
Josephine22
lhuron a écrit :
LA RICAMARIE .
Ils réclamaient leurs droits par une grève immense ,
Les courageux mineurs aux traits noirs , mais riants ,
Plus de bras au travail , donc un morne silence
Règne autour de leurs puits , naguère si bruyants .
Mais , hélas ! tout à coup , la fusillade tonne ,
Puis on entend des cris de douleur et d'effroi !
La poudre est en fumée et le clairon résonne :
Onze frères sont morts en réclamant leurs droits .
On a tué l'enfant dans les bras de sa mère ,
Égorgé lâchement une femme à genoux ,
Un paisible vieillard qui défrichait sa terre
À ce moment fatal servit de cible aux coups .
Mais voilà, sur le sol et dans le sang qui coule
Vont se mêler aux pleurs que versent leurs parents
Consternée autour d'eux , on voit aussi la foule
Muette de terreur devant leurs corps sanglants .
La cour de l'hôpital est pleine de victimes ,
De morts et de blessés , de simples curieux ,
On se dit en pleurant quel était leur crime
Pour tomber à jamais sous les coups furieux ?
Ici ,c'est l'orphelin qui pleure père et mère ,
Une femme en sanglots auprès d'un corps d'enfant ,
Là - bas ,un ouvrier qui reconnaît son frère
Parmi tous ces débris de chair morte et de sang .
Vers le champ de repos un funèbre cortège
Immense et menaçant porte douze cercueils
On pleure ,on pleure encore , on entend , le dirai - je
Des lamentations dans les tristes recueils .
On parlera longtemps , soldats , de ce " fait d'armes "
À vous , vos souvenirs , triste célébrité
Mais il se peut qu'un jour vous versiez sans et larmes
Souvenez - vous alors du mot : FRATERNITÉ .
REFRAIN : la 1ére version,patriotique :
Soldats , quand vous frappez l'ennemi de la France
Dans un combat loyal , vous êtes des héros;
Mais quand vous massacrez vos frères sans défense ,
Vous n'êtes plus des soldats , vous êtes des bourreaux .
Voici la 2ème version , suite à l'adhésion de l'Internationale socialiste :
Soldats , lorsque vous massacrez vos frères sans défense ,
Vous êtes des bourreaux .
Rémy DOUTRE : ouvrier armurier , auteur de très nombreuses chansons .
Petit rappel :
1864 : le DROIT de GRÈVE est reconnu aux ouvriers ,mais tout rassemblement , toute manifestations sont interdits car les syndicats ouvriers n'ont aucune existence légale . La police a le droit d'arrêter les " meneurs " de grève ,ce qui est arrivé le 16 juin 1869 . La troupe conduisait les meneurs à la prison de BELLEVUE , SAINT ÉTIENNE , lorsqu'en traversant la RICAMARIE , au lieu dit " LE BRÛLÉ " elle fut prise à partie par une foule de gréviste : les soldats firent feu sans sommation et on releva douze morts , dont un enfant qui n'avait pas un an , un vieillard qui bêchait son jardin , une femme . Cette affaire fit grand bruit et Émile ZOLA , en visite dans la Loire, - le bassin houiller stéphanois était le 1er de France -, l'utilisa en même temps que ses visites de puits de mine , pour écrire GERMINAL .
Bien triste récit d un combat des travailleurs pour leurs droits acquis de haute lutte
Et au prix du sang...
Les Ardennais ont eu aussi payé un lourd tribut pour ces luttes ouvrières...
Les livres de Théophile Malicet et de Jean Rogissart.(..des écrivains de ma région)...
en témoignent
Mon grand père ..fervent socialo. m a toujours parlé de ces combats....
Page d Histoire à ne pas oublier 😥
lhuron
LA RICAMARIE .
Ils réclamaient leurs droits par une grève immense ,
Les courageux mineurs aux traits noirs , mais riants ,
Plus de bras au travail , donc un morne silence
Règne autour de leurs puits , naguère si bruyants .
Mais , hélas ! tout à coup , la fusillade tonne ,
Puis on entend des cris de douleur et d'effroi !
La poudre est en fumée et le clairon résonne :
Onze frères sont morts en réclamant leurs droits .
