
lila
Arthur RIMBAUD â ENFANCE III
Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrĂȘte et vous fait rougir.
Il y a une horloge qui ne sonne pas.
Il y a une fondriĂšre avec un nid de bĂȘtes blanches.
Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.
Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisiÚre du bois.
Il y a enfin, quand lâon a faim et soif, quelquâun qui vous chasse.
Arthur RimbaudâEnfance;
lila
« Les Mains
Bénies soient les mains qui soignent, celles qui aiment, celles qui embrassent.
Bénies soient les mains qui guérissent, qui filent, qui caressent, celles qui sculptent, celles qui brodent, celles qui peignent, celles qui chouchoutent, celles qui pétrissent.
Bénies les mains tendues, chaleureuses, fraternelles, pleines d'amour, de bonté et de compassion.
Bénies soient les mains douces et généreuses, celles qui tiennent fermement, celles qui prennent soin et protÚgent.
Bénies soient les mains qui irradient l'Amour Inconditionnel.
BĂNIES,⊠SONT TES MAINS »
lila
âJe reste, dans le noir, contre les genoux de maman. Je ferme, sans dormir, mes yeux inutiles. La robe de toile que je presse de ma joue sent le gros savon, la cire dont on lustre les fers Ă repasser, et la violette. Si je m'Ă©carte un peu de cette fraĂźche robe de jardiniĂšre, ma tĂȘte plonge tout de suite dans une zone de parfum qui nous baigne comme une onde sans plis : le tabac blanc ouvre Ă la nuit ses tubes Ă©troits de parfum et ses corolles en Ă©toile. Un rayon, en touchant le noyer, l'Ă©veille : il clapote, remuĂ© jusqu'aux basses branches par une mince rame de lune. Le vent superpose, Ă l'odeur du tabac blanc, l'odeur amĂšre et froide des petites noix vĂ©reuses qui choient sur le gazon.â (Colette, La Maison de Claudine, 1922)
lila
RENĂ DE OBALDIA (1918~2022)
Le Matriote
Quâils partent Ă la guerre ! Quâils partent vers lâhorreur ! Quâils se tuent pour leurs pĂšres ! Quels pĂšres ? Le seul qui est au ciel ne leur suffit point ?
Ă hommes dĂ©biles, incapables dâassumer la guerre en vous-mĂȘmes ; et elle en dĂ©borde ! Hommes faibles ; et la faiblesse enfante la violence. Hommes lĂąches ; et la lĂąchetĂ© enfante la cruautĂ©. Hommes faux ; et le mensonge enfante la mort. Hommes de rien, pour nâavoir jamais Ă©tĂ© hommes de tout. Partez, partez ! Fuyez-vous ! Moi, je reste. Je demeure auprĂšs des femmes.
Salut ! femmes, mes tĂ©nĂšbres bien aimĂ©es. Vous ĂȘtes ma terre et je ne vous dĂ©serterai pas.
Ah ! dites ; que peut un homme casquĂ©, un homme tout armĂ© devant vos seins nus ? Sinon prendre conscience de son grotesque. Sinon abandonner ses armes et sa superbe. Sinon abandonner le vide de son uniforme. Et, dâabandon en abandon atteindre le suprĂȘme ; lĂ oĂč la guerre est gĂ©nĂ©ratrice de vie.
Les ruines sâaccumulent. Le nĂ©ant appelle le nĂ©ant. LâatrocitĂ© fait loi. Les hommes flambent dans leur pestilence. La Matrie est en danger.
Et me voici, solaire ! PrĂ©sent ! Ma poitrine se dilate au rythme des marĂ©es. Je bondis dâĂ©toile en Ă©toile. Mes cuisses sont aussi fermes que mon intelligence⊠Que les cadavres mâassassinent ! Je me battrai pour la substance. Matrie ! Ă Matrie !
(« Les richesses naturelles », RĂ©cits-Ă©clairs, © Ăditions Bernard Grasset, 1970.)
lila
CHARLIE CHAPLIN a lu ce poĂšme le 16 avril 1959, Ă son 70 Ăšme anniversaire.
"Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer, jâai compris que la douleur et la peine Ă©motionnelles sont des signaux m'avertissant que je vivais Ă lâencontre de ma propre vĂ©ritĂ©.
Aujourdâhui, je sais que cela sâappelle âŠ. L'authenticitĂ© !!!
Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer
jâai compris combien je pouvais offenser quelquâun en essayant de lui imposer mes dĂ©sirs tout en sachant que ce n'Ă©tait pas le bon moment et que cette personne n'Ă©tait pas disposĂ©e Ă cela. Et mĂȘme quand cette personne n'Ă©tait autre que moi-mĂȘme.
Aujourdâhui, je sais que cela sâappelle âŠ. Le respect !
Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer
jâai arrĂȘtĂ© de rĂȘver dâune autre vie, et jâai pu voir que tout ce qui m'entourait m'invitait Ă grandir.
