
lhuron
LES CANUTS : Paroles et musique d'Aristide BRUANT .Créé par lui au " CHAT NOIR "et chanté depuis par les plus grands : Yves MONTAND ,MOULOUDJI, Juliette GRÉCO ,Armand MESTRAL et j'en oublie. Je suis très heureux de voir que vous partagez, tout comme nous , l'amour des beaux textes .Je vous souhaite la bienvenue , JOSÉPHINE et je pense que LILA , l'initiatrice du site en fera tout autant .
Josephine22
lhuron a écrit :
LES CANUTS .
Pour chanter" veni creator "
Il faut une chasuble d'or . (bis)
Pour vous nous en tissons
Grands de l'Église ...
Mais nous ,pauvres canuts , n'avons
Pas de chemise.
C'est nous les canuts
Nous allons tout nu !
Pour gouverner il faut avoir
Manteaux et rubans en sautoir! (bis )
Nous en tissons pour vous grands de la terre...
Mas nous , pauvres canuts , sans drap on nous enterre ...
C'est nous les canuts
Nous allons tout nu .
Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira : (bis)
Nous tisserons le linceul du vieux monde
Car on entend déjà la révolte qui gronde !
C'est nous les canuts :
Nous n'irons plus nus .
Aristide BRUANT.
Mis e musique je crois et chanté par ?
Josephine22
lhuron a écrit :
TANT QUE MES YEUX ...
Tant que mes yeux pourront larmes espandre ,
A l'heur passé avec toy regretter ;
Et qu'aus sanglots et soupirs resister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre :
T'ant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignart Lut pour tes graces chanter:
T'ant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien lors que toy comprendre:
Je ne souhaite encore point mourir.
Mais quand mes yeux je santiray tarir,
Ma voix cassée et ma main impuissante ,
Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d"amante:
Priray la mort noircir mon pus cler jour .
Louise LABÉ ( 1521 - 1566 )
Du meme auteur Sonnets
Josephine22
lhuron a écrit :
PLUS NE SUIS CE QUE J'AI ÉTÉ .
Plus ne suis ce que j'ai été,
Et plus ne saurais jamais l'être .
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre .
Amour , tu as été mon maître ,
Je t'ai servi sur tous les Dieux .
Ah si je pouvais deux fois naître ,
Comme je te servirais mieux .
Clément MAROT ( 1496 - 1544 )
Merci de nous faire partager ce beau poème...
Josephine22
Il faut vieillir
Éloigné toi lentement lentement sans larmes
N' oublie rien
Emporte ta santé ta gaite ta coquetterie
Le peu de bonté et de justice qui t a rendu la vie moins amère..n' oublie pas
Va t en parée..va t en douce et ne t arrête pas le long de la route..tu l essaierais en vain
Suis le chemin et ne t y couche que pour mourir
Et quand tu t etendras en travers du vertigineux ruban ondule si tu ne as pas laissé derrière toi
Un à un tes cheveux en boucles ni tes dents une à une ni tes membres un à un uses
Si la poudre éternelle n' a pas avant ta dernière heure sèvre tes yeux de la lumière merveilleuse
Si tu as jusqu' au bout garde dans ta main la main amie qui te guide..
Couche toi en souriant
Dors heureuse
Dors privilégiée
COLETTE. Extraits de SIDO
lhuron
LA FLEUR DE L'AMITIÉ.
Un jour en pleine Nature
Enfoui sous la verdure ,
Un bourgeon m'a souri .
Le regard ému et attendri
Je l'ai délicatement cueilli .
Soudain ,il s'est épanoui ,
Transformé en rose de l'Amitié ,
Au grand cœur passionné,
Aux tendres pétales colorés ,
Au doux parfum printanier .
Cette belle et sensible fleur ,
Sème l'odeur du Bonheur .
