
lhuron
LA LOUVE.
Regarde - la
dans ses yeux sauvages
il y a la plus simple et la plus primitive dĂ©finition de la LIBERTĂ
on ne peut pas l'apprivoiser elle mordra les mains qui sentent la chaĂźne
elle ne veut pas de maĂźtre
Regarde - la
d'énormes chiens noirs aboient rageusement vers la lune sont éclipsés par le silence de ses iris jaunùtres
chasseur parfait
elle poursuit l'Ăąme des chasseurs
et on la blĂąme
et on la veut
et on la chasse
pour se prouver pouvoir tuer tous les instincts
Regarde - la
cruelle et belle elle défie les lois
toutes les lois
tous les plans de soumission et d'esclavage
toute amertume toute douleur toute limite toute peur
toute perte toute guette
la chasse de la louve relĂšve de la quĂȘte du GRAAL
Regarde - la
sauvage beauté insoumise
fuite agressive et sage
ùme cachée force innée nuit d'instincts et de rage
regard sanglant et libre
Regarde - la
Regarde - la quand elle te regarde
Regarde - la quand elle te défie
Regarde - la sachant qu'elle a compris
qui va chasser
qui va tuer
qui va mourir
Et aprĂšs çĂ
aprĂšs avoir compris
ce qui se cache dans ce beau mot ... jamais créé
le plus cherché le plus ... trouvé
saignant troublant mi - guerre mi - paix : LIBERTĂ !
aprĂšs tout çĂ
mon cher mon frÚre mon président mon empereur
mon roi
aprĂšs tout çĂ
je te conjure ... Regarde - moi !
Bunceanu VICTORIA - DELIA
lhuron
SANGUINE .
La fermeture éclair a glissé sur tes reins
et tout l'orage heureux de ton corps amoureux
a éclaté soudain
Et ta robe en tombant sur le parquet ciré
n'a pas fait plus de bruit
qu'une écorce d'orange tombant sur un tapis
Mais sous nos pieds
ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins
Sanguine
joli fruit
la pointe de ton sein
a tracé une nouvelle ligne de chance
dans le creux de ma main
Sanguine
joli fruit
Soleil de nuit
Jacques PRĂVERT : Fatras
merveilleusement interprété par Yves MONTAND
lila
Mourir dâaimer
Charles Aznavour
Les parois de ma vie sont lisses
Je m'y accroche mais je glisse
Lentement vers ma destinée
Mourir d'aimer
Tandis que le monde me juge
Je ne vois pour moi qu'un refuge
Toute issue m'étant condamnée
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
De plein gré s'enfoncer dans la nuit
Payer l'amour au prix de sa vie
Pécher contre le corps mais non contre l'esprit
Laissons le monde Ă ses problĂšmes
Les gens haineux face Ă eux-mĂȘmes
Avec leurs petites idées
Mourir d'aimer
Puisque notre amour ne peut vivre
Mieux vaut en refermer le livre
Et plutÎt que de le brûler
Mourir d'aimer
Partir en redressant la tĂȘte
Sortir vainqueur d'une défaite
Renverser toutes les données
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Comme on le peut de n'importe quoi
Abandonner tout derriĂšre soi
Pour n'emporter que ce qui fut nous, qui fut toi
Tu es le printemps, moi l'automne
Ton cĆur se prend, le mien se donne
Et ma route est déjà tracée
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Josephine22
LES BRAS
Sage,elle tient ses bras fermes, prés de son corps;
Ils enserrent ses seins, ils caressent ses hanches,
Ses mains reposent sur ses cuisses fructueuses,
Qui recÚlent celui dont le goût est secret.
Qu'attendre d'elle ? de quel songe la ravir ?
Et c'est trop demander ces bras blancs Ă mon cou.
Peut-ĂȘtre un jour d'Ă©tĂ©, en un geste ineffable,
LĂšvera-t-elle, Ă peine, un peu, une main lasse
Pour me choisir un fruit, tiĂšde de ses genoux.
Extrait de POMONE
Louis Brauquier
Josephine22
UN SEIN
Le sein de la dĂ©esse a la lourdeur des pĂȘches
Qu'elle offre aux plis de sa robe, entre ses genoux,
Et leur douceur.
Il se gonfle au creux de la main
Quand le soleil chauffe ses pores il veut vivre.
Sa fleur pĂąle tente l'amateur de jardin :
Il croit y déceler une espérance humaine.
