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&&&... C' EST ARRIVE ... AUJOURD'HUI ! ...&&&

fae - 17 février 2017 08:33

Bonjour à tous ! :lol:
Que s'est-il passé aujourd'hui, il y a... Un an ? Dix ans ? Un siècle ? Plusieurs siècles ?
Anecdote ou devoir de mémoire, intervenez !
Au plaisir de vous lire dans le respect de la charte Quintonic, mais surtout dans le respect tout court...

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fae17 février 2017 08:33

Bonjour à tous ! :lol:
Que s'est-il passé aujourd'hui, il y a... Un an ? Dix ans ? Un siècle ? Plusieurs siècles ?
Anecdote ou devoir de mémoire, intervenez !
Au plaisir de vous lire dans le respect de la charte Quintonic, mais surtout dans le respect tout court...

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19 janvier 2026 09:29

19 janvier 639 :
Décès de Dagobert Ier.
Lointain descendant de Clovis, Dagobert Ier meurt à Braine (Picardie) à l'âge de 36 ans.
Il est le premier roi à être inhumé dans l'abbaye de Saint-Denis, qu'il a richement dotée.
Souverain des Francs d’Austrasie puis de Neustrie et de Bourgogne, il consolida l’unité du royaume et marqua durablement l’histoire politique et religieuse.
Né vers 603 à Paris, Dagobert est le fils de Clotaire II, roi des Francs, et de Bertrude.
Élevé à la cour royale, il est associé très tôt au pouvoir.
En 623, son père le fait proclamer roi d’Austrasie afin d’apaiser les élites locales, tout en conservant une tutelle étroite sur son règne.
Dagobert s’entoure alors de conseillers influents, notamment Pépin de Landen et Arnulf de Metz, figures majeures de l’aristocratie franque.
Son autorité s’affirme progressivement, et il mène plusieurs actions militaires destinées à sécuriser les frontières orientales du royaume.
Installé principalement à Paris, qu’il choisit comme résidence royale, Dagobert gouverne avec une forte implication personnelle.
Il mène une politique active de justice, cherchant à limiter les abus des grands et à renforcer le rôle de l’administration royale.
Son règne est également marqué par un soutien appuyé à l’Église : il favorise les fondations monastiques et entretient des relations étroites avec les évêques.
Dagobert est à l’origine de la reconstruction et de l’enrichissement de la basilique de Saint-Denis, appelée à devenir la nécropole des rois de France.
Vers la fin de son règne, il associe son fils Sigebert III au trône d’Austrasie, amorçant une division du pouvoir qui annonce l’affaiblissement progressif de l’autorité royale mérovingienne après sa mort.
Sitôt après sa mort, Pépin de Landen et Arnould, influents conseillers du roi, quittent Paris pour Metz, capitale de l'Austrasie, l'un des royaumes francs qu'a réunis Dagobert sous son sceptre.
À la tête de l'Austrasie, le défunt roi a placé son fils Sigebert III comme roi.
Il n'a que 10 ans et les deux compères profitent de sa jeunesse pour gouverner à sa place.
Pépin, ancêtre des Pippinides et de Charlemagne, exerce la fonction officielle de « maire du palais » (ou majordome) et la transmet à son fils Grimoald (ou Grimaud).
Clovis II, autre fils de Dagobert, est reconnu quant à lui roi de Neustrie et de Bourgogne.
Le Regnum Francorum mérovingien est à nouveau divisé et, plus gravement, ses souverains perdent le pouvoir effectif au profit de leur maire du palais.
Cela leur vaudra la réputation de « rois fainéants ».
Notons que seul celui de Neustrie conservera le titre de « roi des Francs », avec Soissons ou Paris pour capitale.

