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chantoon - 16 janvier 2014 05:47

scoubidou51
Un dahlia
Courtisane au sein dur, Ă l'oeil opaque et brun
S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un boeuf,
Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.
Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun
ArÎme, et la beauté sereine de ton corps
Déroule, mate, ses impeccables accords.
Tu ne sens mĂȘme pas la chair, ce goĂ»t qu'au moins
Exhalent celles-lĂ qui vont fanant les foins,
Et tu trĂŽnes, Idole insensible Ă l'encens.
- Ainsi le Dahlia, roi vĂȘtu de splendeur,
ElĂšve sans orgueil sa tĂȘte sans odeur,
Irritant au milieu des jasmins agaçants !
Paul VERLAINE
martinemdh
Quand je n'ai rien Ă faire, et qu'Ă peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J'aime à m'écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, Ă demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougĂšre et de mousse,
Au bord des bois touffus oĂč la chaleur s'Ă©mousse.
LĂ , pour tuer le temps, j'observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l'hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d'orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pende au brin d'herbe,
La chenille traßnant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumiĂšre brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l'air, comme sur l'onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l'eau qu'un caillou fait gémir,
Ou j'écoute chanter prÚs de moi la fauvette,
Et lĂ -haut dans l'azur gazouiller l'alouette
scoubidou51
Chaleur
Tout luit, tout bleuit, tout bruit,
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.
Chaque petite feuille est chaude
Et miroite dans lâair oĂč rĂŽde
Comme un parfum de reine-claude.
Du soleil comme de lâeau pleut
Sur tout le pays jaune et bleu
Qui grésille et oscille un peu.
Un infini plaisir de vivre
SâĂ©lance de la forĂȘt ivre,
Des blés roses comme du cuivre.
Anna de NOAILLES
martinemdh
Plaisir d'Ă©tĂ© (Ballade âQuand Ă peine un nuageâ)
Quand Ă peine un nuage,
Flocon de laine, nage
Dans les champs du ciel bleu,
Et que la moisson mûre,
Sans vagues ni murmure,
Dort sous un ciel de feu;
Aux fentes des murailles
Quand luisent les écailles
Et les yeux du lézard,
Et que les taupes fouillent
Les prĂ©s, oĂč sâagenouillent
Les grands bĆufs Ă lâĂ©cart,
Quâil fait bon ne rien faire,
Libre de toute affaire,
Libre de tous soucis,
Et sur la mousse tendre
Nonchalamment sâĂ©tendre,
Ou demeurer assis; T .Gautier
scoubidou51
Le bal du 14 Juillet đ«đ·
Ce soir, un bal sera donné,
Je ne pourrais y aller,
Mais je vais en rĂȘver
Et ce sera comme si jây Ă©tais.
Je tâattendrais sur ce pont,
DĂ©corĂ© pour lâoccasion
De rubans de papiers
Et de banniÚres colorées.
Je porterais une jolie robe pour lâoccasion,
Câest quand mĂȘme la fĂȘte de ta nation,
Une date, quand un pays a retrouvé sa liberté
Doit comme il se faut ĂȘtre fĂȘtĂ©e.
Ce soir dans mes rĂȘves, je vais danser
Et je me réjouis que tu sois mon cavalier,
Je te donne rendez-vous sur le pont
Pour le bal de ce 14 juillet aux lampions.
M.H.
