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&&&... C' EST ARRIVE ... AUJOURD'HUI ! ...&&&

fae - 17 février 2017 08:33

Bonjour à tous ! :lol:
Que s'est-il passé aujourd'hui, il y a... Un an ? Dix ans ? Un siècle ? Plusieurs siècles ?
Anecdote ou devoir de mémoire, intervenez !
Au plaisir de vous lire dans le respect de la charte Quintonic, mais surtout dans le respect tout court...

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fae17 février 2017 08:33

Bonjour à tous ! :lol:
Que s'est-il passé aujourd'hui, il y a... Un an ? Dix ans ? Un siècle ? Plusieurs siècles ?
Anecdote ou devoir de mémoire, intervenez !
Au plaisir de vous lire dans le respect de la charte Quintonic, mais surtout dans le respect tout court...

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6 novembre 2024 09:08

6 novembre 1917 :
La Révolution d'Octobre.
Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, les bolchéviques s'emparent des principaux centres de décision de Petrograd (actuel Saint-Pétersbourg).
Ce coup de force sans véritable soutien populaire est baptisé « Révolution d'Octobre » car, selon le calendrier Julien en vigueur dans l'ancienne Russie jusqu'au 14 février 1918, il s'est déroulé dans la nuit du 25 au 26 octobre .
Deux semaines plus tôt Lénine, chef des bolcheviques, avait décidé d'abattre la jeune démocratie instaurée quelques mois plus tôt et de mettre en place une « dictature du prolétariat » inspirée par les principes marxistes.
Lénine repart aussitôt se cacher en Finlande et laisse à son adjoint Trotski le soin de préparer l'insurrection.
Alexandre Kerenski, chef du gouvernement provisoire, ne se méfie pas des bolcheviques qui développent auprès des soldats de Petrograd une propagande efficace autour de trois mots d'ordre : « paix immédiate », « la terre aux paysans » et « tout le pouvoir aux soviets » (conseils ou assemblées de terrain où se prennent les décisions).
Le 6 novembre 1917 au matin, la police tente de fermer une imprimerie du parti bolchevique.
C'est l'occasion qu'attendaient les révolutionnaires pour se mobiliser.
Les partisans de Lénine assiègent le Palais d'Hiver où siègent les ministres du gouvernement provisoire.
Ces derniers n'ont pour les défendre que 1300 soldats, cosaques et élèves-officiers, y compris une unité de volontaires féminines.
Pour donner à son coup d'État l'allure d'une révolution, Lénine fait tirer le croiseur Aurore, amarré à quelques centaines de mètres de là, sur un bras de la Néva.
Après quelques velléités de résistance, les élèves-officiers et les soldates se rendent.
Les bolcheviques fêtent leur victoire par une immense beuverie, en vidant les bouteilles des caves bien fournies du Palais d'Hiver.
Peu après minuit, le gouvernement signe l'acte de capitulation.
Sitôt après sa prise de pouvoir, Lénine met en place les instruments de la dictature.
La presse « bourgeoise » est étouffée, la police politique (Tchéka) est créée le 7 décembre, et la grève est interdite le 20 décembre.
Le parti K-D (constitutionnel-démocrate), ancré dans la gauche démocratique est interdit dès décembre.
Reste l'opposition du principal parti de gauche, les S-R (socialistes-révolutionnaires, qui recueillent une écrasante majorité aux élections à l'Assemblée constituante, que les bolcheviques n'ont pas osé annuler.
Lénine ne se démonte pas et proclame que le pouvoir des Soviets est supérieur à celui de l'Assemblée et, dès le 19 janvier 1918, il ordonne sa dissolution.
Ne craignant plus la contradiction, le gouvernement entame à marches forcées la réforme des institutions.
Le 5 février 1918, il annule les dettes et les emprunts contractés par l'ancien gouvernement à l'étranger et le 3 mars conclut la désastreuse paix de Brest-Litovsk avec l'Allemagne.
Le 12 mars, le gouvernement se transporte à Moscou.

