
lila
Jâai rencontrĂ© ce matin
Devant la haie de mon champ
Une troupe de marins,
Dâouvriers, de paysans.
OĂč allez-vous camarades
Avec vos fusils chargés
Nous tendrons des embuscades
Viens rejoindre notre armée.
âą
Refrain
La voilĂ la Blanche Hermine
Vivent la mouette et lâajonc !
La voilĂ la Blanche Hermine
Vive FougĂšres et Clisson !
âą
2e couplet
OĂč allez-vous camarades
Avec vos fusils chargés
Nous tendrons des embuscades
Viens rejoindre notre armée.
Ma mie dit que câest folie
Dâaller faire la guerre aux Francs.
Moi je dis que câest folie
DâĂȘtre enchaĂźnĂ© plus longtemps.
âą
Refrain
âą
3e couplet
Elle aura bien de la peine
Pour élever les enfants.
Elle aura bien de la peine
Car je mâen vais pour longtemps.
âą
Refrain
âą
4e couplet
Je viendrai Ă la nuit noire
Tant que la guerre durera.
Comme les femmes en noir,
Triste et seule, elle attendra.
âą
Refrain
âą
5e couplet
Et sans doute pense-t-elle
Que je suis en déraison.
De la voir, mon cĆur se serre,
LĂ -bas, devant la maison.
âą
Refrain
âą
6e couplet
Et si je meurs Ă la guerre,
Pourra-t-elle me pardonner
Dâavoir prĂ©fĂ©rĂ© ma terre
A lâamour quâelle me donnait ?
âą
Refrain
âą
7e couplet
Jâai rencontrĂ© ce matin
Devant la haie de mon "chant"
Une troupe d'ouvriers,
De marins, de paysans.
âą
Refrain
lila
Refuge
avec Marie Darrieussecq
« La forĂȘt Ă©tait Ă©tourdissante. De toutes petites feuilles dâun vert trĂšs clair, dâun vert tellement naturel quâil me semblait artificiel, le vert de quand on pense au vert : de toutes petites feuilles qui poussaient au bout dâabsolument toutes les branches. On avait envie de les toucher, dâĂȘtre touchĂ©e par ce feuillage doux et velu et si vert. »
Josephine22
Le PARKOR ..la rue qui fait le tour complet du JOKHANG est le lieu le plus fascinant du Tibet.Une plongée en profondeur dans l'histoire et la religion.Chaque pélerin doit en faire 3 fois ou 108 fois le tour.
Débauche d'ethnies, de dialectes, de costumes.
Regards farouches des fiers KHAMPAS aux cheveux tressés de laine rouge et aux grosses boucles d'oreilles... ..Ils portent un court poignard passé dans leurs ceintures colorées.
Femmes aux 108 tresses fines, le cou orné de turquoise.
Les pélerins viennent ici de toutes les régions du Tibet. Ils tournent inlassablement leurs moulins à priÚres.
Animation dĂ©mente sous les fenĂȘtres fleuries des vieilles maisons.
Tout les visages de la terre !
