
martinemdh
Le meilleur moment des amours
Le meilleur moment des amours
N'est pas quand on a dit : « Je t'aime. »
Il est dans le silence même
À demi rompu tous les jours ;
Il est dans les intelligences
Promptes et furtives des coeurs ;
Il est dans les feintes rigueurs
Et les secrètes indulgences ;
Il est dans le frisson du bras
Où se pose la main qui tremble,
Dans la page qu'on tourne ensemble
Et que pourtant on ne lit pas.
Heure unique où la bouche close
Par sa pudeur seule en dit tant ;
Où le coeur s'ouvre en éclatant
Tout bas, comme un bouton de rose ;
Où le parfum seul des cheveux
Parait une faveur conquise !
Heure de la tendresse exquise
Où les respects sont des aveux.

chantoon
Bonjour....
L'huître et le marsouin
Poète : Antoine-Vincent Arnault (1766-1834)
« Enfin j'ai trouvé le repos ! »
Disait une huître de Marène.
« Fidèle au nœud qui nous enchaîne,
Ce roc me défendra des flots :
Nous ne faisons qu'un ; je défie
Au trident de nous séparer ;
Je défie au temps d'altérer
La tendre amitié qui nous lie. »
« — L'amitié, repart un marsouin,
De sa nature est peu constante,
Quand le besoin qui la cimente
N'est pas un mutuel besoin.
À maint courtisan qui s'accroche
Après maint puissant, c'est pourquoi
Je dis : — Crains le flot qui s'approche ;
Bien que tu tiennes à la roche,
La roche ne tient pas à toi. »
martinemdh
Titre : Notre-Dame de Paris
Poète : Antoine de Latour (1808-1881)
Ce poème vivant, seconde Notre-Dame,
Qui doit se voir encore debout à l'horizon,
Quand l'autre qui l'inspire et dont il prend le nom,
Aura dans la poussière exhalé sa grande âme ;
Ce colosse qu'un soir de son rêve de flamme
L'artiste a vu sortir, fait d'or et de limon,
Ce chant aux mille échos, où l'ange et le démon
Mêlent le cri du tigre au soupir de la femme ;
Ce livre de l'enfer et du ciel, le voici :
Lisez, mais si vers vous un pauvre enfant transi
Tend la main pour sa sœur qui danse sur la place,
Donnez, ne comptez pas, c'est Dieu qui comptera ;
Donnez, que votre cœur, en voyant l'humble tasse,
Se rappelle toujours la brune Esméralda.
Antoine de Latour.

chantoon
Bonjour....en hommage à NOTRE DAME DE PARIS...
Poète : Théophile Gautier (1811-1872)
Recueil : La comédie de la mort (1838).
Las de ce calme plat où d'avance fanées,
Comme une eau qui s'endort, croupissent nos années ;
Las d'étouffer ma vie en un salon étroit,
Avec de jeunes fats et des femmes frivoles,
Echangeant sans profit de banales paroles ;
Las de toucher toujours mon horizon du doigt.
Pour me refaire au grand et me rélargir l'âme,
Ton livre dans ma poche, aux tours de Notre-Dame ;
Je suis allé souvent, Victor,
A huit heures, l'été, quand le soleil se couche,
Et que son disque fauve, au bord des toits qu'il touche,
Flotte comme un gros ballon d'or.
Tout chatoie et reluit ; le peintre et le poète
Trouvent là des couleurs pour charger leur palette,
Et des tableaux ardents à vous brûler les yeux ;
Ce ne sont que saphirs, cornalines, opales,
Tons à faire trouver Rubens et Titien pâles ;
Ithuriel répand son écrin dans les cieux.
Cathédrales de brume aux arches fantastiques ;
Montagnes de vapeurs, colonnades, portiques,
Par la glace de l'eau doublés,
La brise qui s'en joue et déchire leurs franges,
Imprime, en les roulant, mille formes étranges
Aux nuages échevelés.
Comme, pour son bonsoir, d'une plus riche teinte,
Le jour qui fuit revêt la cathédrale sainte,
Ébauchée à grands traits à l'horizon de feu ;
Et les jumelles tours, ces cantiques de pierre,
Semblent les deux grands bras que la ville en prière,
Avant de s'endormir, élève vers son Dieu.
