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🐞 CITATIONS,TEXTES,POÉSIES,CHANTS QUE VOUS AIMEZ 🐞

lila - 3 mars 2020 17:29

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lila3 mars 2020 17:29

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lila

24 janvier 2024 10:24

Le voyage est une fuite contre la routine, la monotonie, la familiarité, la soumission à la régulation du gouvernement collectif.

Sylvain Tesson

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lila

24 janvier 2024 09:39
Josephine22 a écrit :
😍..avec sa main dans la nître

le rĂȘve

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Josephine22

24 janvier 2024 09:09
lila a écrit :
“Il y a une morsure douloureuse : le chagrin de ne pas partager avec un ĂȘtre aimĂ© la beautĂ© des moments vĂ©cus.”
- Sylvain Tesson -

😍..avec sa main dans la nître

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lila

23 janvier 2024 17:39

“Il y a une morsure douloureuse : le chagrin de ne pas partager avec un ĂȘtre aimĂ© la beautĂ© des moments vĂ©cus.”
- Sylvain Tesson -

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Josephine22

23 janvier 2024 16:49

Votre lande rocailleuse reçoit
La pompe incomparable du couchant,
Et la gloire dorée de l aurore
Pointe derriĂšre vos arbres fremissants,
Et lorsque la brise pourchasse
Les nuages galions démarrés
Votre jardin s assombrit et resplendit Ă  nouveau
Au soleil jaillissant, Ă  la pluie qui passe.

Ici s élÚve la lune sorciÚre,
Dans les cieux, Ă  l heure tardive et cramoisie
De la splendeur du jour à son déclin,
Ici paraßt l armée des étoiles.


Pour faire de cette terre notre ermitage
Une allĂšgre et changeante plage,
Il suffit du destin divin, complexe et brillant,
Qui fixe les jours et les saisons.

PoĂšte anglais

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lila

21 janvier 2024 18:56

Faim
Si j’ai du goĂ»t, ce n’est guĂšre
Que pour la terre et les pierres.
Je dĂ©jeune toujours d’air,
De roc, de charbons, de fer.

Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pré des sons.
Attirez le gai venin
Des liserons.

Mangez les cailloux qu’on brise,
Les vieilles pierres d’églises ;
Les galets des vieux déluges,
Pains semés dans les vallées grises.

***
Le loup criait sous les feuilles
En crachant les belles plumes
De son repas de volailles :
Comme lui je me consume.

Les salades, les fruits
N’attendent que la cueillette ;
Mais l’araignĂ©e de la haie
Ne mange que des violettes.

Que je dorme ! que je bouille
Aux autels de Salomon.
Le bouillon court sur la rouille,
Et se mĂȘle au CĂ©dron.

Arthur Rimbaud.

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lila

21 janvier 2024 11:11

Elle était si timide et si fragile
Introvertie et si naĂŻve
Au milieu de trente élÚves
Trouver sa place n'était pas si facile
Pour elle de se faire des amis
Était quasi impossible
Tu connais les gosses, entre eux méchants
Quand ils ont trouvé leur cible
Ça commence par un surnom
Puis les mauvaises blagues s'enchaĂźnent
Ils mettent du sel sur les plaies de ses complexes
Avec tellement de haine
Qu'elle vit avec la peur
Quand elle voit son cartable
À la surprise gĂ©nĂ©rale
Elle commet l'irréparable
Elle avait ce regard innocent
Qui n'attendait qu'Ă  ĂȘtre aimĂ©
Mais la vie fût autrement
Si fragile
Tous ces mots ont fini par la briser
Elle qui ne voulait qu'ĂȘtre aimĂ©e
Elle qui ne voulait qu'ĂȘtre aimĂ©e
On vit l'époque du virtuel
Des tutos pour du rimel
Snapchat, Snapchat
Dis-moi qui est la plus belle
Pour elle
Être aimĂ©e, c'est d'ĂȘtre likĂ©e
Donc elle s'entraĂźne devant sa glace
À faire un selfie, filtre beautĂ©
Quelques coeurs sur sa photo
Mais surtout des commentaires
Des moqueries, des critiques
Des insultes, des emojis pervers
Toute cette violence gratuite
Devient pour elle insupportable
Donc elle éteint son portable
Et commet l'irréparable
Elle avait ce regard innocent
Qui n'attendait qu'Ă  ĂȘtre aimĂ©
Mais la vie fût autrement
Si fragile
Tous ces mots ont fini par la briser
Elle qui ne voulait qu'ĂȘtre aimĂ©e
Elle qui ne voulait qu'ĂȘtre aimĂ©e
VoilĂ  pourquoi j'ai besoin que tu me parles de toi
Que tu me partages tes rĂȘves et tes doutes
Que tu saches que ton pĂšre sera toujours lĂ 
Pour arracher les mauvaises herbes sur ta route
Qu'importe ce que dit ou pense le monde
Tu es la plus forte et la plus belle Ă  mes yeux
Ne te laisse jamais rabaisser par les autres
N'oublie pas
Qu'elle avait ce regard innocent
Qui n'attendait qu'Ă  ĂȘtre aimĂ©
Mais la vie fût autrement
Si fragile
Tous ces mots ont fini par la briser
Elle qui ne voulait qu'ĂȘtre aimĂ©e
Elle qui ne voulait qu'ĂȘtre aimĂ©e
Elle qui ne voulait qu'ĂȘtre aimĂ©

