
martinemdh
Jupiter dit un jour : " Que tout ce qui respire
S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur :
Si dans son composé quelqu'un trouve à redire,
Il peut le déclarer sans peur ;
Je mettrai remède à la chose.
Venez, singe ; parlez le premier, et pour cause.
Voyez ces animaux, faites comparaison
De leurs beautés avec les vôtres.
Êtes-vous satisfait ? - Moi ? dit-il ; pourquoi non ?
N'ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres ?
Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproché ;
Mais pour mon frère l'ours, on ne l'a qu'ébauché :
Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre. "
L'ours venant là-dessus, on crut qu'il s'allait plaindre.
Tant s'en faut : de sa forme il se loua très fort ;
Glosa sur l'éléphant, dit qu'on pourrait encor
Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles ;
Que c'était une masse informe et sans be
auté.
L'éléphant étant écouté,
Tout sage qu'il était, dit des choses pareilles :
Il jugea qu'à son appétit
Dame baleine était trop grosse.
Dame fourmi trouva le ciron trop petit,
Se croyant, pour elle, un colosse.
Jupin les renvoya s'étant censurés tous,
Du reste, contents d'eux. Mais parmi les plus fous
Notre espèce excella ; car tout ce que nous sommes,
Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous,
Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes :
On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain.
Le fabricateur souverain
Nous créa besaciers tous de même manière
Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui :
Il fit pour nos défauts la poche de derrière,
Et celle de devant pour les défauts d'autrui
delphinium29
Printemps qui vient…
Elodie Santos
Printemps qui vient fleurir le temps
arrive un jour sans qu’on le voit venir
Printemps qui vient comme le vent
souffler sur l’hiver et le faire partir
Printemps qui vient renaître à nouveau
nous caresser la peau et nous faire sourire
Printemps qui vient avec la Douceur
accueillir le Soleil qu’on avait oublié
Printemps qui vient nous réchauffer
arroser les jardins, faire jaillir les fleurs
Printemps qui vient nous dire Je t’aime
Afin qu’on puisse tout recommencer
martinemdh
Le temps qui passe / Creuse rides et sillons
Dans les prés, dans les montagnes et sur nos visages.
Le temps qui passe / Courbe les droites les plus fières
Et alourdit nos pauvres vertèbres.
Mais regarde au fond de tes yeux, / Une étincelle sommeille,
C'est l'enfant qui soudain se réveille, / L'enfant qui se joue de tout,
Du temps qui passe et qui rend fou.
montreal
l'utilité du rêve
Qu'il soit logique
Ou maléfique
Parfois pathétique
Ou encore magnifique
Le rêve est authentique
Rêver est souvent magique
Hier j'ai rêver d'une route
Sans escale ni détour
Chemin de l'amour
Pour une vie sans carrefour
Existence sans retour
Vivre à deux pour toujours.
Hier j'ai rêvé d'un spectre
Qui se nome Lucifer
Prince des enfers .
Maître de mon univers
Qu'il couvre de ses ténèbres
Et afflige tout mon être.
Hier j'ai rêvé de la misère
Qui recouvrait la terre
D'un voile de tristesse
Par la noirceur de ses prouesses.
Des cœurs meurtris en détresse
Des corps morts en parenthèse.
Hier j'ai rêvé d 'une fée
Qui dans son halo doré
Jetait sur ce monde la beauté
Une poudre de gaieté
Sur les peuples où la bonté
Annihilait le mot 'pleurer'
Le rêve est une évasion
Peu importe la destination
Il est moyen de vivre ses passions
De fuir ses préoccupations
Le rêve est une fascination
Qu'il faut user sans modération .
?Marie.C
montreal
Veillée d’avril
Il doit être minuit. Minuit moins cinq. On dort.
Chacun cueille sa fleur au vert jardin des rêves,
Et moi, las de subir mes vieux remords sans trêves,
Je tords mon cœur pour qu’il s’égoutte en rimes d’or.
Et voilà qu’à songer me revient un accord,
Un air bête d’antan, et sans bruit tu te lèves
Ô menuet, toujours plus gai, des heures brèves
Où j’étais simple et pur, et doux, croyant encor.
Et j’ai posé ma plume. Et je fouille ma vie
D’innocence et d’amour pour jamais défleurie,
Et je reste longtemps, sur ma page accoudé,
Perdu dans le pourquoi des choses de la terre,
Ecoutant vaguement dans la nuit solitaire
Le roulement impur d’un vieux fiacre attardé.
Jules Laforgue
martinemdh
Rouge, plus vif encore que la couleur du sang,
Tu trônes sur la pierre, sous le soleil brûlant.
Réchauffant tes pétales de son nectar chaud
Ô mon beau Géranium, plus encore que beau !
A coté tes confrères de couleur rosé
Nous présentent des sphères dont les fleurs ouvertes
Aspirent les rayons du soleil d'été
Et tranchent -éblouissantes- sur les feuilles vertes.
Plus haut, dans les marmites suspendues à des chaînes
C'est le Pélargonium qui s'étoffe sans gène
Boutons de mille fleurs bientôt prêtent à éclore
Demande le soleil, et encore et encore...
Puis reste le- fan jan -mélange rouge et rose
Dont les tiges dépassant, sous une brise, bougent