Aujourdâhui, je sais que cela sâappelle âŠ.. La maturitĂ© !
Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer
jâai compris que jâĂ©tais toujours au bon endroit au bon moment.
Et jâai compris que tout ce qui se passe est juste.
Ă partir de lĂ , jâai connu une paix profonde.
Aujourdâhui je sais que cela sâappelle âŠ. La confiance en soi !
Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer
j'ai rejettĂ© tout ce qui nâĂ©tait pas sain pour moi :
- la nourriture, les gens, les choses, les situations, tout ce qui me tirait vers le bas et mâĂ©cartait de moi mĂȘme.
Au dĂ©but jâappelais cela de lâ « Ă©goĂŻsme sain » âŠ.
Mais aujourdâhui, je sais que cela sâappelle âŠ. L'amour de soi !
Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer
jâai arrĂȘtĂ© de toujours vouloir avoir raison, et dĂšs lors je me suis moins trompĂ©.
Aujourdâhui, j'ai compris que cela sâappelle âŠ. L'humilitĂ© !
Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer
jâai cessĂ© de vivre dans le passĂ© et de mâinquiĂ©ter pour mon avenir.
Maintenant je me concentre sur mon prĂ©sent, lĂ oĂč tout prend place.
Ainsi je vis chaque jour pleinement et jâappelle cela âŠ. L'apaisement !
Quand jâai commencĂ© Ă mâaimer
jâai reconnu que mon esprit pouvait me rendre malade.
Jâavais dĂšs lors appelĂ© au secours les forces du cĆur que mon esprit a accueilli comme un partenaire de valeur.
Aujourdâhui jâappelle ce lien âŠ.. La sagesse du cĆur !
Nous nâavons nul besoin de craindre les discussions, les conflits et les problĂšmes avec nous-mĂȘmes, et avec dâautres puisque mĂȘme les Ă©toiles se tĂ©lescopent parfois, et crĂ©ent de nouveaux mondes.
Aujourdâhui je sais, cela s'appelle âŠ. LA VIE !!!." đâ€ïž
Charlie Chaplin / écrit par Kim McMillen
LILAS
Je me permets de mettre ce poÚme que j'avais écrit le 16 octobre 2021 pour les 30 ans de décÚs de mon mari
Si toutefois ça vous ennuie Lila, je le retirerai car je sais que c'est triste
Trente ans aujourd'hui que tu m'as quittĂ©e â€
Il me reste de toi ce que tu m'as donné
Deux beaux enfants que tu aimais tant
Tu voulais vivre pour nous, tu étais un battant
C'était une journée d'automne, les feuilles jaunies volaient dans tous les sens
Mais mon regard ne te quittait pas, je te murmurais des mots dans le silence
L'inacceptable est venu tout bousculer
Je tenais ta main, inconsolable et désemparée
Ce jour lĂ , le temps s'est arrĂȘtĂ© pour moi
J'étais sans vie, sans voix, incapable de continuer sans toi
Mais il me restait tant de choses Ă faire pour les enfants
Je savais que la vie ne nous épargnerait pas maintenant
Nous avions partagé tant de projets
Je me sentais abandonnée
J'ai vu partir tous nos espoirs
Et pourtant je voulais encore y croire
Je n'ai pas assez de pages pour t'écrire
Te dire que ton rire est un beau souvenir
Te parler de ma vie sans toi
Te dire que je t'aime et que sans toi, je ne suis plus moi
Lilas â€
lila
A 83 ans, atteint d'une maladie grave, Gabriel Garcia Marquez a adressé cette lettre d'adieu à ses amis.
"Si pour un instant Dieu m'offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps le plus possibleâŠ
Je suppose que je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais Ă tout ce que je dis.
Je donnerais une valeur aux choses, pour ce qu'elles signifient.
Je dormirais peu, je rĂȘverais plus,
je crois que chaque minute passée les yeux fermés représentent soixante secondes en moins de lumiÚre.
Je marcherais quand les autres s'arrĂȘtent, je me rĂ©veillerais quand les autres dorment.
Je donnerais des ailes Ă un enfant,
mais je le laisserais apprendre Ă voler seul.
J'enseignerais aux vieux que la mort ne vient pas avec l'Ăąge mais avec l'oubli.
J'ai appris tant de choses des hommes⊠J'ai appris que tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans savoir que le véritable bonheur c'est dans la maniÚre de l'escalader.
J'ai appris que quand un nouveau-né serre fort de son petit poing, pour la premiÚre fois, la main de son pÚre,
il le retient pour toujours.
J'ai appris qu'un homme n'a le droit d'en regarder un autre de haut que pour l'aider Ă se lever.
Dis toujours ce que tu sens,
Fais ce que tu penses.
Il y a toujours un lendemain, et la vie nous donne une autre occasion de faire bien des choses :
Mais si jamais je n'ai plus que ce jour, j'aimerais dire Ă tous ceux que j'aime combien je les aime.
