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&&&... C' EST ARRIVE ... AUJOURD'HUI ! ...&&&

fae - 17 février 2017 08:33

Bonjour à tous ! :lol:
Que s'est-il passé aujourd'hui, il y a... Un an ? Dix ans ? Un siècle ? Plusieurs siècles ?
Anecdote ou devoir de mémoire, intervenez !
Au plaisir de vous lire dans le respect de la charte Quintonic, mais surtout dans le respect tout court...

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fae17 février 2017 08:33

Bonjour à tous ! :lol:
Que s'est-il passé aujourd'hui, il y a... Un an ? Dix ans ? Un siècle ? Plusieurs siècles ?
Anecdote ou devoir de mémoire, intervenez !
Au plaisir de vous lire dans le respect de la charte Quintonic, mais surtout dans le respect tout court...

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delphinium29

10 octobre 2023 07:12

10 octobre 1913 : le président américain Wilson commande en personne l'explosion de "Gamboa Dike", le dernier obstacle à la liaison fluviale entre l'Atlantique et le Pacifique. Les américains réussissent là où les Français ont échoué. Le canal de Panama est une réalité.

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10 octobre 2023 06:47

Bonjour à tous ! 😃
Merci Capusa !

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9 octobre 2023 16:15

9 octobre 1651

De l'Acte de Navigation aux guerres anglo-néerlandaises

Le 9 octobre 1651, le Parlement anglais promulgue l'Acte de Navigation à l'initiative du dictateur Oliver Cromwell, qui gouverne le pays en maître absolu. Il réserve aux navires et aux équipages nationaux le droit d'entrer dans les ports de Grande-Bretagne.

C'est le fondement de la puissance maritime anglaise.

Un défi aux Provinces-Unies

Les Néerlandais, qui dominent pour l'heure le commerce maritime à partir d'Amsterdam et Rotterdam, voient non sans raison dans l'Acte de Navigation un défi à leur encontre.

Inévitable, la guerre entre les deux pays débute le 29 mai 1652 dans la rade de Douvres, quand la flotte anglaise de Robert Blake croise de manière inopinée les flottes hollandaises de Maartens Tromp et Michiel de Ruyter.

Ces derniers ayant refusé de saluer le drapeau anglais comme leur en fait obligation l'Acte de Navigation, ils doivent se replier après avoir perdu deux navires.

À la suite de leur défaite près de l'île de Texel, les Néerlandais reconnaissent l'Acte de Navigation et consentent à signer le 5 avril 1654 le traité de Westminster, qui met fin à la première guerre anglo-néerlandaise.

Cromwell, débarrassé de l'ennemi hollandais, s'allie à la France contre l'Espagne. Il enlève à celle-ci la Jamaïque et occupe Dunkerque. Il envoie aussi une flotte dans la Méditerranée et, pour lui assurer un libre passage, commence de fortifier le rocher de Gibraltar...

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9 octobre 2023 09:24

9 octobre 43 av. J.-C. :
Fondation de la ville de Lyon.
Au cours des mois qui suivent l'assassinat de César, le Sénat ordonne à ses généraux Lépide et Plancus, qui commandent les légions de Gaule, de fonder une colonie sur la colline qui domine le confluent de la Saône et du Rhône.
Le choix du lieu s'explique par la présence de nombreuses routes en relation avec les différentes régions de la Gaule.
Des Gaulois sont déjà installés à proximité, dans un village du nom de Condate, sur la « presqu'île », entre la colline de la Croix-Rousse et l'actuelle place Bellecour.
Lucius Munatius Plancus trace le decumanus, axe est-ouest de la future ville, sur l'emplacement de l'actuel musée gallo-romain.
La ville porte d'abord le nom de Colonia Copia Felix Munatia, bientôt modifié en Copia Lugdunum. Lugdunum, plus tard transformé en Lyon, signifierait en gaulois : la « colline du dieu Lug ».
Sous le règne d'Auguste, héritier de Jules César, son gendre Agrippa divise la « Gaule chevelue », c'est-à-dire la Gaule conquise par César, en trois provinces : Lyonnaise, Aquitaine, Belgique.
Sur le littoral méditerranéen, la Narbonnaise, plus anciennement romanisée, demeure province sénatoriale.
En 16 et en 14 av. J.-C., l'empereur Auguste, de passage en Gaule, fait construire à Lugdunum le premier théâtre des Gaules, aux dimensions modestes (4500 places).
La ville devient la capitale commune aux trois Gaules.
Plusieurs empereurs y séjournent et le futur empereur Claude, fils de Drusus, beau-fils d'Auguste, et d'Antonia, fille de Marc-Antoine, y naît le 1er août de l'an 10 av. J.-C.

