đâ€ïžđ POESIES, HAĂKUS, avez-vous dit? Dites m'en plus....đâ€ïžđ
chantoon - 16 janvier 2014 05:47

martinemdh
On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
Câest une branche, tout Ă coup,
Qui sâeffeuille dans votre cou.
Câest un petit arbre tout rouge,
Un, dâune autre couleur encor,
Et puis, partout, ces feuilles dâor
Qui tombent sans que rien ne bouge.
Nous aimons bien cette saison,
Mais la nuit si tĂŽt va descendre !
Retournons vite Ă la maison
RĂŽtir nos marrons dans la cendre.
scoubidou51
đ Pauvres champignons đ
Quand je vais dans la forĂȘt
Je regarde les champignons
Lâamanite elle a la grippe
La coulemelle nâest pas trĂšs trĂšs belle
La morille est mangĂ©e de chânilles
Le bolet nâest pas frais, frais, frais
La girolle fait un peu la folle
La langue de bĆuf nâa plus lâfoie neuf
Le lactaire est trĂšs en colĂšre
La clavaire çà câest son affaire
Le cĂšpe de son cĂŽtĂ© perd la tĂȘte
Moi, je prĂ©fĂšre les champignons dâParis
Eux, au moins, nâont pas dâmaladies.
Pascale Paunat
martinemdh
Alphonse de LAMARTINE
1790 - 1869
Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ?
Dans son brillant exil mon coeur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon ùme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.
Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,
Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine oĂč les pasteurs accroupis tour Ă tour
Attendaient goutte Ă goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne Ă la main, s'entretenaient du jour,
ChaumiĂšre oĂč du foyer Ă©tincelait la flamme,
Toit que le pĂšlerin aimait Ă voir fumer,
Objets inanimés, avez-vous donc une ùme
Qui s'attache Ă notre Ăąme et la force d'aimer ?
scoubidou51
đ đ đ đ đ Le cartable rĂȘveur đ đ đ đ đ
Pendant que tu étais
Sur la plage, cet Ă©tĂ© ,đ
Ou bien dans la forĂȘt, đČ
As tu imaginé
Que ton cartable rĂȘvait ?
Il rĂȘvait dâavaler
Des crayons, des cahiers, đ
Puis dâaller comme on vole,
Sur le chemin de lâĂ©cole.
Carl Norac
martinemdh
Chaque enfant quâon enseigne est un homme quâon gagne.
Quatre vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allĂ©s Ă lâĂ©cole une fois,
Et ne savent pas lire, et signent dâune croix.
Câest dans cette ombre-lĂ quâils ont trouvĂ© le crime.
Lâignorance est la nuit qui commence lâabĂźme.
OĂč rampe la raison, lâhonnĂȘtetĂ© pĂ©rit.
**********
Dieu, le premier auteur de tout ce quâon Ă©crit,
A mis, sur cette terre oĂč les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer lĂ -haut oĂč lâĂąme en libertĂ© se meut.
LâĂ©cole est sanctuaire autant que la chapelle.
Lâalphabet que lâenfant avec son doigt Ă©pelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le cĆur
SâĂ©claire doucement Ă cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour quâil puisse vous suivre.
**********
La nuit produit lâerreur et lâerreur lâattentat.
Faute dâenseignement, on jette dans lâĂ©tat
Des hommes animaux, tĂȘtes inachevĂ©es,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent Ă tĂątons dans le monde moral.
Allumons les esprits, câest notre loi premiĂšre,
Et du suif le plus vil faisons une lumiĂšre.
Lâintelligence veut ĂȘtre ouverte ici-bas ;
Le germe a droit dâĂ©clore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, lâĂ©cole en or change le cuivre,
Tandis que lâignorance en plomb transforme lâor.
*********
Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis quâils ont le droit, du fond de leur misĂšre,
De se tourner vers vous, Ă qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis quâils Ă©taient lâhomme et quâon en fit la brute ;
Je dis que je nous blĂąme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de dĂ©part ce qui nâest pas leur faute ;
Pouvaient-ils sâĂ©clairer du flambeau quâon leur ĂŽte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.
Le premier crime fut sur eux-mĂȘmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme :
Et la société leur a volé leur ùme.
Victor HUGO
scoubidou51
Septembre
Septembre ! Septembre !
Cueilleur de fruits, teilleur de chanvre,
Aux clairs matins, aux soirs de sang,
Tu m'apparais
Debout et beau,
Sur l'or des feuilles de la forĂȘt,
Au bord de l'eau.
En ta robe de brume et de soie,
Avec ta chevelure qui rougeoie
D'or, de cuivre, de sang et d'ambre
Septembre !
Avec l'outre de peau obĂšse,
Qui charge tes épaules et pÚse,
Et suinte Ă ses coutures vermeilles
OĂč viennent bourdonner les derniĂšres abeilles !
Septembre !
Le vin nouveau fermente et mousse de la tonne
Aux cruches ;
La cave embaume, le grenier ploie ;
La gerbe de l'été cÚde au cep de l'automne,
La meule luit des olives qu'elle broie.