Ainsi que sa patronne, à sa tête gothique,
La vieille église attache une gloire mystique
Faite avec les splendeurs du soir ;
Les roses des vitraux, en rouges étincelles,
S'écaillent brusquement, et comme des prunelles,
S'ouvrent toutes rondes pour voir.
La nef épanouie, entre ses côtes minces,
Semble un crabe géant faisant mouvoir ses pinces,
Une araignée énorme, ainsi que des réseaux,
Jetant au front des tours, au flanc noir des murailles,
En fils aériens, en délicates mailles,
Ses tulles de granit, ses dentelles d'arceaux.
Aux losanges de plomb du vitrail diaphane,
Plus frais que les jardins d'Alcine ou de Morgane,
Sous un chaud baiser de soleil,
Bizarrement peuplés de monstres héraldiques,
Éclosent tout d'un coup cent parterres magiques
Aux fleurs d'azur et de vermeil.
Légendes d'autrefois, merveilleuses histoires
Écrites dans la pierre, enfers et purgatoires,
Dévotement taillés par de naïfs ciseaux ;
Piédestaux du portail, qui pleurent leurs statues,
Par les hommes et non par le temps abattues,
Licornes, loups-garous, chimériques oiseaux,
Dogues hurlant au bout des gouttières ; tarasques,
Guivres et basilics, dragons et nains fantasques,
Chevaliers vainqueurs de géants,
Faisceaux de piliers lourds, gerbes de colonnettes,
Myriades de saints roulés en collerettes,
Autour des trois porches béants.
Lancettes, pendentifs, ogives, trèfles grêles
Où l'arabesque folle accroche ses dentelles
Et son orfèvrerie, ouvrée à grand travail ;
Pignons troués à jour, flèches déchiquetées,
Aiguilles de corbeaux et d'anges surmontées,
La cathédrale luit comme un bijou d'émail !
II
Mais qu'est-ce que cela ? Lorsque l'on a dans l'ombre
Suivi l'escalier svelte aux spirales sans nombre
Et qu'on revoit enfin le bleu,
Le vide par-dessus et par-dessous l'abîme,
Une crainte vous prend, un vertige sublime
A se sentir si près de Dieu !
Ainsi que sous l'oiseau qui s'y perche, une branche
Sous vos pieds qu'elle fuit, la tour frissonne et penche,
Le ciel ivre chancelle et valse autour de vous ;
L'abîme ouvre sa gueule, et l'esprit du vertige,
Vous fouettant de son aile en ricanant voltige
Et fait au front des tours trembler les garde-fous,
Les combles anguleux, avec leurs girouettes,
Découpent, en passant, d'étranges silhouettes
Au fond de votre œil ébloui,
Et dans le gouffre immense où le corbeau tournoie,
Bête apocalyptique, en se tordant aboie,
Paris éclatant, inouï !
Oh ! le cœur vous en bat, dominer de ce faîte,
Soi, chétif et petit, une ville ainsi faite ;
Pouvoir, d'un seul regard, embrasser ce grand tout,
Debout, là-haut, plus près du ciel que de la terre,
Comme l'aigle planant, voir au sein du cratère,
Loin, bien loin, la fumée et la lave qui bout !
De la rampe, où le vent, par les trèfles arabes,
En se jouant, redit les dernières syllabes
De l'hosanna du séraphin ;
Voir s'agiter là-bas, parmi les brumes vagues,
Cette mer de maisons dont les toits sont les vagues ;
L'entendre murmurer sans fin ;
Que c'est grand ! Que c'est beau ! Les frêles cheminées,
De leurs turbans fumeux en tout temps couronnées,
Sur le ciel de safran tracent leurs profils noirs,
Et la lumière oblique, aux arêtes hardies,
Jetant de tous côtés de riches incendies
Dans la moire du fleuve enchâsse cent miroirs.