On a tué l'enfant dans les bras de sa mère ,
Égorgé lâchement une femme à genoux ,
Un paisible vieillard qui défrichait sa terre
À ce moment fatal servit de cible aux coups .
Mais voilà, sur le sol et dans le sang qui coule
Vont se mêler aux pleurs que versent leurs parents
Consternée autour d'eux , on voit aussi la foule
Muette de terreur devant leurs corps sanglants .
La cour de l'hôpital est pleine de victimes ,
De morts et de blessés , de simples curieux ,
On se dit en pleurant quel était leur crime
Pour tomber à jamais sous les coups furieux ?
Ici ,c'est l'orphelin qui pleure père et mère ,
Une femme en sanglots auprès d'un corps d'enfant ,
Là - bas ,un ouvrier qui reconnaît son frère
Parmi tous ces débris de chair morte et de sang .
Vers le champ de repos un funèbre cortège
Immense et menaçant porte douze cercueils
On pleure ,on pleure encore , on entend , le dirai - je
Des lamentations dans les tristes recueils .
On parlera longtemps , soldats , de ce " fait d'armes "
À vous , vos souvenirs , triste célébrité
Mais il se peut qu'un jour vous versiez sans et larmes
Souvenez - vous alors du mot : FRATERNITÉ .
REFRAIN : la 1ére version,patriotique :
Soldats , quand vous frappez l'ennemi de la France
Dans un combat loyal , vous êtes des héros;
Mais quand vous massacrez vos frères sans défense ,
Vous n'êtes plus des soldats , vous êtes des bourreaux .
Voici la 2ème version , suite à l'adhésion de l'Internationale socialiste :
Soldats , lorsque vous massacrez vos frères sans défense ,
Vous êtes des bourreaux .
Rémy DOUTRE : ouvrier armurier , auteur de très nombreuses chansons .
Petit rappel :
1864 : le DROIT de GRÈVE est reconnu aux ouvriers ,mais tout rassemblement , toute manifestations sont interdits car les syndicats ouvriers n'ont aucune existence légale . La police a le droit d'arrêter les " meneurs " de grève ,ce qui est arrivé le 16 juin 1869 . La troupe conduisait les meneurs à la prison de BELLEVUE , SAINT ÉTIENNE , lorsqu'en traversant la RICAMARIE , au lieu dit " LE BRÛLÉ " elle fut prise à partie par une foule de gréviste : les soldats firent feu sans sommation et on releva douze morts , dont un enfant qui n'avait pas un an , un vieillard qui bêchait son jardin , une femme . Cette affaire fit grand bruit et Émile ZOLA , en visite dans la Loire, - le bassin houiller stéphanois était le 1er de France -, l'utilisa en même temps que ses visites de puits de mine , pour écrire GERMINAL .
Josephine22
lhuron a écrit :
ANNABEL LEE .
Il y a bien longtemps
Dans un royaume près de la mer
Vivait une jeune fille , qui vous le savez peut - être
Avait pour nom Annabel LEE
Et cette jeune fille ne vivait avec d'autre pensée
Que de m'aimer et d'être aimée de moi .
J'étais un enfant et elle était une enfant
Dans ce royaume au bord de la mer
Mais nous nous aimions d'un Amour
Qui était plus que de l'Amour, moi et mon Annabel LEE,
D'un Amour que les Anges des cieux
Nous enviaient .
C'est la raison pour laquelle , il y a longtemps
Dans ce royaume au bord de la mer
Les vents soufflèrent un nuage glacial
Pour que ses parents , de haute naissance, viennent
Et l'emmènent loin de moi , pour l'enfermer dans un sépulcre
Dans ce royaume près de la mer .
Les Anges , pas tellement heureux ,
Aux cieux , nous envièrent , elle et moi.
Oui ! c'est la raison , comme chacun sait
Dans ce royaume au bord de la mer
Pour laquelle le vent sortit des nuages de nuit
Glaçant et tuant mon Annabel LEE.
Mais notre Amour était plus fort que l'Amour
De ceux qui étaient plus âgés que nous , ou plus sages
Et , ni les anges au ciel , tout là - haut ,
Ni les démons au fond de la mer,
Ne pourront jamais séparer mon âme
De celle de la belle Annabel LEE .
