
lila
Ăme ou sĆur
Jumeau ou frĂšre
De rien mais qui es-tu?
Tu es mon plus grand mystĂšre
Mon seul lien contigu
Tu m'enrubannes et m'embryonnes
Et tu me gardes Ă vue
Tu es le seul animal de mon arche perdue
Tu ne parles qu'une langue, aucun mot déçu
Celle qui fait de toi mon autre
L'ĂȘtre reconnu
Il n'y a rien Ă comprendre
Et que passe l'intrus
Qui n'en pourra rien attendre
Car je suis seule Ă les entendre
Les silences et quand j'en tremble
Toi, tu es mon autre
La force de ma foi
Ma faiblesse et ma loi
Mon insolence et mon droit
Moi, je suis ton autre
Si nous n'étions pas d'ici
Nous serions l'infini
Et si l'un de nous deux tombe
L'arbre de nos vies
Nous gardera loin de l'ombre
Entre ciel et fruit
Mais jamais trop loin de l'autre
Nous serions maudits
Tu seras ma derniĂšre seconde
Car je suis seule Ă les entendre
Les silences et quand j'en tremble
Toi, tu es mon autre
La force de ma foi
Ma faiblesse et ma loi
Mon insolence et mon droit
Moi, je suis ton autre
Si nous n'étions pas d'ici
Nous serions l'infini
Ah, ah
Ah, ah
Et si l'un de nous deux tombe
LILAS
Si vous nâarrivez pas Ă commencer ce que vous aviez prĂ©vu de faire, ne faites rien ! Mais vraiment rien. Restez assis les mains sur les genoux, les yeux clos, essayez de faire le vide dans la tĂȘte. Tenir le coup jusquâĂ ce quâon se sente en Ă©tat de vĂ©ritable inaction, mentale et physique. Rouvrir les yeux et commencer Ă entreprendre immĂ©diatement ce quâon devait faire.
Jean-Louis Servan-Schreiber
lila
« Vous tenez en vos mains lâintelligence et lâĂąme des enfants ; vous ĂȘtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiĂ©s sont Français et doivent connaĂźtre la France, sa gĂ©ographie et son histoire : son corps et son Ăąme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce quâest une dĂ©mocratie libre, quels droits leur confĂšrent, quels devoirs leur impose la souverainetĂ© de la nation.
Enfin ils seront hommes, et il faut quâils sachent quel est le principe de notre grandeur : la fiertĂ© unie Ă la tendresse. Il faut quâils puissent se reprĂ©senter Ă grands traits lâespĂšce humaine et quâils dĂ©mĂȘlent les Ă©lĂ©ments principaux de cette Ćuvre extraordinaire qui sâappelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensĂ©e ; il faut leur enseigner le respect et le culte de lâĂąme en Ă©veillant en eux le sentiment de lâinfini qui est notre joie, et aussi notre force.
Il faut que le maĂźtre lui-mĂȘme soit tout pĂ©nĂ©trĂ© de ce quâil enseigne. Il faut quâil se soit Ă©merveillĂ© tout bas de lâesprit humain. Alors, et alors seulement, lorsque par la lecture solitaire et la mĂ©ditation, il sera tout plein dâune grande idĂ©e et tout Ă©clairĂ© intĂ©rieurement, il communiquera sans peine aux enfants la lumiĂšre et lâĂ©motion de son esprit. Ah ! Vous serez plus que payĂ©s de votre peine, car vous sentirez la vie de lâintelligence sâĂ©veiller autour de vous.
Les enfants ont une curiositĂ© illimitĂ©e, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Lorsque vous leur aurez parlĂ© des grandes choses qui intĂ©ressent la pensĂ©e et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques annĂ©es Ćuvre complĂšte dâĂ©ducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-lĂ , bien des choses changeront.»