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5 novembre 2024 20:47

Merci les amis ! 😃

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5 novembre 2024 09:43

5 novembre 1922 :
Découverte du tombeau de Toutânkhamon.
Dans le sable d'Égypte, Howard Carter découvre une dalle qui semble fermer l'entrée d'une sépulture royale.
C'est l'entrée de l'unique tombe de pharaon encore inviolée.
Elle va révéler au monde la prodigieuse richesse de l'Égypte pharaonique.
L'archéologue britannique envoie un télégramme à son mécène, Lord Carnarvon, et deux semaines plus tard, les deux hommes descendent l'escalier qui mène au tombeau.
Des cartouches montrent qu'il s'agit du tombeau de Toutânkhamon.
Mort à 18 ans, vers 1360 av. J.-C., le jeune roi eut un règne falot et dut attendre 3300 ans pour connaître la gloire.
Carter et Carnarvon promènent leur regard sur une salle remplie d'objets de la vie quotidienne et d’œuvres d'art, y compris des litières et un trône d'or.
Mais le meilleur reste à venir.
Au printemps suivant, après avoir enregistré ses premières trouvailles, Carter perce une porte de l'antichambre et découvre un coffre en or de plus de cinq mètres de long, contenant plusieurs sarcophages et la momie du pharaon.
À la différence d'autres momies comme celle de Ramsès II, qui avaient été jetées de leur sarcophage par les pillards et préservées par l'air sec des caveaux, celle-ci est complètement rongée par les huiles saintes et il n'en subsiste presque rien.
L'exploration des cinq salles du tombeau de Toutânkhamon va livrer plus de cinq mille objets en or, en albâtre et en pierres précieuses, dont le célèbre masque mortuaire du jeune pharaon. L'ensemble est aujourd'hui visible au musée du Caire.

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5 novembre 2024 08:48

Alexandre de Rhodes, né à Avignon le 15 mars 1591 et mort à Ispahan (Perse) le 5 novembre 1660, est un prêtre jésuite comtadin, missionnaire en Cochinchine et au Tonkin (Vietnam) et linguiste.

Il fut un des premiers Européens à parcourir la Cochinchine et le Tonkin. Il se distingua par ses qualités de polyglotte et est surtout connu pour avoir mis au point la première transcription phonétique et romanisée de la langue vietnamienne, le Quốc ngữ (écriture nationale).

Il est l'auteur du Dictionarium Annamiticum Lusitanum et Latinum, dictionnaire trilingue vietnamien-portugais-latin édité à Rome en 1651 par la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

Origines et éducation

D'origine aragonaise (village de Calatayud) et marrane, sa famille - des négociants en soie - avait fui l'inquisition et s'était réfugiée en Avignon depuis le XVe siècle, alors terre papale et cité accueillante pour les juifs. Comme beaucoup de familles juives d'alors, converties au catholicisme, le père d'Alexandre décide de modifier son patronyme de Rueda en Rode, puis de Rode et finalement en de Rhodes. Le nom d'Alexandre n'a ainsi aucun rapport avec celui de l'île grecque de Rhodes.

Arrivé à 18 ans à Rome, Alexandre entre dans la Compagnie de Jésus le 14 avril 1612. Il a le ferme désir de rejoindre les Missions extrême-orientales. Il perfectionne sa connaissance des langues anciennes (latin, grec et hébreu), de l'italien et des mathématiques.

Ayant obtenu la bénédiction de Paul V (1552-1621) sur ce projet, il quitte Rome en octobre 1618 pour Lisbonne, alors port d'embarquement obligé depuis l'Europe pour les Indes Orientales. Il y étudie le portugais en attendant le grand départ, le 4 avril 1619, sur le "Sainte Thérèse", à destination de Goa. Quatre cents personnes embarquent sur ce « monastère flottant », où la messe est dite quotidiennement ; d'autres prêtres jésuites l'accompagnent, parmi eux Jérôme Maiotica, qui œuvrera 35 ans dans le Tonkin et la Cochinchine et Diego Mursius, qui deviendra directeur du noviciat de Goa.

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5 novembre 2024 07:08

Bonjour à tous ! 😃

"Joseph Dassin, dit Joe Dassin, né le 5 novembre 1938 à New York (États-Unis) et mort le 20 août 1980 à Papeete (Polynésie française), est un chanteur, compositeur et écrivain franco-américain.