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8 octobre 2023 09:20

8 octobre 1986 :
Décès de la speakerine Jacqueline Huet.
Née le 20 octobre 1929 à Paris, Jacqueline Huet est une actrice, chanteuse et présentatrice de télévision française.
Elle est la fille de Jacques Huet (1902 - 1985) et de Jeanne Floch (1907 - 1984).
Fille unique choyée par sa mère, Jacqueline Huet n'a pas été élevée par son père, directeur commercial d'une maison d'appareils ménagers.
Élève au Conservatoire de Paris, elle monte sur les planches à partir de 1945, et tourne dans de nombreux films jusqu'à la fin des années 1950.
Également mannequin grâce à sa beauté, elle fait la couverture de nombreux magazines de presse féminine, jusque dans les années 1970.
En 1949, Jacqueline épouse le comédien Yves Vincent mais, malgré la naissance de leur fille Dominique l'année suivante, elle quitte le domicile conjugal au bout de quelques mois ; le divorce est prononcé en 1953.
En 1956, Jacqueline Huet est engagée à la RTF pour animer Pique, pique et colégram, la première émission pour la jeunesse, diffusée tous les jeudis.
En 1958, alors qu'elle se rend à son émission dans le bâtiment de la télévision au 16, rue Cognacq-Jay, elle apprend qu'un concours a lieu pour devenir speakerine et se présente à la dernière seconde.
Elle gagne devant Anne-Marie Peysson et devient speakerine de la première chaîne de la télévision française jusqu'en 1975.
En 1960, elle se remarie avec André Fieschi, médecin dermatologue mais, tout comme la précédente, cette seconde union se termine elle aussi par un divorce en 1968.
Elle vit par la suite avec le chanteur Théo Sarapo, qui meurt dans un accident de la route le 28 août 1970.
Le 5 novembre 1961, en compagnie de Pierre Tchernia, elle présente L'Ami public numéro un, une émission dont celui-ci va être présentateur.
Elle présente également plusieurs émissions de variétés et de nombreux galas de chanteurs et d'humoristes, notamment de ses amis Mike Brant, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud ou Thierry Le Luron.
Elle joue également à plusieurs reprises la comédie dans de grands shows télévisés à l'occasion des fêtes de fin d'année.
Ses amis chanteurs Mouloudji et François Deguelt lui écrivent des chansons qu'elle enregistre à partir de 1958.
En 1965, elle est récompensée par le prix de l’Académie Charles-Cros pour sa chanson Le jour et la nuit.
Jusque dans les années 1980, elle se produira dans de nombreux cabarets et music-halls.
Lors des événements de mai 1968, on la voit au théâtre de l'Odéon, alors occupé par les étudiants contestataires, où elle prend la parole.
Le 5 janvier 1975, elle clôt avec beaucoup d'émotion sa carrière de speakerine et les émissions de la première chaîne de l'ORTF, remplacée le lendemain par la nouvelle société publique TF1.
Coproductrice de l'émission Le Monde de l'accordéon sur TF1 de janvier 1975 jusqu'en 1981, elle la présente également puis participe à de nombreuses émissions comme invitée, telles que Champs-Élysées de Michel Drucker ou L'Académie des neuf de Jean-Pierre Foucault.
Pascal Sevran l'invite à plusieurs reprises dans ses émissions.
Le projet d'une troisième union avec Jean-Claude Dauzonne, directeur de Bobino et son compagnon à partir de 1976, est finalement annulé.
Son dernier compagnon est François Janin, directeur des sports de TF1, qui reste son ami et voisin jusqu'en 1986.
À partir de 1981, malgré ses fréquentes apparitions à la télévision, elle n'a plus d'émission personnelle, évincée en raison de son engagement politique en faveur de Valéry Giscard d'Estaing pendant l'élection présidentielle de 1981, ce qu'elle considère jusqu'au bout de sa vie comme une grande injustice.

En juillet 1984, elle co-présente durant trois semaines, en compagnie de Sim, l'émission Cocktail Maison sur TF1.
L'une de ses dernières apparitions notables est un spot publicitaire qu'elle tourne pour la marque de surgelés « Vivagel », tourné nommément en dérision par l'humoriste Coluche dans un de ses sketchs parlant de la publicité télévisée.
Malgré une profonde dépression, elle propose de nouveaux projets d'émissions aux chaînes de télévision, recherche des rôles au théâtre ou dans des téléfilms, mais toutes les portes lui restent fermées.
Elle a un court sursaut d'espoir après les élections législatives de mars 1986 qui voient le succès de la droite, et imagine alors un retour possible à la télévision.
Elle est victime d'une grave agression en avril 1982, et perd sa mère le 19 février 1984.
Après une fracture du péroné, elle reste alitée plusieurs semaines à l'automne 1984 et doit se battre contre une affection rénale contractée lors de son séjour à l'hôpital.
Elle perd ensuite son père le 9 septembre 1985.
Consommant beaucoup d'anxiolytiques et de somnifères, elle est admise en maison de repos durant l'été 1985, puis à nouveau en septembre 1986.
Elle se sent seule, persécutée, ne se supporte plus et refuse l'aide de ses proches.
Attendue au soir du 7 octobre 1986 par ses amis à l'inauguration du « Cotton Club », le restaurant d'Évelyne Leclercq, elle ne se rend pas à l'invitation.
Après un coup de téléphone confus à un ami, elle avale une forte dose de barbituriques et se glisse dans son bain.
Alertés vers 3 h du matin, les pompiers mettent plus d'une heure à pénétrer dans son appartement du 16e arrondissement de Paris et la trouvent morte.
Elle laisse un dernier mot demandant qu'on ne la ranime pas et indiquant que « les vedettes du show-biz délaissées sont comme des canards sans tête qui continuent à marcher ».
Dès le lendemain, la presse salue sa mémoire et s'interroge sur la responsabilité du métier dans le désespoir de la star abandonnée.
Jacqueline Huet est incinérée au crématorium du Père-Lachaise puis ses cendres répandues dans une rivière de Picardie.

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8 octobre 2023 08:10

Bonjour et bon dimanche à tous ! 😃
Un grand merci, Capusa !

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8 octobre 2023 07:17

Edmond Michelet
8 octobre 1899 à Paris - 9 octobre 1970 à Marcillac (Corrèze, France)

Edmond Michelet grandit dans la foi catholique. Titulaire du certificat d'études, il se marie à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et fonde une famille nombreuse tout en exerçant le métier de représentant de commerce.

Le 17 juin 1940, tandis que le maréchal Pétain annonce des négociations d'armistice, ce notable en colère distribue dans sa ville des tracts appelant à refuser l'armistice. À ce titre, il peut être considéré comme le premier résistant de France ! Il sera envoyé au camp de Dachau le 15 septembre 1943.

Député de la Corrèze en 1945, il devient ministre des Armées dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Sous la IVe République, il participe avec ce dernier à la reconquête du pouvoir.

Sous la Ve République, Charles de Gaulle étant président. il occupe divers postes ministériels. Garde des sceaux de 1959 à 1961, il lutte avec force contre la pratique de la torture en Algérie. Confronté au durcissement du conflit algérien, il rétablit aussi le 8 juin 1960 la peine de mort à l'encontre des citoyens qui se rebelleraient contre l'État « avec usage d'armes ». Il meurt le lendemain de son 71e anniversaire et est inhumé à Marcillac (Corrèze) dans sa tenue de déporté. Depuis 2015, le Vatican instruit son dossier en béatification...