⏠Jean JaurÚs (3 septembre 1859 - 31 juillet 1914)
LILAS
Photographie
Ton sourire m'attire comme
Pourrait m'attirer une fleur
Photographie tu es le champignon brun
De la forĂȘt
Qu'est sa beauté
Les blancs y sont
Un clair de lune
Dans un jardin pacifique
Plein d'eaux vives et de jardiniers endiablés
Photographie tu es la fumée de l'ardeur
Qu'est sa beauté
Et il y a en toi
Photographie
Des tons alanguis
On y entend
Une mélopée
Photographie tu es l'ombre
Du Soleil
Qu'est sa beauté
Guillaume Apollinaire(1880 - 1918)
lila
"J'aurais pu dire "vieillir, c'est dĂ©solant, c'est insupportable, c'est douloureux, c'est horrible, c'est dĂ©primant, c'est mortel", mais j'ai prĂ©fĂ©rĂ© "chiant" parce que c'est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste. Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand çà a commencĂ© et l'on sait encore moins quand çà finira. Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dĂšs notre naissance. On a Ă©tĂ© longtemps si frais, si jeune, si appĂ©tissant. On Ă©tait bien dans sa peau. On se sentait conquĂ©rant, invulnĂ©rable. La vie devant soi, mĂȘme Ă cinquante ans, c'Ă©tait encore trĂšs bien.... mĂȘme Ă soixante.
Si, si je vous assure, j'Ă©tais encore plein de muscles, de projets, de dĂ©sirs, de flamme. Je le suis toujours, mais voilĂ , entretemps, j'ai vu le regard des jeunes... des hommes et des femmes dans la force de l'Ăąge qui ne me considĂ©raient plus comme un des leurs, mĂȘme apparentĂ©, mĂȘme Ă la marge. J'ai lu dans leurs yeux qu'ils n'auraient plus jamais d'indulgence Ă mon Ă©gard, qu'ils seraient polis, dĂ©fĂ©rents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m'en rendre compte, j'Ă©tais entrĂ© dans l'apartheid de l'Ăąge. "
Bernard Pivot
lila
LOUIS BOUMAL (1890~1918)
Ne rouvre pas ce livre, il fait mal. Il ressemble
Aux fruits cueillis trop verts que lâon goĂ»te par jeu.
Ă lâheure oĂč le grand vent soufflera dans les trembles
Il ne faut pas le lire assise auprĂšs du feu.
Observe la flambĂ©e et son rire dans lâĂątre ;
Ăcoute la saison qui frappe Ă tes volets ;
Surtout ne mĂȘle point ma douleur opiniĂątre
Au rĂȘve si lĂ©ger de tes premiers regrets.
Et sâil te souvenait des Ă©tranges paroles
Quâun soir jâai pu te dire au temps clair des lilas,
Oh ! ne les redis pas ! Les feuilles étaient folles
Et le chagrin trop lourd hallucinait mes pas.
Mais plus tard, quand au vent sâĂ©grĂšnera ta vie,
Quand tu tâarrĂȘteras lasse dâavoir souffert,
Et que tu sauras bien que ne tâont pas suivie
Lâamour et lâamitiĂ© jusquâau seuil de lâhiver,
Alors, ĂŽ mon amie, assise au coin du feu,
Relisant ce poĂšme oĂč notre amour fut sage,
Tu connaĂźtras le sens profond de mon aveu
Et lâacide saveur des airelles sauvages.
LILAS
L'existence est remplie de mystĂšres, dont nous devons rĂ©soudre les Ă©nigmes. Elle est faite d'Ă©preuves aussi magnifiques qu'imprĂ©visibles. Notre rĂ©action vis-Ă -vis de cela dĂ©terminera la difficultĂ© donc la vie rĂ©pliquera en retour. Voire cela comme un Ă©chec de notre considĂ©ration humaine, comme si nous avions toutes les rĂ©ponses, ne sera que plus compliquĂ© Ă gĂ©rer, cela accentuera la rĂ©action de l'univers Ă nous pousser davantage dans nos retranchements, mais si l'on perçoit cela comme une Ă©volution de nous-mĂȘmes, le rĂ©sultat sera bĂ©nĂ©fique. La vie ne place aucune pierre sur notre route, dans l'intention de nous dĂ©truire, mais afin de nous placer sur le chemin qui est le nĂŽtre. Si nous n'en Ă©tions pas capables, si nous n'avions pas cette force de pouvoir les surpasser, elles n'y auraient pas Ă©tĂ© placĂ©es.
