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Charles de Bourgogne, dit Charles le Hardi ou Charles le Travaillant, plus connu sous son surnom posthume de Charles le Téméraire, né le 10 novembre 1433 à Dijon et mort le 5 janvier 1477 près de Nancy, est, après Philippe le Hardi, Jean sans Peur et Philippe le Bon, le quatrième et dernier duc de Bourgogne de la maison de Valois, seigneur et maître d'un ensemble de provinces connu aujourd'hui sous le nom d'État bourguignon.
Après s'être illustré, en 1465, lors de la Ligue du Bien public, une coalition formée contre le roi de France, Louis XI, Charles le Téméraire monte sur le trône de Bourgogne en 1467, à la mort de son père. Se considérant comme un souverain de plein droit, son règne est marqué par un affrontement constant avec son cousin Louis XI, qui revendique la suzeraineté sur une partie de ses terres, censée relever du royaume de France6. Dans le même temps, il se rapproche de l'empereur germanique Frédéric III et du roi d'Angleterre Édouard IV d'York, dont il épouse la sœur. Comme son père avant lui, il est l'un des princes les plus puissants de la chrétienté, grâce notamment à la richesse de ses territoires et au prestige de sa cour.
Après avoir cherché, en vain, à obtenir le titre de « roi des Romains », il s'attelle à la réforme administrative de son État, qu'il consolide en tentant d'en faire une entité géographique et politique continue, par la réunion de ses possessions septentrionales et méridionales (ce qu'il fait par l'acquisition de la Haute-Alsace puis l'annexion de la Lorraine), afin de les ériger à terme en un royaume indépendant, ressuscitant l'ancienne Lotharingie.
Ses ambitions démesurées se heurtent à de nombreuses oppositions en Europe. À la fin de son règne, les guerres de Bourgogne le confrontent aux Confédérés suisses, aux Lorrains et aux Alsaciens. Cette coalition, financièrement soutenue par Louis XI, finit par avoir raison de lui à la bataille de Nancy du 5 janvier 1477, lors de laquelle il est tué.
Il laisse derrière lui une fille unique, Marie, qui, afin de faire face aux prétentions du roi de France, épouse l'archiduc Maximilien d'Autriche, première étape de la rivalité centenaire entre la France et les Habsbourg.
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10 novembre 1938 :
Décès de Mustafa Kemal Atatürk.
Né le 19 mai 1881 à Thessalonique, Mustafa Kemal Pacha est un militaire et homme d'État turc, fondateur et premier président de la république de Turquie de 1923 à 1938.
Il s'illustre lors de la Première Guerre mondiale, où il devient un héros national grâce à sa contribution lors de la victoire, contre toute attente, sur les Alliés à la bataille des Dardanelles. Durant l'occupation alliée de l’Empire ottoman, il refuse de voir la nation démembrée par le traité de Sèvres (traité de paix signé le 10 août 1920, à la suite de la Première Guerre mondiale, entre les Alliés victorieux et l'Empire ottoman).
Accompagné de partisans, il se révolte contre le gouvernement impérial du sultan et crée un deuxième pouvoir politique à Ankara.
C'est de cette ville qu'il mène la résistance contre les occupants lors de la guerre d'indépendance turque.
Sous son commandement, les forces turques vainquent les armées arméniennes et françaises.
Il défait ensuite les armées grecques qui occupent la ville et la région d’Izmir, la Thrace orientale et des îles de la mer Égée (les actuelles îles de Gökçeada, Bozcaada, et Cunda).
Après la bataille de la Sakarya, d'août à septembre 1921, la Grande Assemblée nationale de Turquie lui donne le titre de « Gazi » (« Le Victorieux »).
Il parvient ensuite à repousser définitivement les armées grecques hors de Turquie.
À la suite de ces victoires, les forces alliées s’engagent à quitter le pays.
Inspiré par la Révolution française, il profite de ce qu’il considère comme une trahison du sultan Mehmed VI lors de l'armistice de Moudros (pacte signé le 30 octobre 1918 entre l'Empire ottoman et la Grande-Bretagne).
Après la guerre d'indépendance turque, en octobre 1923, il déplace la capitale à Ankara, puis ce même mois, la Grande Assemblée nationale de Turquie proclame la République et il devient ainsi le premier président de la république de Turquie.
Il occidentalise le pays à travers plusieurs réformes radicales dans une volonté farouche de rupture avec le passé impérial ottoman et islamique.