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7 octobre 2023 17:59

Bonsoir à tous ! 😃
Belle page d'histoire, merc delphinium !

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7 octobre 2023 12:29

7 octobre 1337 : Début de la guerre de Cent Ans
Le 7 octobre 1337, à l'abbaye de Westminster, le roi Édouard III d'Angleterre lance publiquement un défi à son cousin, « Philippe de Valois, qui se dit roi de France ». Ainsi commence la guerre de Cent Ans...
Conflit qui a opposé la France (des Valois) à l'Angleterre (des Plantagenêt puis des Lancastre).

De 1337 à 1453, la rivalité entre les royaumes de France et d'Angleterre, vieille de plus de deux siècles, se manifeste par une série de guerres entrecoupées de longues trêves : c'est ce que l'on appelle, improprement, la guerre de Cent Ans. Sur ce conflit majeur se greffent des conflits secondaires qui impliquent les alliés des deux souverains (Aragon, Castille, Écosse, princes des Pays-Bas et d'Allemagne rhénane), les papes et, dans la succession des guerres civiles, les grands féodaux français et anglais.

Coupée par une longue période de trêves (1388-1411), la guerre de Cent Ans se divise, en réalité, en deux temps essentiels (1337-1388 et 1411-1453), au cours desquels la marée anglaise, après un premier flux victorieux (1338-1360 et 1411-1435), connaît un reflux presque total, et le second s'avérant décisif (1360-1388 et 1435-1453).

1. LES ORIGINES DU CONFLIT
Au-delà des luttes féodales, et même si son prétexte est dynastique, la guerre de Cent Ans est en réalité l'expression du premier grand conflit de deux États souverains en Europe.

1.1. LE LEGS NORMAND ET ANGEVIN
En 1066, le duc Guillaume de Normandie (dit Guillaume le Conquérant) conquiert l'Angleterre et en devient roi, créant ainsi la dynastie anglo-normande. Sa victoire pose un problème insoluble car, en tant que duc de Normandie, il reste le vassal du roi de France et, en tant que roi, il est souverain en Angleterre. La puissance des rois anglo-normands s'accroît avec Henri II Plantagenêt (1154-1189), qui apporte l'Anjou, le Maine, la Touraine et, par son épouse Aliénor, l'Aquitaine. Les possessions anglaises en France sont une véritable menace pour la dynastie capétienne. Cependant, les victoires de Philippe II Auguste sur Jean sans Terre au début du xiiie siècle ne laissent aux rois anglais qu'une partie de l'Aquitaine, dont la Guyenne (déformation dialectale du mot « Aquitaine »). En 1259, dans un esprit de justice féodale, Louis IX (Saint Louis) ratifie cette possession par le traité de Paris.

1.2. L’AFFIRMATION DES MONARCHIES NATIONALES
Peu après le traité de Paris de 1259, les fondations administratives et politiques de l'État moderne se mettent en place autour de deux grandes institutions : le Parlement en Angleterre et en France, ainsi que la Chambre des comptes en France ; l'État est déclaré souverain aux dépens de l'autorité pontificale ; un système fiscal national est mis au point.

1.3. LES AFFAIRES DE FLANDRE ET DE GUYENNE
Cependant, des conflits éclatent en Guyenne et en Flandre. En Guyenne, Philippe IV le Bel (1285-1314) affaiblit Édouard Ier (1272-1307) en acceptant de recevoir les « appels » sur les décisions de justice rendues par le parlement de Paris. En Flandre, où la fabrication des étoffes dépend des laines anglaises, les intérêts anglais et français se mêlent aux luttes sociales qui éclatent entre bourgeois et artisans.

Par ailleurs, les rois de France apportent leur soutien au roi d'Écosse Robert Bruce (1306-1329) pour chasser les Anglais qui occupent son territoire et restaurer l'indépendance écossaise. La solution féodale préconisée par Saint Louis est source d'ambiguïtés et peut donner prétexte à un affrontement entre les deux États.

1.4. LES ORIGINES DYNASTIQUES
Philippe VI de Valois
Philippe VI de Valois
En 1316, ayant obtenu que les femmes soient écartées de la succession royale, Philippe V, deuxième fils de Philippe le Bel, succède à son frère aîné Louis X, mort sans héritier mâle. Il en est de même en 1322, lorsque Charles IV (dernier fils de Philippe le Bel) accède au trône.

Mais en 1328, la lignée des rois capétiens s'éteint à la fin du règne de Charles IV. Seul prétendant de la lignée masculine, Philippe de Valois est le neveu de Philippe le Bel ; le roi Édouard III d'Angleterre, fils d'Isabelle de France (la fille de Philippe le Bel) et du défunt roi Édouard II, est également prétendant au trône par la lignée féminine.

Cassel
Les nobles français choisissent Philippe VI de Valois, homme mûr, et surtout « né du royaume » ; le jeune Édouard III, dont le pouvoir est encore chancelant, prête sans difficultés hommage pour ses fiefs français en 1329, réservant ses prétentions dynastiques comme arme diplomatique dans les affaires de Guyenne. En 1333, les négociations ont presque abouti, mais Philippe VI lutte pour intégrer l'Écosse au traité. Édouard III, pour surmonter ses difficultés et se dégager du lien vassalique contraignant avec la France, cherche de nouveau à conquérir le trône de France, qu'il revendique officiellement le 7 octobre 1337.

2. LE TEMPS DES VICTOIRES ANGLAISES (1337-1360)
La guerre de Cent Ans, 1338-1350
La guerre de Cent Ans, 1338-1350
L'Angleterre, plus petite et trois fois moins peuplée que la France, est mieux administrée, et la participation active de spécialistes de haut niveau permet aux souverains de réunir des moyens considérables. La conquête du pays de Galles et les guerres d'Écosse ont, en outre, permis la modernisation de l'armée.