Comme en un bal joyeux, un sein de jeune fille,
Aux lueurs des flambeaux s'illumine et scintille
Sous les bijoux et les atours ;
Aux lueurs du couchant, l'eau s'allume, et la Seine
Berce plus de joyaux, certes, que jamais reine
N'en porte à son col les grands jours.
Des aiguilles, des tours, des coupoles, des dômes
Dont les fronts ardoisés luisent comme des heaumes,
Des murs écartelés d'ombre et de clair, des toits
De toutes les couleurs, des résilles de rues,
Des palais étouffés, où, comme des verrues,
S'accrochent des étaux et des bouges étroits !
Ici, là, devant vous, derrière, à droite, à gauche,
Des maisons ! Des maisons ! Le soir vous en ébauche
Cent mille avec un trait de feu !
Sous le même horizon, Tyr, Babylone et Rome,
Prodigieux amas, chaos fait de main d'homme,
Qu'on pourrait croire fait par Dieu !
III
Et cependant, si beau que soit, ô Notre-Dame,
Paris ainsi vêtu de sa robe de flamme,
Il ne l'est seulement que du haut de tes tours.
Quand on est descendu tout se métamorphose,
Tout s'affaisse et s'éteint, plus rien de grandiose,
Plus rien, excepté toi, qu'on admire toujours.
Car les anges du ciel, du reflet de leurs ailes,
Dorent de tes murs noirs les ombres solennelles,
Et le Seigneur habite en toi.
Monde de poésie, en ce monde de prose,
A ta vue, on se sent battre au cœur quelque chose ;
L'on est pieux et plein de foi !
Aux caresses du soir, dont l'or te damasquine,
Quand tu brilles au fond de ta place mesquine,
Comme sous un dais pourpre un immense ostensoir ;
A regarder d'en bas ce sublime spectacle,
On croit qu'entre tes tours, par un soudain miracle,
Dans le triangle saint Dieu se va faire voir.
Comme nos monuments à tournure bourgeoise
Se font petits devant ta majesté gauloise,
Gigantesque sœur de Babel,
Près de toi, tout là-haut, nul dôme, nulle aiguille,
Les faîtes les plus fiers ne vont qu'à ta cheville,
Et, ton vieux chef heurte le ciel.
Qui pourrait préférer, dans son goût pédantesque,
Aux plis graves et droits de ta robe Dantesque,
Ces pauvres ordres grecs qui se meurent de froid,
Ces panthéons bâtards, décalqués dans l'école,
Antique friperie empruntée à Vignole,
Et, dont aucun dehors ne sait se tenir droit.
Ô vous ! Maçons du siècle, architectes athées,
Cervelles, dans un moule uniforme jetées,
Gens de la règle et du compas ;
Bâtissez des boudoirs pour des agents de change,
Et des huttes de plâtre à des hommes de fange ;
Mais des maisons pour Dieu, non pas !
Parmi les palais neufs, les portiques profanes,
Les parthénons coquets, églises courtisanes,
Avec leurs frontons grecs sur leurs piliers latins,
Les maisons sans pudeur de la ville païenne ;
On dirait, à te voir, Notre-Dame chrétienne,
Une matrone chaste au milieu de catins !
Clown
Le reniement de Saint-Pierre
Qu’est-ce que Dieu fait donc de ce flot d’anathèmes
Qui monte tous les jours vers ses chers Séraphins ?
Comme un tyran gorgé de viande et de vins,
Il s’endort au doux bruit de nos affreux blasphèmes.
Les sanglots des martyrs et des suppliciés
Sont une symphonie enivrante sans doute,
Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte,
Les cieux ne s’en sont point encore rassasiés !
Ah ! Jésus, souviens-toi du jardin des Olives !
Dans ta simplicité tu priais à genoux
Celui qui dans son ciel riait au bruit des clous
Que d’ignobles bourreaux plantaient dans tes chairs vives,
Lorsque tu vis cracher sur ta divinité
La crapule du corps de garde et des cuisines,
Et lorsque tu sentis s’enfoncer les épines
Dans ton crâne où vivait l’immense Humanité ;
Quand de ton corps brisé la pesanteur horrible
Allongeait tes deux bras distendus, que ton sang
Et ta sueur coulaient de ton front pâlissant,
Quand tu fus devant tous posé comme une cible,
Rêvais-tu de ces jours si brillants et si beaux
Où tu vins pour remplir l’éternelle promesse,
Où tu foulais, monté sur une douce ânesse,
Des chemins tout jonchés de fleurs et de rameaux,
Où, le coeur tout gonflé d’espoir et de vaillance,
Tu fouettais tous ces vils marchands à tour de bras,
Où tu fus maître enfin ? Le remords n’a-t-il pas
Pénétré dans ton flanc plus avant que la lance ?