Ainsi, il inscrit la laïcité dans la nouvelle constitution adoptée en 1924, supprime l'islam en tant que religion officielle, tout en continuant de l'encadrer par le pouvoir étatique, abolit les instances chariatiques, donne le droit de vote aux femmes, et remplace l’alphabet arabe par l’alphabet latin. Sous sa présidence autoritaire dotée d'un parti unique, la Turquie a mené une révolution sociale et culturelle sans précédent généralement appelée « révolution kémaliste ».
Le 24 novembre 1934, l'Assemblée lui donne le nom d’« Atatürk », littéralement le « Turc-Père », au sens de « Turc comme l’étaient les anciens », le mot « Ata » voulant dire ancêtre.
Il meurt d’une cirrhose à Istamboul, le 10 novembre 1938 ,à l’âge de 57 ans.
Au cours de funérailles nationales, il est enterré au musée ethnographique d’Ankara.
Il repose aujourd’hui dans le mausolée dit de l’Anıtkabir à Ankara.
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9 novembre 1970 :
Décès du général de Gaulle.
Charles de Gaulle meurt paisiblement dans sa maison de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Églises (Haute-Marne, à la suite d'un malaise en faisant une réussite aux cartes.
L'ancien président de la République était né près de 80 ans plus tôt, le 22 novembre 1890, à Lille.
Il s'était retiré avec panache de la vie politique le 28 avril 1969, à la suite d'un référendum perdu.
Renonçant à son traitement en qualité de membre du Conseil constitutionnel, il avait alors pris le temps de découvrir l'Irlande, la terre de ses arrière-grands-parents.
Il avait aussi rencontré l'Irlandais Eamon de Valera et l'Espagnol Francisco Franco, survivants de la Seconde Guerre mondiale.
Conformément à sa volonté, il est inhumé le 12 novembre dans le cimetière de Colombey, auprès de sa chère fille Anne (1928-1948).
Son cercueil est porté par des jeunes villageois au milieu d'une foule immense et recueillie mais en l'absence de tout officiel.
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Anne-Amélie de Prusse, née le 9 novembre 1723 à Berlin et morte le 30 mars 1787, est la plus jeune des sœurs de Frédéric II de Prusse, fille de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse et Sophie-Dorothée de Hanovre.
Elle se fit remarquer par ses talents de compositrice allemande et par l'histoire d'amour contrariée qu'elle vécut avec le baron de Trenck.
Biographie
Remarquée pour sa beauté, sa douceur, sa piété et ses talents de compositrice de musique classique, elle fut recherchée par l'ambassadeur de Suède comme épouse pour son roi Adolphe Frédéric de Suède. Jalouse, sa sœur aînée Louise Ulrique de Prusse lui fit remarquer qu'en acceptant ce mariage elle devrait changer de religion et Anne-Amélie s'employa à déplaire au diplomate scandinave. En revanche, la perfide Louise-Ulrique se montra fort avenante envers l'envoyé du roi de Suède, supplanta sa sœur cadette et convola en 1744.
Humiliée, Anne-Amélie rencontra pendant les festivités du mariage, un jeune officier, le baron Frédéric de Trenck dont elle s'éprit. Cette liaison ayant été découverte par le roi son frère, le jeune homme fut emprisonné mais s'évada, trouvant refuge en Autriche et en Russie. Revenu en Prusse assister aux obsèques de sa mère, il fut capturé et emprisonné. Libéré après dix ans de captivité par l'entremise de l'impératrice Marie-Thérèse, il fut expulsé des états des Hohenzollern. Il se maria et eut 14 enfants.
Pendant toutes ces années, la princesse, demeurée célibataire, l'avait fidèlement attendu œuvrant en vain mais sans cesse pour sa libération ; pour lui donner un état, son frère la fit nommer abbesse séculière de l'abbaye de Quedlinburg.
La princesse ne put retrouver son amant qu'après la mort du roi en 1786. Elle s'éteignit quelques semaines après leurs retrouvailles.
Capusa06
Léon Trulin, né en 1897 à Ath en Belgique et mort le 8 novembre 1915 à Lille en France, est un agent de renseignement belge, fusillé, à 18 ans, par les autorités militaires allemandes pour espionnage, durant la Première Guerre mondiale.
Biographie
Il était l’avant-dernier d’une famille qui comptait huit enfants. Son père était plombier-zingueur, sa mère ouvrière en fourrure. À la mort de son père, âgé de 43 ans, la famille quitta sa ville natale pour s'installer à La Madeleine, puis Lille. Élevé dans le catholicisme, Léon fréquenta cependant les écoles laïques (Victor Hugo à La Madeleine et Monge à Lille).