2.1. LA MOBILISATION DIPLOMATIQUE ANGLAISE
Bataille de l'Écluse
Bataille de l'Écluse
À partir de 1336, les dispositifs de guerre s'intensifient. Édouard III profite des luttes d'influence au sein de la noblesse française et accueille Robert d'Artois qui, spolié de son héritage féodal et convaincu de malversations juridiques, s’est réfugié à Londres où il renseigne le roi sur la cour de France. C’est dans ce contexte que Philippe VI de Valois confisque la Guyenne au roi d’Angleterre. Mais les opérations militaires, trop souvent entrecoupées de trêves, sont vouées à l'échec. Les deux adversaires manquent de moyens. Édouard III ne peut financer l'offensive diplomatique qu'il a lancée en direction du Saint Empire et des Pays-Bas. Cependant, le 24 juin 1340, son alliance avec les Flamands lui permet de remporter la bataille navale de L'Écluse, qui assure aux Anglais le contrôle de la mer pour de longues années.

Édouard III soutient aussi Jean de Montfort, prétendant au trône de Bretagne, contre Charles de Blois. Au prix d'importantes concessions politiques, il réussit à gagner la confiance de l'aristocratie anglaise et exerce dès 1345 une forte pression militaire en Bretagne et en Guyenne alors que, en France, Philippe VI suscite une méfiance grandissante. La guerre de Succession de Bretagne va durer de 1341 à 1364.

2.2. CRÉCY ET CALAIS
Jean Ier de Luxembourg l'Aveugle
Jean Ier de Luxembourg l'Aveugle
Jean Ier de Luxembourg l'AveugleReddition de Calais
Les Anglais portent la guerre en France en 1346. Menant à travers la Normandie une chevauchée (expédition destinée à piller les pays traversés), Édouard III est accroché lors de sa retraite : l'armée anglaise inflige à la bataille de Crécy (26 août 1346) une sanglante défaite aux Français. En août 1347, au terme d’un siège de onze mois, Édouard III prend Calais, désormais porte d'entrée des Anglais en France jusqu’en 1558. Au même moment, ses adversaires, David Bruce (roi d'Écosse) et Charles de Blois (prétendant au trône de Bretagne), tombent entre ses mains. De surcroît, de 1347 à 1349, l'épidémie de peste noire qui ravage l'Europe tue près du tiers de la population et limite la fréquence des combats.

2.3. POITIERS ET LA CRISE DE LA MONARCHIE FRANÇAISE
Jean II le Bon
Jean II le Bon
Jean II le Bon, qui succède à Philippe VI en 1350, se heurte à un nouvel adversaire, son cousin Charles le Mauvais, comte d'Évreux et roi de Navarre, fils de Philippe d'Évreux et de Jeanne de Navarre elle-même fille de Louis X, qui estime avoir été spolié de la couronne par la mise à l’écart des femmes de la succession royale en 1316. Jean le Bon le fait arrêter en 1356. En 1355 et 1356, Édouard de Woodstock (fils d'Édouard III), dit le Prince Noir, mène deux expéditions à partir de la Guyenne. En 1356, les Anglais remportent une première victoire sur les Français, à la bataille de Poitiers (19 septembre 1356) au cours de laquelle le roi Jean le Bon est fait prisonnier. La défaite, imputée à la couardise des nobles, déclenche des troubles en France, où les exigences fiscales de la monarchie, présentées en 1356 aux états de langue d’oïl (nord de la France), sont contestées.

Étienne Marcel
Étienne Marcel
Divers mouvements de résistance vont s'organiser : la Jacquerie en Île-de-France et la prise du pouvoir à Paris par Étienne Marcel, le prévôt des marchands. En 1358, le dauphin Charles, qui gouverne en l'absence de son père Jean le Bon, échappe à Étienne Marcel, qui est assassiné. C'est Charles le Mauvais qui écrase les jacques.

2.4. LE TRAITÉ DE BRÉTIGNY (1360)
En 1360, Édouard III et Charles V signent les préliminaires du traité de Brétigny. Le roi d'Angleterre reçoit le Poitou, le Limousin, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, mais doit renoncer à la couronne de France. La rançon royale est fixée à trois millions d'écus. Cependant, les engagements pris par les deux rois ne seront jamais respectés.

3. LE RÉTABLISSEMENT FRANÇAIS (1360-1380) ET LES PROLONGEMENTS EUROPÉENS
3.1. LES CAMPAGNES DE DU GUESCLIN
LA FIN DES CONFLITS COLLATÉRAUX
Charles V
Charles V
En Guyenne se pose toujours la question de la souveraineté. Or, après le traité de Brétigny, la situation française se renforce. En Bretagne, en 1364, la mort de Charles de Blois à la bataille d'Auray assure certes le pouvoir à Jean IV de Montfort, candidat des Anglais, mais dégage la France d’un conflit collatéral épuisant.

La même année, le connétable Bertrand du Guesclin écrase les troupes de Charles le Mauvais à Cocherel et entraîne vers l'Espagne, en 1367, les Grandes Compagnies qui dévastaient le pays. De plus, Édouard III d’Angleterre, trop âgé, et le Prince Noir, malade, ne peuvent poursuivre l'effort de guerre.

LA RECONQUÊTE FRANÇAISE
Bertrand Du Guesclin
Bertrand Du Guesclin
En 1369, la guerre reprend sur ordre du nouveau roi de France, Charles V (1364-1380), et à la demande de deux seigneurs gascons, le comte d'Armagnac et le sire d'Albret. Les troupes de Du Guesclin et de Charles V avancent inexorablement. Elles épuisent les chevauchées anglaises en dévastant tout devant elles et assiègent l'une après l'autre les garnisons anglaises. En 1380, il ne reste aux Anglais que Calais et, en Guyenne, les régions de Bordeaux et de Bayonne.

