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chantoon - 16 janvier 2014 05:47


chantoon
Bonjour, bonjour....
Plongée dans notre adolescence....
L'homme et la mer
Extrait Des Fleurs Du Mal.
Par Charles Baudelaire
Homme libre, toujours, tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton Ăąme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais Ă plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cĆur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous ĂȘtes tous les deux tĂ©nĂ©breux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abßmes,
O mer, nul ne connaĂźt tes richesses intimes,
Tant vous ĂȘtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilĂ des siĂšcles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, Î frÚres implacables !
martinemdh
Il est des mots qui jamais ne renoncent.
Des mots toujours fervents. Rarement érodés.
Des mots droit devant, par-delĂ lâencoignure des siĂšcles.
Des mots dâentrain, dâĂ©lan, de vie.
Des mots tocsins qui se jouent des tourments.
Des mots de plein cĆur qui battent dans le sang.
Des mots de plein vent qui affolent les voiles.
Des mots qui enjoignent, qui affament et ravissent. Des mots jamais avares.
Des mots toujours brûlants. Des mots à la hauteur des temps.
martinemdh
Enfant ! si jâĂ©tais roi, je donnerais lâempire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple Ă genoux
Et ma couronne dâor, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, Ă qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !
Si jâĂ©tais Dieu, la terre et lâair avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
LâĂ©ternitĂ©, lâespace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

chantoon
Bonjour....âïž
Le soleil revenu sur l'étang
renoue avec ses habitants.
Dans la pùleur du jaune impérial
comme venue d'orient, l'eau étale
ses reflets salins, ravissement
des échassiers qui volent au vent.
Parfois attirés par la dégustation
ils se délectent au gré des ondulations
de la brume qui ravit mes yeux
j'aime la confusion de l'eau avec les cieux,
monde éthéré des images souvenirs
oĂč les ĂȘtres perdus continuent Ă sourire !
âïž
...?...
martinemdh
Sâasseoir tous deux au bord dâun flot qui passe,
Le voir passer ;
Tous deux, sâil glisse un nuage en lâespace,
Le voir glisser ;
A lâhorizon, sâil fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;
Aux alentours, si quelque fleur embaume,
Sâen embaumer ;
Si quelque fruit, oĂč les abeilles goĂ»tent,
Tente, y goûter ;
Si quelque oiseau, dans les bois qui lâĂ©coutent,
Chante, Ă©couterâŠ
Entendre au pied du saule oĂč lâeau murmure
Lâeau murmurer ;
Ne pas sentir, tant que ce rĂȘve dure,
Le temps durer ;
Mais nâapportant de passion profonde
QuâĂ sâadorer ;
Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;
Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,
Sentir lâamour, devant tout ce qui passe,
Ne point passe
delphinium29
Jâai quittĂ© une terre qui nâĂ©tait pas la mienne,
pour une autre, qui non plus, ne lâest pas.
Je me suis rĂ©fugiĂ© dans un vocable dâencre, ayant le livre pour espace,
parole de nulle part, étant celle obscure du désert.
Je ne me suis pas couvert la nuit.
Je ne me suis point protégé du soleil.
Jâai marchĂ© nu.
DâoĂč je venais nâavait plus de sens.
OĂč jâallais nâinquiĂ©tait personne.
Du vent, vous dis-je, du vent.
Et un peu de sable dans le vent.
Edmond JJabĂšs---------------
martinemdh
Bonsoir ,j'aurai honte ce soir de venir parler de moi
aucun mot ne console de la mort d'un enfant ,alors simplement ce soir je viens vous dire mon admiration pour votre courage ,je me permets de vous embrasser affectueusement Martine
Je me perds un peu dans les prénoms et les pseudos des uns et des autres

