DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
- 1 février 2020 21:54
DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
1 février 2020 21:54

FAE
"Eloge de la fatigue
Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine
Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine
Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer
Vous me dites enfin que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m'en flatte.
J'ai tout de fatigué, le coeur, le foie, la rate
Je m'endors épuisé, je me réveille las
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.
Et quand je m'en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croie !
Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?
Je ne vous parle pas des tristes lassitudes
Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitudes
N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...
Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre...
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre
Elle fait le front lourd, l'œil morne, le dos rond
Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...
Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable
Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains
Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source
Aider une existence à continuer sa course
Et pour cela se battre à s'en user le coeur...
Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.
Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre
On va aider un être à vivre ou à survivre
Et sûr qu'on est le port et la route et le gué
Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure
Marquent chaque victoire, en creux, sur la figure
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.
La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste
C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.
C'est le prix d'un labour, d'un mur ou d'un exploit
Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie
Et c'est la preuve, aussi, qu'on vit avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort
J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance
Et ma fatigue alors c'est une récompense.
Et vous me conseillez d'aller me reposer !
Mais si j'acceptais là ce que vous proposez
Si je m'abandonnais à votre douce intrigue...
Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue."
Robert Lamoureux (4 janvier 1920 / 29 octobre 2011)
Acteur, humoriste, auteur dramatique, réalisateur, poète, parolier et scénariste français
Capusa
Bien souvent je revois …
Bien souvent je revois sous mes paupières closes,
La nuit, mon vieux Moulins bâti de briques roses,
Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,
Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,
Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,
Le ciel de mon enfance où volent des colombes,
Les larges tapis d’herbe où l’on m’a promené
Tout petit, la maison riante où je suis né
Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,
Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,
À qui mes souvenirs les plus doux sont liés.
Et son sorbier, son haut salon de peupliers,
Sa source au flot si froid par la mousse embellie
Où je m’en allais boire avec ma soeur Zélie,
Je les revois ; je vois les bons vieux vignerons
Et les abeilles d’or qui volaient sur nos fronts,
Le verger plein d’oiseaux, de chansons, de murmures,
Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres,
Et j’entends près de nous monter sur le coteau
Les joyeux aboiements de mon chien Calisto !
Théodore de Banville
Les Cariatides
Capusa
Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…
Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles...
Plus loin, c'était Montmartre et ses charmants coteaux.
Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.
Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…
Jean-Paul Labaisse 2009
d'après le roman de Victor Hugo
Coccyvette
Gardez vos pensées positives,
parce que vos pensées deviennent vos mots.
Gardez vos mots positifs,
parce que vos mots deviennent votre comportement.
Gardez votre comportement positif,
parce que votre comportement devient vos habitudes.
Gardez vos habitudes positives,
parce que vos habitudes deviennent vos valeurs.
Gardez vos valeurs positives,
car vos valeurs deviennent votre destin.
~ Mahatma Gandhi ~