3.2. LE JEU DES ALLIANCES
Par le jeu des alliances et des ruptures, et à travers le jeu des médiations et des négociations sans cesse reprises, la guerre a gagné toute l'Europe occidentale, jusqu'à la papauté.

L’ÉCOSSE
En Écosse, les dynasties des Bruce et des Stuart sont toutes deux anti-anglaises. Les Écossais sont continuellement en guerre, et la zone frontière représente une menace constante pour l'Angleterre du Nord, souvent dévastée. Malgré les échecs répétés dans les batailles rangées, et malgré la longue captivité à Londres de leurs rois David II (1329-1371) et Jacques Ier (1406-1437), les Écossais fixent d'importantes forces dans le Nord et fournissent aux rois de France dans la dernière phase de la guerre (sous Charles VII puis Louis XI) des troupes solides et aguerries.

LA FLANDRE
Philippe III le Bon
Philippe III le Bon
En 1338-1340, lorsqu'il s'installe en Flandre, Édouard III (gendre du comte de Hainaut voisin de la Flandre en terre d’Empire) essaie de tisser un réseau d'alliances avec le parti populaire des grandes villes flamandes et avec un certain nombre de princes, notamment l'empereur Louis IV de Bavière. Ses déboires financiers et la chute du chef bourgeois Jacob Van Artevelde ruinent ses efforts. Le mariage de Philippe le Hardi (dernier fils du roi Jean II le Bon), devenu duc de Bourgogne, avec Marguerite (héritière du comte de Flandre), ainsi que sa victoire sur les Flamands à la bataille de Rozebeke en novembre 1382 rétablissent le contrôle français sur la Flandre.

LA BOURGOGNE
Jean sans Peur
Jean sans Peur
Les successeurs bourguignons du duc Philippe le Hardi – Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire – constituent pour leur compte une importante réunion d'États qui menace la Lorraine, Cologne et les villes d'Alsace pour constituer un unique et vaste ensemble territorial : la Bourgogne. En 1419, l'assassinat du duc Jean sans Peur et les difficultés que rencontrent ses successeurs à la cour de France poussent les ducs de Bourgogne à s'allier aux Anglais, ce qui, de 1413 à 1435, représente un péril supplémentaire pour les rois de France.

LA CASTILLE
Dans la péninsule Ibérique, le roi de Castille, Pierre le Cruel, et son demi-frère, Henri de Trastamare, se livrent une guerre sans merci ; le premier est soutenu depuis l'Aquitaine par le Prince Noir, tandis que le second obtient le soutien des routiers français commandés par Bertrand du Guesclin. En 1369, la victoire du Trastamare à Montiel assure à la France le soutien décisif de la marine castillane. Il n’en demeure pas moins que le frère du Prince Noir (Jean de Gand, duc de Lancastre) revendique un temps le trône de Castille, en tant qu’époux de la fille de Pierre le Cruel.

3.3. LA GUERRE ET LE GRAND SCHISME D'OCCIDENT
La guerre de Cent Ans, 1356-1380
La guerre de Cent Ans, 1356-1380
En 1309, la papauté s'est installée à Avignon, dans l’Empire, mais aux portes du royaume de France. Les papes, tous français, cherchent à ramener la paix et à porter secours au roi de France, notamment grâce à une aide financière. Aussi en 1378, lors du retour de la papauté à Rome et au moment de l'élection d'Urbain VI, un schisme éclate-t-il : Français et Espagnols prennent parti pour l'adversaire d'Urbain VI, Clément VII, qui reste à Avignon ; les Anglais et l'empereur, ainsi que la plupart des Italiens, soutiennent au contraire Urbain VI. La guerre est ainsi directement liée au grand schisme d’Occident, qui prendra fin en 1418 avec le concile de Constance.

4. LE TEMPS DES TRÊVES (1388-1411) ET LES DIFFICULTÉS DE LA PAIX
Les trêves officielles comme les périodes de paix entre la France et l'Angleterre sont mouvementées et parfois plus difficiles à vivre pour les deux peuples que les périodes de guerre.

4.1. LES ROUTIERS
Souvent membres de la petite noblesse, cadets de famille ou bâtards, les soldats mercenaires ne reçoivent plus d'argent lorsque la guerre cesse ; alors ils poursuivent leurs activités pour leur propre compte. En 1361, le connétable de France Jacques de Bourbon est battu et tué à Brignais par des routiers rebelles. La plupart des Grandes Compagnies sont entraînées en Espagne par Du Guesclin. Les dernières bandes sont anéanties dans le Massif central en 1390-1391. Vers 1430, et pour les mêmes raisons, les routiers, appelés « écorcheurs », sèment la terreur et tuent. En 1445, une grande partie d'entre eux est intégrée dans l'armée permanente de Charles VII. Les autres doivent se disperser.

4.2. FINANCES ET CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES
LE POIDS DE L’IMPÔT
La guerre n'est plus celle du seigneur, mais celle de l'État, donc, en principe, celle de tous. Le roi défend le pays et les biens de ceux qui vivent dans son royaume. Tel est le discours utilisé pour obtenir des notables, qui représentent le peuple, le consentement à payer l'impôt. D'abord exceptionnel et justifié par une situation d'urgence, l'impôt de guerre devient régulier dans le courant du xive siècle. Le prélèvement de l'impôt régulier s'étend bientôt, et de façon permanente, aux périodes de paix. Le processus est plus rapide en Angleterre, mais le Parlement conserve un grand pouvoir de marchandage. À partir de 1440, en France, la monarchie fixe le montant de l'impôt sans tenir compte des états (états de langue d'oïl et états de langue d'oc, voire tout simplement assemblées urbaines). La guerre apparaît ici comme le moteur de l'évolution de l'État. Le prélèvement fiscal, souvent très lourd pour le peuple, s'ajoute aux méfaits de la guerre.

LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES
Il est impossible à chiffrer, mais l'économie de la France est bouleversée. Les dévastations aggravent la crise des campagnes : les paysans, frappés de plein fouet par l’épidémie de peste noire de 1348, désertent les campagnes ruinées ; la population diminue de moitié en France et en Angleterre entre 1300 et 1430.