Le lendemain n'est garanti Ă personne, qu'il soit jeune ou vieux⊠Sain oĂč Malade
Aujourd'hui peut⊠ĂȘtre le dernier jour oĂč tu vois ceux que tu aimes.
N'attends pas, fais-le aujourd'hui, car, si demain ne vient pas, tu regretteras de n'avoir pas pris le temps d'un sourire, d'une caresse, d'un baiser, trop occupé que tu étais.
Garde prĂšs de toi ceux que tu aimes, dis-leur Ă l'oreille combien tu as besoin d'eux, aime-les et traite-les bien, prends le temps de dire :
''Je regrette", "Pardonne-moi,
S'il te plaĂźt", "Merci",
Et tous les mots d'amour que tu connais. Demande au Seigneur la force et la sagesse de les exprimer.
Car personne ne se souviendra de tes pensĂ©es secrĂštes. Il faut qu'elles soit dites⊠avant que tout soit consommĂ©âŠ"
âGabriel Garcia Marquez.âïž
lila
« Un étudiant a demandé un jour à l'anthropologue Margaret Mead ce qu'elle considérait comme le premier signe de civilisation dans une culture. L'étudiant s'attendait à ce que l'anthropologue parle de crochets, de bols en argile ou de pierres à aiguiser, mais non. Mead a dit que le premier signe de civilisation dans une culture ancienne est la preuve d'une personne avec un fémur cassé et guéri. Mead a expliqué que dans le reste du rÚgne animal, si vous vous cassez la jambe, vous mourez. Vous ne pouvez pas fuir le danger, aller à la riviÚre pour boire de l'eau ou chasser pour vous nourrir. Vous devenez de la viande fraßche pour les prédateurs. Aucun animal ne survit à une patte cassée assez longtemps pour que l'os guérisse. Un fémur cassé qui a guéri est la preuve que quelqu'un a pris le temps de rester avec celui qui est tombé, a guéri la blessure, a mis la personne en sécurité et a pris soin d'elle jusqu'à ce qu'elle se rétablisse. "Aider quelqu'un à traverser des difficultés est le point de départ de la civilisation", a expliqué Mead. La civilisation est une aide communautaire."
lila
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Que le ciel azuré ne vire au mauve
Penser ou passer Ă autre chose
Vaudrait mieux
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Se dire qu'il y a over the rainbow
Toujours plus haut le soleil above
Radieux
Croire aux cieux, croire aux dieux
MĂȘme quand tout nous semble odieux
Que notre cĆur est mis Ă sang et Ă feu
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Comme une petite souris dans un coin d'alcĂŽve
Apercevoir le bout de sa queue rose
Ses yeux fiévreux
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Se dire qu'il y a over the rainbow
Toujours plus haut le soleil above
Radieux
Croire aux cieux, croire aux dieux
MĂȘme quand tout nous semble odieux
Que notre cĆur est mis Ă sang et Ă feu
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Avoir parfois envie de crier sauve
Qui peut savoir jusqu'au fond des choses
Est malheureux
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Se dire qu'il y a over the rainbow
Toujours plus haut le soleil above
Radieux
Croire aux cieux, croire aux dieux
MĂȘme quand tout nous semble odieux
Que notre cĆur est mis Ă sang et Ă feu
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Dis-moi que tu m'aimes encore si tu l'oses
J'aimerais que tu te trouves autre chose
De mieux
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Se dire qu'il y a over the rainbow
Toujours plus haut le soleil above
Radieux
Une trĂšs grande tristesse đ€
Jane B. (1946-2023)
"Je veux tellement me souvenir des belles choses de la vie, le ciel au crépuscule, le soleil à l'aube. "
Jane Birkin
lila
"Quand jâentends les Ă©colos parler de la nature, je ne suis pas sĂ»r quâils savent reconnaĂźtre une feuille de chĂȘne dâune feuille de hĂȘtre. Je me suis toujours mĂ©fiĂ© des prĂ©dicateurs, ces gens qui veulent vous entraĂźner dans une forme de pensĂ©e."
Olivier de Kersauson
lila
Je vous ai connue sĂ©duisante, fougueuse parfois mĂȘme exubĂ©rante, enthousiaste et ravageuse.. Le monde entier vous admirait. On vous a servie, vĂ©nĂ©rĂ©e, votre image Ă©tait resplendissante : Peintres, sculpteurs, Ă©crivains, poĂštes et musiciens vous ont dĂ©diĂ© leurs Ćuvres. En votre nom, on sâest battu, on a blessĂ© voire tuĂ©.
Aujourdâhui, on aimerait que vous cachiez « ce-sein-quâon-ne-saurait-voir ». Vous ĂȘtes amĂšre, Ă©dentĂ©e, Ă©cornĂ©e, vos cicatrices sont apparentes et on vous a amputĂ©e de quelques organes vitauxâŠ..Certains mĂȘme, se demandent si on ne devrait pas vous euthanasierâŠ.
Du haut de vos 234 ans, joyeux anniversaire, madame la République Française !
