hasard
Elle aime mon incertitude
Par hasard
J'aime sa solitude
Je le sais
Sa façon d'ĂȘtre Ă moi parfois
Vous déplaßt
Autour d'elle et moi
le silence se fait
Mais elle est
Elle est ma chance Ă moi
LILAS
Enfant, on vous dira plus tard que le grand-pĂšre
Vous adorait ; qu'il fit de son mieux sur la terre,
Qu'il eut fort peu de joie et beaucoup d'envieux,
Qu'au temps oĂč vous Ă©tiez petits il Ă©tait vieux,
Qu'il n'avait pas de mots bourrus ni d'airs moroses,
Et qu'il vous a quittés dans la saison des roses ;
Qu'il est mort, que c'était un bonhomme clément ;
Que, dans l'hiver fameux du grand bombardement,
Il traversait Paris tragique et plein d'épées,
Pour vous porter des tas de jouets, des poupées,
Et des pantins faisant mille gestes bouffons ;
Et vous serez pensifs sous les arbres profonds.
Victor Hugo
lhuron
Ă mes Amies bretonnes en particulier , DELPHINIUM , JOSĂPHINE ,JUMIMI , MIREPASS et Ă tutes les autres , en gĂ©nĂ©ral , ce petit bijou :
BRETONNE .
Elle vivait lĂ - bas
Aau vent des nuages
Au ciel des genĂȘts
LĂ - bas
OĂč la brume glisse sur la plage
Au soupir des marées
LĂ - bas
OĂč chante la bruyĂšre
Aux ruisseaux de la lande
Ă l'ombre fraĂźche des sentiers
LĂ - bas
OĂč les pluies d'automne
Lustre doucement les pierres
Gardiennes silencieuses
Des légendes et de leurs secrets
Elle vivait lĂ - bas
Sous le vent des nuages
Au ciel des bleuets .
Colette Schaefer ( octobre 2022 )
lila
Attends-moi comme je tâattends. Ne te replie que si tu ne peux pas faire autrement. Vis, sois Ă©clatante et curieuse, recherche ce qui est beau, lis ce que tu aimes et quand la pause viendra, tourne-toi vers moi qui serai toujours tournĂ© vers toi.
Albert Camus Ă Maria CasarĂšs le 1er juin 1949.
LILAS
PoĂšme pour un homme qu'on aime
Ă l'Encre de tes yeux
Tu as dessinĂ© mon cĆur Ă lâencre de lâamour
Amour tendresse, aux si jolis atours
Empreinte indélébile, oh combien sympathique
Qui fit de moi un ĂȘtre absolument unique.
Tu as caressĂ© mon corps Ă lâencre du plaisir
Celle qui par un sourire nous conduit au désir.
Regards appuyés, me laissant frissonner,
Et dans un mĂȘme Ă©lan nous avons fusionnĂ©.
Lâencre de douceur a frĂŽlĂ© mon visage,
A coulé sur les plis, là , juste aux coins des yeux,
A dessiné mes lÚvres aux contours si soyeux,
Petites vaguelettes sâĂ©chouant sur la plageâŠ
Tu as caressĂ© mon Ăąme Ă lâencre de lâespoir,
Mâobligeant Ă sortir enfin de lâisoloir,
En quĂȘte de sentiments alors inassouvisâŠ
Je plonge mon regard et m'encre Ă la vie
Françoise Grabenzeh
lila
⏠Edgar Morin : « Il est devenu vital de penser autrement »
« La vie urbaine dans les mégapoles est sous le joug d'une chronométrisation, d'une mécanisation, d'une hyperspécialisation terriblement stressantes. Le calcul, qui ignore la vie concrÚte, rÚgne en souverain. SomnifÚres, tranquillisants, neuroleptiques, psychanalyse, gourou⊠les remÚdes moraux ou psychiques, parfois inquiétants, prolifÚrent, et sont employés pour espérer, là encore, faire face à la solitude ou à l'absence de dialogue qui affectent jusqu'à l'intérieur des couples et des familles. L'individualisme a fait de chacun qu'il est certain d'avoir raison et que l'autre a toujours tort. Le travail est asservi de façon nouvelle. Autrefois, dans le systÚme fordien, l'ouvrier spécialisé subissait le contremaßtre devenu garde chiourme ; aujourd'hui, l'oppression est issue du management anonyme qui poursuit la recherche obsessionnelle de la productivité, de la rentabilité. On comprend mieux pourquoi la société civile se rue sur la télévision, les vacances, les loisirs, la « bonne bouffe » pour espérer fuir cet étouffement. Au début du XXe siÚcle, on chantait la « ville lumiÚre », dorénavant on déplore la « ville tentaculaire »
Aujourd'hui, la part d'ombre est non seulement misĂšre matĂ©rielle elle est aussi misĂšre psychique et morale dans la consommation, le bien-ĂȘtre, l'Ă©gocentrisme, la destruction des solidaritĂ©s traditionnelles. Destruction qui a pour autre germe la compartimentation de chacun dans un secteur clos. De plus, dans notre systĂšme d'Ă©ducation, on n'apprend qu'Ă sĂ©parer les connaissances, de maniĂšre fragmentĂ©e, sans pouvoir les relier, ce qui rend aveugle lorsque surgit une problĂ©matique fondamentale et globale.