En juin 1910, pour aider sa famille à surmonter sa misère, il est engagé comme apprenti dans une usine de pelleterie et de fourrures. Il est blessé dans un accident de travail. Durant sa longue convalescence (8 mois), il lit énormément et acquiert une culture rare pour un ouvrier de l'époque.
À sa guérison, il trouve du travail dans une usine de métallisation. Le soir, il suit des cours de dactylographie et s'inscrit à l'école des Beaux-Arts. Il devient employé.
Le 31 juillet 1914, la guerre éclate. En juin 1915, Léon Trulin gagne l'Angleterre pour s'engager dans l'armée belge qui refuse ses services en raison de son aspect maladif. Il accepte alors des missions de renseignements et se rend plusieurs fois dans le Nord de la France. Avec son ami Raymond Derain, il crée le système "Noël Lurtin" (anagramme de son nom) ou Léon 143. D'Ath à Bruxelles, d'Anvers à la frontière néerlandaise, ils glanent de précieux renseignements.
Dans la nuit du 3 au 4 octobre 1915, Raymond et Léon, venant d'Anvers, se dirigent vers Putte-Kapellen, sur la frontière belgo-néerlandaise. En traversant des fils barbelés et électrifiés, ils sont arrêtés par une patrouille allemande. Ils sont conduits à la prison des Béguines à Anvers. Léon occupe la cellule 176, du 4 au 12 octobre 1915. Le 12 octobre au soir, il est transféré à la citadelle de Lille. Il y retrouve ses compagnons de résistance.
Le 5 novembre 1915, au terme d'une audience sommaire, dans la salle du Tribunal militaire allemand, installé dans les bureaux du journal La Dépêche, rue Nationale, le verdict est rendu : Léon Trulin, Marcel Gotti et Raymond Derain sont condamnés à mort. Lucien Dewalf, Marcel Lemaire et André Hermann écopent de quinze ans de prison et cinq ans de perte des droits civiques. Marcel Denèque est acquitté. La sentence est soumise, deux jours plus tard, au maître tout puissant de la ville de Lille, le général-gouverneur de Lille von Heinrich, qui entérine la mise à mort de Léon Trulin (18 ans), sans qu'aucun recours en grâce ne puisse être effectué, commue les peines de mort de Raymond Derain (18 ans) et de Marcel Gotti (15 ans) en travaux forcés à perpétuité, maintient les 15 ans de réclusion de Lucien Deswaf (18 ans), de Marcel Lemaire (17 ans) et d'André Hermann (17 ans), en leur ôtant, toutefois, la perte du droit civique, et l'acquittement de Marcel Denèque (17 ans).
Quand on lui a signifié le jugement, Léon Trulin a dit simplement: « J'ai fait ça pour ma patrie ». Puis, il a écrit sur son petit carnet : « Le 7 novembre 1915, à 4 h 10, heure française, reçu arrêt de mort vers 3 h 1/4 ». Et au-dessous ces lignes : « Je meurs pour la patrie et sans regret. Simplement je suis fort triste pour ma chère mère et mes frères et sœurs qui subissent le sort sans en être coupables ».
Le 8 novembre, dans les fossés de la Citadelle, le jeune Trulin, que le bâtonnier lillois Philippe Kah appela L'adolescent chargé de gloire dans le livre qu'il lui consacra, est fusillé de douze balles.
Dernière lettre de Léon Trulin le 7 novembre 1915 (à sa mère)
« Le 7 novembre 1915
Ma bien Chère Mère,
Je suis désolé de tout ce que j'ai fait depuis le 30 juin, jour du départ. J'ai bien souffert pendant le mois de juillet, souvent sans feu, ni lieu, puis au mois de septembre la vie a changé. J'ai été un peu plus heureux, je me suis distrait pendant 1 mois (en Hollande, en Angleterre) puis de retour en Belgique, puis crac voilà le malheur. Je me fais prendre par malchance à ½ minute du territoire hollandais.
Je vous en supplie ne désespérez pas et vivez pour René qui serait orphelin (malheureux) vivez aussi pour mes frères et sœurs et montrez l'exemple de la résignation et marchez la tête haute votre fils s'est dévoué pour sa patrie (Vive la petite Belgique).
Je vous embrasse bien fort et courage mère. Nous nous reverrons un jour, embrassez mes frères et sœurs pour moi et dites-leur que votre fils a su mourir en brave.
Maintenant je vais me coucher, il est déjà tard pour être près, frais et dispos demain jour de l'exécution.
Je pardonne à tout le monde, amis et ennemis, je fais grâce parce que l'on ne me la fait pas.
Vous trouverez un carnet où je marque mes volontés.