– Certes, je sortirai, quant à moi, satisfait
D’un monde où l’action n’est pas la soeur du rêve ;
Puissé-je user du glaive et périr par le glaive !
Saint Pierre a renié Jésus… il a bien fait.
Charles Baudelaire
martinemdh
Déjà les beaux jours, – la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; –
Et rien de vert : – à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !
Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
– Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.
Gérard de Nerval,

chantoon
Çe 14 avril...
Le Lila explosait dans le jardin...
Il est venu au monde...
En silence, petits poings fermés...
J'ai posè mes lèvres sur sa peau de sapotille...
J'ai enfoui dans mon cœur le sourire de ses sœurs.
Ce matin était le plus beau...
Un quatorze avril......
Pour Earwin, mon fils !

chantoon
Bonjour....
Dimanche des rameaux...
Robe et souliers neufs,
Les cloches sonnaient...
Maman â la cuisine,
Que çela sentait bon
Papa jouait aux cartes,
une musique s'envolait dans l'air...
Mes sœurs riaient,
Je pensais avec mon cœur d'enfant.
C'était LE bonheur.
Grenoble 14 avril 2019. Dimanche des rameaux.
martinemdh
Dimanche
des Rameaux…
Les blancs hameaux,
les ormeaux,
les sureaux,
les roseaux,
les fuseaux,
les bestiaux
s’endorment
comme
des oiseaux.
À l’ombre des feuilles,
les eaux lentes
se recueillent
dimanchement.
Ô Rousseau !
Où sont
les sons
des chalumeaux ?
Les moutons
sur l
es prairies
fleuries
sont monotones.
J’ai accompagné
le long des haies
matinales
le facteur rural…
Les cloches sonnaient larges
et toutes,
com
me des gouttes
d’orage.
Mon cœur fleurissait
et je prosternais
mon âme
inquiète et calme
vers les noires
éminences
des coteaux sur
qui est l’azur.
Les nuages blancs,
malgré le beau temps,
semblaient lourds
d’eau d’ouragan.
Nous sommes allés
dans les allées
creusées par les
ondées.
Les murs des chaumières
avaient des éviers
de pierre,
de fougères et de lierre.
Maintenant je prie,
ô mon Dieu, mon Dieu,
devant le ciel bleu
où un moineau crie.

chantoon
Bonsoir.... Bientôt ...pour les petits enfants....🕊🐣☀️
Farce à Pâques
Devant moi, trois coquetiers.
Dans les trois coquetiers,
Trois œufs bien droits posés !
Celui-là est en bois :
Je n’y goûterai pas !
Mais il est doux contre ma joue.
Celui-là est ouvert…
Toc-toc-toc, c’est l’œuf coque,
Que je mange à la petite cuiller.
Celui-là est en chocolat :
C’est l’œuf que je préfère.
Je le garde pour mon dessert.
Françoise Bobe

chantoon
Bonsoir....
Ma poésie de ce jour....sur une branche d'un platane, dans la cour de la maison de mes parents, deux tourterelles se faisaient la cour....elles roucoulaient à qui mieux mieux, se frottaient le cou l'une à l'autre, ouvraient leurs ailes en se regardant, toujours sur la branche....se touchaient du bec, comme pour un tendre baiser....je les ai regardés un bon moment ET j'ai eu
le cœur gros....je ne verrais pas le nid avec les oisillons.... comme avant....nous ne serons plus dans cette maison, elle sera détruite l'an prochain, le platane sera peut être sauvé, permettant ainsi aux deux tourterelles de venir pondre....comme avant....du temps où mes parents habitaient là....