Si tout n'est pas directement imputable à la guerre, il est certain qu'elle amplifie le phénomène de pénurie, compte tenu de l'impôt dont elle est le prétexte et qui achève d'étouffer les paysans. Les seigneuries ne rapportent plus, et les petits nobles sont d'autant plus enclins à s'engager dans la guerre que leurs soldes et les rançons de leurs prisonniers feront leur fortune.

Mais la guerre entraîne aussi des progrès dans la métallurgie et la chimie, et la construction des fortifications des villes et des châteaux procure beaucoup de travail. Enfin, les opérations se sont déroulées en France, qui a donc beaucoup plus souffert que l'Angleterre. Celle-ci a peut-être retiré quelques profits de la guerre, comme le montrent les fortunes de certains capitaines, tel sir John Fastolf (le Falstaff de Shakespeare).

4.3. GUERRES CIVILES ET SOULÈVEMENTS POPULAIRES
LA COMPÉTITION AU SOMMET DE L’ÉTAT
L'argent de l'impôt de guerre, les emplois (militaires, administratifs, politiques) et le pouvoir qu'il procure transforment la structure de la société politique. À la relation féodale seigneur-vassal, fondée sur la terre, se substitue une relation dans laquelle le seigneur paie son fidèle et lui assure, en outre, l'accès à la puissance d'État en même temps qu'il le protège contre elle. Pour ce faire, le seigneur doit avoir lui-même un protecteur aussi haut placé que possible, par exemple au Conseil du roi. En France comme en Angleterre, des partis aristocratiques s'affrontent, dirigés en général par des princes de sang royal, affichant une volonté de réforme, mais en réalité engagés dans une ardente compétition.

LES GUERRES CIVILES
En temps de guerre, l'impôt est abondant, l'affrontement moins sévère. En temps de paix, surtout dans le royaume vaincu, il dégénère en guerre civile : en France, dans les années 1350-1365, Navarrais contre hommes du roi (puis du Dauphin) ; au xve siècle, Armagnacs contre Bourguignons, à la suite de la lutte du duc Louis d'Orléans frère du roi Charles VI, contre Jean sans Peur, duc de Bourgogne, pour le contrôle du Conseil du roi, marquée par l'assassinat du premier en 1407 ; en 1440, révolte des princes contre Charles VII (→ la Praguerie) ; en Angleterre, les appelants contre Richard II, la révolte de Henri de Lancastre, qui renverse Richard II et monte sur le trône en 1399, et enfin la guerre des Deux-Roses qui fait suite à la guerre de Cent Ans et consiste en une série de conflits isolés entre 1455 et 1485.

LES RÉVOLTES POPULAIRES
Provoquées soit par la levée des impôts, soit par des réactions antinobiliaires, les révoltes populaires sont nombreuses et violentes dans les campagnes : Jacquerie des paysans d'Île-de-France (1358), révolte des tuchins du Languedoc (vers 1360-1382), révolte paysanne conduite par Wat Tyler en Angleterre (1381). Elles sont également urbaines, telles que le mouvement dirigé par Étienne Marcel (1357-1358), la révolte des maillotins de Paris et la harelle de Rouen (1382) et l’émeute cabochienne (→ Cabochiens, 1411-1413) à Paris, la Grande Rebeyne (1436) à Lyon, etc.

5. HENRI V D’ANGLETERRE ET LA DOUBLE MONARCHIE (1413-1429)
Charles VI
Charles VI
À la mort de Charles V, l'Angleterre et la France connaissent de graves crises politiques ; atteint de folie, Charles VI ne peut s'opposer aux partis aristocratiques menés par ses oncles ou par son frère, Louis d'Orléans. Pour sa part, Richard II, petit-fils et successeur d’Édouard III, s'entend mal avec ses nobles : il est déposé et assassiné en 1399 par Henri IV de Lancastre, qui a beaucoup de mal à stabiliser son pouvoir. Son successeur, Henri V, soldat expérimenté, galvanise les énergies anglaises et profite des divisions françaises.

5.1. AZINCOURT ET LA CONQUÊTE DE LA NORMANDIE
LA DÉROUTE FRANÇAISE
Bataille d'Azincourt
Bataille d'Azincourt
Tandis que la guerre civile sévit en France de 1412 à 1414, Henri V débarque en Normandie en septembre 1415, s'empare de Harfleur et se met en route pour Calais, reprenant la tradition des chevauchées anglaises. Oublieuse des leçons de Bertrand du Guesclin, l'armée française le rejoint et se fait écraser à la bataille d’Azincourt, le 25 octobre 1415 : la noblesse française (surtout armagnaque) est décimée, et le duc Charles d'Orléans est fait prisonnier. Le prestige du vainqueur est immense ; il reçoit l'appui de l'empereur Sigismond, et le duc de Bourgogne négocie avec lui.

L’ENTENTE ANGLO-BOURGUIGNONNE
De 1415 à 1419, Henri V conquiert la Normandie, tandis qu'en France les dissensions s'exaspèrent : au gouvernement du dauphin Charles, défendu par les Armagnacs, s'oppose celui de la reine Isabeau de Bavière, soutenue par les Bourguignons qui, en mai 1418, l'installent à Paris avec Charles VI. Pour sa part chassé de la capitale, le Dauphin (futur Charles VII) s'installe à Bourges où, en 1419, il rencontre le duc de Bourgogne. Mais Jean sans Peur est assassiné par les hommes du Dauphin. Son successeur, Philippe le Bon, s'entend avec Henri V et le gouvernement de Paris (Charles VI et Isabeau).

5.2. LE TRAITÉ DE TROYES
Reddition de Troyes
Reddition de Troyes
Henri V veut la couronne de France. En mai 1420, le traité de Troyes la lui donne : le royaume reviendra à Henri V et à ses héritiers après la mort de Charles VI, l'actuel roi. Le dauphin Charles est déshérité. Henri V épouse Catherine de Valois, fille de Charles VI. Il reconnaît la position du duc de Bourgogne et jure de respecter les coutumes du royaume de France, qui reste distinct de celui d'Angleterre.