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18 janvier 2026 11:36

Bonjour et bon dimanche à tous ! 😃

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18 janvier 2026 10:08

18 janvier 1701 :
Couronnement d'un roi en Prusse.
Le Prince-Électeur de Brandebourg, Frédéric III de Hohenzollern, se fait couronner roi en Prusse à Königsberg, aujourd'hui Kaliningrad.
Il change son nom pour celui de Frédéric Ier.
Ce couronnement porte atteinte à une vieille règle qui interdit aux vassaux de l'empereur d'Allemagne de porter un titre royal.
Mais Frédéric Ier prend prétexte de ce que sa province orientale de Prusse ne figure pas dans les limites historiques du Saint Empire romain germanique pour s'en attribuer la royauté.
La particule en souligne que cette royauté ne déborde pas les limites de la Prusse et ne s'étend pas au Brandebourg (un vieux pays ou Land germanique dont la capitale est Berlin).
Elle ménage les susceptibilités de l'empereur en titre, Léopold Ier de Habsbourg.
Celui-ci encaisse l'affront mais, à partir du congrès d'Utrecht en 1713, le roi lève le masque et se fait appeler roi de Prusse.
Il s'élève désormais au-dessus des autres princes allemands et se présente en rival de l'empereur de Vienne.
C'est le début d'une ascension qui culminera le 18 janvier 1871, avec la proclamation du IIe Reich dans la Galerie des Glaces du château de Versailles.

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17 janvier 2026 13:01

Mobilisation en faveur de l’IVG avec Gisèle Halimi
Au mois d’avril 1971, les féministes françaises jettent un pavé dans la mare en faisant paraître dans Le Nouvel Observateur le « Manifeste des 343 » qui vise à mettre les pouvoirs publics au pied du mur : les signataires, célèbres ou anonymes, affirment en effet avoir avorté, et donc enfreint l’article 317 du Code pénal qui punit toute personne qui aurait concouru à un avortement.

Elles s’exposent donc à des poursuites judiciaires – à moins que le ministère public renonce à les traduire en justice, reconnaissant par là-même le caractère caduc de la répression : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération pratiquée sous contrôle médical est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre ».

L’année suivante, l’avocate féministe Gisèle Halimi va s’emparer d’une affaire emblématique et transformer le procès d’une jeune fille poursuivie pour avoir avorté en une tribune dénonçant la loi répressive. En novembre 1971, la jeune Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, s’est fait avorter avec l’aide de sa mère et de deux des collègues de celle-ci qui lui ont fourni l’adresse

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17 janvier 2026 13:00

Le 17 janvier 1975 est promulguée par le gouvernement français la loi Veil légalisant l'IVG (interruption volontaire de grossesse).

Approuvé en conseil des ministres, sous l'égide du président Valéry Giscard d'Estaing le 13 novembre 1974, le projet de loi de la ministre de la Santé Simone Veil se présente comme un texte dissuasif, destiné à restaurer l’autorité de l’État ; il n’en repose pas moins sur la responsabilité des femmes « en détresse » qui peuvent seules, et en-dehors de tout critère particulier, prendre la décision d’interrompre leur grossesse dans le délai imparti de dix semaines.

La discussion s’ouvre à l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974, dans un climat passionné. Fait historique rare dans l’histoire de la Ve République, l’issue du débat n’est pas connue à l’avance, la majorité de droite pouvant rejeter, sur cette question délicate, le projet d’un gouvernement qu’elle soutient par ailleurs.

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17 janvier 2026 12:58

17 janvier 1975
Légalisation de l'avortement en France par la loi Veil
Le 17 janvier 1975 est promulguée par le gouvernement français la loi Veil légalisant l'IVG (interruption volontaire de grossesse).

Approuvé en conseil des ministres, sous l'égide du président Valéry Giscard d'Estaing le 13 novembre 1974, le projet de loi de la ministre de la Santé Simone Veil se présente comme un texte dissuasif, destiné à restaurer l’autorité de l’État ; il n’en repose pas moins sur la responsabilité des femmes « en détresse » qui peuvent seules, et en-dehors de tout critère particulier, prendre la décision d’interrompre leur grossesse dans le délai imparti de dix semaines.

La discussion s’ouvre à l’Assemblée nationale le 26 novembre 1974, dans un climat passionné. Fait historique rare dans l’histoire de la Ve République, l’issue du débat n’est pas connue à l’avance, la majorité de droite pouvant rejeter, sur cette question délicate, le projet d’un gouvernement qu’elle soutient par ailleurs.

