
lila
Des ronds dans l’eau
Françoise Hardy
Tu commenças ta vie
Tout au bord d'un ruisseau
Tu vécus de ces bruits
Qui courent dans les roseaux
Qui montent des chemins
Que filtrent les taillis
Les ailes du moulin
Les cloches de midi
Soulignant d'un sourire
La chanson d'un oiseau
Tu prenais des plaisirs
à faire des Ronds dans l'eau
Aujourd'hui tu ballottes
Dans des eaux moins tranquilles
Tu t'acharnes et tu flottes
Mais l'amour, où est-il?
L'ambition a des lois
L'ambition est un culte
Tu voudrais que ta voix
Domine le tumulte
Tu voudrais que l'on t'aime
Un peu comme un héros
Mais qui saurait quand même
Faire des ronds dans l'eau
S'il y a tous ces témoins
Que tu veux dans ton dos
Dis-toi qu'ils pourraient bien
Devant tes ronds dans l'eau
Te prendre pour l'idiot
L'idiot de ton village
Qui lui est resté là
Pour faire des ronds dans l'eau
Pour faire des ronds dans l'eau
Paroliers : Pierre Elie Barouh /
Josephine22
LA CHEVELURE
Dans l'aube, je l'ai vue s'incliner sur le puits
Et du miroir, avide, épuisant son image,
Sourcils froncés sur ce que révélait l'eau verte,
Soudain, parfois troublée par un saut de rainette_
Etonnée ,admirant ses beautés inconnues,
Et commençant à comprendre pourquoi je l'aime,
Lentes ,ses mains élevées à sa chevelure,
Délièrent, maladroites deux tresses pâles
Que le soleil naissant dora parmi les fruits,
Ruisselantes, elles couvrirent ses épaules
Et son sein nu..
Mais, plus que cette nudité
Divine, l'impudeur des cheveux répandus
Obscurcit son visage grave prêt à sourire,
Sévère, sans complaisance, elle serra,
Pour toujours, sur son front, cette couronne chaste
Que nul ne dénouera, inhumaine à l amour.
lila
Maintenant je sais
Jean Gabin
Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes
J'parlais bien fort pour être un homme
J'disais, je sais, je sais, je sais, je sais
C'était l'début, c'était l'printemps
Mais quand j'ai eu mes 18 ans
J'ai dit, je sais, ça y est, cette fois je sais
Et aujourd'hui, les jours où je me retourne
J'regarde la terre où j'ai quand même fait les 100 pas
Et je ne sais toujours pas comment elle tourne
Vers 25 ans, j'savais tout
L'amour, les roses, la vie, les sous
Tiens oui l'amour, j'en avais fait tout le tour
Et heureusement, comme les copains
J'avais pas mangé tout mon pain
Au milieu de ma vie, j'ai encore appris
Ce que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots
Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau
Je peux pas mieux dire, il fait très beau
C'est encore ce qui m'étonne dans la vie
Moi qui suis à l'automne de ma vie
On oublie vite le soir de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse
Toute ma jeunesse, j'ai voulu dire je sais
Seulement, plus je cherchais
Et puis moins j'savais
Y a 60 coups qui ont sonné à l'horloge
J'suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j'm'interroge
Maintenant je sais, je sais qu'on ne sait jamais
La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C'est tout ce que j'sais
Mais ça, j'le sais
Josephine22
SOUVENIR DES SIRENES
Assises sur le sable, et caressées des vagues
Vos cuisses prisonnières ;
ondulantes les hanches
Sur vos croupes où déjà naissent quelques écailles;
Les bras levés..,éoliennes,
Ô Sirènes
Vous moduliez, sous le vent de terre et d'écume,
Des chants qui faisaient basculer des enfléchures,
Par grappes brunes, les découvreurs adolescents.
Ils plongeaient en criant, et leur désir sauvage.
Josephine22
LA MAISON ECARTEE
Dehors,le vent d'hiver tourmente les cyprés,
Les feux de position veillent dans la pénombre
De la chambre où se consume un tronc d'amandier.
La musique sacrée s'exalte avec la nuit;
Et des radeaux perdus nous entraînent au large
D'où appellent sans fin les sirènes de Dieu.
La braise en éclatant, dore une épaule blonde,
Si ce songe est la vie, ne me réveillez pas.
HIVERNAGE
Louis Brauquier
lhuron
L'ON VERRA S'ARRÊTER LE MOBILE DU MONDE ...
L'on verra s'arrêter le mobile du monde ,
Les étoiles marcher parmi le firmament ,
Saturne l'infortuné luire bénignement ,
Jupiter commander dedans le creux de l'onde .
L'on verra Mars paisible et la clarté féconde
Du Soleil s'obscurcir sans force et sans mouvement ,
Vénus sans amitié , Stilbon sans mouvement ,
Et la Lune en carré changer sa forme ronde .
Le Feu sera pesant et légère la Terre ,
L'Eau sera chaude et sèche et dans l'Air qui l'enserre ,
On verra les poissons voler et se nourrir ,
Plutôt que mon Amour, à vous seul destinée ,
Se tourne en autre part , car pour vous je fus née ,
Je ne vis que pour vous ,pour vous je veux mourir .
Madeleine de l'Aubespine.
lila
Josephine22 a écrit :
LES MAINS
Ses deux mains, doigts repliés forment la coupe
Où se recueillent les produits de mon verger,
Désormais apaisés dans le creux de ses cuisses.
Des feuilles de figuier protègent sa tunique,
Contre les sucs dorés, les perles de résine.
Mains sages, mains capables,Ô mains habituées,
Et si douces, que l'on désire être ces fruits
Saisonniers,ne dût-on vivre que quelques heures
Dans leur caresse et la chaleur du ventre divin.
Mains tendres, enveloppantes et maternelles,
Amoureuses, pourtant !
Ô Suavité vraie !
Tu resurgis sur les eaux mortes de la mémoire.
TORRIDE
Josephine22
LES MAINS
Ses deux mains, doigts repliés forment la coupe
Où se recueillent les produits de mon verger,
Désormais apaisés dans le creux de ses cuisses.
Des feuilles de figuier protègent sa tunique,
Contre les sucs dorés, les perles de résine.
Mains sages, mains capables,Ô mains habituées,
Et si douces, que l'on désire être ces fruits
Saisonniers,ne dût-on vivre que quelques heures
Dans leur caresse et la chaleur du ventre divin.
Mains tendres, enveloppantes et maternelles,
Amoureuses, pourtant !
Ô Suavité vraie !
Tu resurgis sur les eaux mortes de la mémoire.