Joëlle Laurencin
lila
« La joie est un besoin essentiel de l'Ăąme. Le manque de joie qu'il s'agisse du malheur ou simplement d'ennui, est un Ă©tat de maladie oĂč l'intelligence, le courage et la gĂ©nĂ©rositĂ© s'Ă©teignent. C'est une asphyxie. La pensĂ©e humaine se nourrit de joie.»
⏠Simone Weil (3 février 1909 - 24 août 1943)
lila
A 40 ans Franz Kafka (1883-1924) qui ne s'est jamais marié et n'avait pas d'enfants, se promenait dans le parc de Berlin quand il rencontra une petite fille qui pleurait parce qu'elle avait perdu sa poupée préférée. Elle et Kafka ont cherché la poupée sans succÚs.
Kafka lui a dit de le rencontrer le lendemain et ils reviendraient la chercher.
Le lendemain, quand ils n'avaient pas encore trouvé la poupée, Kafka donna à la petite fille une lettre "écrite" de la poupée qui disait : " S'il te plaßt ne pleure pas. J'ai fait un voyage pour voir le monde. Je vais t'écrire sur mes aventures."
C'est ainsi que commença une histoire qui se poursuit jusqu'à la fin de la vie de Kafka.
Lors de leurs rencontres, Kafka lisait les lettres de poupée soigneusement écrites avec des aventures et des conversations que l'enfant trouvait adorables.
Enfin, Kafka lui ramena la poupée (en acheta une) qui était de retour à Berlin.
"elle ne ressemble pas du tout à ma poupée", dit la petite fille.
Kafka lui a remis une autre lettre dans laquelle la poupée écrivait : "mes voyages m'ont changé."
La petite fille a embrassé la nouvelle poupée et l'a ramené toute heureuse à la maison.
Un an plus tard, Kafka est mort.
Plusieurs années plus tard, la petite fille désormais adulte a trouvé une lettre dans la poupée. Dans la minuscule lettre signée par Kafka, il y avait écrit :
"tout ce que tu aimes sera probablement perdu, mais à la fin l'amour reviendra d'une autre façon."
lila
Je ne laisserai pas entrer le vieux !
C'est la réponse admirée et non génétique que Clint Eastwood a donné au chanteur country Toby Keith, quand on lui a demandé quel était son secret pour rester actif et brillant à son ùge.
Quand je me lĂšve tous les jours je ne laisse pas entrer le vieux. Mon secret est le mĂȘme depuis 1959 : occupez-vous. Je ne laisse jamais le vieil homme entrer dans la maison. J'ai dĂ» le traĂźner dehors parce que le gars Ă©tait dĂ©jĂ confortablement installĂ©, me donnant des coups de pied constamment, ne laissant aucune place Ă autre chose que la nostalgie. Tu dois rester actif, vivant, heureux, fort, capable.
C'est en nous, dans notre intelligence, attitude et mentalité. Nous sommes jeunes avec l'indépendance. Il faut apprendre à se battre pour ne pas laisser entrer le "vieux. "
Ce vieux qui nous attend, debout fatigué au bord de la route pour nous décourager.
Je ne laisse pas entrer le vieil esprit, le critique, l'hostile, les jaloux, l'ĂȘtre qui persĂ©cute notre passĂ© nous lier avec des plaintes et des angoisses lointaines, des traumatismes revus ou des vagues de douleur.
Il faut tourner le dos au vieux bavardage, plein de colĂšre et de plaintes, sans courage, qui se renie que la vieillesse peut ĂȘtre crĂ©ative, dĂ©terminĂ©e, pleine de lumiĂšre et de protection.
Vieillir peut ĂȘtre agrĂ©able, et mĂȘme amusant, si vous savez utiliser le temps, si vous ĂȘtes satisfait de ce que vous avez rĂ©alisĂ© et si vous continuez Ă avoir l'illusion, ajoute Clint Eastwood, une lĂ©gende qui a dix nominations aux Oscars, dont il a gagnĂ© quatre statues. Tous aprĂšs avoir dĂ©passĂ© le seuil des soixante. Ăa s'appelle "ne pas laisser le vieil homme entrer dans la maison. "
Ces mots ont frappé le chanteur country Toby Keith si profondément qu'il l'a inspiré à écrire la chanson « Don't let the old main in " (Ne laissez pas entrer le vieil homme), dédié au légendaire acteur.
Paix dans vos cĆurs.
