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lila - 3 mars 2020 17:29

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lila3 mars 2020 17:29

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lila

11 juillet 2023 16:12

Le vieux port de Marseille, 1955 (R.Gates/Getty Images)
Je m’appelle CĂ©sar. Je suis Marseillais. Mon pĂšre Ă©tait pĂȘcheur et mon grand-pĂšre aussi. Au-delĂ , je ne connais pas l’histoire de mes aĂŻeux. Cet appartement qui a une vue imprenable sur le Vieux-Port de Marseille est Ă  moi. Quand je dis qu’il m’appartient, je veux dire que j’ai longtemps refusĂ© de le vendre, je me suis battu pour le garder, je suis restĂ© ici pendant la Seconde Guerre mondiale et le rĂ©gime de Vichy, je ne le quitterai pour rien au monde. Aujourd’hui, je suis vieux. Mais cette vue qui s’offre Ă  moi tous les jours : qui pourrait y rĂ©sister ? J’attends de rendre mon dernier souffle sur ce balcon. J’en ai de la chance. Ce n’est pas cette chance que l’on a quand on joue au tarot, encore moins cette chance que l’on a quand on joue Ă  la pĂ©tanque. Loin de lĂ . Je vais tenter de vous Ă©clairer Ă  ce propos.
Peu de Marseillais connaissent ce bonheur, celui d’observer l’agitation du Vieux-Port de Marseille dĂšs les premiĂšres heures du jour. Les pĂȘcheurs ramassent leurs filets et quittent le port. Les premiĂšres gorgĂ©es de cafĂ© noir coulent dans ma gorge. J’adore le cafĂ©. Avant toute chose, je bois mon cafĂ©. Quelle chose pourrait-elle ĂȘtre ? Du tabac ! Pour moi, la cigarette du matin est sacrĂ©e. « Oh trĂšs Sainte Vierge, obtenez-moi le pardon de votre fils de ces vaines pensĂ©es ! » Mon tabac s’effrite et craquelle entre mes doigts. J’allume ma cigarette, la lune est encore Ă©carlate, le matin encore noir. Je n’ai pas la force de lire le matin, encore moins de prononcer une priĂšre. Seul le cafĂ©, seule la cigarette et les effluves de la mer salĂ©e qui me piquent le nez. Marseille est bleue, dit-on. Bleue et rose comme ses toits. Et vallonnĂ©e. LongĂ©e de calanques qui rĂ©sistent Ă  la mer comme des dents acĂ©rĂ©es, Marseille est la ville de l’hymne national français. Comme lui, Ă©nergique et violente. Quand le soleil se lĂšve sur le Vieux-Port, les habituĂ©s, les sans-abri, ceux qui aiment Marseille, dorment encore d’un sommeil profond sur les tas de filet dĂ©tĂ©riorĂ©s. Ils ne vont pas tarder Ă  se lever.
Quelques heures plus tard, le long de l’eau, les auffiers fabriquent des cordages et des filets. À leurs cĂŽtĂ©s, les vanniers tressent de larges paniers, des nasses en forme d’entonnoir et des cabas Ă  deux anses. Je connais la difficultĂ© de fabriquer un filet. J’étais moi-mĂȘme pĂȘcheur et je m’occupais parfois de les raccommoder. Les vendeuses font vibrer le port. Leur voix Ă©raillĂ©e semble ricocher sur les pavĂ©s avant de se perdre dans le vent de la mer. Leur corbeille dĂ©borde de poissons frais. Quelle bonne pĂȘche ! Des saupes, des oursins, des bulots et mille autres crĂ©atures bizarres