scoubidou51
La parole amoureuse est un dimanche
un dimanche
la parole amoureuse est un dimanche
sans aucun souci de soi-mĂȘme
une miniature
en langue
la parole amoureuse est sans impatience
elle a tout son temps de parole amoureuse
elle est le repos qui nous vient
enfin
elle nous donne un véritable nom
nous fait aimer le dimanche
malgré les cloches
et malgré la fausse courtoisie de Dieu
la parole amoureuse
ne recommence pas of course le monde
ni ne le désencombre tout à fait
la parole amoureuse
dans sa robe, nous accompagne Ă la fĂȘte
et sa robe est la fĂȘte, dĂ©jĂ la fĂȘte
la figure reine et tous les pays étrangers
la parole amoureuse est chaque fois
la premiĂšre fois de mourir
la premiÚre fois des paupiÚres baissées
la premiĂšre fois cette rencontre de blessure et de force
certains disent guérison
je dis simplement :
la parole amoureuse est lâintelligence parfaite
la Hollande du Grand Nord
la parole amoureuse
câest sept fois un jour
et une année tout entiÚre
Normand de Bellefeuille
martinemdh
Jâai pardonnĂ© des erreurs presque impardonnables, jâai essayĂ© de remplacer des personnes irremplaçables et oubliĂ© des personnes inoubliables. Jâai agi par impulsion, jâai Ă©tĂ© déçu par des gens que jâen croyais incapables, mais jâai déçu des gens aussi. Jâai tenu quelquâun dans mes bras pour le protĂ©ger. Je me suis fait des amis Ă©ternels. Jâai ri quand il ne le fallait pas. Jâai aimĂ© et je lâai Ă©tĂ© en retour, mais jâai aussi Ă©tĂ© repoussĂ©. Jâai Ă©tĂ© aimĂ© et je nâai pas su aimer. Jâai criĂ© et sautĂ© de tant de joies, jâai vĂ©cu dâamour et fait des promesses Ă©ternelles, mais je me suis brisĂ© le coeur, tant de fois ! Jâai pleurĂ© en Ă©coutant de la musique ou en regardant des photos. Jâai tĂ©lĂ©phonĂ© juste pour entendre une voix, je suis dĂ©jĂ tombĂ© amoureux dâun sourire. Jâai dĂ©jĂ cru mourir par tant de nostalgie. Jâai eu peur de perdre quelquâun de trĂšs spĂ©cial (que jâai fini par perdre). Mais jâai survĂ©cu ! Et je vis encore ! Et la vie, je ne mâen lasse pas. Et toi non plus tu ne devrais pas tâen lasser. Vis ! Ce qui est vraiment bon, câest de se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant⊠parce que le monde appartient Ă celui qui ose ! La vie est beaucoup trop belle pour ĂȘtre insignifiante ! â
Charlie Chaplin
scoubidou51
Le Notre PÚre du joueur de pétanque
Notre capitaine qui ĂȘtes aux jeux
Sur le bouchon garde les yeux
Que notre boule au bouchon roule
Que les joueurs se défoulent
Que notre équipe se place bien
Sur tous les terrains
Donne-nous aujourd'hui
Notre point quotidien
Pardonne-nous nos erreurs
Comme nous pardonnons
A ceux qui nous ont délogés
Et ne nous soumets pas
A la stratégie
Mais délivre-nous
De perdre cette partie....
Amen
Nez
Vous
Rolande DUCHESNEAU HOUDE
scoubidou51
La marionnette
Je suis la marionnette
HabillĂ©e dâarc-en-ciel ;đ
Qui tire sur la ficelle
Tire un coup dans ma tĂȘte !
Je suis le funambule
OubliĂ© dâun orage âĄ
A deux pas dâun voyage
OĂč mes ailes se brĂ»lentâŠ
Je nâavais pourtant rien
D'un enfant de la balle, đŸ
Ni magie dans mes malles,
Ni hardes de vaurienâŠ
Je suis la marionnette
OubliĂ©e dâun exil
Qui a perdu le fil
De sa vie de tempĂȘteâŠ
Je suis la marionnette
HabillĂ©e de tes rĂȘves
Et quand le jour sâachĂšve,
Je tâattends, toujours prĂȘteâŠ
Je suis le funambule,
Sage comme une image,
JâespĂšre en tes bagages
Que tu me manipulesâŠ
DĂ©mĂȘle mes entraves
Et joue de mon destin
Car sâil nâen reste quâun,
Je serai ton esclave !
Je suis la marionnette
ĂgarĂ©e dâun exil ;
Je me ferai docile
Pour quelques amourettesâŠđ
Vincent MARIE
martinemdh
Le pot de fleur
Parfois un enfant trouve une petite graine,
Et tout d'abord, charmé de ses vives couleurs,
Pour la planter, il prend un pot de porcelaine
Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.
Il s'en va. La racine en couleuvres s'allonge,
Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau ;
Chaque jour, plus avant, son pied chevelu plonge
Tant qu'il fasse éclater le ventre du vaisseau.
L'enfant revient ; surpris, il voit la plante grasse
Sur les débris du pot brandir ses verts poignards ;
II la veut arracher, mais la tige est tenace ;
II s'obstine, et ses doigts s'ensanglantent aux dards.
Ainsi germa l'amour dans mon Ăąme surprise;
Je croyais ne semer qu'une fleur de printemps :
C'est un grand aloĂšs dont la racine brise
Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.
Théophile Gautier
scoubidou51
La fée
Viens, bel enfant ! Je suis la Fée.
Je rĂšgne aux bords oĂč le soleil
Au sein de l'onde réchauffée
Se plonge, éclatant et vermeil.
Les peuples d'Occident m'adorent
Les vapeurs de leur ciel se dorent,
Lorsque je passe en les touchant;
Reine des ombres léthargiques,
Je bĂątis mes palais magiques
Dans les nuages du couchant.
Mon aile bleue est diaphane;
L'essaim des Sylphes enchantés
Croit voir sur mon dos, quand je plane,
Frémir deux rayons argentés.