Catherine Valenti et Jean-Yves Le Naour
Mobilisation en faveur de l’IVG avec Gisèle Halimi
Au mois d’avril 1971, les féministes françaises jettent un pavé dans la mare en faisant paraître dans Le Nouvel Observateur le « Manifeste des 343 » qui vise à mettre les pouvoirs publics au pied du mur : les signataires, célèbres ou anonymes, affirment en effet avoir avorté, et donc enfreint l’article 317 du Code pénal qui punit toute personne qui aurait concouru à un avortement.

Elles s’exposent donc à des poursuites judiciaires – à moins que le ministère public renonce à les traduire en justice, reconnaissant par là-même le caractère caduc de la répression : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération pratiquée sous contrôle médical est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre ».

L’année suivante, l’avocate féministe Gisèle Halimi va s’emparer d’une affaire emblématique et transformer le procès d’une jeune fille poursuivie pour avoir avorté en une tribune dénonçant la loi répressive.
En novembre 1971, la jeune Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, s’est fait avorter avec l’aide de sa mère et de deux des collègues de celle-ci qui lui ont fourni l’adresse d’une avorteuse.

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17 janvier 2026 09:45

17 janvier 1991 :
Opération Tempête du désert.
Au cours de cette opération, une coalition internationale attaque l'Irak de Saddam Hussein, coupable d'avoir envahi et annexé l'émirat du Koweït.
Il s'agit d'un épisode de la guerre du Golfe, ainsi appelée parce qu'elle se déroule sur les bords du golfe Persique, et qui trouve son origine dans la précédente guerre engagée par l'Irak contre l'Iran.
Terminé en 1988, ce conflit meurtrier a laissé les deux pays exsangues.
C'est alors que le Koweït augmente unilatéralement sa production de 20% en rompant la solidarité entre les pays exportateurs de pétrole.
Cette mesure fait chuter les cours, à la grande satisfaction des consommateurs occidentaux. Mais l'Irak perd les deux tiers de ses recettes pétrolières.
Qui plus est, l'émir du Koweït, Jaber al-Sabah, refuse d'annuler une dette de 15 milliards de dollars contractée par l'Irak pendant la guerre contre l'Iran.
Saddam Hussein en garde rancune au Koweït et se souvient opportunément que le petit émirat faisait partie de son pays avant que les Britanniques ne l'en détachent en 1932.
Le 25 juillet 1990, il convoque l'ambassadrice américaine à Bagdad, April Glaspie, et lui fait part de son intention d'envahir le Koweït.
L'ambassadrice ne bronche pas.
Le dictateur croit comprendre qu'elle approuve sa décision et que les États-Unis n'interviendront pas dans le conflit.
Dans le même temps, le Département d'État américain rappelle opportunément qu'aucun accord de défense ne lie les États-Unis au Koweït.
Le 31 juillet, à Djeddah, (Arabie séoudite), l'Irak et le Koweït tentent un compromis de la dernière chance, qui se solde par un échec.
Saddam Hussein ordonne alors l'invasion de l'émirat le 2 août 1990.
Celle-ci se déroule sans résistance notable, si ce n'est l'incendie de quelques puits de pétrole.
Mais le dictateur irakien est surpris par la violence des réactions internationales.
Le jour même, le Conseil de sécurité de l'ONU exige le retrait de ses troupes par 14 voix sur 15 (abstention du Yémen) et, le 6 août, il ordonne le blocus économique et financier de l'Irak.
Les Occidentaux craignent en effet que l'appropriation par l'Irak des ressources pétrolières du Koweït ne déséquilibre le marché du pétrole.
Plus sérieusement, il semble que les dirigeants américains aient choisi de tirer parti de Saddam Hussein et de ses foucades pour installer une base militaire au milieu des champs pétrolifères du Golfe Persique.
L'implosion de l'URSS, au même moment, leur laisse les mains libres.

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16 janvier 2026 18:51

Bonsoir et bonne fin de semaine à tous ! 😃
Un grand merci pour la variété de vos choix !