 Une odeur acide me monte au nez, creusant un sillon parmi les effluves salĂ©s de poissons. Je tourne la tĂȘte et reconnais la vendeuse d’oranges qui Ă©pluche ses fruits d’un seul tenant. Chaque fruit fait apparaĂźtre ses juteux quartiers, un Ă  un dĂ©sarmĂ©s avec une rĂ©gularitĂ© presque musicale. Un jeune homme est bousculĂ© par un enfant qui court. Les bambins par dizaines viennent chiper les Ă©pluchures jetĂ©es Ă  l’eau. On s’esclaffe, on se chamaille pour un morceau, on se montre avec fiertĂ© l’épuisette en fil de fer qu’on s’est confectionnĂ©e. Les enfants d’ici chahutent allĂšgrement au milieu des travailleurs. Qui les surveille ? Une vendeuse de poissons interpelle son fils : « Apporte mon couteau Ă  l’amoulaĂźre. » « Qui vau faire amoula ? » clame l’amoulaĂźre. Je suis toujours Ă©merveillĂ© par les Ă©tincelles qui jaillissent de sa meule. L’amoulaĂźre, vĂȘtu d’un grand tablier de cuir Ă  bavette, pĂ©dale pour faire tourner sa meule et aiguise pour quelques francs les couteaux et les ciseaux des marchands du Vieux-Port.
Je ferme les yeux, c’est l’heure de la sieste. Une sieste dans l’agitation du port. Je me souviens des citronnades de mon enfance, quand j’attendais mon pĂšre qui jouait Ă  la pĂ©tanque, sagement assis Ă  la terrasse du cafĂ© du port, ce cafĂ© oĂč travaillait Fanny. Fanny, c’était ma tante. Une grosse fille Ă  la poitrine gĂ©nĂ©reuse qui faisait tourner la tĂȘte de tous les garçons. Fanny tomba amoureuse d’un beau gars trĂšs Ă©lĂ©gant lors d’une fĂȘte de la LibĂ©ration. C’était un Parisien qui l’emmena dans sa ville. Quand elle revenait pour NoĂ«l, nous dĂ©plorions son nouvel accent pointu. Elle avait perdu l’accent chantant de Marseille. Et je me souviens de la Grande Guerre, quand j’étais soldat, quand je portais la moustache. Je me souviens de ma mĂšre qui ne voulait plus me laisser repartir quand j’étais en permission. Elle me prĂ©parait des escargots Ă  l’ail, mon pĂ©chĂ© mignon. Ah, les escargots de ma mĂšre
 J’ouvre les yeux et les oreilles et j’aperçois sur le port une vendeuse d’escargots : « À l’aĂŻgo-sau lei Limaçouns. » Elle dĂ©pose un landau rempli de petits escargots blancs Ă  coquille en spirales, cuits dans un bouillon Ă  l’ail et au sel. Elle enroule un cornet qu’elle tend aux clients avec un large sourire. Chacun sa place, chacun sa tĂąche. À cĂŽtĂ© d’elle, l’estrassaire interpelle les passants : « Estrassaire, chiffonnier ! Estrassaire, chiffonnier ! » Le vendeur ambulant porte sur son Ă©paule de vieux chiffons et mĂȘme une peau de lapin. Il doit certainement revendre ces tissus et cette peau sur le marchĂ©. Je tourne mon regard jusqu’au fort Saint-Jean dont le fanal surplombe la ville entiĂšre et conclut une longue muraille qui prend des teintes ocrĂ©es sous le soleil du matin. Connaissez-vous les fĂȘtes de la Saint-Jean ? C’est Ă  la Saint-Jean que je connus ma dĂ©funte femme Jeannette. Elle venait d’Aix-en-Provence, elle portait une robe Ă  volants rouge et un chapeau de paille. Jeannette n’est plus, mais elle a laissĂ© son empreinte sur le port. Vous voyez cette barque qui revient vers les pontons ? Elle porte le nom de ma femme Jeannette. C’est normal, c’est mon fils et mon petit-fils qui l’ont gardĂ©e. Et ils ne vont pas tarder Ă  rentrer.