Ma main luit, rose et transparente;
Mon souffle est la brise odorante
Qui, le soir, erre dans les champs;
Ma chevelure est radieuse,
Et ma bouche mélodieuse
MĂȘle un sourire Ă tous ses chants.
J'ai des grottes de coquillages;
J'ai des tentes de rameaux verts;
C'est moi que bercent les feuillages,
Moi que berce le flot des mers.
Si tu me suis, ombre ingénue,
Je puis t'apprendre oĂč va la nue
Te montrer d'oĂč viennent les eaux;
Viens, sois ma compagne nouvelle,
Si tu veux que je te révÚle
Ce que dit la voix des oiseaux.
Victor Hugo.
martinemdh
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai compris quâen toutes circonstances,
jâĂ©tais Ă la bonne place,
au bon moment.
Et, alors, jâai pu me relaxer.
Aujourdâhui, je sais que ça sâappelle Estime de soi.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai pu percevoir que mon anxiĂ©tĂ© et ma souffrance Ă©motionnelle,
nâĂ©taient rien dâautre quâun signal lorsque je vais Ă lâencontre de mes convictions.
Aujourdâhui, je sais que ça sâappelle AuthenticitĂ©.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai cessĂ© de vouloir une vie diffĂ©rente
et jâai commencĂ© Ă voir que tout ce qui mâarrive contribue Ă ma croissance personnelle.
Aujourdâhui, je sais que ça sâappelle MaturitĂ©.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai commencĂ© Ă percevoir lâabus
dans le fait de forcer une situation, ou une personne,
dans le seul but dâobtenir ce que je veux, sachant trĂšs bien que ni la personne ni moi-mĂȘme ne sommes prĂȘts et que ce nâest pas le moment.
Aujourd'hui, je sais que ça sâappelle Respect.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai commencĂ© Ă me libĂ©rer
de tout ce qui ne mâĂ©tait pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au dĂ©but, ma raison appelait ça de lâĂ©goĂŻsme.
Aujourdâhui, je sais que ça sâappelle Amour Propre.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai cessĂ© dâavoir peur du temps libre
et jâai arrĂȘtĂ© de faire de grands plans ,
jâai abandonnĂ© les mĂ©gaprojets du futur.
Aujourdâhui, je fais ce qui est correct, ce que jâaime,
quand ça me plait et à mon rythme
Aujourdâhui, je sais que ça sâappelle SimplicitĂ©.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai cessĂ© de chercher
Ă toujours avoir raison et me suis rendu
compte de toutes les fois oĂč je me suis trompĂ©.
Aujourdâhui, jâai dĂ©couvert l' HumilitĂ©.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai cessĂ© de revivre le passĂ© et de me prĂ©occuper de lâavenir.
Aujourdâhui, je vis au prĂ©sent, lĂ oĂč toute la vie se passe.
Aujourdâhui, je vis une seule journĂ©e Ă la fois, et ça sâappelle PlĂ©nitude.
Le jour oĂč je me suis aimĂ© pour de vrai,
jâai compris que ma tĂȘte pouvait me tromper et me dĂ©cevoir ,
mais si je la mets au service de mon cĆur,
elle devient un allié trÚs précieux.
scoubidou51
« A voté »
Devons-nous dire «a voté»
Ou « il a voté»?
La diffĂ©rence dâappel
Réside dans le pronom personnel!
Le premier est une obligation,
Le second une forme de personnalisation.
Toute la différence est dans le «il»!
Mais que représente donc ce «il»?
On pourrait tout aussi bien dire
Nâa «pas voté»,
Ou « il nâa pas voté»,
Nâest-ce pas quâune question de rimes ?
Pourquoi alors ne lâai-je jamais entendu?
Câest le «pas» qui ne plaĂźt pas,
Des «pas» on nâen veut pas !
Est-ce bien entendu?
Comme on nâaime pas les «pas»,
Il faut donc aller voter,
Au «pas» chassé,
MĂȘme pour ceux quâon aime pas.
Pire ! On ne vote plus «pour»
Mais «contre» ceux quâon aime pas,
Câest une vĂ©ritable chasse Ă courre,
Une guerre ouverte au «jâaime pas».
Il y a de lâobligation dans «a voté»,
De lâinterdiction dans «a pas voté»,
Il y a du personnel dans il «a voté»,
De la faute professionnelle dans il «nâa pas voté».
Devons-nous nous sentir responsable de voter?
Ou bien Irresponsable de ne pas voter?
Tout dépend de ce que vous pensez,
Non pas de ce quâon veut vous faire penser.
Maintenant que vous savez,
Je ne voudrais pas vous influencer,
Sachez seulement
Que vous avez personnellement le choix
De voter ou pas !
Jean-Stephane BOZZO
