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chantoon - 16 janvier 2014 05:47


chantoon
Bonjour...
Faire un vĆu,juste un petit vĆu, pour vous, pour moi, mais CĂ©cile Sauvage l'a si joliment dit ET ECRIT....
Voeux simples
Vivre du vert des prés et du bleu des collines,
Des arbres racineux qui grimpent aux ravines,
Des ruisseaux Ă©blouis de lâargent des poissons ;
Vivre du cliquetis allĂšgre des moissons,
Du clair halÚtement des sources remuées,
Des matins de printemps qui soufflent leurs buées,
Des octobres semeurs de feuilles et de fruits
Et de lâenchantement lunaire au long des nuits
Que disent les crapauds sonores dans les trĂšfles.
Vivre naĂŻvement de sorbes et de nĂšfles,
Gratter de la spatule une écuelle en bois,
Avoir les doigts amers ayant gaulé des noix
Et voir, ronds et crĂ©meux, sur lâĂ©mail des assiettes,
Des fromages caillés couverts de sarriettes.
Ne rien savoir du monde oĂč lâamour est cruel,
Prodiguer des baisers sagement sensuels
Ayant le goût du miel et des roses ouvertes
Ou dâune aigre douceur comme les prunes vertes
Ă lâami que bien seule on possĂšde en secret.
Ensemble recueillir le nombre des forĂȘts,
Caresser dans son or brumeux lâhorizon courbe,
Courir dans lâinfini sans entendre la tourbe
Bruire étrangement sous la vie et la mort,
Ignorer le désir qui ronge en vain son mors,
La stérile pudeur et le tourment des gloses ;
Se tenir embrassés sur le néant des choses
Sans souci dâĂȘtre grands ni de se dĂ©finir,
Ne prendre de soleil que ce quâon peut tenir
Et toujours conservant le rythme et la mesure
Vers lâaccomplissement marcher dâune Ăąme sĂ»re.
Voir sans lâinterroger sâĂ©couler son destin,
Accepter les chardons sâil en pousse en chemin,
Croire que le fatal a décidé la pente
Et faire simplement son devoir dâeau courante.
Ah ! vivre ainsi, donner seulement ce quâon a,
Repousser le rayon que lâorgueil butina,
Nâavoir que robe en lin et chapelet de feuilles,
Mais jouir en son plein de la figue quâon cueille,
Avoir comme une nonne un sentiment dâoiseau,
Croire que tout est bon parce que tout est beau,
Semer lâhysope franche et nâaimer que sa joie
Parmi lâagneau de laine et la chĂšvre de soie.
Cécile Sauvage, Tandis que la terre tourne
martinemdh
[Citation de Clown]@ Martine, je n'avais pas encore vu votre commentaire - veuillez m'en excuser - moi aussi j'aime bien ces citation sur la poésie - j'ai fait un tri dans le livre avant de les mettre ici -
ce livre est un vrai régal !... :content:[Fin de citation]merci ,la poésie me console souvent
martinemdh
Lorsque l'on tremble encore Ă l'approche de l'autre,
Lorsque le doute encore est infiniment nĂŽtre,
Lorsque les intuitions sont approximatives,
Lorsque devient l'humeur, pour un rien, agressive,
Lorsque la main est moite et le regard crétin,
Lorsque le tutoiement est encore incertain,
Lorsqu'on éclate en pleurs pour une peccadille,
C'est qu'on est amoureux, ma fille.
Si tu ne trembles plus, si tu n'as plus de doute,
Si ton humeur est droite ainsi qu'une autoroute,
Si galante est ta main
Et ton regard cĂąlin,
Si tu en viens au tu sans tergiversation,
Si tu ne pleures plus avec obstination,
Si tu tires la langue Ă toute ta famille,
Tu seras un homme, ma fille.
Michel Deville ("Rien n'est sûr")

chantoon
Bonjour...
Dis maman----
Dis maman pourquoi tu pleures?
Pourquoi sur tes joues tant de larmes
Inondant ton visage et ses lueurs
D'un voile sombre qui te désarme?
Dis maman pourquoi tu pleures?