Et nul ne le saura, enfermé de hauts murs,
S 'il la caresse, comme l'homme un sein de femme
Qui tremble face au ciel ;
...et s'il se désespÚre,
La trouvant toujours dure et toujours immobile,
Qu'encore cette fois déçoive son amour
L'impassibilitĂ© ambigĂŒe de la pierre
Extrait de POMONE
Louis Brauquier.
lhuron
BALLADE DU ROI DE THULĂ .
Il était un roi de Thulé
Qui , ,jusqu'Ă la tombe fidĂšle
Eut en souvenir de sa belle
Une coupe d'or ciselé .
Nul trésor n'avait tant de charmes :
Dans les grands jours ils'en servait
Et chaque fois qu'il y buvait
Ses yeux se remplissaient de larmes .
Quand il sentit venir la Mort ,
Ătendu sur sa froide couche ,
Pour la porter jusqu'Ă sa bouche ,
Sa main fit un suprĂȘme effort .
Et puis en l'honneur de sa Dame ,
Il but une derniĂšre fois :
La coupe trembla dans ses doigts
Et doucement,il rendit l'Ăąme .
Johann Wolfgang von GOETHE
Texte traduit de l'Allemand , extrait de FAUST de Charles GOUNOD.
Josephine22
Légende de Bretagne.:
CHATEAU ET ETANG DE COMPER...un lieu enchanteur
je dirais plutĂŽt CHARMANT
Résidence de la fée VIVIANNE ( DAME DU LAC), MERLIN et le ROI ARTHUR nous y prennent par la main.
C'est là que Merlin aurait fait construire pour la Fée VIVIANNE un PALAIS DE CRISTAL.
Celle-ci aurait attiré SOUS ce Lac un des plus fameux chevaliers de la Table Ronde:LANCELOT
il ne reste plus que 3 tours reliées par des courtines, construites dans un étonnant schiste rouge
de la région.
L'étang : atmosphére voilée, bercée par le bruit des crapauds
EXCALIBUR et le GRAAL y sont présents....
lila
« Je condamne lâignorance qui rĂšgne en ce moment dans les dĂ©mocraties aussi bien que dans les rĂ©gimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, quâon la dirait voulue par le systĂšme, sinon par le rĂ©gime. Jâai souvent rĂ©flĂ©chi Ă ce que pourrait ĂȘtre lâĂ©ducation de lâenfant.
Je pense quâil faudrait des Ă©tudes de base, trĂšs simples, oĂč lâenfant apprendrait quâil existe au sein de lâunivers, sur une planĂšte dont il devra plus tard mĂ©nager les ressources, quâil dĂ©pend de lâair, de lâeau, de tous les ĂȘtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout dĂ©truire.
Il apprendrait que les hommes se sont entretuĂ©s dans des guerres qui nâont jamais fait que produire dâautres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongĂšrement, de façon Ă flatter son orgueil.
On lui apprendrait assez du passĂ© pour quâil se sente reliĂ© aux hommes qui lâont prĂ©cĂ©dĂ©, pour quâil les admire lĂ oĂč ils mĂ©ritent de lâĂȘtre, sans sâen faire des idoles, non plus que du prĂ©sent ou dâun hypothĂ©tique avenir.
On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaßtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux trÚs jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.
On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en sociĂ©tĂ© est impossible, instruction que les Ă©coles Ă©lĂ©mentaires et moyennes nâosent plus donner dans ce pays.
En matiĂšre de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays oĂč il se trouve, pour Ă©veiller en lui le respect et dĂ©truire dâavance certains odieux prĂ©jugĂ©s.
On lui apprendrait Ă aimer le travail quand le travail est utile, et Ă ne pas se laisser prendre Ă lâimposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatĂ©es, en lui prĂ©parant des caries et des diabĂštes futurs.
Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses vĂ©ritablement importantes plus tĂŽt quâon ne le fait. »
Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts."
Josephine22
L'EPAULE
Cette épaule que cache un voile inéxorable,
J'en devine la courbe douce, prolongée
De la nuque pulpeuse et du cou vénusien
Et, bien que l'autre soit découverte et propice,
Je regrette ce que je ne verrai jamais,
MĂȘme quand le soleil l'incite Ă dĂ©nuder
Son beau corps blanc, vĂȘtu de lin, chargĂ© de fruits,
Mais ce regret, nul désir vain ne l'exaspÚre,
J'offre de la tendresse Ă la pudeur des dieux.
POMONE
Louis Brauquier