Une double monarchie naît de ce traité, même si, dans les faits, la France est divisée en trois (la Bretagne étant à part) : les Anglo-Français gouvernent la Guyenne, la Normandie, Paris et sa région, dominant bientôt jusqu'à la rive nord de la Loire ; le duc de Bourgogne contrôle, outre ses domaines, la Picardie et la Champagne ; le Dauphin se maintient dans le reste du pays. La mort de Henri V en août 1422 et celle de Charles VI en octobre de la même année ne modifient pas cette structure : frère de Henri V, le duc de Bedford, installé à Paris, est régent de France pour le compte de son neveu Henri VI, âgé d'un an.

5.3. LA DOUBLE MONARCHIE
La double monarchie était-elle viable ? Non sans talent et profitant des sympathies bourguignonnes d'une partie de l'élite, le duc de Bedford rend son gouvernement acceptable à Paris et en Normandie, même si une résistance paysanne apparaît dans cette province. Sur le plan militaire, il étend le contrôle anglais sur le Maine, les marges de l'Anjou, mais il reste prudent. Poussant vers la Loire, l'armée anglaise est victorieuse en 1423 à Cravant, et en 1424 à Verneuil ; en 1428, le comte de Salisbury assiège Orléans. Mais le duc de Bedford ne peut surveiller l'Angleterre : son frère Humphrey, duc de Gloucester, tente une offensive contre le Bourguignon Philippe le Bon (allié et beau-frère de Bedford). Au même moment, la faction des Armagnacs, directement responsable du meurtre de Jean sans Peur, est écartée du pouvoir à Bourges. L'alliance anglo-bourguignonne résiste encore, mais elle est minée.

6. LA RECONQUÊTE ET LA VICTOIRE FRANÇAISE (1429-1453)
Le renversement de la situation en faveur du roi de Bourges va être moins ressenti comme le résultat du changement de camp du duc de Bourgogne que comme celui de l'intervention, « miraculeuse », de Jeanne d'Arc, la « Pucelle d'Orléans ».

6.1. L’ÉPOPÉE DE JEANNE D'ARC ET CHARLES VII
Charles VII
Charles VII
Charles VIISiège d'Orléans
La cour de Bourges, où des factions s'affrontent, est paralysée : l'issue du siège d'Orléans est redoutée, car l'armée de Charles VII, piteusement mise en déroute par les Anglais en février 1429 lors de la journée des Harengs, est incapable de dégager la ville. Mais une jeune Lorraine, Jeanne d'Arc, arrive à la cour ; elle communique au roi une partie de la foi qui l'habite. Galvanisant les énergies, elle se joint à l'armée de secours en partance pour Orléans : le 8 mai, la ville est délivrée, puis Jargeau tombe et, enfin, l'arrière-garde anglaise est battue à la bataille de Patay le 18 juin.

Jeanne d'Arc au bûcher
Jeanne d'Arc au bûcher
Si le rôle de Jeanne d'Arc est plus psychologique que strictement militaire, c'est elle qui décide le sacre de Charles VII à Reims, formidable victoire idéologique qui démontre où est la vraie légitimité. Partis de la Loire, Charles VII et sa cour, malgré les Bourguignons, gagnent Reims, où le sacre est célébré le 17 juillet 1429. Champagne, Brie et Soissonnais se soumettent au roi, dont l'armée n'échoue que devant Paris. Jeanne d'Arc, prise par les Bourguignons à Compiègne, est livrée aux Anglais qui, après sa condamnation par l'Église, la brûlent à Rouen le 30 mai 1431.

6.2. LA FIN DE L'ALLIANCE ANGLO-BOURGUIGNONNE
L'alliance avec l'Angleterre apparaît dangereuse à Philippe le Bon, d'autant que la situation financière et militaire des Anglais se détériore. La réconciliation franco-bourguignonne s'effectue en août 1435 au traité d'Arras : Charles VII ne cède rien sur les principes, et Philippe le Bon garde le contrôle effectif des territoires qu'il a conquis pendant la guerre. Peu après, la haute Normandie se révolte contre les Anglais et Paris s'ouvre aux Français en 1436.

6.3. LA RECONQUÊTE DE LA NORMANDIE
LES FAIBLESSES FRANÇAISES
La situation financière anglaise est désastreuse, et la lutte des factions s'exacerbe au Conseil du roi entre le parti de la diplomatie (dirigé par le duc de Suffolk) et celui de la guerre (mené par Humphrey de Gloucester) : en 1444, Suffolk négocie un mariage entre Henri VI et une princesse française, Marguerite d'Anjou ; en 1447, il fait arrêter Gloucester, qui meurt peu après. Mais, malgré les trêves de 1448, les finances anglaises restent fragiles. L'opinion publique demeure pourtant hostile à tout abandon de territoire.

LA RÉASSURANCE FRANÇAISE
La France, 1415-1436
La France, 1415-1436
Pour sa part, la monarchie française surmonte ses handicaps : après la révolte des chefs aristocratiques, la Praguerie, en 1440, à laquelle le dauphin Louis (Louis XI) adhère, une trêve générale est conclue en 1444. L'administration royale, qui quitte Poitiers et Bourges où elle était repliée, est réorganisée à Paris, et la fiscalité est stabilisée. De plus, les ordonnances de 1439 et de 1445 dotent le roi d'une armée permanente composée de compagnies de gens d'armes (les compagnies d'ordonnance), renforcée par une artillerie réorganisée et une infanterie auxiliaire de francs archers ; surtout, elles mettent fin aux exactions des routiers.

Bataille de Formigny
Bataille de Formigny
Durant l'été 1448, les Anglais abandonnent le Maine. Ils s’aliènent ensuite le duc de Bretagne en prenant Fougères (1449). C'est le signal de la reconquête : la Normandie tombe après la bataille de Formigny (1450).

