
lila
d'actualité:
Bien trop de pollution
surtout de la fumée
vides d'interruption,
les poumons sont usés.
Que dire des forĂȘts
jadis vertes et trĂšs denses
amputĂ©es sans arrĂȘt,
Ă ce mal on y pense?
Pourquoi spontanément
un attentat explose,
tuant sans sacrement,
créant de la psychose.
Et pour clore, le comble,
un tenace virus
nous terrasse et nous plombe
tels de simples rebuts.
Heureusement des ĂȘtres
courageux et osés,
ces soignants peuvent ĂȘtre
d'une aide bien posée.
Si tout se dégrade,
seuls sommes accusés
et devenons malades
de ces gestes insensés.
CANDIDE
" Supplique pour ĂȘtre enterrĂ© Ă la place de SĂšte âȘ" BRASSENS
"La Camarde qui ne m'a jamais pardonné
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez
Me poursuit d'un zÚle imbécile
Alors cerné de prÚs par les enterrements
J'ai cru bon de remettre Ă jour mon testament
De me payer un codicille
Trempe dans l'encre bleue du golfe du Lion
Trempe trempe ta plume ĂŽ mon vieux tabellion
Et de ta plus belle écriture
Note ce qu'il faudrait qu'il advĂźnt de mon corps
Lorsque mon Ăąme et lui ne seront plus d'accord
Que sur un seul point la rupture
Quand mon Ăąme aura pris son vol Ă l'horizon
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson
Celles des titis des grisettes
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée
Terminus en gare de SĂšte
Mon caveau de famille hélas! n'est pas tout neuf
Vulgairement parlant il est plein comme un Ćuf
Et d'ici que quelqu'un n'en sorte
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire Ă ces braves gens poussez-vous donc un peu
Place aux jeunes en quelque sorte
Juste au bord de la mer Ă deux pas des flots bleus
Creusez si c'est possible un petit trou moelleux
Une bonne petite niche
AuprĂšs de mes amis d'enfance les dauphins
Le long de cette grĂšve oĂč le sable est si fin
Sur la plage de la corniche
C'est une plage oĂč mĂȘme Ă ses moments furieux
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux
OĂč quand un bateau fait naufrage
Le capitaine crie " Je suis le maĂźtre Ă bord!
Sauve qui peut le vin et le pastis d'abord
Chacun sa bonbonne et courage! "
Et c'est là que jadis à quinze ans révolus
Ă l'Ăąge oĂč s'amuser tout seul ne suffit plus
Je connus la prime amourette
AuprĂšs d'une sirĂšne une femme-poisson
Je reçu de l'amour la premiÚre leçon
Avalais la premiĂšre arĂȘte
Déférence gardée envers Paul Valéry
Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris
Le bon maĂźtre me le pardonne
Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens
Mon cimetiĂšre soit plus marin que le sien
Et n'en déplaise aux autochtones
Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau
Ne donnera pas une ombre triste au tableau
Mais un charme indéfinissable
Les baigneuses s'en serviront de paravent
Pour changer de tenue et les petits enfants
Diront " chouette un chĂąteau de sable! "
Est-ce trop demander sur mon petit lopin
Planter je vous en prie une espĂšce de pin
Pin parasol de préférence
Qui saura prémunir contre l'insolation
Les bons amis venus faire sur ma concession
D'affectueuses révérences
TantĂŽt venant d'Espagne et tantĂŽt d'Italie
Tous chargés de parfums de musiques jolies
Le Mistral et la Tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos
De villanelle un jour un jour de fandango
De tarentelle de sardane
Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec rien que moins de costume
J'en demande pardon par avance à Jésus
Si l'ombre de ma croix s'y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur posthume
Pauvres rois pharaons pauvre Napoléon
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon
Pauvres cendres de conséquence
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pĂ©dalo sur la vague en rĂȘvant
Qui passe sa mort en vacances
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pĂ©dalo sur la vague en rĂȘvant
Qui passe sa mort en vacances"
lila
Il est six heures au clocher de lâĂ©glise
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je lâattends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix
Je lui dirai les mots bleus
Les mots quâon dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je mâĂ©lance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait lâinstant fragile
Dâune rencontre
Dâune rencontre
Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je lâappellerai sans la nommer
Je suis peut-ĂȘtre dĂ©modĂ©
Le vent dâhiver souffle en avril
Jâaime le silence immobile
Dâune rencontre
Dâune rencontre
Il nây a plus dâhorloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien quâelle comprenne
A tout prix
Je lui dirai les mots bleus
Les mots quâon dit avec les yeux
Toutes les excuses que lâon donne
Sont comme les baisers que lâon vole
Il reste une rancĆur subtile
Qui gĂącherait lâinstant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles
Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire dâamour sans paroles
Nâa plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles
Je lui dirai les mots bleus
Les mots quâon dit avec les yeux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus
Tous les mots bleus