chantoon
Merci infiniment Clown. J'apprĂ©cie vivement ce petit geste de rĂ©confort...on se croit toujours plus forte que le temps, on ne veut pas remplir sa vie de cette souffrance qui vous tombe dessus quand vous croyez en ĂȘtre loin...et puis la vie continue heureusement, on fait TOUT pour revivre et combien vivent cette douleur....puissent-ils lire et garder au fond de leur cĆur ces mots si justes de Pascal Portier....Ă EUX tous aussi.
Alors merci de tout mon cĆur. đ
Clown
pour Chantoon :bisous: :bisous:
Chers Parents
Il est bien difficile de croire un seul instant
Que lâon pourrait survivre Ă la mort dâun enfant
Pour nous tous, chers Parents ce sentiment nous parle
Il irrigue constamment, notre cĆur plein de larmes
Au delĂ de savoir, comment câest arrivĂ© !
Pourquoi ce grand voile noir, sur nous tous, est tombé
Il y a ce quotidien qui souvent reste dur
Lâimpression que plus rien ne guĂ©rira nos blessures
Comment pouvoir y croire, sans jamais succomber
Ne pas perdre lâespoir, savoir se relever !
Suivre ce long chemin que chacun arpente seul
Croire Ă ce lendemain en lĂąchant le linceul.
Pourtant les jours avancent, et les mois, les annĂ©esâŠ
Nous donnent la cadence, permettent dâavancer
Chaque heure est une victoire quâon nâimaginait pas
Lueur que lâon peut voir et dirige nos pas.
Alors vous chers Parents qui ĂȘtes mes Amis,
Permettez simplement que je vous nomme ainsi
Nous sommes des compagnons sur une bien triste route
Nos cĆurs se regrouperont, ils seront Ă lâĂ©coute.
Je fais le vĆu concret Ă lâaube de NoĂ«l
Quâen chacun une Paix, vous redonne des ailes
Que vos chagrins sâestompent, lâespace dâun instant
Que vous vous rendiez compte, comme votre cĆur est grand.
Vous pouvez ĂȘtre fiers de ce bien bel hommage
Une forme de PriĂšre qui donne du courage
Que ces étoiles qui portent le nom de nos enfants
Restent la plus belle escorte pour nous tous chers parents !
Pascal PORTIER
***
douleur que nous connaissons que trop bien :pleure:
delphinium29
Il est bien sĂ»r tentant de penser que la terre finit lĂ , en beautĂ©. Lieu quasiment inhabitable, en raison mĂȘme de sa beautĂ© qui tire tous ses efforts d'une combinaison de lumiĂšre et d'Ă©pouvante. L'Ă©tĂ©, on y vient - l'hiver, on y va. L'Ă©tĂ©, des guides vous font visiter le lieu, qui n'en demande naturellement pas tant, puisqu'il n'y a rien Ă montrer, les effrayantes trouĂ©es. L'hiver, par grand vent, par tempĂȘte, il est comme un bateau accrochĂ© Ă la terre, au continent.
La terre avait du mal Ă s'emmerrer il y a une complicitĂ©, un pacte. La mer toile de fond mortuaire. La mer qui n'a pas semblance d'usure, alors que les hommes passent trĂšs fatiguĂ©s de se recommencer dans le mĂȘme contexte, entre ces deux pinces, naissance et mort.
POINTE DU RAZ .... Georges PERROS .....1968
martinemdh
Que le soleil est beau quand tout frais il se lĂšve,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-lĂ qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rĂȘve !
Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pĂąmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !
Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;
Une odeur de tombeau dans les ténÚbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons
delphinium29
LA POESIE ......................
Bien placés, bien choisis,
Quelques mots font une poésie .
Les mots ? Il suffit su'on les aime ...
Pour écrire un poÚme .
On ne sait pas toujours ce que l'on dit
Lorsque naßt la poésie...
Faut ensuite rechercher le thĂšme .
Pour Intituler le poĂšme .
Mais d'autre fois , on pleure , on rit
En écrivant la Poésie ...
ça a toujours kek chose d'extrĂȘme
*Un poĂšme .....
Raymond QUENEAU . 1903 ... 1976