Pourquoi tes lĂšvres ne sont plus sourire
Irradiant comme une vague de bonheur
Les coeurs que tu gratifiaient de rires?
Dis maman pourquoi cette peine?
Pourquoi cette douleur qui t 'afflige
Comme une riviÚre brûlante dans tes veines
Dévastant ce corps que l'amour néglige?
Dis maman pourquoi cette peine?
Pourquoi ces longues nuits sans sommeil
Ressassant un passé qui te voyait sereine
Dessinant le plaisir sur tes pommettes vermeils?
Dis maman pourquoi ne pas oublier?
Pour que demain ne soit pas noirceur
S'enfermant dans des souvenirs souillés
D'un abandon arbitraire d'un menteur?
Dis maman pourquoi ne pas oublier?
Que l'amour est parfois épreuve et souffrance
Dissimuler derriÚre des mots vides de sincérité
Dans un coeur avide d'histoire et d'errance
Dis maman sourit et regarde !!
Vois,je suis lĂ et jamais je te ferais mal
Dis maman,sourit et chante
A la beautĂ© de la vie,Ă ses rires et ses rĂȘves
Dis maman sourit , pour nous
Prends ma main -------
Que tu es jolie maman--------quand tu souris !!!
MARIE. C.
martinemdh
je tâadmire, et je ne suis que ton miroir fidĂšle
Car je mâabĂźme en toi pour tâaimer un peu mieux ;
Je rĂȘve ta beautĂ©, je me confonds en elle,
Et jâai fait de mes yeux le miroir de tes yeux.
Je tâadore, et mon cĆur est le profond miroir
OĂč ton humeur dâavril se reflĂšte sans cesse.
Tout entier, il sâĂ©claire Ă tes moments dâespoir
Et se meurt lentement Ă ta moindre tristesse.
O toujours la plus douce, ö blonde entre les blondes,
Je tâadore, et mon corps est lâamoureux miroir
OĂč tu verras tes seins et tes hanches profondes,
Tes seins pĂąles qui font si lumineux le soir !
Penche-toi, tu verras ton miroir tout Ă tout
PĂąlir ou te sourire avec tes mĂȘmes lĂšvres
OĂč trembleront encor tes mĂȘmes mots dâamours ;
Tu verras frĂ©mir des mĂȘmes longues fiĂšvres.
Contemple ton miroir de chair tendre et nacrée
Car il sâest fait trĂšs pur afin de recevoir
Le reflet immortel de la BeautĂ© sacrĂ©eâŠ
Penche-toi longuement sur lâamoureux Miroir !
Le Miroir
Clown
Terre de France
Oui, partout elle est bonne et partout elle est belle,
Notre terre de France aux mille aspects divers !
Belle sur les sommets oĂč trĂŽnent les hivers,
Et dans la lande fauve Ă lâaraire rebelle,
Belle au bord des flots bleus, belle au fond des bois verts !
Belle et bonne aux coteaux oĂč la vigne sâaccroche,
Et dans la plaine grasse oĂč moutonnent les blĂ©s ;
Bonne dans les pĂątis oĂč les boeufs rassemblĂ©s
Mugissent ; bonne encore aux fentes de la roche
OĂč les oliviers gris aux figuiers sont mĂȘlĂ©s !
Au front des pics neigeux oĂč lâaigle pend son aire,
Et dont le soleil fait des tours de diamant,
Dans le glacier dâoĂč sort le gave en Ă©cumant,
Et dâoĂč parfois, avec un fracas de tonnerre,
Lâavalanche bondit sur nos champs de froment ;
Belle et bonne toujours, Ă la fois forte et douce,
Notre terre se dresse en granit menaçant,
Tourne vers lâĂ©tranger son plus Ăąpre versant,
Et nous dĂ©roule lâautre en gradins, sans secousse,
Comme un tapis moelleux qui dâun palais descend.
Et lĂ -bas, tout au bout du morne promontoire
DâoĂč sâĂ©lĂšvent, le soir, les cris et les sanglots
Des mĂšres et des soeurs pleurant nos matelots,
Notre terre est superbe en sa double victoire
De ses feux sur la nuit, de ses rocs sur les flots !
