
LILAS
Il y a des bruits de silence
Et des silences faisant du bruit
Des bruits de l'absence
Une absence Ă la vie
Du bruit sans présence
Une présence de bruit
Qui dansent l'absence
De ce qui manque Ă la vie
Et des absences de présences
Qui au coeur font du bruit
Un bruit en silence
Qui de sa présence
Est une torture Ă la vie
Dont le coeur souffre en silence
Alors on fait du bruit
Pour ignorer la sentence
De devoir se passer de la présence
De ce qui manque de celle ci
Il y a des bruits de silence
Qui en silence font un drĂŽle de bruit
Celui d'un coquelicot de la vie
Faisant de sa présence
Un bruit quand ses amis
Lui demande lâallĂ©geance
D'en faire assez en silence
Dans l'ombre d'un bruit
Celle de la lumiÚre d'une discrétion amie
Lou Mishel
lila
« Je suis terriblement choquĂ© par les gens qui vous disent quâon est libre, que le bonheur se dĂ©cide, que câest un choix moral.
Les professeurs dâallĂ©gresse pour qui la tristesse est une faute de goĂ»t, la dĂ©pression une marque de paresse, la mĂ©lancolie un pĂ©chĂ©.
Je suis dâaccord, câest un pĂ©chĂ©, câest mĂȘme le pĂ©chĂ© mortel, mais il y a des gens qui naissent pĂ©cheurs, qui naissent damnĂ©s, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volontĂ© nâarracheront pas Ă leur condition.
Entre les gens qui ont un noyau fissurĂ© et les autres, câest comme entre les pauvres et les riches, câest comme la lutte des classes, on sait quâil y a des pauvres qui sâen sortent mais la plupart, non, ne sâen sortent pas, et dire Ă un mĂ©lancolique que le bonheur est une dĂ©cision, câest comme dire Ă un affamĂ© quâil nâa quâĂ manger de la brioche. »
Extrait de : «Dâautres vies que la mienne» dâEmmanuel CarrĂšre.
LILAS
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et MOUSSE de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumiĂšre,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gĂźt toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.
La Courbe de tes yeux
Citations de EugĂšne Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard
LILAS
Une goutte d'eau
- Une goutte d'eau est tombée du ciel
et sur mon carreau, lĂ , elle ruisselle
elle glissera jusqu'au caniveau
pour aller rejoindre un petit ruisseau
- Ce petit ruisseau devenant riviĂšre
rejoindra un jour les eaux de la mer
la goutte chauffée par notre soleil
deviendra buée là haut dans le ciel
- Dans un gros nuage elle s'entretiendra
avec d'autres gouttes du vent et du froid
Et puis tout Ă coup elle retombera
sur mon beau carreau
vous saurez pourquoi.
- Une goutte d'eau est tombée du ciel
Ad libitum
- Une goutte d'eau est tombée du ciel
et sur mon carreau, lĂ elle ruisselle
Elle glissera dans le caniveau
Pour aller grossir le petit ruisseau.
Guy Thomas
LILAS
Je t'aime ,
Je t'aime d'une maniĂšre inexplicable,
de nature inavouable,
de façon contradictoire .
Je t'aime
avec mes Ă©tats dâĂąmes qui sont nombreux,
Et mes changements d'humeurs continuels
Pour ce que tu sais déjà ,
Le temps, la vie, la mort .
Je t'aime âŠ
Avec ce monde que je ne comprends pas,
Avec ces gens qui ne saisissent rien,
Avec l'ambivalence de mon Ăąme,
Avec l'incohérence de mes actes,
Avec la fatalité du destin,
Avec la conspiration du désir,
Avec l'ambiguïté des faits.
MĂȘme quand je dis que je ne tâaime pas,
Je t'aime,
MĂȘme si je triche, je ne triche pas,
Dans le fond, j'exécute un plan,
Pour t'aimer encore mieux.
Je t'aime âŠ
Sans réfléchir, inconsciemment,
Irresponsablement, spontanément,
involontairement, instinctivement,
Par impulsion, irrationnellement.
En effet, je n'ai pas dâ arguments logiques,
mĂȘme improvisĂ©sâŠ
Pour expliquer cet amour que je ressens pour toi,
qui a émergé mystérieusement de nulle part,
Qui magiquement n'a pas été rien,
et qui miraculeusement, d'un peu, avec peu et rien
a amélioré le pire qui était en moi.