Je vous demande de pardonner D... ce qu'il a fait, je lui ai pardonné, c'est la parole d'un condamné qui vous la réclame.
Votre fils qui vous fait tant souffrir et qu'il en est peiné.
Léon Trulin
Je mets dans le carnet qui se trouve dans ma valise 5 marks pour 1 ou 2 messes en mon indulgence, j'ai donné le reste au prêtre pour en faire autant.
Le 7 novembre 1915
Dernier jour avant ma mort.
Excusez-moi si je n'écris pas très bien, je suis mal installé sur une table de jardin.
Courage chère Mère, courage mes frères et sœurs et vivez tous en paix et sans haine.
Je meurs en bon chrétien.
Léon Trulin »
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8 novembre 1226 :
Avènement de Louis IX, futur Saint Louis.
Né à Poissy le 25 avril 1214, le roi est monté sur le trône sous le nom de Louis IX à l'âge de douze ans.
Il a régné près de quarante-quatre ans jusqu'à sa mort devant Tunis, le 25 août 1270.
Durant cette longue période, il a porté le royaume capétien à son maximum de prestige, ce qui lui a valu de devenir, sous le nom de Saint Louis, le roi le plus aimé des Français, tant sous la monarchie que sous la République.
Chevalier courageux et combatif, souverain habile et sage, mari empressé autant que fidèle, profondément pieux, Louis IX apparaît comme le modèle du roi chrétien tel que se le représentaient les hommes du « beau Moyen Âge » (XIIe-XIIIe siècles).
Son règne est très nettement segmenté en deux périodes :
- la première est une longue phase d'apprentissage, auprès de sa mère Blanche de Castille et des anciens conseillers de son père et de son grand-père, jusqu'en 1242.
- la seconde se révèle, à partir de son retour de Terre Sainte en 1254, après six ans d'absence où il se montre alors tout entier tendu vers la sainteté, même s'il ne la cherche pas expressément.
Dans sa vie privée, il témoigne d'une austérité à toute épreuve, se restreint sur la bonne chère et le vin, porte un cilice (vêtement de crin) à même la peau pour se mortifier, se fait fouetter le vendredi en souvenir de la mort du Christ, soigne et lave les pauvres, ne craint pas de nourrir lui-même des lépreux.
Dans sa vie publique, il privilégie en toutes choses la conciliation et le droit du plus faible, ce qui ne l'empêche d'agir en fin politique, avec fermeté et sans naïveté aucune, conscient des intérêts de son royaume.
Le roi met fin à la première « guerre de Cent Ans » contre l'Angleterre ainsi qu'à la croisade contre les Albigeois.
Il régularise les relations entre la France et l'Aragon.
Il remet enfin à leur place les turbulents féodaux et modernise l'administration.
Sous son règne, Paris devient la ville la plus prestigieuse de la chrétienté occidentale avec son Université et ses monuments (Sainte Chapelle, Notre-Dame).
Les foires de Champagne, entre Flandres et Lombardie, stimulent le commerce et la naissance d'une bourgeoisie urbaine active et entreprenante.
Sans surprise, son procès en canonisation est engagé deux ans à peine après sa mort, au vu des miracles et guérisons accomplis auprès de son tombeau.
En 1297, au terme d'une longue enquête, le pape Boniface VIII range Louis IX au rang des saints de l'Église catholique.
Le 25 août, anniversaire de sa mort, devient sa fête canonique. Le roi de France est l'un des premiers laïcs à être canonisé, l'Église ayant jusque-là canonisé seulement des religieux.
Du point de vue des gens du XXIe siècle, on peut simplement reprocher au roi son attitude envers les juifs (et son entêtement à relancer les croisades).
Capusa06
Elise « Lise » Meitner, née le 7 novembre 1878 à Vienne en Autriche et morte le 27 octobre 1968 à Cambridge, en Angleterre, est une physicienne autrichienne naturalisée suédoise.
Elle est renommée pour ses travaux sur la radioactivité et la physique nucléaire. Elle joua notamment un rôle majeur dans la découverte de la fission nucléaire, dont elle fournit avec son neveu Otto Frisch la première explication théorique. Lise Meitner est souvent citée comme l'un des cas les plus flagrants de scientifiques injustement ignorés par le comité attribuant le prix Nobel
Biographie
Enfance et études
Elise (« Lise ») Meitner est née de famille juive à Vienne, dans le deuxième arrondissement (Leopoldstadt). Elle fut la troisième des huit enfants de Philipp Meitner et son épouse Hedwig Skovran.
