Hijab et football : entre tartufferie et lâcheté

- 28 juin 2023 07:38

CHRONIQUE. Le rapporteur du Conseil d’État, saisi d’une plainte des Hijabeuses, a penché en leur faveur. Comme si les leçons du passé n’existaient pas !

Le Conseil d'État va-t-il donner raison aux Hijabeuses qui réclament la fin de l'interdiction de porter le voile dans les compétitions sportives, ou maintenir en l'état les statuts de la Fédération française de football (FFF) ? Son rapporteur public a déjà provoqué un certain émoi, en début de semaine, lorsqu'il a abondé en faveur du hijab, avec des arguments parfois étonnants.

Ce haut magistrat remarque, par exemple, que certaines enseignes spécialisées proposent à la vente un voile compatible avec la pratique du sport. Il se livre aussi à d'étranges comparaisons : « La neutralité telle que la conçoit la FFF est peu en phase avec la réalité sociologique du football. L'équipe d'Auxerre porte une croix de Malte sur son maillot, de nombreux joueurs arborent des tatouages explicites, certains font des gestes de prière au moment d'entrer sur le terrain ou quand ils marquent un but. » En effet, l'équipe d'Auxerre joue aussi dans un stade baptisé Abbé-Deschamps. Faudra-t-il demain le débaptiser ? Plus sérieusement, il est difficile de comparer un tatouage, ou un simple geste, avec le port d'une tenue vestimentaire qui indique sans ambiguïté la soumission féminine. Difficile aussi d'ignorer les tentatives d'entrisme de l'islam politique dans le sport.

Les artisans de cette stratégie des petites brèches dans la laïcité savent qu'ils ont pu compter, dans le passé, sur la naïveté, l'aveuglement, la complaisance ou la lâcheté, souvent un peu de ces quatre ingrédients à la fois, pour semer le trouble et obtenir des victoires.

Tragiques récidives

En 1989 déjà, le Conseil d'État se refuse à prendre une position tranchée sur le port du voile dans les établissements scolaires. Les chefs d'établissement sont livrés à eux-mêmes, sans possibilité de se référer à une jurisprudence claire pour faire respecter une règle élémentaire de laïcité, conçue pour protéger des mineures. Il faudra attendre la loi de 2004 pour sortir de cette ornière.

En 2020, le député LR Éric Diard, coauteur d'un rapport sur les services publics face à la radicalisation, publie un livre avec Henri Vernet pour éclairer le grand public. On y apprend que la DGSI place le sport en numéro un des lieux de radicalisation. Et on y lit, avec effarement, le verbatim de son entretien avec l'ancienne ministre des Sports Roxana Maracineanu : « Le sport, c'est aussi le lieu de l'émancipation, dit celle-ci. Pour permettre aux femmes de s'émanciper, il faut les accepter comme elles sont, avec leur voile, leur faire faire une activité en mixité avec des femmes qui ne portent pas le voile… » Avec des Iraniennes, peut-être, qui risquent leur vie pour pratiquer leur discipline tête nue ?

En 2021, lors des débats sur la loi confortant le respect des principes de la République, le gouvernement obtient le rejet d'un amendement qui enjoignait aux fédérations sportives de bannir toute ostentation des convictions religieuses lors des activités qu'elles organisent. Il est mal placé, aujourd'hui, pour jouer les outragés.

En 2022, face à la recrudescence d'abayas dans l'enceinte scolaire, le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, publie une circulaire qui ne l'engage à rien et laisse une fois encore les chefs d'établissement se débrouiller avec les réalités du moment. Ils peuvent sanctionner, mais après une « phase de dialogue avec l'élève », pour déterminer si le vêtement ample qu'elle porte est oui ou non un signe religieux… Depuis, les abayas se portent comme un défi à l'autorité dans les collèges.

« Tout se répète sans cesse et lamentablement », écrivait Maupassant. Si le Conseil d'État suit l'avis de son rapporteur, il sera difficile de le contredire.

Source : Sophie Coignard – Le Point, 28/06/2023

Hijab et football : entre tartufferie et lâcheté

28 juin 2023 07:38

CHRONIQUE. Le rapporteur du Conseil d’État, saisi d’une plainte des Hijabeuses, a penché en leur faveur. Comme si les leçons du passé n’existaient pas !

Le Conseil d'État va-t-il donner raison aux Hijabeuses qui réclament la fin de l'interdiction de porter le voile dans les compétitions sportives, ou maintenir en l'état les statuts de la Fédération française de football (FFF) ? Son rapporteur public a déjà provoqué un certain émoi, en début de semaine, lorsqu'il a abondé en faveur du hijab, avec des arguments parfois étonnants.