Elle est belle surtout au pays dâoĂč nous sommes,
Provençaux ou Lorrains, Rouergats ou Bretons,
Au pays quâen nos coeurs partout nous emportons,
Dont nous gardons lâaccent, dont nous vantons les hommes,
Et que, depuis Brizeux, Ă Paria nous chantons !
Elle est douce au vallon oĂč joua notre enfance
Et dont lâesprit toujours reprend lâĂ©troit chemin ;
Douce ou lâon nous connaĂźt, oĂč lâon nous tend la main,
Douce oĂč dorment nos morts, douce oĂč lâon a dâavance
MarquĂ© la place oĂč lâon ira dormir demain !âŠ
Mais plus belle et plus douce Ă notre Ăąme meurtrie
Est la terre dâAlsace arrachĂ©e Ă nos flancs,
La terre oĂč sont tombĂ©s nos cuirassiers sanglants,
Et dâoĂč leur ombre encore Ă©perdument nous crie :
» FrĂšres, comme Ă venir vers nous vous ĂȘtes lents ! «
La terre quâil faudra reprendre par lâĂ©pĂ©e,
Quitte Ă donner nos fils la les plus forts, les plus beaux,
â MĂšres, vous le savez ! â en pĂąture aux corbeaux,
Mais qui, plus belle encor de notre sang trempée,
Verra se soulever les morts de leurs tombeaux
Pour regarder venir, au sommet des collines,
Nos drapeaux bien-aimés qui claqueront au vent,
Pour ouĂŻr nos clairons sonner en les suivant,
Tandis que sous le ciel, en notes cristallines,
Ses clochers chanteront dans le soleil levant !âŠ
Terre de France, terre entre toutes féconde,
Dont on a pu blesser mais non tarir le sein,
Ruche dâoĂč part vibrant le glorieux essaim
Que depuis trois mille ans Dieu mĂšne par le monde
A lâaccomplissement de quelque grand dessein ;
Terre oĂč le soc demain peut se changer en glaive,
Et le canon bondir en écrasant des fleurs,
MĂšre dâun peuple fier que trempent les douleurs,
Qui trop souvent faiblit, mais toujours se relĂšve,
Plus grand au lendemain de ses plus grands malheurs ;
Terre de laboureurs, dâapĂŽtres, de poĂštes
Qui font beau ton passé, triste et doux ton présent ;
Terre dâoĂč lâIdĂ©al son vol puissant
Et monte dans le ciel avec tes alouettes
DĂšs que lâaigle a cessĂ© de rĂ©clamer du sang ;
Pardonne Ă lâun de ceux que tes beautĂ©s enchantent,
Qui tâaime dans tes monts, tes plaines et tes bois,
Tes douleurs dâaujourdâhui, tes gloires dâautrefois,
De te chanter, un peu comme nos pĂątres chantent,
Avec beaucoup de coeur, sans art, Ă pleine voix.
François Fabié
***
Merci à 2 militaires -vous avez redonné des couleurs à la France
Paix Ă vos familles et ami.e.s dans la peine :paix:
petitcanari
En hommage Ă nos soldats.
Emile VERHAEREN
Aux soldats morts
« Vous ne reverrez plus les monts, les bois, la terre
Beaux yeux de mes soldats qui nâaviez que vingt ans
Et qui ĂȘtes tombĂ©s en ce dernier printemps
OĂč plus que jamais douce apparut la lumiĂšre.
On nâosait plus songer au rĂ©veil des champs dâor
Que lâaube revĂȘtait de sa gloire irisĂ©e;
Seule, la sombre guerre occupait la pensée
Quand, au fond des hameaux, on apprit votre mort.
Depuis votre dĂ©part, Ă lâangle de la glace,
Votre image attirait et le cĆur et les yeux;
Et nul ne sâasseyait sur lâescabeau boiteux
OĂč tous les soirs, prĂšs du foyer, vous preniez place.
HĂ©las! OĂč sont vos corps jeunes, puissants et fous ?
OĂč sont vos bras, vos mains et les gestes superbes
Quâavec la grande faux vous faisiez dans les herbes ?