Son père fut l'un des premiers avocats juifs en Autriche. Le couple Meitner, aux idées libérales, éleva ses enfants dans une atmosphère intellectuelle stimulante, et les encouragea à poursuivre des études avancées. C'est ainsi que les cinq filles de la famille reçurent une éducation supérieure, dans une société où l'école se terminait pour les jeunes filles à l'âge de quatorze ans.
L'université autrichienne fut ouverte aux femmes en 1897. Durant une période de transition, les jeunes femmes purent être admises sans être passées par le lycée (le Gymnasium, qui jusqu'alors leur était fermé), à condition d'être reçues à l'examen final, la Matura, en tant que candidates externes. En 1899, Lise Meitner commença une préparation accélérée de deux ans, dans un petit groupe de trois femmes, afin de se présenter à cet examen. Elle fut reçue et entra à l'université de Vienne en 1901, à l'âge de vingt-deux ans.
Après la première année, au cours de laquelle Lise Meitner suivit de nombreux cours en physique, chimie, mathématiques et botanique, elle se concentra sur la physique. Dès la seconde année, elle choisit de suivre tous les cours donnés par Ludwig Boltzmann ; cela témoigne de la fascination que ce grand physicien théoricien exerçait sur ses étudiants, avec qui il développait des liens intellectuels mais aussi personnels11.
Premiers travaux à Vienne
En 1905, Lise Meitner effectua son travail de doctorat sous la direction du physicien expérimentateur Franz-Serafin Exner, qui introduisit à Vienne l'étude de la radioactivité, un sujet nouveau et en plein essor. Le sujet d'étude de Lise était cependant de nature différente : il s'agissait de vérifier que les équations de Maxwell décrivant la conduction de l'électricité s'appliquent également au transport de la chaleur. Elle présenta en décembre 1905 son travail sur la conduction de la chaleur dans les solides inhomogènes devant un jury composé de Boltzmann et Exner, et obtint la plus haute mention (summa cum laude). Le diplôme de doctorat lui fut attribué en février 1906.
Lise Meitner demeura à Vienne durant l'année qui suivit son doctorat. En tant que femme, elle ne pouvait espérer une carrière académique, mais continua malgré tout la recherche. Elle rencontra Paul Ehrenfest, ancien étudiant de Boltzmann, qui attira son attention sur les articles publiés par Lord Rayleigh. L'un d'eux décrivait un effet d'optique que Rayleigh ne parvenait pas à expliquer. Lise Meitner trouva l'explication et en dériva de nouvelles observations : ce fut son premier travail scientifique indépendant.
En parallèle, elle entreprit de s'initier aux procédures expérimentales pour l'étude de la radioactivité, auprès de Stefan Meyer (en), assistant à l'Institut Boltzmann. Elle étudia alors l'absorption dans les métaux des rayonnements alpha et bêta. Elle établit ensuite un dispositif destiné à mettre en évidence la diffusion des particules alpha (quelques années plus tard, le même type de recherche conduisit Ernest Rutherford à la découverte du noyau atomique).
Trente ans de recherche à Berlin
Carrière en Allemagne
Toujours sans perspective de carrière académique, mais bénéficiant du soutien de son père, Lise Meitner partit pour Berlin en 1907 afin de suivre les cours de Max Planck. L'université allemande n'était alors pas encore ouverte aux femmes, et Lise dut obtenir l'autorisation du professeur pour assister à ses cours. Planck, globalement opposé à l'éducation des femmes mais ouvert aux « exceptions », accepta Lise Meitner, pour qui il fut ensuite un soutien important. La jeune physicienne fut rapidement remarquée. Heinrich Rubens, professeur de physique expérimentale, lui proposa de travailler dans son laboratoire. Le jeune chimiste Otto Hahn, assistant à l'institut dirigé par Emil Fischer et désireux de collaborer avec un physicien, proposa également à Lise Meitner de travailler avec lui : ce fut le début d'une collaboration de trente ans. Otto Hahn et Lise Meitner furent de proches amis, et le restèrent leur vie durant malgré les événements ultérieurs.
Au début de leur collaboration, Lise Meitner et Otto Hahn se trouvèrent relégués dans un laboratoire de sous-sol de l'institut dirigé par Fischer, en raison des réserves de ce dernier quant à la présence d'une femme dans son institut.