Ce haut magistrat remarque, par exemple, que certaines enseignes spécialisées proposent à la vente un voile compatible avec la pratique du sport. Il se livre aussi à d'étranges comparaisons : « La neutralité telle que la conçoit la FFF est peu en phase avec la réalité sociologique du football. L'équipe d'Auxerre porte une croix de Malte sur son maillot, de nombreux joueurs arborent des tatouages explicites, certains font des gestes de prière au moment d'entrer sur le terrain ou quand ils marquent un but. » En effet, l'équipe d'Auxerre joue aussi dans un stade baptisé Abbé-Deschamps. Faudra-t-il demain le débaptiser ? Plus sérieusement, il est difficile de comparer un tatouage, ou un simple geste, avec le port d'une tenue vestimentaire qui indique sans ambiguïté la soumission féminine. Difficile aussi d'ignorer les tentatives d'entrisme de l'islam politique dans le sport.

Les artisans de cette stratégie des petites brèches dans la laïcité savent qu'ils ont pu compter, dans le passé, sur la naïveté, l'aveuglement, la complaisance ou la lâcheté, souvent un peu de ces quatre ingrédients à la fois, pour semer le trouble et obtenir des victoires.

Tragiques récidives

En 1989 déjà, le Conseil d'État se refuse à prendre une position tranchée sur le port du voile dans les établissements scolaires. Les chefs d'établissement sont livrés à eux-mêmes, sans possibilité de se référer à une jurisprudence claire pour faire respecter une règle élémentaire de laïcité, conçue pour protéger des mineures. Il faudra attendre la loi de 2004 pour sortir de cette ornière.

En 2020, le député LR Éric Diard, coauteur d'un rapport sur les services publics face à la radicalisation, publie un livre avec Henri Vernet pour éclairer le grand public. On y apprend que la DGSI place le sport en numéro un des lieux de radicalisation. Et on y lit, avec effarement, le verbatim de son entretien avec l'ancienne ministre des Sports Roxana Maracineanu : « Le sport, c'est aussi le lieu de l'émancipation, dit celle-ci. Pour permettre aux femmes de s'émanciper, il faut les accepter comme elles sont, avec leur voile, leur faire faire une activité en mixité avec des femmes qui ne portent pas le voile… » Avec des Iraniennes, peut-être, qui risquent leur vie pour pratiquer leur discipline tête nue ?

En 2021, lors des débats sur la loi confortant le respect des principes de la République, le gouvernement obtient le rejet d'un amendement qui enjoignait aux fédérations sportives de bannir toute ostentation des convictions religieuses lors des activités qu'elles organisent. Il est mal placé, aujourd'hui, pour jouer les outragés.

En 2022, face à la recrudescence d'abayas dans l'enceinte scolaire, le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, publie une circulaire qui ne l'engage à rien et laisse une fois encore les chefs d'établissement se débrouiller avec les réalités du moment. Ils peuvent sanctionner, mais après une « phase de dialogue avec l'élève », pour déterminer si le vêtement ample qu'elle porte est oui ou non un signe religieux… Depuis, les abayas se portent comme un défi à l'autorité dans les collèges.

« Tout se répète sans cesse et lamentablement », écrivait Maupassant. Si le Conseil d'État suit l'avis de son rapporteur, il sera difficile de le contredire.

Source : Sophie Coignard – Le Point, 28/06/2023

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Avatar Maximus

Maximus

29 juin 2023 17:06
marie5949 a écrit :
Vieux vous même…
Vous n’avez même pas la franchise de mettre votre âge , en voyant votre tête vous n’avez pas 20ans non plus et j’aurais honte de traiter les autres de vieux 🥴

Je n'ai pas 20 ans c'est sûr. Mais je n'ai aucune "honte" à être vieux et même traité de vieux. Vous en revanche, ça vous pose visiblement un problème. Je vous plains.
Ne parlons pas de tête, s'il vous plaît, je pourrais être déplaisant à votre endroit. Or mon éducation me l'interdit.

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Avatar Lionel102127

Lionel102127

29 juin 2023 16:21

le principe est le même que celui que nous avons appliqué en Afrique par notre colonisation, ou les européens partis à la conquête de l'Amérique.
-la première vague vient pour commercer, apporte des médicaments ou des soins
-la seconde vague achète des terres et vit en bonne harmonie avec les autochtones
-la troisième vague repousse les autochtones par la violence et la force
-la quatrième impose sa culture, nous sommes à ce stade!
l'étape suivant les autochtones sont encore assez fort pour revendiquer leur indépendance (Afrique) ou les autochtones ont été décimés (Amérique)

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Avatar marie5949

marie5949

29 juin 2023 15:56
Maximus a écrit :
Ben oui, c'est ça la liberté, on prend une citation, on la déforme, on la transforme en "expression"... Tout fout le camp, même chez les vieux !

Vieux vous même…
Vous n’avez même pas la franchise de mettre votre âge , en voyant votre tête vous n’avez pas 20ans non plus et j’aurais honte de traiter les autres de vieux 🥴

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Avatar marie5949

marie5949

29 juin 2023 15:51
Maximus a écrit :
Ben oui, c'est ça la liberté, on prend une citation, on la déforme, on la transforme en "expression"... Tout fout le camp, même chez les vieux !