Je t'aime ,
Je t'aime avec un corps qui ne pense pas,
avec un cĆur qui ne raisonne pas,
avec une tĂȘte qui ne se coordonne pas.
Je t'aime
incompréhensiblement
Sans m'étonner de pourquoi Je t'aime,
Sans m'importer de pourquoi Je t'aime,
Sans me questionner de pourquoi je t'aime.
Je t'aime,
tout simplement parce que Je t'aime ,
MĂȘme moi je ne sais pourquoi je t'aime.â€
Pablo Neruda
LILAS
Vieillir en beautĂ©, c'est vieillir avec son coeur; Sans remords, sans regret, sans regarder l'heure; Aller de l'avant, arrĂȘter d'avoir peur; Car, Ă chaque Ăąge, se rattache un bonheur. Vieillir en beautĂ©, c'est vieillir avec son corps; Le garder sain en dedans, beau en dehors
lila
"Eloigne-toi lentement, lentement, sans larmes ; n'oublie rien ! Emporte ta santĂ©, ta gaĂźtĂ©, ta coquetterie, le peu de bontĂ© et de justice qui t'a rendu la vie moins amĂšre ; n'oublie pas ! Va-t'en-parĂ©e, va-t'en douce, et ne t'arrĂȘte pas le long de la route irrĂ©sistible, tu l'essaierais en vain ! Suis le chemin, et ne t'y couche que pour mourir. Et quand tu t'Ă©tendras en travers du vertigineux ruban ondulĂ©, si la poudre Ă©ternelle n'a pas, avant ta derniĂšre heure, sevrĂ© tes yeux de la lumiĂšre merveilleuse, si tu as, jusqu'au bout, gardĂ© dans ta main la main amie qui te guide, couche-toi en souriant, dors heureuse, dors privilĂ©giĂ©e..." (Colette, Les Vrilles de la vigne, Ă©d. dĂ©finitive, 1934)
Josephine22
lila a écrit :
Arthur RIMBAUD â ENFANCE III
Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrĂȘte et vous fait rougir.
Il y a une horloge qui ne sonne pas.
Il y a une fondriĂšre avec un nid de bĂȘtes blanches.
Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.
Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisiÚre du bois.
Il y a enfin, quand lâon a faim et soif, quelquâun qui vous chasse.
Arthur RimbaudâEnfance;
Superbe... đ
Merci Lila
Ăgalement pour tous les autres beaux textes đ
lila
Le temps s'est écoulé comme une riviÚre , je ne l'ai pas vu passer !
" J'ai compté mes années et j'ai découvert que j'ai moins de temps à vivre ici que je n'en ai déjà vécu.
Je n'ai dĂ©sormais pas le temps pour des rĂ©unions interminables, oĂč on discute de statuts, de rĂšgles, de procĂ©dures et de rĂšgles internes, sachant qu'il ne se combinera rien...
Je n'ai pas le temps de supporter des gens absurdes qui, en dépit de leur ùge, n'ont pas grandi.
Je n'ai pas le temps de nĂ©gocier avec la mĂ©diocritĂ©. Je ne veux pas ĂȘtre dans des rĂ©unions oĂč les gens et leur ego dĂ©filent.
Les gens ne discutent pas du contenu, Ă peine des titres
Mon temps est trop faible pour discuter de titres.
Je veux vivre à cÎté de gens humains, trÚs humains.
Qui savent sourire de leurs erreurs.
Qui ne se glorifient pas de victoires.
Qui dĂ©fendent la dignitĂ© humaine et qui ne souhaitent qu'ĂȘtre du cĂŽtĂ© de la vĂ©ritĂ© et de l'honnĂȘtetĂ©.
L'essentiel est ce qui fait que la vie vaut la peine d'ĂȘtre vĂ©cue.
Je veux m'entourer de gens qui savent arriver au coeur des gens.
Les gens Ă qui les coups durs de la vie ont appris Ă grandir avec des caresses minces dans l'Ăąme.
Oui... J'ai hùte... de vivre avec intensité, que seule la maturité peut me donner.
J'exige de ne pas gaspiller un bonbon de ce qu'il me reste...
Je suis sûr qu'ils seront plus délicieux que ceux que j'ai mangé jusqu'à présent.- personne n'y échappe riche , pauvre intelligent , démuni ...
André-Gide, ' Le temps qui passe.'