Hélas, la nuit immense est descendue en vous.
Vos mÚres ont pleuré dans leur chaumiÚre close,
Vos amantes ont dit leur peine aux gens du bourg,
On a parlé de vous, tristement, tous les jours,
Et puis un soir de juin, on parla dâautre chose⊠»
martinemdh
Mon enfant, ma soeur,
Songe Ă la douceur
D'aller lĂ -bas vivre ensemble !
Aimer Ă loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traĂźtres yeux,
Brillant Ă travers leurs larmes.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
MĂȘlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
Ă l'Ăąme en secret
Sa douce langue natale.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
RevĂȘtent les champs,
Les canaux, la ville entiĂšre,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumiĂšre.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
L'invitation au voyage
PoĂšmes de Charles Baudelaire
PoĂštes
Votre commentaire sur PoĂšme humeur - 6 PoĂšmes sur humeur
Le poĂšme nâest point fait de ces lettres que je plante comme des clous, mais du blanc qui reste sur le papier.
[ Paul Claudel ] Extrait de Cinq Grandes Odes, Les Muses
martinemdh
[Citation de Clown]La poésie, on ne sait pas ce que c'est, mais on la reconnaßt quand on la rencontre. (Jean L'Anselme)
La poésie est un monde enfermé dans un homme. (Victor Hugo)
La poĂ©sie, c'est ce qu'on rĂȘve, ce qu'on imagine, ce qu'on dĂ©sire et ce qui arrive, souvent. (Jacques PrĂ©vert)
La poésie, ça sert à voir avec les oreilles. (Jean-Pierre Depétris)
La poésie, c'est de savoir dire qu'il pleut quand il fait beau et qu'il fait beau quand il pleut. (Raymond Queneau)
La poésie, c'est le langage dans le langage. (Paul Valéry)
La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.(William Shakespeare)
La poésie est la rencontre de deux mots que personne n'aurait pu imaginer ensemble. (Federico Garcia Lorca)
Toute la poésie, c'est cela. Soudain, on voit quelque chose.(Louis Zukofsky)
La poésie, c'est quand le silence prend la parole. (GeorgesDuhamel)
***
Citations tirées de L'Agenda du (presque) poÚte, par Bernard Friot, Ed. La MartiniÚre.[Fin de citation]j'aime beaucoup Clown ces citations
martinemdh
Que me veux-tu, chĂšre fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu'Ă moi qui te fait venir ?
Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu'as-tu vu ? que t'a dit la main
Qui sur le buisson t'a coupée ?
N'es-tu qu'une herbe desséchée Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prĂȘt Ă refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?
Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.
As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?
S'il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagÚre ; S'il n'en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon coeur, fraßche et légÚre.
Je connais trop bien cette main,
Pleine de grĂące et de caprice,
Qui d'un brin de fil souple et fin
A noué ton pùle calice.
Cette main-lĂ , petite fleur,
Ni Phidias ni PraxitĂšle
N'en auraient pu trouver la soeur
Qu'en prenant Vénus pour modÚle.
Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor ;
A qui saurait s'emparer d'elle
Elle peut ouvrir un trésor.
Mais elle est sage, elle est sévÚre ;
Quelque mal pourrait m'arriver.
Fleurette, craignons sa colĂšre.
Ne dis rien, laisse-moi rĂȘver.
Alfred de Musset.

chantoon
Bonjour...
LA BĂTISE HUMAINE
La bĂȘtise humaine est faite de gens insensĂ©s,
Avides de paroles blessantes.
La bĂȘtise humaine, se rĂ©pand Ă la vitesse du vent,
Elle est lĂ , prĂšs de nous, dans la rue, partout nous la croisons,
Elle ne sâarrĂȘte jamais en chemin,
Elle nâa pas de loi, elle est sans limite,
Faite de mépris envers les autres.
Pourquoi tant dâintolĂ©rance ?
Un rejet dâamour et dâespĂ©rance ? âŠ
Pour satisfaire orgueil et vanité.
Mon cĆur est rempli dâamertume,
Envers ce monde oĂč tout est dĂ©mence.