La situation évolua lorsque fut fondée, en 1911, la société Kaiser-Wilhelm pour l'Avancement des Sciences (KWG), conduisant à la création de plusieurs instituts de recherche. En 1912, fut créé l'Institut Kaiser Wilhelm de Chimie (KWI-C). Otto Hann y fut embauché, assurant la direction du département de radiochimie. Lise Meitner le rejoignit, mais avec le statut d'invitée, sans salaire. Peu après cependant, elle obtint son premier emploi payé comme assistante de Max Planck. En 1913, après avoir reçu une proposition de poste de professeur associé à Prague, elle obtint une position au KWI-C en tant qu'associée : une décision de Fischer, probablement influencée par Planck.
Au début de la Première Guerre mondiale, Lise Meitner s'engagea comme infirmière, manipulant les équipements à rayons X. En 1916, elle retourna à ses recherches à Berlin, malgré un certain sentiment de culpabilité pour l'abandon de son service d'infirmière .
En 1917, fut créé au KWI-C un département de physique, dont la direction fut confiée à Lise Meitner : son statut devint alors équivalent à celui d'Otto Hahn. Leur collaboration continua jusqu'à l'exil de Lise Meitner en 1938.
Travaux scientifiques
La longue collaboration entre Lise Meitner et Otto Hahn porte sur la radioactivité.
Dès leur première année de travail en commun, unissant leurs compétences respectives de physicienne et de chimiste, ils découvrirent plusieurs isotopes. Ils devinrent réputés pour leurs travaux, notamment pour la découverte du protactinium en 1918.
Indépendamment de ses travaux avec Otto Hahn, Lise Meitner mena des recherches pionnières en physique nucléaire. Elle se consacra d'abord à l'étude des spectres de rayonnements bêta et gamma. En 1923, elle fait publier un article traitant en particulier de la transition non-radiative connue comme l'effet Auger, appelé en l'honneur de Pierre Auger, un scientifique français qui découvrit indépendamment cet effet. Elle découvrit également l'émission de paires électron-positron lors de la désintégration bêta plus. Elle effectua différentes mesures de la masse du neutron.
Un autre aspect important des travaux de Lise Meitner concernait l'étude des réactions nucléaires artificielles. Ainsi, en 1934, alors que ce sujet était en plein essor, elle impliqua les deux chimistes Otto Hahn et Fritz Strassmann dans le « projet uranium », un programme de recherche qui allait mener, quatre ans plus tard, à la découverte de la fission nucléaire.
Lise Meitner supervisa également la construction d'un accélérateur de particules dans le département de physique qu'elle dirigeait ; cette tâche fut achevée en 1938, peu de temps avant son départ d'Allemagne.
Départ d'Allemagne
Lors de l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933, les Juifs occupant un emploi de service public furent renvoyés ou contraints de démissionner. Une grande partie des scientifiques juifs quitta alors l'Allemagne, parmi lesquels Otto Frisch, le neveu de Lise Meitner.
Dans un premier temps, la situation fut différente pour les membres des instituts de la Société Kaiser-Wilhelm : en tant que fondation privée, la KWG n'était pas explicitement soumise à la loi sur le service public. Cependant, en raison de la part du gouvernement et des forces conservatrices dans son financement, il y fut ordonné le renvoi des Juifs, à l'exception de quelques-uns des scientifiques les plus éminents ; parmi lesquels Lise Meitner, qui resta ainsi à la tête du département de physique du KWI-C jusqu'en 193812.
En 1937, la KWG passa sous le contrôle direct du gouvernement. Lise Meitner ne fut plus alors protégée que par sa nationalité autrichienne ; une protection qui prit fin lors de l'annexion de l'Autriche par le Troisième Reich (Anschluss) en mars 1938. En juin, elle apprit qu'elle serait prochainement renvoyée et interdite d'émigration ; elle décida alors de fuir l'Allemagne. Aidée par deux collègues néerlandais, Dirk Coster et Adriaan Fokker, elle passa la frontière des Pays-Bas en juillet 1938. Elle partit ensuite pour la Suède, où elle poursuivit son travail dans le laboratoire de Karl Manne Georg Siegbahn à Stockholm, mais avec peu de ressources. Elle continua de correspondre avec Otto Hahn et d'autres scientifiques allemands. Elle établit également une collaboration avec Niels Bohr qui voyageait régulièrement entre Copenhague et Stockholm.
Découverte de la fission
À la suite de la découverte du neutron par James Chadwick en 1932, l'idée se propagea dans la communauté scientifique que des éléments plus lourds que l'uranium (le plus lourd des éléments rencontrés sur Terre à l'état naturel) pouvaient être produits en laboratoire. Ce fut le départ d'une course effrénée entre les différentes équipes de physique nucléaire : les groupes d'Ernest Rutherford (Royaume-Uni), Irène Joliot-Curie (France), Enrico Fermi (Italie), Otto Hahn et Lise Meitner (Allemagne) se lancèrent dans la compétition. L'enjeu, tel qu'il était alors perçu, n'était autre que l'honneur d'être les premiers à produire ces éléments inconnus, et l'espoir de voir un tel résultat récompensé par un prix Nobel. Personne n'envisageait à ce moment de possible application pour ces recherches.