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16 janvier 2026 09:23

16 janvier 1920 :
La Prohibition en vigueur aux États-Unis.
Le 16 janvier 1920 entre en application le XVIIIe amendement à la Constitution des États-Unis d'Amérique.
Voté un an plus tôt, l'amendement interdit la vente mais aussi la consommation d'alcool sur toute l'étendue du pays.
Cette « Prohibition » marque le triomphe des ligues de vertu, soucieuse de régénérer l'Amérique.
Paradoxalement, à l'opposé de leurs attentes, il s'ensuit une explosion des trafics illégaux d'alcool.
Ils sont le fait de « bootleggers », ainsi appelés parce qu'ils cachent les bouteilles dans leurs bottes.
Arrivées aux États-Unis avec la dernière vague d'immigration, les organisations mafieuses d'origine sicilienne sautent sur l'occasion pour étendre leurs activités et accroître leurs profits. Chicago, sous la férule d'Al Capone, s'attire la douteuse réputation de capitale du crime.
Dans le même temps, à New York, Lucky Luciano organise un véritable syndicat du crime organisé.
La corruption gangrène la police et l'administration.
Devant un pareil échec, le gouvernement américain choisit sagement de reculer.
Le 17 février 1933, au tout début de la présidence de Franklin Delano Roosevelt, est voté le Blaine Act, du sénateur John J. Blaine.
La nouvelle loi autorise la vente de bière.
Enfin, le 5 décembre 1933, est voté le XXIe amendement qui, tout simplement, annule le XVIIIe. C'est la seule fois qu'un amendement constitutionnel est ainsi annulé par un autre amendement.
La Prohibition va cesser dès lors de ronger la société américaine.
Elle ne va plus devenir qu'une source d'inspiration pour le cinéma.

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15 janvier 2026 10:03

15 janvier 1790 :
La France est divisée en 83 départements.
À Paris, l'Assemblée constituante établit la carte des départements français et fixe leur nombre à 83.
Les députés veulent ainsi mettre fin à la confusion administrative héritée d'un millénaire d'Histoire.
Ils envisagent d'abord de créer des circonscriptions géométriques, à l'image des États américains, mais le sage Mirabeau s'y oppose avec véhémence : «Je demande une division qui ne paraisse pas, en quelque sorte, une trop grande nouveauté; qui, si j'ose le dire, permette de composer avec les préjugés et même avec les erreurs, qui soit également désirée par toutes les provinces et fondée sur des rapports déjà connus.»
Les nouvelles divisions sont baptisées «départements», d'un vieux mot français qui appartient au vocabulaire administratif depuis le roi François 1er, et dont les limites respectent les anciennes provinces.
C'est ainsi que la Bretagne et la Normandie sont divisées en cinq départements chacune.
Leur taille est telle que chaque citoyen puisse accéder à son chef-lieu en une journée de cheval au maximum.
Sans le savoir, les députés recréent de la sorte les anciens pays de la Gaule d'avant les Romains. De nombreux chefs-lieux rappellent en effet les tribus gauloises locales.
Amiens évoque les Ambiens, Beauvais les Bellovaques, Cahors les Cadurques, Nantes les Namnètes, Paris les Parisii, Poitiers les Pictones, Reims les Rèmes, Soissons les Suessiones, Vannes les Vénètes.
Ainsi le département est-il la circonscription la mieux enracinée dans l'Histoire de France, en concurrence avec la commune, héritière des anciennes paroisses.