Toi, Seigneur des pressoirs, des meules et des ruches,
O Septembre ! chanté de toutes les fontaines,
Ecoute la voix du poĂšme.
Le soir est froid,
L'ombre s'allonge de la forĂȘt
Et le soleil descend derriĂšre les grands chĂȘnes.
Henri de Regnier
martinemdh
Jean de LA FONTAINE
1621 - 1695
La Belette entrée dans un grenier
Damoiselle Belette, au corps long et fluet,
Entra dans un Grenier par un trou fort étroit :
Elle sortait de maladie.
Là , vivant à discrétion,
La galante fit chĂšre lie,
Mangea, rongea : Dieu sait la vie,Et le lard qui périt en cette occasion !
La voilĂ , pour conclusion,
Grasse, mafflue et rebondie.
Au bout de la semaine, ayant dßné son soû,
Elle entend quelque bruit, veut sortir par le trou,
Ne peut plus repasser, et croit s'ĂȘtre mĂ©prise
AprĂšs avoir fait quelques tours,
"C'est, dit-elle, l'endroit : me voilĂ bien surprise ;
J'ai passé par ici depuis cinq ou six jours. "
Un Rat, qui la voyait en peine,
Lui dit : "Vous aviez lors la panse un peu moins pleine.
Vous ĂȘtes maigre entrĂ©e, il faut maigre sortir.
Ce que je vous dis lĂ , l'on le dit Ă bien d'autres ;
Mais ne confondons point, par trop approfondir,
Leurs affaires avec les vĂŽtres. "
martinemdh
Le petit endroit
Vous qui venez ici
dans une humble posture
De vos flancs alourdis
décharger le fardeau
Veuillez quand vous aurez
Soulagé la nature
Et déposé dans l'urne
un modeste cadeau
Ăpancher dans l'amphore
un courant d'onde pure
Et sur l'autel fumant
placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi
dont l'auguste jointure
Aux parfums indiscrets
doit servir de tombeau A de Musset
scoubidou51
Les oies sauvages â
Jâai vu passer des oies sauvages,
OĂč allaient-elles, je ne sais pas;
LâĂ©tĂ© sâen va, est-ce le prĂ©sage
Dâun hiver qui trop vite viendra.
En contre-bas coule la Loire,
Le Soleil est sur son déclin;
BientĂŽt viendra un nouveau soir,
Je voudrais me perdre en chemin.
Prisonniers de vos habitudes,
Vous vivez lĂ dans vos cellules;
Ne jugez pas mon attitude,
Je veux me sortir de ma bulle.
Je nâai pas deux ailes dans le dos,
Et elles sont déjà loin les oies;
Pour les rejoindre tout lĂ -haut
Faudra-t-il donc que je me noieâŠ
Je regarde couler cette Loire
Qui va rejoindre son Océan,
Comme elle je garde en moi lâespoir
Dâun monde beaucoup moins exigeant.
Alain Salvador
scoubidou51
La digitale
Dâun gradin dâor,
- parmi les cordons de soie,
les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal
qui noircissent comme du bronze au soleil,
- je vois la digitale sâouvrir
sur un tapis de filigranes dâargent,
dâyeux et de chevelures.
Des piĂšces dâor jaune semĂ©es sur lâagate,
des piliers dâacajou supportant un dĂŽme dâĂ©meraudes,
des bouquets de satin blanc
et de fines verges de rubis
entourent la rose dâeau.
Tels quâun dieu aux Ă©normes yeux bleus et aux formes de neige,
la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre
la foule des jeunes et fortes roses.
Arthur Rimbaud
scoubidou51
â â â Il Pleut â â â
Averse averse averse averse averse averse
pluie ĂŽ pluie ĂŽ pluie ĂŽ! ĂŽ pluie ĂŽ pluie ĂŽ pluie
gouttes d'eau gouttes d'eau gouttes d'eau gouttes d'eau
parapluie ĂŽ parapluie ĂŽ para verse ĂŽl
paragouttes d'eau paragouttes d'eau de pluie
capuchons pÚlerines et imperméables
que la pluie est humide et que l'eau mouille et mouille 1
mouille l'eau mouille l'eau mouille l'eau mouille l'eau
et que c'est agréable agréable agréable
d'avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humides d'averse et de pluie et de gouttes
d'eau de pluie et d'averse et sans un paragoutte
pour protéger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
Ă cause de l'averse Ă cause de la pluie
Ă cause de l'averse et des gouttes de pluie
des gouttes d'eau de pluie et des gouttes d'averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie
Raymond Queneau â â â
martinemdh
J'AIME LâARAIGNĂE de V HUGO
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,
Parce qu'on les hait ;
Et que rien n'exauce et que tout chĂątie
Leur morne souhait ;
Parce qu'elles sont maudites, chétives,
Noirs ĂȘtres rampants ;
Parce qu'elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ă sort ! fatals noeuds !
Parce que l'ortie est une couleuvre,
L'araignée un gueux;
Parce qu'elles ont l'ombre des abĂźmes,
Parce qu'on les fuit,Parce qu'elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit...
Passants, faites grĂące Ă la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !
Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie
De les écraser,
Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bĂȘte et la mauvaise herbeMurmurent : Amour !