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LILAS

11 juillet 2023 13:25

Le problÚme en ce bas monde est que les imbéciles sont sûrs d'eux et fiers comme des coqs de basse-cour, alors que les gens intelligents sont emplis de doutes

Bertrand Russell

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lila

9 juillet 2023 15:31

😍

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LILAS

9 juillet 2023 14:45

Aimer, c'est de ne mentir plus.
Nulle ruse, n'est nécessaire
Quand le bras chaleureux enserre
Le corps fuyant qui nous a plu.

- Crois Ă  ma voix qui rĂȘve et chante
Et qui construit ton paradis.
Saurais-tu que je suis méchante
Si je ne te l'avais pas dit ?

- Faiblement méchante, en pensée,
Et pour retrouver par moment
Cette solitude sensée
Que j'ai reniée en t'aimant !

Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

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lila

9 juillet 2023 11:09

"Quand je regarde ma vie et sa couleur secrĂšte, j’ai en moi comme un tremblement de larmes. Comme ce ciel. Il est Ă  la fois pluie et soleil, midi et minuit. [...] Je pense Ă  ces lĂšvres que j'ai baisĂ©es, Ă  l'enfant pauvre que j'ai Ă©tĂ©, Ă  la folie de vie et d'ambition qui m'emporte Ă  certains moments Je suis tout cela Ă  la fois. Je suis sĂ»r qu'il est des moments oĂč vous ne me reconnaĂźtriez pas. ExtrĂȘme dans le malheur, dĂ©mesurĂ© dans le bonheur, je ne sais pas dire".
Albert Camus, La Mort Heureuse (1938, publié en 1971)

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lila

8 juillet 2023 18:03

MERCI LILAS
hélas

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LILAS

6 juillet 2023 10:19

Le coeur n'a pas de rides, seulement des cicatrices

Roger Vrigny

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4 juillet 2023 11:50

C'est joli, le progrĂšs ? Demain, quand on offrira un livre Ă  un gamin, il le tournera dans tous les sens pour savoir oĂč il faut mettre les piles.

Coluche

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Josephine22

4 juillet 2023 06:53

😍bien d actualitĂ©s..malheureusement

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lila

3 juillet 2023 16:06

Tu viens d’incendier la Bibliothùque ?
— Oui.
J’ai mis le feu là.
— Mais c’est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-mĂȘme, infĂąme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton Ăąme !
C’est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C’est ton bien, ton trĂ©sor, ta dot, ton hĂ©ritage !
Le livre, hostile au maĂźtre, est Ă  ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothĂšque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit tĂ©moignage Ă  l’aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d’Ɠuvre pleins de foudre et de clartĂ©s,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siùcles, dans l’homme antique, dans l’histoire,
Dans le passĂ©, leçon qu’épelle l’avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poĂštes ! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homùres, des Jobs, debout sur l’horizon,
Dans MoliĂšre, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l’esprit humain tu fais de la fumĂ©e !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C’est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit ; parce qu’il brille et qu’il les illumine,
Il dĂ©truit l’échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d’esclave et plus de paria.
Ouvre un livre, Platon, Milton, Beccaria ;
Lis ces prophĂštes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille ;
L’ñme immense qu’ils ont en eux, en toi s’éveille ;
Ébloui, tu te sens le mĂȘme homme qu’eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croĂźtre,
Ils t’enseignent ainsi que l’aube Ă©claire un cloĂźtre ;
À mesure qu’il plonge en ton cƓur plus avant,
Leur chaud rayon t’apaise et te fait plus vivant ;
Ton Ăąme interrogĂ©e est prĂȘte Ă  leur rĂ©pondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l’homme arrive la premiùre.
Puis vient la liberté. Toute cette lumiÚre,
C’est Ă  toi, comprends donc, et c’est toi qui l’éteins !
Les buts rĂȘvĂ©s par toi sont par le livre atteints !
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l’erreur Ă  la vĂ©ritĂ© mĂȘle,
Car toute conscience est un nƓud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guĂ©rit ; ta dĂ©mence, il te l’îte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c’est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrÚs, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
— Je ne sais pas lire.
Victor_Hugo

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lila

3 juillet 2023 16:05
LILAS a écrit :
Les maisons de retraite, c'est comme les colonies de vacances sauf qu'il n'y aura pas de rentrée des classes

Patrick Timsit

😃

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LILAS

3 juillet 2023 10:26

Les maisons de retraite, c'est comme les colonies de vacances sauf qu'il n'y aura pas de rentrée des classes

Patrick Timsit

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lila

3 juillet 2023 08:04

Joséphine et lhuron
On ne vous voit plus ici
Plus d'inspiration?

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lila

1 juillet 2023 14:50

Pour Albert Camus : « Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.»
L’origine de la violence Ă©mane souvent d’une incapacitĂ© Ă  s’exprimer par les mots, d’oĂč l’importance de maitriser une langue.
« La parole est le rempart contre la bestialité » dĂ©clarait Jacqueline de Romilly le 25 janvier 2007 dans ‘’Le Point’’ :
« Apprendre Ă  penser, Ă  rĂ©flĂ©chir, Ă  ĂȘtre prĂ©cis, Ă  peser les termes de son discours, Ă  Ă©changer les concepts, Ă  Ă©couter l’autre, c’est ĂȘtre capable de dialoguer, c’est le seul moyen d’endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialitĂ©. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s’exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n’est pas suffisante pour ĂȘtre entendue, pas assez Ă©laborĂ©e parce que la pensĂ©e est confuse et embrouillĂ©e, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle.»

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lila

29 juin 2023 14:38

QUEL RÊVE!

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