Car la Lune luit sans m'apporter des songes
De la belle Annabel LEE ;
Et les étoiles ne se montrent jamais sans que je sente
Les yeux brillants de ma belle Annabel LEE .
Ainsi , toutes les nuits , je demeure aux côtés de ma bien aimée
Ô mon Amour , ma Vie et mon Épousée ,
Dans son sépulcre , là ,près de la mer,
Dans sa tombe , au bord de la mer .
Edgar Allan POE ( trad . BAUDELAIRE )
Un poème qui m'a fait rêver à 16 /18 ans et que je relis , toujours avec le même plaisir et les mêmes serrements e cœur , même si aujourd'hui , il paraît démodé !
QUEL MAGNIFIQUE POEME...bien sur que NON ..IL N EST PAS DEMODE...
J ADORE...GRAND MERCI pour nous l avoir fait découvrir...
JE LE GARDE...
à 16 ans comme à ....5 fois plus...on y reste sensible....
il rejoint ..ROMEO ET JULIETTE...l AMOUR AU DELA DE TOUT...
lhuron
ANNABEL LEE .
Il y a bien longtemps
Dans un royaume près de la mer
Vivait une jeune fille , qui vous le savez peut - être
Avait pour nom Annabel LEE
Et cette jeune fille ne vivait avec d'autre pensée
Que de m'aimer et d'être aimée de moi .
J'étais un enfant et elle était une enfant
Dans ce royaume au bord de la mer
Mais nous nous aimions d'un Amour
Qui était plus que de l'Amour, moi et mon Annabel LEE,
D'un Amour que les Anges des cieux
Nous enviaient .
C'est la raison pour laquelle , il y a longtemps
Dans ce royaume au bord de la mer
Les vents soufflèrent un nuage glacial
Pour que ses parents , de haute naissance, viennent
Et l'emmènent loin de moi , pour l'enfermer dans un sépulcre
Dans ce royaume près de la mer .
Les Anges , pas tellement heureux ,
Aux cieux , nous envièrent , elle et moi.
Oui ! c'est la raison , comme chacun sait
Dans ce royaume au bord de la mer
Pour laquelle le vent sortit des nuages de nuit
Glaçant et tuant mon Annabel LEE.
Mais notre Amour était plus fort que l'Amour
De ceux qui étaient plus âgés que nous , ou plus sages
Et , ni les anges au ciel , tout là - haut ,
Ni les démons au fond de la mer,
Ne pourront jamais séparer mon âme
De celle de la belle Annabel LEE .
Car la Lune luit sans m'apporter des songes
De la belle Annabel LEE ;
Et les étoiles ne se montrent jamais sans que je sente
Les yeux brillants de ma belle Annabel LEE .
Ainsi , toutes les nuits , je demeure aux côtés de ma bien aimée
Ô mon Amour , ma Vie et mon Épousée ,
Dans son sépulcre , là ,près de la mer,
Dans sa tombe , au bord de la mer .
Edgar Allan POE ( trad . BAUDELAIRE )
Un poème qui m'a fait rêver à 16 /18 ans et que je relis , toujours avec le même plaisir et les mêmes serrements e cœur , même si aujourd'hui , il paraît démodé !
Josephine22
"Je suis un inventeur, bien plus méritant que tout ceux qui m ont précédé;
un musicien même, qui ai trouvé quelque chose comme la clef de l Amour."
"j ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames."
"je suis un maître en fantasmagories"
ARTHUR RIMBAUD
Josephine22
lhuron a écrit :
SI ...
Si tu veux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans un seul mot te mettre à rebâtir ,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant ,sans être fou d'amour ,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre ,
Et , te sentant haï , sans haïr à ton tour ,
Pourtant lutter et te défendre ,
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour citer des sots ,
Et d'entendre sur toi par des bouches folles
Sans mentir toi - même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire ,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois ,
Et su tu peux aimer tous les amis en frère ,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer , observer et connaître ,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ,
Rêver mais sans laisser ton rêve être ton maître ,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu veux être dur sans jamais être en rage ,
Si tu peux être brave et jamais imprudent ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite ,
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front ,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ,
Alors les Rois, les Dieux , la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis ,
Et , ce qui vaut mieux que tous les Rois et la Gloire :
Tu sera un Homme ,mon fils .