Lorsque Lise Meitner fut contrainte de fuir l'Allemagne en 1938, elle poursuivit sa collaboration avec Otto Hahn par correspondance. Les deux scientifiques se rencontrèrent clandestinement à Copenhague en novembre 1938, afin de planifier une nouvelle série d'expériences. De retour à Berlin, Hahn réalisa ces expériences difficiles avec Fritz Strassmann ; ils mirent en évidence la présence de baryum parmi les éléments produits à la suite du bombardement de l'uranium avec des neutrons. Ils envoyèrent le manuscrit exposant ces observations à la revue Naturwissenschaften en décembre 1938. Simultanément, ils envoyèrent une lettre à Lise Meitner pour lui faire part de leurs résultats expérimentaux. Étant donné la situation politique, Lise Meitner ne pouvait figurer comme coautrice de la publication, malgré son rôle majeur dans le déroulement de ces recherches.
La possibilité que l'uranium se brise en éléments plus légers sous l'effet d'un bombardement de neutrons avait été suggérée plusieurs années auparavant, notamment par Ida Noddack en 1934. La première explication théorique de ce phénomène fut apportée par Lise Meitner et son neveu Otto Frisch en février 1939, en employant le modèle de la goutte liquide de Niels Bohr pour décrire le noyau atomique. Ils expliquèrent comment le noyau d'uranium peut se scinder en deux parties, un noyau de baryum et un de krypton, tout en éjectant plusieurs neutrons et une grande quantité d'énergie. Ces prédictions furent confirmées expérimentalement par Frisch. Ils purent également expliquer pour quelle raison aucun élément plus lourd que l'uranium n'existe à l'état naturel : avec l'augmentation du nombre de protons, la répulsion coulombienne devient si forte qu'elle l'emporte sur l'attraction de la force nucléaire qui lie les nucléons entre eux.
Peu après la découverte de la fission, la communauté scientifique prit conscience de la possibilité de produire une réaction en chaîne pouvant libérer une quantité d'énergie colossale. L'éventualité d'une application militaire apparut alors ; dans le contexte du début de la Seconde Guerre mondiale, il fut décidé de cesser toute publication concernant la fission nucléaire. Poussés par la peur que les Allemands ne développent une arme nucléaire, les physiciens Leó Szilárd, Edward Teller et Eugene Wigner persuadèrent Albert Einstein d'utiliser sa célébrité pour attirer l'attention du président américain Franklin Roosevelt sur ce sujet. Ceci déclencha le projet Manhattan, qui fut développé à Los Alamos et aboutit à la mise au point de l'arme nucléaire employée pour détruire Hiroshima et Nagasaki en 1945. De son côté, Lise Meitner refusa l'offre de participer au projet à Los Alamos en disant qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec une bombe .
Après la guerre
En 1946, Lise Meitner exprima des regrets d'être restée en Allemagne après l'avènement du nazisme : « J'ai eu tort. Non seulement sur le plan pratique, mais aussi du point de vue moral. » Elle se montra également critique vis-à-vis des scientifiques qui, bien que ne partageant pas l'idéologie nazie, avaient travaillé sous le régime hitlérien : parmi eux, Werner Heisenberg et Otto Hahn. Elle leur reprocha la futilité d'une résistance passive, et de l'aide apportée à quelques amis, face à l'ampleur des crimes commis. Cette attitude affecte son amitié de longue date avec la botaniste et généticienne Elisabeth Schiemann, qui a passé la guerre en Allemagne tout en manifestant ouvertement son opposition au régime nazi, comme en témoigne une correspondance abondante publiée en 2010.
Lise Meitner prit la nationalité suédoise en 1949, mais partit vivre en Angleterre en 1960. Elle mourut à Cambridge en 1968, peu avant d'atteindre 90 ans. Conformément à ses vœux, elle fut enterrée auprès de son frère Walter au cimetière de l'église St James, dans le village de Bramley (Hampshire). L'inscription sur sa tombe a été écrite par son neveu Otto Frisch :
« Lise Meitner: a physicist who never lost her humanity » (« Lise Meitner, une physicienne qui n'a jamais perdu son humanité .
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7 novembre 1987 :
Bourguiba déposé par Ben Ali.