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14 janvier 2026 06:57

14 janvier 1930 :
Construction de la ligne Maginot.
André Maginot, ministre de la Guerre dans le gouvernement Tardieu, fait voter une loi en vue de construire une ligne fortifiée sur les frontières orientales de la France.
Très décriée après l'invasion de 1940, cette initiative n'en est pas moins approuvée dans l'instant par la grande majorité de la classe politique et du corps des officiers, y compris le chef de bataillon Charles de Gaulle.
Il est vrai qu'elle a parfaitement joué son rôle défensif lors de l'offensive allemande de 1940, son seul vrai défaut étant de n'avoir pas été prolongée jusqu'à la mer.
Haut fonctionnaire, André Maginot (53 ans) s'était engagé comme simple soldat pendant la Grande Guerre, qu'il a fini avec le grade de sergent et la médaille militaire.
C'est l'un des très rares parlementaires à présenter de tels états de service, de sorte que ses collègues n'osent rien lui refuser quand la patrie est en débat.
En 1920, il organise le transfert du Soldat Inconnu sous la voûte de l'Arc de Triomphe.
En 1930, en tant que ministre de la Guerre, il reprend la suggestion émise par Paul Painlevé en 1925 de fortifier les frontières orientales du pays.
Il plaide pour une ligne de défense flexible, capable de suppléer à la diminution des effectifs militaires prévue à partir de 1935 en raison du déficit des naissances.
C'est ainsi qu'il obtient des parlementaires un crédit de 3,3 milliards de francs sur quatre ans.
Mort de la typhoïde deux ans plus tard, André Maginot ne verra pas l'achèvement du chantier et c'est seulement en 1936 qu'un journaliste de L'Écho de Paris, Raymond Cartier, donnera son nom à l'ensemble de fortifications qu'il aura contribué à créer.
Le chantier, le plus grand de son temps, va employer jusqu'à 20.000 ouvriers.
Ce réseau de fortifications à demi-enterrées comporte une cinquantaine de gros ouvrages équipés d'artillerie et quelques centaines de casemates et d'observatoires isolés.
Il inaugure une conception purement défensive des stratèges français, à l'opposé de la conception offensive de leurs homologues d'Outre-Rhin.
Il témoigne aussi d'une perte de confiance de la classe politique dans l'avenir des relations franco-allemandes, malgré la publication au même moment (1930) d'un mémorandum en faveur d'une union fédérale européenne par Aristide Briand.
Les fortifications débutent sur les bords de la Méditerranée, au-dessus de Menton, et s'égrènent jusqu'à la frontière belge et au-delà, y compris le long du Rhin.
Mais dans le massif des Ardennes, jugé infranchissable par le haut commandement français, les autorités se contentent de fortifications légères.
Les Belges refusent par ailleurs que les Français prolongent la ligne Maginot le long de leur frontière car ils craignent d'être sacrifiés en cas de nouveau conflit entre la France et l'Allemagne.
C'est ainsi que le long de la frontière avec la Belgique, la ligne Maginot se réduit à quelques ouvrages fortifiés de modeste importance.
Les gros ouvrages de la ligne Maginot couvrent en définitive 140 km sur la frontière du nord-est, longue de 760 km de la mer du Nord à la Suisse.
De l'autre côté de la frontière, le gouvernement allemand réplique dès 1937 avec une autre série de fortifications : la ligne Siegfried.
Beaucoup plus légère que la ligne Maginot, elle a surtout vocation à tromper les Français sur la capacité offensive de la Wehrmacht.
Quand la guerre est déclarée à l'Allemagne de Hitler, moins de dix ans après la construction de la ligne Maginot, les fortifications remplissent dans l'ensemble leur office.
De septembre 1939 à juin 1940, le fort de Schoenenbourg, au nord de l'Alsace, tire à lui seul près de 20 000 obus en 10 mois.
Invaincu, son « équipage » ne se rend que le 1er juillet 1940, six jours après l'armistice, sur ordre express du haut commandement français.
Dans le secteur frontalier de Maubeuge, les hommes du 87e RIF résistent au prix de lourds sacrifices à une percée des blindés de la 5° Panzer du général Schmidt.
Dans le secteur frontalier de l'Escaut, à Bouchain, des hommes du 45e RI, sous le commandement du colonel Desroches, empêchent le franchissement du fleuve du 22 au 26 mai 1940.
Ce fait d'armes provoque, le 2 juin 1940, la venue de Hitler en personne.
Courroucé, le Führer se fait expliquer du haut de la Tour de l'Ostrevant par le général commandant le 8e Korps pourquoi ses unités ont été tenues en échec par un simple régiment d'infanterie.
Le 54e RIF et le 43e RI paient également un lourd tribut en résistant pendant six jours et six nuits aux assauts ennemis, rendant possible l'évacuation des troupes anglo-françaises à Dunkerque.
Au vu de ces exploits, on peut s'interroger sur les résultats de l'offensive allemande si la frontière belge et les Ardennes avaient été plus solidement fortifiées.
La ligne Maginot a péché moins par ses insuffisances techniques que par le fait qu'elle ait servi d'alibi aux pacifistes de tout poil qui ont successivement abandonné l'Autriche et la Tchécoslovaquie au prétexte que la France n'avait de toute façon rien à craindre.