Rudyard IPLING ( traduit par André MAUROIS 1910 )
MAGNIFIQUE TEXTE..sagesse, courage, force, trés belle leçon de VIE....
MERCI AMI LHURON
lhuron
SI ...
Si tu veux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans un seul mot te mettre à rebâtir ,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant ,sans être fou d'amour ,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre ,
Et , te sentant haï , sans haïr à ton tour ,
Pourtant lutter et te défendre ,
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour citer des sots ,
Et d'entendre sur toi par des bouches folles
Sans mentir toi - même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire ,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois ,
Et su tu peux aimer tous les amis en frère ,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer , observer et connaître ,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ,
Rêver mais sans laisser ton rêve être ton maître ,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu veux être dur sans jamais être en rage ,
Si tu peux être brave et jamais imprudent ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite ,
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front ,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ,
Alors les Rois, les Dieux , la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis ,
Et , ce qui vaut mieux que tous les Rois et la Gloire :
Tu sera un Homme ,mon fils .
Rudyard IPLING ( traduit par André MAUROIS 1910 )
Josephine22
L ETERNITE
Elle est retrouvée,
Quoi ? L Eternité
C ' est la mer allée
Avec le soleil
Ame sentinelle
Murmurons l aveu,
De la nuit si nulle
Et du jour en feu
Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon,
Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s' éxahle,
Sans qu on dise : enfin
Là pas d'espérance,
Nul orietur
Science avec patience,
Le supplice est sûr
Elle est retrouvée,
Quoi ?.. L'Eternité,
C est la mer allée
Avec le soleil
ARTHUR RIMBAUD ( mai 1872 )
Josephine22
lila a écrit :
J'AIME BIEN LES GENÊTS Joséphine
lhuron On n'ose imaginer ce qu'était la vie de ces pauvres gens à cette époque!
C est tiré du Journal Champêtre d Edith Holden
Si tu le trouves ..je pense qu il te plairait aussi
C st un almanach..avec ses poèmes favoris..ses observations sur la nature en Angleterre et en Ecosse..on y découvre ses ravissantes aquarelles d oiseaux..de papillons .de fleurs...
Sa sensibilité d artiste se combine avec l intérêt de la naturaliste....
Je l ai reçu en cadeau il y a très longtemps... 😄
Josephine22
lhuron a écrit :
LES PAYSANS .
L'on voit certains animaux farouches , des mâles et des femelles , répandus par les campagnes , noirs , livides , et tout brûlés du soleil , attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée , et quand ils se lèvent sur leurs pieds , ils montrent une face humaine , et en effet , ils sont des hommes ; ils se retirent la nuit dans des tanières où ils vivent de pain noir , d'eau et de racines ; ils épargnent aux autres hommes la peine de semer , de labourer et de recueillir pour vivre , et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé.
LA BRUYÈRE : LES CARACTÈRES, De l'Homme.
Un très rare exemple , dans la littérature du XVIIème Siècle , d'écrivain s'intéressant à la misérable condition du peuple . LA FONTAINE a abordé ce sujet dans " LA MORT ET LE BÛCHERON ".
Texte réaliste sur cette époque
L auteur n épargne le lecteur...
lhuron
LES PAYSANS .
L'on voit certains animaux farouches , des mâles et des femelles , répandus par les campagnes , noirs , livides , et tout brûlés du soleil , attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée , et quand ils se lèvent sur leurs pieds , ils montrent une face humaine , et en effet , ils sont des hommes ; ils se retirent la nuit dans des tanières où ils vivent de pain noir , d'eau et de racines ; ils épargnent aux autres hommes la peine de semer , de labourer et de recueillir pour vivre , et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé.
LA BRUYÈRE : LES CARACTÈRES, De l'Homme.
Un très rare exemple , dans la littérature du XVIIème Siècle , d'écrivain s'intéressant à la misérable condition du peuple . LA FONTAINE a abordé ce sujet dans " LA MORT ET LE BÛCHERON ".