lila
Il chassait, Ă©tant jeune homme, dans une forĂȘt de Russie. Il avait marchĂ© tout le jour et il arriva, vers la fin de l'aprĂšs-midi, sur le bord d'une calme riviĂšre. Elle coulait sous les arbres, dans les arbres, pleine d'herbes flottantes, profonde, froide et claire. Un besoin impĂ©rieux saisit le chasseur de se jeter dans cette eau transparente. Il se dĂ©vĂȘtit et s'Ă©lança dans le courant. C'Ă©tait un trĂšs grand et trĂšs fort garçon, vigoureux et hardi nageur. Il se laissait flotter doucement, l'Ăąme tranquille, frĂŽlĂ© par les herbes et les racines, heureux de sentir contre sa chair le glissement lĂ©ger des lianes. Tout Ă coup une main se posa sur son Ă©paule. Il se retourna d'une secousse et il aperçut un ĂȘtre effroyable qui le regardait avidement. Cela ressemblait Ă une femme ou Ă une guenon. Elle avait une figure Ă©norme, plissĂ©e, grimaçante et qui riait. Deux choses innommables deux mamelles sans doute, flottaient devant elle, et des cheveux dĂ©mesurĂ©s, mĂȘlĂ©s, roussis par le soleil, entouraient son visage et flottaient sur son dos. Tourgueneff se sentit traversĂ© par la peur hideuse, la peur glaciale des choses surnaturelles. Sans rĂ©flĂ©chir, sans songer, sans comprendre il se mit Ă nager Ă©perdument vers la rive. Mais le monstre nageait plus vite encore et il lui touchait le cou, le dos, les jambes, avec de petits ricanements de joie. Le jeune homme, fou d'Ă©pouvante, toucha la berge, enfin, et s'Ă©lança de toute sa vitesse Ă travers le bois, sans mĂȘme penser Ă retrouver ses habits et son fusil. L'ĂȘtre effroyable le suivit, courant aussi vite que lui et grognant toujours. Le fuyard, Ă bout de forces et perclus par la terreur, allait tomber, quand un enfant qui gardait des chĂšvres accourut, armĂ© d'un fouet; il se mit Ă frapper l'affreuse bĂȘte humaine, qui se sauva en poussant des cris de douleur. Et Tourgueneff la vit disparaĂźtre dans le feuillage, pareille Ă une femelle de gorille. C'Ă©tait une folle, qui vivait depuis plus de trente ans dans ce bois, de la charitĂ© des bergers, et qui passait la moitiĂ© de ses jours Ă nager dans la riviĂšre. Le grand Ă©crivain russe ajouta: "Je n'ai jamais eu si peur de ma vie, parce que je n'ai pas compris ce que pouvait ĂȘtre ce monstre."
La peur Guy de Maupassant
lila
Affirmer la vie, câest aussi affirmer la mort.
Admettre lâune sans lâautre, câest une limitation qui, finalement, nous exclut de tout lâinfini.
La mort nâest que lâautre face de la vie, le cĂŽtĂ© de la vie qui nâest pas tournĂ©e vers nous, et que nous nâĂ©clairons pas.
Nous nous rĂ©alisons simultanĂ©ment dans lâun et lâautre monde,
notre existence sây nourrit inĂ©puisablementâŠ
âŠcar il nây a ni un en-deçà , ni un au-delĂ , mais la GRANDE UNITE dans laquelle les ĂȘtres qui nous surpassent, les anges, sont chez eux.
Nous , les hommes dâici et dâaujourdâhui, nous ne sommes pas un seul instant satisfaits dans le monde du Temps, ni fixĂ©s en lui.
Nous débordons sans cesse vers notre origine, vers les hommes de jadis, et vers ceux qui semblent venir aprÚs nous.
Câest dans ce monde ouvert, qui est le plus grand, que TOUS existent.
La nature, les choses qui nous entourent et qui nous servent sont provisoires et caduques, comme nous,
mais elles sont, aussi longtemps que nous sommes ici-bas, âŠ
notre possession et notre amitié.
Pour nous, il sâagit donc, non pas de noircir et de rabaisser tout ce qui est dâici-bas, mais prĂ©cisĂ©ment Ă cause de leur caractĂšre provisoire, qui est aussi le notre, de saisir ces phĂ©nomĂšnes et ces choses avec la comprĂ©hension la plus intime, et de les transformer.
Nous sommes les abeilles de lâunivers.
Nous butinons éperdument le miel du visible
pour lâaccumuler dans la grande ruche dâor de lâ Invisible !
RAINER MARIA RILKE 1910
lhuron
SANGUINE .
La fermeture éclair a glissé sur tes reins
et tout l'orage heureux de ton corps amoureux
au beau milieu de l'ombre
a éclaté soudain
et ta robe en tombant sur le parquet ciré
n'a pas fait plus de bruit
qu'une écorce d'orange tombant sur un tapis
Mais sous nos pieds
ses petits boutons de nacre craquaient comme des pépins
Sanguine
joli fruit
la pointe de ton sein
a tracé une nouvelle ligne de chance
dans le creux de ma main
Sanguine
joli fruit
soleil de nuit .
Jacques PRĂVERT : SPECTACLE