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13 janvier 2026 09:25

Bonjour à tous ! 😃
Merci les amis, vous êtes passionnants.

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13 janvier 2026 09:06

13 janvier 1898 :
Émile Zola publie J'accuse.
Dans ce texte virulent publié dans L'Aurore et qui occupe la première page du quotidien, le célèbre écrivain adresse une lettre ouverte au président de la République, dans laquelle il dénonce les manigances qui entourent le procès du capitaine Alfred Dreyfus, accusé à tort d'espionnage, et l'acquittement par le conseil de guerre, trois jours plus tôt, du capitaine Esterhazy, le vrai coupable.
Ce faisant, Émile Zola, riche et comblé d'honneurs, prend sciemment à 48 ans le risque de se faire arrêter et condamner pour diffamation publique.
Son article fait d'emblée l'effet d'une bombe.
Dès le lendemain a lieu une «pétition des intellectuels» en soutien de l'écrivain.
Cette pétition est une première dans l'Histoire de France.
Zola reçoit par ailleurs le soutien empressé de Georges Clemenceau, qui tient une chronique dans L'Aurore depuis que le scandale de Panama l'a exclu de la vie parlementaire.
Sincèrement indigné, le «tombeur de ministères» saisit l'occasion de faire sa rentrée politique en s'en prenant, selon son habitude, au gouvernement en place.
Le 23 février 1898, Émile Zola est traduit en cour d'assises et condamné à un an de prison.
Mais l'affaire prend de l'ampleur et met l'opinion publique en ébullition.
En août, coup de théâtre !
Le colonel Henry, qui a décrypté le bordereau à l'origine de l'Affaire, met au jour un nouveau document.
Mais un examen minutieux révèle des anomalies.
Le 30 août, le colonel est convoqué par le ministre de la guerre auquel il avoue avoir «arrangé les choses».
Emprisonné , il se suicide le lendemain dans sa cellule, grâce à la bienveillance de ses gardiens qui, contrairement aux usages, lui ont laissé un rasoir.
Devant le scandale, le ministre est contraint à la démission et son remplaçant consent à la révision du procès de Dreyfus qui rentre enfin du bagne.
Un procès se tient à Rennes dans une atmosphère houleuse.
Le 9 septembre 1899, la cour militaire reconnaît à nouveau Dreyfus coupable de haute trahison, mais le condamne seulement à dix ans de réclusion en raison de «circonstances atténuantes».
Le président de la République Émile Loubet gracie Dreyfus dès le 19 septembre, mais l'ancien capitaine exige un acquittement complet.
L'émotion provoquée par l'Affaire concourt à la formation d'un bloc républicain et relance le principe d'une laïcisation complète de l'État, en latence depuis l'époque de Jules Ferry, vingt ans plus tôt.
C'est ainsi que la loi de séparation des Églises et de l'État est enfin votée après d'ardents débats le 5 décembre 1905.
Enfin, le 12 juillet 1906, l'Affaire trouve son épilogue avec un arrêt de la Cour de Cassation qui casse le jugement du 9 septembre 1899.
Dreyfus est définitivement innocenté.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur dans la cour de l'École militaire le 21 juillet 1906.
Picquart, que Clemenceau considère comme le véritable héros de l'Affaire car il a risqué sa carrière au nom de la justice et de l'honneur, est promu au grade de général et devient ministre de la Guerre dans le gouvernement du «Tigre».
L'Affaire sera close avec le transfert des cendres de Zola au Panthéon le 4 juin 1908.