D'autre part, on constate que le bien-ĂȘtre et le confort matĂ©riel n'apportent pas la promesse de fĂ©licitĂ©, de bonheur que la mythologie mĂȘme de cette civilisation avait laissĂ© espĂ©rer. Le consumĂ©risme si typique des classes moyennes a fait la dĂ©monstration que sous la pression de la publicitĂ© et sous l'incitation des chagrins de l'existence, s'est dĂ©veloppĂ©e une vĂ©ritable intoxication consommationniste. Car la consommation est devenue aussi une sorte de consolation, de pansement aux maux psychiques....
lila
« Tu es entrĂ©e, par hasard, dans une vie dont je nâĂ©tais pas fier, et de ce jour-lĂ quelque chose a commencĂ© de changer. Jâai mieux respirĂ©, jâai dĂ©testĂ© moins de choses, jâai admirĂ© librement ce qui mĂ©ritait de lâĂȘtre. Avant toi, hors de toi, je nâadhĂ©rais Ă rien. Cette force, dont tu te moquais quelquefois, nâa jamais Ă©tĂ© quâune force solitaire, une force de refus. Avec toi, jâai acceptĂ© plus de choses. Jâai appris Ă vivre. Câest pour cela sans doute quâil sâest toujours mĂȘlĂ© Ă mon amour une gratitude immense. »
Albert Camus, Maria CasarĂšs
Correspondance (1944-1959).
lila
Je continuerai Ă croire, mĂȘme si tout le monde perd espoir.
Je continuerai Ă aimer, mĂȘme si les autres distillent la haine.
Je continuerai Ă construire, mĂȘme si les autres dĂ©truisent.
Je continuerai Ă parler de paix, mĂȘme au milieu dâune guerre.
Je continuerai Ă illuminer, mĂȘme au milieu de lâobscuritĂ©.
Je continuerai Ă semer, mĂȘme si les autres piĂ©tinent la rĂ©colte.
Et je continuerai Ă crier, mĂȘme si les autres se taisent.
Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes.
Et jâapporterai le soulagement, quand on verra la douleur.
Et jâoffrirai des motifs de joie lĂ oĂč il nây a que tristesse.
Jâinviterai Ă marcher celui qui a dĂ©cidĂ© de sâarrĂȘterâŠ
Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés.
Abbé Pierre
lila
La vieille
Elle est seule, ses enfants ne viennent plus,
Elle attend que la mort l'ait vaincue,
Elle n'a plus que pour ultime passe-temps
Celui de lorgner passer les gens
La tĂ©lĂ©, ne la regarde mĂȘme pas,
Mis Ă part les infos sur la trois,
Juste Ă l'heure oĂč elle prend ses mĂ©docs,
Pour dormir jusqu'au chant du vieux coq
Pelotes de laine, elle tricote encore
Pour se faire un gilet pour ce corps
Qui a froid comme les vieux de son Ăąge
Malgré que tourne à fond le chauffage
Elle repense à ses jeunes années
OĂč mari, elle avait rencontrĂ©,
Vingt quatre ans de bonheur seulement,
La mine, ça use prématurément
Silicose, il est parti trop vite,
Seule, elle a continué par la suite
à élever ses enfants chéris
Qui ne s'occupent plus d'elle aujourd'hui
La vie est une garce qui vous emmĂšne
Ă vieillir en restant seule en scĂšne,
Juste une voisine pour veiller sur vous
Qui peut ĂȘtre salvatrice au cas oĂč...
Elle sait que la mort n'est plus trĂšs loin,
Et parfois, elle l'envie comme un bien,
Une délivrance à cette solitude
OĂč les hivers sont saisons bien rudes
Gilles Abadie