SOPRANO"Fragile"

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Josephine22

16 janvier 2024 17:51

L'hiver est un pays oĂč les bĂȘtes sauvages
Que l on croit mortes se réfugient dans leur légende :
Sangliers monstrueux, solitaires dix- cors,
Loups maigres survivants des récits de chasseurs,
Biches blondes si prĂšs des larmes, faons fragiles,
Et les licornes échappées des hautes lisses
Qui se deplacent, inquiétes, dans les bois nus,
Anxieuses que leur merveille ne périsse.

L'hiver...Louis Brauquier

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lila

16 janvier 2024 09:31

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genĂȘts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffĂ©e d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom
ux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lĂšvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans dĂ©sir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaßtre
Pour te nommer
Liberté.
Paul Eluard

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lila

14 janvier 2024 10:03

Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
À l'immense Ă©tĂ©
Des choses humaines

Moi qui frémissais
Toujours je ne sais
De quelle colĂšre
Deux bras ont suffi
Pour faire Ă  ma vie
Un grand collier d'air

Rien qu'un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frÎle
Un souffle posé
Moins qu'une rosée
Contre mon épaule

Un front qui s'appuie
À moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers

Un tendre jardin
Dans l'herbe oĂč soudain
La verveine pousse
Et mon coeur défunt
RenaĂźt au parfum
Qui fait l'ombre douce

Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

- Louis Aragon

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lila

13 janvier 2024 11:43

Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d’un nuage Ă©pais toujours embarrassĂ©es ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d’écrire apprenez Ă  penser.

Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Surtout, qu’en vos Ă©crits la langue rĂ©vĂ©rĂ©e
Dans vos plus grands excÚs vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d’un son mĂ©lodieux,
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux ;

Mon esprit n’admet pour un pompeux barbarisme,
Ni d’un vers ampoulĂ© l’orgueilleux solĂ©cisme.
Sans la langue, en un mot, l’auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu’il fasse, un mĂ©chant Ă©crivain.

Travaillez Ă  loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse ;
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit, que peu de jugement.

J’aime mieux un ruisseau qui sur la molle arùne
Dans un pré plein de fleurs lentement se promÚne,
Qu’un torrent dĂ©bordĂ© qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.

HĂątez-vous lentement ; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

C’est peu qu’en un ouvrage oĂč les fautes fourmillent,
Des traits d’esprit semĂ©s de temps en temps pĂ©tillent.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
Que le début, la fin répondent au milieu ;

Que d’un art dĂ©licat les piĂšces assorties
N’y forment qu’un seul tout de diverses parties ;
Que jamais du sujet le discours s’écartant
N’aille chercher trop loin quelque mot Ă©clatant.

Craignez-vous pour vos vers la censure publique ?
Soyez-vous Ă  vous-mĂȘme un sĂ©vĂšre critique.
L’ignorance toujours est prĂȘte Ă  s’admirer.
Faites-vous des amis prompts Ă  vous censurer ;

Qu’ils soient de vos Ă©crits les confidents sincĂšres,
Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
DĂ©pouillez devant eux l’arrogance d’auteur ;
Mais sachez de l’ami discerner le flatteur :

Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.
Aimez qu’on vous conseille et non pas qu’on vous loue.
Un flatteur aussitÎt cherche à se récrier :
Chaque vers qu’il entend le fait extasier.