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12 janvier 2026 10:24

12 janvier 1956 :
Poujade sème la panique.
Aux cris de « Sortez les sortants », 52 députés poujadistes font leur entrée à l'Assemblée.
Deux ans plus tard, la V° République « sortira » tout le monde.
Ces députés, pour la plupart commerçants (et en leur sein, une majorité d'épiciers), des artisans, des agriculteurs, des hôteliers, des VRP, sont comme un commando sans boussole parachuté en territoire ennemi.
Une demie-centurie partie, fleur au fusil, pour faire plier la IV° République et qui, victime à son tour des « délices et des poisons du régime » (Charles de Gaulle), va finir engloutie dans son naufrage sans avoir toujours tout compris du film.
Ils s'appellent Georges Julliard, député du Gard, Marcel Bouyer (Charente-Maritime), Roger Bourel (Côtes du Nord), Marcel Varvier (Isère), Jean Damasio (Paris), Louis Allouin (Rhône) ou Robert Nerzic (Ille-et-Villaine).
Mais d'eux tous, l'histoire ne retiendra finalement que deux noms : celui de Pierre Poujade, fondateur de l'Union des commerçants et des artisans (UDCA) qui les a lancés à l'assaut de l'Assemblée nationale en négligeant, lui-même, de se faire élire député.
Et Jean-Marie Le Pen qui, quelques mois après l'élection, s'envolera de ses propres ailes.
L'irruption de ces trouble-fête au verbe haut, plus à l'aise derrière un comptoir que derrière un pupitre (à l'exception de Le Pen qui, deviendra, sous l'étiquette du CNI, le plus jeune rapporteur du budget de la Défense nationale, en 1958), n'est pas seulement un traumatisme pour une Assemblée où règnent en maîtres hauts fonctionnaires, avocats ou médecins et, parmi eux, un grand nombre d'anciens et futurs ministres, mais c'est aussi un désaveu pour les deux mouvements qui, depuis la naissance de la IV° République dix ans plus tôt, se partagent le pouvoir et les postes : les socialistes de la SFIO et les démocrates chrétiens du MRP.
Et quelle humiliation pour les communistes qui, depuis l'échec du RPF du général de Gaulle aux élections législatives de 1951, se croyaient redevenus les seuls dépositaires du vote populaire et de la protestation !
En cette soirée d'hiver, parmi les plus froides du siècle, la politique française est entrée en ébullition.
La droite qui, en la personne d'Edgar Faure, président du Conseil sortant, avait provoqué, en décembre 1955, des élections anticipées, a perdu le pouvoir ; et la gauche, qui le récupère en envoyant Guy Mollet à Matignon, ne dispose que d'une majorité relative.
Du désordre indescriptible né de ces législatives, émergeront cependant quelques célébrités à l'avenir prometteur: un certain Valéry Giscard d'Estaing élu député dans le Puy de Dôme, Roland Dumas en Haute-Vienne, Christian Bonnet dans le Morbihan.
En attendant, les 2,5 millions de voix du mouvement Poujade (11,5% des votants à l'échelon national) ont cassé le jeu : jusqu'au retour au pouvoir du général de Gaulle, aucun gouvernement ne durera, en moyenne, plus de six mois.

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11 janvier 2026 08:53

11 janvier 1713 :
Une école de danse pour les « petits rats » de Paris.
Habitué à tout maîtriser, le roi Louis XIV ne pouvait pas laisser la danse, sa grande passion, sans lui donner un encadrement à la hauteur de ses ambitions.
Après avoir créé, en 1661, l'Académie royale de la Danse, il se penche sur le problème des effectifs, bien décidé à « parvenir à élever des sujets propres à remplir les emplois qui manqueront ».
C'est ainsi que l'École de l'Académie voit le jour le 11 janvier 1713.
Gratuite, elle a pour vocation de mener les jeunes danseurs au rang de professionnels.
Tout en veillant sur l'héritage de l'Académie, il s'agit de développer, dit l'ordonnance royale, « l'école française fondée sur la primauté de l'harmonie, la coordination des mouvements, la justesse des placements et le dédain de la prouesse », recommandations qui donneront naissance au XIXe s. à la danse classique.
Installée depuis 1987 à Nanterre, l'École française de la danse, plus ancienne école de danse d'Occident, forme la presque totalité des danseurs des ballets de l'Opéra de Paris.

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