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chantoon - 16 janvier 2014 05:47

Clown
Canicule
Comme de la gueule dâun four sort un souffle brĂ»lant
ChauffĂ©es par les rayons dâun soleil accablant
Comme des fourmis lions qui courent sur lâherbe rase
Des bouffĂ©es de chaleur montent jusquâaux terrasses
AsphyxiĂ©s par lâair chaud Ă©tranglĂ©s Ă©touffĂ©s
Les membres las pesants plongĂ©s dans lâinaction
Les hommes comme assommés aspirent par bouffées
Leur bouche muette large ouverte baille lâĆil est hagard
Ayant pris sur la tĂȘte un furieux coup de barre
Au dessus des épis qui dressent leurs lourdes tresses
Lâair brĂ»lant rendu flou tremble de commotion
Et Ă la canicule sâajoute la pollution
Alain Hannecart
martinemdh
Chaleur
Tout luit, tout bleuit, tout bruit,
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.
Chaque petite feuille est chaude
Et miroite dans lâair oĂč rĂŽde
Comme un parfum de reine-claude.
Du soleil comme de lâeau pleut
Sur tout le pays jaune et bleu
Qui grésille et oscille un peu.
Un infini plaisir de vivre
SâĂ©lance de la forĂȘt ivre,
Des blés roses comme du cuivre.
Clown
La digitale
Dâun gradin dâor,
- parmi les cordons de soie,
les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal
qui noircissent comme du bronze au soleil,
- je vois la digitale sâouvrir
sur un tapis de filigranes dâargent,
dâyeux et de chevelures.
Des piĂšces dâor jaune semĂ©es sur lâagate,
des piliers dâacajou supportant un dĂŽme dâĂ©meraudes,
des bouquets de satin blanc
et de fines verges de rubis
entourent la rose dâeau.
Tels quâun dieu aux Ă©normes yeux bleus et aux formes de neige,
la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre
la foule des jeunes et fortes roses.
Arthur Rimbaud
martinemdh
Toi
Toi câest un mot
Toi câest une voix
Toi câest tes yeux et câest ma joie
Toi câest si beau
Toi câest pour moi
Toi câest bien lĂ et je nây crois
Toi câest soleil
Toi câest printemps
Toi câest merveille de chaque instant
Toi câest prĂ©sent
Toi câest bonheur
Toi câest arc-en-ciel dans mon coeur
Toi câest distantâŠ
Toi câest changeantâŠ
Toi câest rĂȘvant et esquivantâŠ
Toi câest pensantâŠ
Toi câest taisantâŠ
Toi câest tristesse qui me prendâŠ
Toi câest fini.
Fini ? Pourquoi ?
Toi câest le vide dans mes brasâŠ
Toi câest mon soleil qui sâen vaâŠ
Et moi, je reste, pleurant tout bas
Clown
"Pour les enfants de juin"
Juin coiffé,
De bleuets et de foin
Te voilĂ dans nos jardins
Accompagné de l'hirondelle
De l'abeille et de la coccinelle.
Tu te promĂšnes dans les vergers
OĂč nous attendent des surprises
Comme au temps des cerises
Tu rempliras tous nos paniers.
Juin tu chantes de bon matin
Tu accompagnes le soleil
Tu pose l'arc-en- ciel
Sur la cime du sapin.
Juin , messager des vacances
De la musique et de la danse
Tu fermeras les portes des écoles
Pour deux mois de fariboles.
Carmen Montet
martinemdh
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfÚre l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pĂšse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
OĂč l'IndĂ©cis au PrĂ©cis se joint.
C'est des beaux yeux derriĂšre des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !
Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rĂȘve au rĂȘve et la flĂ»te au cor !
Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !
Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'oĂč ?
O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nĂšgre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?
De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une ùme en allée
Vers d'autres cieux Ă d'autres amours.
Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littératur

chantoon
Bonjour....
PLUIE D'ĂTĂ
Il a fait chaud! Trop chaud!
Je suis Ă plat! Tout raplapla!
Et puis voilĂ !
Tout dâun coup
La pluie dâĂ©tĂ©
Elle a commencé à tomber
A danser, Ă chanter.
Bras nus, on est sortis sous la douche!
On a ouvert grand la bouche
Pour avaler toute lâeau
Sans en perdre une goutte.
Mes chaussures sont des bateaux
Dans lâair, il y a un parfum nouveau
Bonjour les escargots.
Je sui plein dâĂ©nergie.
La pluis dâĂ©tĂ©
Ca rafraĂźchit !
Anonyme
martinemdh
Les cinq sens
LA VUE, affirme sans réticence
Ătre le plus distinguĂ© des cinq sens
Sans moi, dit-elle, nul nâest heureux
Je suis la lumiĂšre de vos yeux
LâOUIE, qui tendait lâoreille
Affirme ĂȘtre unique et sans pareille
Je suis celle qui vous conte la vie
Une vie terne et sans histoire,
Nâest-elle pas triste et dĂ©risoire ?
LE TOUCHER affecté
Riposte comme pour se rassurer
Le simple contact de mes mains
Peut mesurer tous vos besoins
LE GOUT, lâeau Ă la bouche
Vient vers nous Ă la rescousse
On me courtise et on mâenvie
Pour cette saveur qui me suit
LâODORAT calme et rĂ©flĂ©chi
Coupe la parole Ă ses amis
Comment imaginez-vous le bonheur
Sâil vient Ă lui manquer les senteurs ?
martinemdh
L'homme et la mer
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton Ăąme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais Ă plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous ĂȘtes tous les deux tĂ©nĂ©breux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abßmes ;
Ă mer, nul ne connaĂźt tes richesses intimes,
Tant vous ĂȘtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilĂ des siĂšcles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
à lutteurs éternels, Î frÚres implacables !
Clown
Lorsque j'aurai cent ans, je te prendrai la main
Pour te dire : « tu vois, on est déjà demain ,
Les saisons ont passé, je suis en fin d'hiver,
Je voudrais avec toi boire le dernier verre » .
Je te raconterai nos rires endiablés,
Nos silences d'amour par nos souffles troublés,
Je te raconterai mes rides au coin des yeux,
Plissements d'émotions et vestiges précieux.
Lorsque j'aurai cent ans, je chanterai pour toi
Les souvenirs grisants des folies d'autrefois,
Les journĂ©es hors du temps que nous avons fĂȘtĂ©es
Dans les brumes d'automne et les feux de l'été.
Je te dirai aussi que j'ai beaucoup appris
Sur tes sentiers de vie empreints du bel esprit,
Que seule une Ăąme sĆur transmet Ă demi-mot,
Avec complicité, à son frÚre jumeau.
Lorsque j'aurai cent ans, je replierai les draps
Qui ont vu ta jeunesse embellir d'une aura
Mes années d'homme mûr. J'éteindrai les chandelles
De la chambre aux soupirs gravés dans l'éternel.
Puis, je m'allongerai dans le creux de ton cĆur,
OĂč je n'aurai plus froid, oĂč je n'aurai plus peur.
PrĂȘt pour le long sommeil, dans un filet de voix,
Je te murmurerai que je n'aime que toi.
ZA