Habib Bourguiba, président à vie de la Tunisie, surnommé le « Combattant suprême » en raison de son combat pour l'indépendance du pays, est déposé par son Premier ministre, Zine el-Abidine Ben Ali (51 ans), qui fait valoir un empêchement dû au grand âge (84 ans) et à une santé défaillante.
Des commentateurs en mal de floklore qualifient cette opération de « Révolution du jasmin » (le jasmin est la fleur fétiche de la Tunisie).
Le nouvel homme fort du pays justifie ce qui ressemble à un coup d'État par la crainte d'une guerre civile avec les islamistes du mouvement Ennahda.
Avec un incontestable savoir-faire, Ben Ali, qui fut auparavant général puis ministre de l'Intérieur, va neutraliser les islamistes en douceur et engager la Tunisie dans la voie du libéralisme économique tout en maintenant une forte pression policière.
Le pays, sous sa férule, connaît une rapide modernisation, tant sur le plan économique que sur celui des mœurs.
Il se rapproche des normes européennes par le niveau d'éducation comme par l'indice de fécondité (2 enfants par femme en 2009).
On peut y voir le résultat d'un effort engagé dès l'indépendance, sous la présidence de Bourguiba.
Mais, à partir de la fin des années 1990, le président et sa famille, protégés par la censure, profitent de leur situation pour s'enrichir sans vergogne jusqu'à l'explosion révolutionnaire de janvier 2011.
FAE
"Franck Dubosc, né le 7 novembre 1963 au Petit-Quevilly, est un humoriste, acteur, scénariste et réalisateur français.
C'est en 2006 qu'il parvient à percer au cinéma dans le premier rôle de la comédie populaire Camping, concrétisant ses rêves de cinéma. Il confirme ensuite avec d'autres comédies de Fabien Onteniente : Disco (2008), Camping 2 (2010) et Camping 3 (2016)."
Capusa06
Bertille ou Bertille de Chelles ou sainte Bertille, née au pays de Soissons (Aisne); morte à Chelles (Seine-et-Marne) vers 705 ou 710, est une sainte chrétienne, fêtée le 6 novembre
Bertille, issue d'une illustre famille, était moniale à l'abbaye de Jouarre depuis une dizaine d'années, quand la reine Bathilde, régente et veuve du roi Clovis II, la mit à la tête du monastère qu'elle fondait à Chelles entre 657 et 660, près de la Marne, dans le diocèse de Paris.
Peu de temps après, vers 665, Bathilde s'y enferma pour le reste de sa vie. Bertille lui survécut une trentaine d'années, et fut abbesse de Chelles jusqu'à sa mort.
Capusa06
Marco Ezechia Lombroso, dit Cesare Lombroso (prononcé : [ˈtʃeːzare lomˈbroːzo]), né le 6 novembre 1835 à Vérone, au sein d'une famille juive, mort le 19 octobre 1909 à Turin, est un professeur italien de médecine légale et l'un des fondateurs de l'École italienne de criminologie. Il est célèbre pour ses thèses sur le « criminel né » : à partir d'études craniologiques et phrénologiques, il tentait de repérer les criminels en considérant qu'il s'agissait d'une classe héréditaire qu'on pourrait distinguer par l'apparence physique. Ses théories étaient fortement marquées par la théorie de la dégénérescence, le racialisme et le transformisme: il considérait ainsi que l'humanité avait évolué en partant des « Noirs » vers les « Jaunes » et enfin les « Blancs ». Au sein même de l'Italie, il distinguait la « race du sud » inférieure à la « race du nord », tandis qu'il considérait que les femmes étaient moins sujettes à la criminalité en raison de leur moindre intelligence et de la nature plus inactive de leur vie.
Biographie
Lombroso étudie la médecine à Padoue, Vienne et Pavie et prend la direction de l'asile d'aliénés de cette dernière ville à partir de 1864, ce qui lui donne une matière importante à ses recherches. À partir de 1866, il commence à collectionner les crânes, les squelettes, les cerveaux et d'autres objets anatomiques de personnes variées – d'abord ceux de soldats et civils de toutes les régions d'Italie, puis du monde entier, auxquels il ajoute bientôt ceux de criminels, d'aliénés ou encore d'épileptiques –, qu'il conserve d'abord dans un musée privé chez lui, à Turin. Il expose pour la première fois ces objets en public en 1884, puis au Congrès pénitentiaire international de Rome de 1885 et, quatre ans plus tard, au Congrès international d'anthropologie de Paris6. En 1898, sa collection est jugée d'intérêt scientifique et conservée à l'Université de Turin, où il a obtenu la chaire de médecine légale en 1876.