
lila
L'affiche rouge
Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
Josephine22
Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini..tout Mozart..et tout Webre
Un air très vieux..languissant et funèbre
Qui pour moi seul à des charmes secrets !
Or..chaque fois que je viens à l entendre
De deux cents ans mon âme rajeunit..
C est sous Louis Treize; et je crois voir s étendre
Un coteau vert; que le couchant jaunit
Puis un château de brique à coins de pierre
Aux vitraux peints de rougeâtres couleurs
Ceint de grands parcs..avec une rivière
Baignant ses pieds..qui coule entre des fleurs.
Puis une dame..à sa haute fenêtre
Blonde aux yeux noirs..en son costume ancien
Que dans une autre existence peut être
J ai déjà vue...et dont je me souviens !
FANTAISIE
Gérard DE NERVAL
Josephine22
lhuron a écrit :
MARINE . (aucun lien avec notre contemporaine ! 😃)
Les chars d'argent et de cuivre -
Les proues d'acier et d'argent -
Battent l'écume,-
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt ,-
Vers les fûts de la jetée ,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière .
Arthur RIMBAUD : Illuminations .
À partir de demain, je puise dans ma " caverne d' ALI BABA " quelques merveilles d'autres poètes , connus ou méconnus ,mais
qui valent le détour .
JOSÉPHINE : la région stéphanoise, tout comme les Ardennes ,le Nord ,est aussi une région sinistrée économiquement . FIRMINY avait des aciéries employant 15 ooo ouvriers , des puits de mine qui faisaient travailler autant de mineurs et des ateliers textiles où autant de femmes trimaient , et tous pour des salaires de misère .Émile ZOLA est venu ici , et ses observations du travail des mineurs , ainsi que le triste épisode de la fusillade du "BRÛLÉ " à la RICAMARIE , une ville voisine , ont servi pour son roman " GERMINAL ". Aujourd'hui , toute cette région est peuplée de ci-devant MISSES DE BEAUTÉ et de ci-devant jeunes premiers dontje fais partie . 😃
Encore un grand MERCI..Ami lhuron pour ce beau poème de Rimbaud..
Votre région a aussi été très touchée économiquement...c est triste de voir ces entreprises
Licencier autant de monde...souvent sans grand espoir de reconversion !!!
Les gens qui y travaillent sont attachés à leur métier et leur région
J ai eu un très bon client au Chambon Feugerolles..Dervaux...des acheteurs sympas
À qui je faisais envoyer du champagne en fin d année..
Mais j arrête...Lila va rappeler à l ordre les 2 bavards !!!on ne va pas lui saboter son site !!!
Excellente idées de reprendre du service et de nous apporter des beaux poèmes ou textes
De votre choix..je suis certaine que il sera excellent..
J avoue que je manque de ressources...j ai essaye de sortir des textes connus..mais pas facile
Donc VOUS aller nous enchanter ..
La belle littérature est essentielle pour moi...et pour Lila..
Nous sommes demandeuses et vous remercieront chaleureusement.
Grand merci d avance..
Une dernière question..que pensez vous de Houellebecq ?
lhuron
MARINE . (aucun lien avec notre contemporaine ! 😃)
Les chars d'argent et de cuivre -
Les proues d'acier et d'argent -
Battent l'écume,-
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt ,-
Vers les fûts de la jetée ,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière .
Arthur RIMBAUD : Illuminations .
À partir de demain, je puise dans ma " caverne d' ALI BABA " quelques merveilles d'autres poètes , connus ou méconnus ,mais
qui valent le détour .
JOSÉPHINE : la région stéphanoise, tout comme les Ardennes ,le Nord ,est aussi une région sinistrée économiquement . FIRMINY avait des aciéries employant 15 ooo ouvriers , des puits de mine qui faisaient travailler autant de mineurs et des ateliers textiles où autant de femmes trimaient , et tous pour des salaires de misère .Émile ZOLA est venu ici , et ses observations du travail des mineurs , ainsi que le triste épisode de la fusillade du "BRÛLÉ " à la RICAMARIE , une ville voisine , ont servi pour son roman " GERMINAL ". Aujourd'hui , toute cette région est peuplée de ci-devant MISSES DE BEAUTÉ et de ci-devant jeunes premiers dontje fais partie . 😃
Josephine22
Nous avons eu l honneur de connaître M. Arthur Rimbaud..
L homme était grand..bien bâti..presque athlétique..
Au visage parfaitement ovale d ange en exil.
Avec des cheveux châtain clair mal en ordre..
Et des yeux d un bleu pâle inquietant.
Ardennais il possédait en plus d un joli accent de terroir trop vite perdu
Le don d assimilation prompte propre aux gens de ces pays là..
Ce qui peut expliquer le rapide dessèchement ..sous le soleil blagueur de Paris..
De sa veine pour parler comme nos pères..dont le langage direct et correct n avait pas toujours tort
En fin de compte !
Témoignage de Paul Verlaine sur Rimbaud
Les Poètes Maudits..1884
Josephine22
lila a écrit :
J'ai embrassé l'aube d'été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route
du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq.
A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.
En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu
son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.
Arthur Rimbaud.
J adore ce poème de Rimbaud
Vous me faites plaisir Lila...merci..😘
lila
J'ai embrassé l'aube d'été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route
du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq.
A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.
En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu
son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.
Arthur Rimbaud.
Josephine22
lhuron a écrit :
Doublement content :
- de vous avoir procuré un grand plaisir à la lecture de ce magnifique poème , JOSÉPHINE ,
- et il est un de ceux que je préfère ...
En 1994 nous sommes allés visiter CHARLEVILLE - MÉZIÈRES , le musée RIMBAUD ...excellent souvenirs d'une belle région .
Suis contente que vous connaissiez MES chères Ardennes..
Le musée Rimbaud a été transformé...pas en bien...trop moderne intérieurement...mais bon...!
La Maison des Ailleurs (demeure de Rimbaud) aussi...
Les grand bois..les vallées de Semois et Meuse...ont beaucoup d attraits
C était un des creuset de la Métallurgie...presque toutes les belles usines sont fermées
Certaines faussement reprises par des patrons voyous!!!
Taux de chômage un des plus élevé en France
L attrait se fait beaucoup sur les Ardennes Belges bien développées au tourisme ..ce que nous n avons pas prévu de faire côté Français..on a tout tablé sur l industrie à une certaine époque...
Mes racines sont là bas...j y remets mes pas dans les pas de mon père..monde Ouvrier
Pas riche..mais heureux
Pour la petite histoire Jean Baptiste Clément y venait soutenir les ouvriers.
Il a des rues dans chaque localité...
Bonne journée Ami lhuron
Encore merci...
Suis moins découragée ce matin 😃