Katia HACENE
lhuron
Maurice GENEVOIX était un très grand écrivain mais je ne comprends pas pourquoi ses cendres ont été transférées au PANTHÉON : Roland DORGELÈS , Henri BARBUSSE , Blaise CENDRARS ,Guillaume APOLLINAIRE ,Jean GIONO , Henri FOURNIER , Louis PERGAUD , eux aussi ont connu l'enfer de 14 /18 :ils l'ont parfois payé trop chèrement , tout comme les millions de ceux qui sont morts , pour rien , ou qui ont été affreusement mutilés , dans un camp comme dans l'autre .
lila
« Je vous engage à profiter de ces moments de confinement pour enrichir vos relations humaines, retrouver la richesse que nous avons en chacun de nous, ce potentiel de bienveillance ,de transformation et de solidarité dont on a besoin plus que jamais »
Matthieu Ricard
lila
«Qu'ai-je donc fait ? J'ai aimé l'eau, la lumière, le soleil, les matins d'été, les ports, la douceur du soir dans les collines et une foule de détails sans le moindre intérêt comme cet olivier très rond dont je me souviens encore dans la baie de Fethiye ou un escalier bleu et blanc flanqué de deux fontaines dans un village des Pouilles dont j'ai oublié le nom. Je ne regrette ni d'être venu ni de devoir repartir vers quelque chose d'inconnu dont personne, grâce à Dieu, n'a jamais pu rien savoir. J'ai trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J'ai eu de la chance. Merci. J'ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. Pensez à moi de temps en temps. Saluez le monde pour moi quand je ne serai plus là. C'est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur. Je me retourne encore une fois sur ce temps perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu'il m'a donné - comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté - ce qu'il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d'un homme parmi les autres.»
Jean d'Ormesson
lila
« C'est très long, quand on ne voit même pas la fumée de sa pipe, quand l'homme qui est tout près n'est plus qu'une masse d'ombre indistincte, quand la tranchée pleine d'hommes s'enfonce dans la nuit, et se tait. Sous les planches les gouttes d'eau tombent, régulières. Elles tombent, à petits claquements vifs, dans la mare qu'elles ont creusée. Une… deux… trois… quatre… cinq… Je les compte jusqu'à mille. Est-ce qu'elles tombent toutes les secondes ?… Plus vite : deux gouttes d'eau par seconde, à peu près ; mille gouttes d'eau en dix minutes… On ne peut pas en compter davantage.
On peut, remuant à peine les lèvres, réciter des vers qu'on n'a pas oubliés. Victor Hugo ; et puis Baudelaire ; et puis Verlaine ; et puis Samain… C'est une étrange chose, sous deux planches dégouttelantes, au tapotement éternel de toutes ces gouttes qui tombent… Où ai-je lu ceci ? Un homme couché, le front sous des gouttes d'eau qui tombent, des gouttes régulières qui tombent à la même place du front, le taraudent(1) et l'ébranlent, et toujours tombent, une à une, jusqu'à la folie… Une… deux… trois… quatre… Il n'y a pourtant, sur les planches, qu'une mince couche de boue. Depuis des heures il ne pleut plus. D'où viennent toutes les gouttes qui tombent devant moi, et mêlées à la boue enveloppent ainsi mes jambes, montent vers mes genoux et me glacent jusqu'au ventre ?
Le bois était triste aussi,
Et du feuillage obscurci,
Goutte à goutte,
La tristesse de la nuit
Dans nos cœurs noyés d'ennui
Tombait toute…
Les gouttes tombent au rythme de ce qui fut la Chanson Violette, je ne sais quelle burlesque antienne(2) qui s'est mise à danser sous mon crâne… Une… deux… trois… quatre…
La planche était triste aussi
Et de son bois obscurci,
Goutte à goutte…
Je vais m'en aller. Il faut que je me lève, que je marche, que je parle à quelqu'un… »
Maurice Genevoix, « La Boue », Ceux de 14, 1916.
lhuron
PLUS NE SUIS CE QUE J'AI ÉTÉ .
Plus ne suis ce que j'ai été,
Et plus ne saurais jamais l'être .
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre .
Amour , tu as été mon maître ,
Je t'ai servi sur tous les Dieux .
Ah si je pouvais deux fois naître ,
Comme je te servirais mieux .
Clément MAROT ( 1496 - 1544 )