6.4. LA RECONQUÊTE DE LA GUYENNE
LA CRISE ANGLAISE
La perte de la Normandie provoque une crise profonde en Angleterre : le duc de Suffolk, mis en accusation devant le Parlement, est exécuté. Le lieutenant du roi en Normandie, Somerset, est accusé d'incurie par le duc d'York, son prédécesseur ; la lutte des factions fait rage, d'autant plus dangereuse que le duc d'York est un descendant plus direct de Richard II (déposé en 1399) que Henri VI. L'afflux des réfugiés normands et des soldats débandés crée une situation sociale explosive : la révolte de Jack Cade embrase le Kent avant d'atteindre Londres et le sud-est de l'Angleterre. Le royaume est au bord de la guerre civile.

LA PRISE DE BORDEAUX
Mais en Guyenne, la population est favorable au roi d'Angleterre, de même qu'en la riche ville de Bordeaux, dont l'exportation du vin outre-Manche fait la prospérité. Si Bordeaux se rend une première fois en 1451, John Talbot la reprend dès 1452. Mais ses troupes ne peuvent résister à l'armée française et à son artillerie : il est écrasé et tué le 17 juillet 1453 à la bataille de Castillon. Les Anglais ne disposent plus en France que de Calais.

LA FIN EFFECTIVE DE LA GUERRE (1453)
En fait, bien qu'aucun accord n'ait été signé par les Français et les Anglais avant la conclusion de la paix de Picquigny, le 29 août 1475, et bien que Calais soit restée la possession de ces derniers jusqu'en 1558, la guerre de Cent Ans est achevée après la dernière bataille de 1453.

7. BILAN DE LA GUERRE DE CENT ANS
7.1. L’AFFIRMATION DES NATIONS
Ingres, Jeanne d'Arc lors du sacre de Charles VII dans la cathédrale de Reims
Ingres, Jeanne d'Arc lors du sacre de Charles VII dans la cathédrale de Reims
Exceptionnelle par sa durée, traditionnelle par ses mobiles (féodaux ou dynastiques) et souvent par ses méthodes (charges folles de la chevalerie), idéologique par ses buts affirmés (défendre une cause juste), la guerre de Cent Ans a été coupée d'innombrables trêves qui ont limité à un maximum de sept ans la durée des combats continus entre les forces des deux royaumes. Elle a développé la xénophobie réciproque de leurs deux peuples et contribué par là même à exalter chez eux un nationalisme virulent qui s’est renforcé de la rupture de l'unité linguistique (le française était la langue de la cour anglaise jusqu’à la fin du xive siècle). Le conflit a favorisé, par contrecoup, la naissance du sentiment national, dont la base est ce « patriotisme instinctif » dont parle Bernard Chevallier et dont Jeanne d'Arc est la principale illustration.

7.2. DES CONSÉQUENCES SOCIO-ÉCONOMIQUES CONTRASTÉES
Coûteuse en hommes, particulièrement éprouvante pour la noblesse française (décimée à Crécy, à Poitiers et à Azincourt), favorisant par contrecoup la mobilité géographique et sociale des hommes, la guerre de Cent Ans a eu des conséquences économiques diamétralement opposées pour les deux belligérants, l'Angleterre ayant pu développer sa production agricole et industrielle à sa faveur, alors que celle de la France s’est trouvée gravement amputée par les combats livrés sur son sol. Mais alors que son issue a entraîné le regroupement du baronnage anglais contre la monarchie anglaise, regroupement en partie responsable de la guerre des Deux Roses, elle a contribué en revanche à accélérer l'unification institutionnelle du royaume de France, et donc sa marche vers l'absolutisme, sans pour autant faire disparaître les particularismes locaux.

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FAE

7 octobre 2023 09:13

Bonjour à tous ! 😃
Vous êtes passionnants, les amis, merci !

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Capusa06

7 octobre 2023 09:06

Les Missionnaire de la Charité forment une congrégation religieuse catholique fondée à Calcutta le 7 octobre 1950 par mère Teresa, religieuse albanaise appartenant jusqu'alors à la congrégation des sœurs de Lorette, lauréate du prix Nobel de la paix en 1979. Ces religieuses sont environ au nombre de cinq mille réparties dans cent trente-deux pays, la supérieure générale de l'ordre est sœur Mary Prema.

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Misterprof-

7 octobre 2023 08:36

7 octobre 1870 :
Gambetta quitte Paris en ballon.
Né de la chute du Second Empire et de la défaite de Sedan, le gouvernement de la défense nationale charge le ministre de l'Intérieur Léon Gambetta de quitter Paris, assiégé par les Prussiens, et d'organiser en province la reprise des combats.
Pour franchir les lignes prussiennes, le fougueux ministre a l'idée d'emprunter une montgolfière et prend conseil auprès du photographe et aérostier Nadar.
Gonflé au gaz d'éclairage, le ballon de 16 mètres de diamètre s'élève au matin du 7 octobre 1870, de la butte Montmartre avec, à son bord, le ministre et un assistant..
Mais le vent le pousse vers le nord et les lignes prussiennes.
Les deux voyageurs lâchent du lest pour s'élever et échapper aux tirs ennemis.
Leur ballon s'écrase en milieu d'après-midi près de Beauvais, où ils sont recueillis par des paysans.
Après trois jours de voyage épique en voiture à cheval et en train, Gambetta arrive enfin à Tours où il rejoint une délégation gouvernementale dirigée par Adolphe Crémieux mais l'approche de l'ennemi les oblige à se replier jusqu'à Bordeaux.

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FAE

7 octobre 2023 08:13

"Ivo Livi, dit Yves Montand, né le 13 octobre 1921 à Monsummano Terme et mort le 9 novembre 1991 à Senlis, est un chanteur et acteur français d'origine italienne, naturalisé en 1929"

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FAE

7 octobre 2023 08:10

Bonjour à tous ! 😃

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FAE

6 octobre 2023 13:55

Merci les amis !

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