Imbecile aujourd’hui imbecile toujours !!!
Votre réponse est d’une intelligence, c’est tout simplement affligeant !!!!!!!!

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Maximus

29 juin 2023 13:57
hubert0627 a écrit :
Le voile caractérise la supériorité de l’homme sur la femme, que ce soit pour des raisons religieuses (Bible, Nouveau Testament, Coran) ou patriarcales (Inde du Nord, Soudan etc...) ou les deux.
Il n’y a pas d’autre explication.
Jean

Et dans les couples gay et trans, qui existent également chez les musulman(e)s c'est la supériorité duquel qui s'impose dans le couple ?

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Maximus

29 juin 2023 13:54
marie5949 a écrit :
Peut-être je ´n’ai pas recherché mais là n’est pas la question,le résultat est le même et veut dire la même chose , j’ai voulu exprimer une idée avant de vouloir recopier celle d’un auteur !!! Il ne faut pas chercher la petite bête…

Ben oui, c'est ça la liberté, on prend une citation, on la déforme, on la transforme en "expression"... Tout fout le camp, même chez les vieux !

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Avatar marie5949

marie5949

29 juin 2023 13:46
Maximus a écrit :
Votre citation de Beaumarchais est fausse... "Je me presse de rire, etc...

Peut-être je ´n’ai pas recherché mais là n’est pas la question,le résultat est le même et veut dire la même chose , j’ai voulu exprimer une idée avant de vouloir recopier celle d’un auteur !!! Il ne faut pas chercher la petite bête…

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Maximus

29 juin 2023 13:34
doyen a écrit :
Tout à fait d'accord ; c'est de la provocation.
N'étant pas capables de se faire remarquer en "bien", ces personnes se font remarquer en "mal", par des actes de provocation, d'incivilité ou de délinquance.

Pensez vous que les seins nus sur les plages sont aussi une "provocation" ? Les crop tops dans les écoles, les piercing dans le nez également ? Ces personnes se font remarquer en "mal" pour vous ? C'est vous qui décidez ce qui est "bien" ou ce qui est "mal"... On est mal barrés !

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Maximus

29 juin 2023 13:27
marie5949 a écrit :
Oui avec une pile de bouquins cachant le décolleté , à la demande de l’adjointe du maire de Dieppe , comme dit l’expression «  dépêchons nous d’en rire avant d’être obligé d’en pleurer »

Votre citation de Beaumarchais est fausse... "Je me presse de rire, etc...

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Avatar hubert0627

hubert0627

29 juin 2023 12:59

Le voile caractérise la supériorité de l’homme sur la femme, que ce soit pour des raisons religieuses (Bible, Nouveau Testament, Coran) ou patriarcales (Inde du Nord, Soudan etc...) ou les deux.
Il n’y a pas d’autre explication.
Jean

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Avatar Yveline

Yveline

29 juin 2023 11:53

Et bien si le port du Hijab est accepté, pourquoi dans ce cas les footballeuses ne porteraient elles pas un crop top laissant apparaître leur nombril... et un mini short... après tout...

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Avatar rodoalex

rodoalex

29 juin 2023 11:26

Toutes ces personnes sont hors la loi.

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Avatar Anne marie

Anne marie

29 juin 2023 10:47
Annick a écrit :
Que ces jeunes footballeuses changent de pays si elles ne sont pas contentes.....Marre de toutes ces personnes, ou bien elles s'intègrent , ou bien elles partent.

quand on connait l'importance du qatar et de l'arabie saoudite dans le monde du foot... il n'y a pas de question à se poser..
Et si elles veulent vraiment respecter un coran rigoriste.. elles n'ont pas le droit de faire de foot... qu'elles soient cohérentes déjà !

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Avatar Annick

Annick

29 juin 2023 10:21

Que ces jeunes footballeuses changent de pays si elles ne sont pas contentes.....Marre de toutes ces personnes, ou bien elles s'intègrent , ou bien elles partent.

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Avatar doyen

doyen

29 juin 2023 10:02
Maximus a écrit :
Le naturisme n'est pas réservé aux gens séduisants. Certains l'emploient comme une thérapie pour mieux vivre leur corps qu'ils n'acceptent pas face au regard des autres. Ils en attendent surtout de l'indifférence, qui leur permet d'exister sans être jugé physiquement.
Pour les handicapés, je pense c'est autre chose, car le regard ne doit pas les éviter, mais accepter leur différence pour leur permettre de mieux la vivre. Bref, une histoire de regard qu'il n'est pas facile de gérer.

Je n'ai jamais dit que le naturisme était réservé aux beaux corps, mais simplement que les corps ne sont pas tous séduisants.
Il convient de ne pas déformer mes propos.
Les camps de naturistes constituent un "microcosme" de la société. A l'instar de celle-ci, ils sont fréquentés pas des gens de tous horizons, de toutes conditions sociales, de toutes convictions politiques ou religieuses, de tous physiques avantageux ou ingrats.

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