
lhuron
CHANT DES MARAIS .
Loin vers l'infini s'étendent
les grands prés marécageux
pas un seul oiseau ne chante
dans les arbres secs et creux
Ô terre de détresse
où nous devrons sans cesse
piocher ... piocher ...
Dans ce camp morne et sauvage
entouré de murs de fer
il nous semble vivre en cage
au milieu d'un grand désert .
Ô terre de détresse
où nous devrons sans cesse
piocher ... piocher ...
Bruits de chaînes bruits des armes
sentinelles jour et nuit
du sang des cris des larmes
la mort pour celui qui fuit .
Ô terre de détresse
où nous devrons sans cesse
piocher ... piocher ...
Mais un jour dans notre vie
le printemps refleurira
libre alors ô ma Patrie
je dirai : tu es à moi .
Ô terre enfin libre
où nous pourrons revivre
aimer ... aimer ...
3 AUTEURS : DEUX SONT MORTS EN DÉPORTATION,
LE SURVIVANT , RUDI GOGUEL FUT EMPRISONNÉ ET DÉPORTÉ DE 1933 À 1945 .
lila
Le ciel est si bas sur les dunes
Que l'on croirait toucher la Lune
Rien qu'en levant les bras
Comme un incendie sous la terre
Les aurores ont brûlé les pierres
Blanchi les toits de Ghardaïa
Voilées pour ne pas être vues
Cernées d'un silence absolu
Vierges de pierre au corps de Diane
Les femmes ont pour leur lassitude
Des jardins clos de solitude
Le long sanglot des musulmanes
C'est un cri
C'est un chant
C'est aussi le désert et le vent
Tout l'amour qu'elles ont dans le corps
La gloire des hommes, le chant des morts
La joie de porter un enfant
C'est un cri
C'est un chant
C'est aussi la douleur et le sang
Toutes les fureurs qu'elles portent en elles
La peur des hommes, la peur du Ciel
Et toutes les forêts du Liban
Elles sont debout sur champs de ruines
Sous le vent glacé des collines
Que la nuit leur envoie
Pour elles, le temps s'est arrêté
C'est à jamais l'éternité
Le crépuscule de Sanaa
Voilées pour ne pas être vues
J'envie ceux qui les ont connues
Vierges de pierre au corps de Diane
Hurlant dans le silence énorme
À l'heure où leurs amants s'endorment
Le long sanglot des musulmanes
C'est un cri
C'est un chant
C'est aussi le désert et le vent
Tout l'amour qu'elles ont dans le corps
La gloire des hommes, le chant des morts
La joie de porter un enfant
C'est un cri
C'est un chant
C'est aussi la douleur et le sang
Toutes les fureurs qu'elles portent en elles
La peur des hommes, la peur du Ciel
Et toutes les forêts du Liban
C'est un cri
C'est un chant
C'est aussi le désert et le vent
Tout l'amour qu'elles ont dans le corps
La gloire des hommes, le chant des morts
La joie de porter un enfant
C'est un cri
C'est un chant
C'est aussi la douleur et le sang
Toutes les fureurs qu'elles portent en elles
La peur des hommes, la peur du Ciel
Et toutes les forêts du Liban
lila
Caligula (1944)
Sortie : 1944 (France). Théâtre
Livre de Albert Camus
Annotation :
"À la bonne heure. (Il boit.) Écoute, maintenant. (Rêveur.) Il était une fois un pauvre empereur que personne n'aimait. Lui, qui aimait Lepidus, fit tuer son plus jeune fils pour s'enlever cet amour du cœur. (Changeant de ton.) Naturellement, ce n'est pas vrai. Drôle, n'est-ce pas ? Tu ne ris pas. Personne ne rit ? Écoutez alors. (Avec une violente colère.) Je veux que tout le monde rie. Toi, Lepidus, et tous les autres. Levez-vous, riez. (Il frappe sur la table.) Je veux, vous entendre, je veux vous voir rire."
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"Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire."
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"L'insécurité, voilà ce qui fait penser."
lila
Germinal (1885) - Émile Zola
« Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. »