Tout est charmant, divin : aucun mot ne le blesse ;
Il trépigne de joie, il pleure de tendresse ;
Il vous comble partout d’éloges fastueux :
La vĂ©ritĂ© n’a point cet air impĂ©tueux.

Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible,
Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :
Il ne pardonne point les endroits négligés,
Il renvoie en leur lieu les vers mal arrangés,

Il rĂ©prime des mots l’ambitieuse emphase ;
Ici le sens le choque, et plus loin c’est la phrase.
Votre construction semble un peu s’obscurcir ;
Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir.

C’est ainsi que vous parle un ami vĂ©ritable.

Boileau, Art poétique, Chant I, v. 147-207
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lila

8 janvier 2024 16:57

"Un poĂšme d'une perfection, d'une musique et d'un charme si rares, que ce serait le chef-d'Ɠuvre de MallarmĂ© s'il y en avait un". Paul ValĂ©ry
Ô rĂȘveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraßcheur de crépuscule
Te vient Ă  chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon dĂ©licatement.

Vertige ! Voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naĂźtre pour personne,
Ne peut jaillir ni s’apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu’un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l’unanime pli ?

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d’un bracelet.

Autre éventail de Mademoiselle Mallarmé, Stéphane Mallarmé, la Revue critique, 1884

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lhuron

8 janvier 2024 14:30

Un texte trÚs juste sur l'assassinat progressif et programmé de la langue française que tu nous proposé LILA et , bientÎt, nous ne parlerons plus que le néendertalien : URK pour les choses plaisantes et BEURK pour le reste !

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lila

8 janvier 2024 12:36

« Que tout était féerique et simple, parmi cette faune de la maison
natale... Je verserai ma mince contribution au trĂ©sor des connaissances humaines, en mentionnant l’araignĂ©e que ma mĂšre avait — comme disait papa — dans son plafond, cette mĂȘme annĂ©e qui fĂȘta mon seiziĂšme printemps. Une belle araignĂ©e des jardins, ma foi, le ventre en gousse d’ail, barrĂ© d’une croix historiĂ©e. Elle dormait ou chassait, le jour, sur sa toile tendue au plafond de la chambre Ă  coucher. La nuit, vers trois heures, au moment oĂč l’insomnie quotidienne rallumait la lampe, rouvrait le livre au chevet de ma mĂšre, la grosse araignĂ©e s’éveillait aussi, prenait ses mesures d’arpenteur et quittait le plafond au bout d’un fil, droit au-dessus de la veilleuse Ă  huile oĂč tiĂ©dissait, toute la nuit, un bol de chocolat. Elle descendait, lente, balancĂ©e mollement comme une grosse perle, empoignait de ses huit pattes le bord de la tasse, se penchait tĂȘte premiĂšre, et buvait jusqu’à satiĂ©tĂ©. Puis, elle remontait, lourde de chocolat crĂ©meux, avec les haltes, les mĂ©ditations qu’imposent un ventre trop chargĂ©, et reprenait sa place au centre de son grĂ©ement de soie... »
(La Maison de Claudine, 1922)

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Avatar LILAS

LILAS

6 janvier 2024 21:22

La vie est un songe.
Recueil : La vie (1663)

Tout n'est plein ici bas que de vaine apparence,
Ce qu'on donne Ă  sagesse est conduit par le sort,
L'on monte et l'on descend avec pareil effort,
Sans jamais rencontrer l'état de consistance.

Que veiller et dormir ont peu de différence,
Grand maĂźtre en l'art d'aimer, tu te trompes bien fort,
En nommant le sommeil l'image de la mort,
La vie et le sommeil ont plus de ressemblance.

Comme on rĂȘve en son lit, rĂȘver en la maison,
Espérer sans succÚs, et craindre sans raison,
Passer et repasser d'une Ă  une autre envie,

Travailler avec peine et travailler sans fruit,
Le dirai-je, mortels, qu'est-ce que cette vie ?
C'est un songe qui dure un peu plus qu'une nuit.

Jacques Vallée Des Barreaux

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