
Josephine22
Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d étoiles vagabondes
Et pour entrer aux cavernes profondes
Fuyant le jour..ses noirs chevaux chassait.
Déjà le ciel aux Indes rougissait
Et l aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant greler mille perlettes rondes
De ses trésors les prés enrichissait
Quand d occident..comme une étoile vive
Je vis sortir dessus ta verte rive
O fleuve mien ! Une Nymphe en riant.
Alors voyant cette nouvelle Aurore..
Le jour honteux d un double teint colore
Et l Angevin et l Indique orient.
Joachim DU BELLAY
lhuron
Doublement content :
- de vous avoir procuré un grand plaisir à la lecture de ce magnifique poème , JOSÉPHINE ,
- et il est un de ceux que je préfère ...
En 1994 nous sommes allés visiter CHARLEVILLE - MÉZIÈRES , le musée RIMBAUD ...excellent souvenirs d'une belle région .
Josephine22
lhuron a écrit :
À LA MUSIQUE .
Place de la Gare à Charleville .
Sur la place taillée en mesquines pelouses ,
Square où tout est correct , les arbres et les fleurs ,
Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs
Portent , les jeudis soirs leurs bêtises jalouses .
L'orchestre militaire , au milieu du jardin,
Balance ses shakos dans la Valse des fifres :
Autour , au premier rang , parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres .
Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
Auprès desquelles vont , officieux cornacs ,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;
Sur les bancs verts , des clubs d'épiciers retraités
Tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités ,
Puis prient en argent , et reprennent :" En somme ..."
Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins ,
Un bourgeois à boutons clairs , bedaine flamande ,
Savoure son onnaing d'où le tabac ,par brins
Déborde , - vous savez , c'est de la contrebande -;
Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
Et ,rendus amoureux par le chant des trombones ,
Très naïfs , fumant des roses , les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes .
- Moi , je suis , débraillé comme un étudiant ,
Sous les marronniers verts , les alertes fillettes :
Elles le savent bien , et tournent en riant
Vers moi leurs yeux , pleins de choses indiscrètes .
Je ne dis pas un mot ; je regarde toujours
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles ;
Je suis , sous le corsage et les frêles atours ,
Le dos divin après la courbe des épaules .
J'ai bientôt déniché la bottine , le bas ...
- Je reconstruis les corps , brûlé de belles fièvres .
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas ...
-Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres ...
Arthur RIMBAUD : Poésies.
IMMENSE MERCI...cher AMI LHURON
Rien ne pouvait me faire plus plaisir..je suis très émue...
Notre Arthur..est toujours le consolateur des découragées!!!
Ce poème tombe à pic!!!
On y trouve l Homme Aux Semelles de Vent..comme je l Adore!!
Avec son mépris du petit bourgeois...sa grande indépendance d Esprit..et ses désirs amoureux de jeune homme.
Bonne soirée..à demain 😘😘😘
lhuron
À LA MUSIQUE .
Place de la Gare à Charleville .
Sur la place taillée en mesquines pelouses ,
Square où tout est correct , les arbres et les fleurs ,
Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs
Portent , les jeudis soirs leurs bêtises jalouses .
L'orchestre militaire , au milieu du jardin,
Balance ses shakos dans la Valse des fifres :
Autour , au premier rang , parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres .
Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
Auprès desquelles vont , officieux cornacs ,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;
Sur les bancs verts , des clubs d'épiciers retraités
Tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités ,
Puis prient en argent , et reprennent :" En somme ..."
Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins ,
Un bourgeois à boutons clairs , bedaine flamande ,
Savoure son onnaing d'où le tabac ,par brins
Déborde , - vous savez , c'est de la contrebande -;
Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
Et ,rendus amoureux par le chant des trombones ,
Très naïfs , fumant des roses , les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes .
- Moi , je suis , débraillé comme un étudiant ,
Sous les marronniers verts , les alertes fillettes :
Elles le savent bien , et tournent en riant
Vers moi leurs yeux , pleins de choses indiscrètes .
Je ne dis pas un mot ; je regarde toujours
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles ;
Je suis , sous le corsage et les frêles atours ,
Le dos divin après la courbe des épaules .
J'ai bientôt déniché la bottine , le bas ...
- Je reconstruis les corps , brûlé de belles fièvres .
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas ...
-Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres ...
Arthur RIMBAUD : Poésies.
lila
C
J'ai traversé les ponts de Cé
C'est là que tout a commencé
Une chanson des temps passés
Parle d'un chevalier blessé
D'une rose sur la chaussée
Et d'un corsage délacé
Du château d'un duc insensé
Et des cygnes dans les fossés
De la prairie où vient danser
Une éternelle fiancée
Et j'ai bu comme un lait glacé
Le long lai des gloires faussées
La Loire emporte mes pensées
Avec les voitures versées
Et les armes désamorcées
Et les larmes mal effacées
Ô ma France ô ma délaissée
J'ai traversé les ponts de Cé
Louis Aragon
Josephine22
Un pavillon à claires-voies
Abrité doucement nos joies
Qu éventent des rosiers amis.
L odeur des roses..faibles..grâce
Au vent léger d été qui passe
Se mêle aux parfums qu elle a mis.
Comme ses yeux l avaient promis
Son courage est grand..et sa lèvre
Communique une exquise fièvre.
Et l Amour comblant tout..hormis
La faim..sorbets et confitures
Nous préservent des courbatures.
CYTHERE
Paul VERLAINE
lila
Je suis juste passé de l'autre côté
C est comme si j'étais caché dans la pièce d à côté
Je suis toujours là
Mais tu ne me vois pas
Appelle - moi avec le nom que tu m'as toujours donné
Parle - moi de la même façon,ne prend pas un air triste
Et n arrête pas de rire de ce qui nous faisait rire avant quand nous étions ensemble
Pense à moi sans la moindre trace d ombre ou de tristesse
Pourquoi devrais - je être hors de tes pensées et de ton esprit ?
Juste parce que je suis hors de ta vue ?
Je ne suis pas loin
Je suis de l autre côté
Josephine22
lhuron a écrit :
Dans une autre vie , je l'avais proposé à mes élèves de Bac Pro , ( uniquement des demoiselles 😃) en sujet de commentaire de texte,puis comme sujet de Français au Bac : il avait été retenu et obtenu un franc succès .
C est le genre de poème qui nous enchante...nous les filles!!!
Je le garde..😆