En seize ans de carrière (1964-1980), il a connu de nombreux succès en France et dans la francophonie, ainsi qu'en chantant dans d'autres langues qu'en français. Il a fait carrière en Russie, en Finlande, en Grèce et en Allemagne. Au total, Joe Dassin a vendu près de 25 millions de disques dans le monde. "

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4 novembre 2024 20:21

Bonsoir à tous et un grand merci, les amis ! 😃

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4 novembre 2024 09:55

4 novembre 1904 :
Le ministre de la Guerre, le général Louis André, est giflé à la Chambre par le député nationaliste Syveton, un désaxé qui se suicidera peu après.
Ce drame met un point final à l'« affaire des fiches ».
Il était reproché au ministre, comme à son homologue le ministre de la Marine Camille Pelletan, d'avoir favorisé la promotion des officiers laïques et athées sans prendre en compte le critère de compétence.
Le scandale précipite la chute du ministère d'Émile Combes.
Le 1er juillet 1901, le président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau avait fait voter une loi sur les associations, encore bien connue de tous les créateurs d'associations sans but lucratif.
Cette loi établit la liberté d'association, mais son article 13 fait une exception pour les congrégations religieuses en soumettant leur création à une autorisation préalable.
La loi Waldeck-Rousseau est motivée par le souci de restaurer la préséance de l'État après plusieurs décennies de complaisance à l'égard des institutions ecclésiastiques.
Elle est dans un premier temps appliquée de façon libérale.
Mais en janvier 1902, le Conseil d'État établit que l'autorisation préalable s'imposerait désormais à toute école où enseignerait ne fût-ce qu'un congrégationniste.
C'est la voie ouverte à tous les excès.
Quand Émile Combes (67 ans) succède à Waldeck-Rousseau à la présidence du Conseil, il s'engouffre dans cette brèche.
Né dans une famille pauvre du Tarn, Émile Combes a pu accomplir de brillantes études grâce au soutien bienveillant de quelques ecclésiastiques.
Mais le directeur du séminaire juge qu'il n'a pas la vocation religieuse et le dissuade de devenir prêtre.
Le jeune homme s'installe comme médecin, devient franc-maçon pour la forme et s'engage enfin dans la vie politique.
Il est élu au Sénat, qu'il lui arrive de comparer à un « couvent bien tenu ».
D'abord « opportuniste », nom que l'on donne à la mouvance républicaine de Jules Ferry, il évolue peu à peu vers l'extrême-gauche et entre au parti radical de Georges Clemenceau.
Son premier passage au gouvernement, en 1895, comme ministre de l'Instruction publique et des Cultes lui permet de mettre en pratique ses convictions laïques mais ne le fait pas sortir de l'anonymat.
Ses convictions anticléricales, à l'unisson du parti radical, s'affichent ouvertement lors de son accession à la présidence du Conseil.
À mille lieues de la modération de son prédécesseur, il fait fermer en quelques jours plus de 2 500 écoles religieuses.
Le 7 juillet 1904, il fait voter une nouvelle loi qui interdit d'enseignement les prêtres des congrégations.

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4 novembre 2024 09:15

Ruth Handler, née Mosko le 4 novembre 1916 à Denver et morte le 27 avril 2002 à Los Angeles, est une femme d'affaires américaine.

Elle a révolutionné l'industrie du jouet en 1959 en créant la poupée Barbie, du nom de sa fille Barbara, et la poupée Ken du nom de son fils Kenneth. La poitrine opulente, la taille fine et les longues jambes de Barbie allaient totalement à l'encontre du style rond et asexué des poupées de l'époque et firent date, par leur audace, dans l'histoire du jouet pour petites filles.

Avec Peyton Massey, elle fonda également une société de fabrication de prothèses mammaires.

Biographie

Ruth Moskowickz naît le 4 novembre 1916 à Denver. Elle est la plus jeune des dix enfants d’une famille d’immigrants juifs polonais. À l’âge de 16 ans, elle rencontre Elliot Handler, elle l’épouse trois ans plus tard. Avec son époux, et le designer Harold Mattson, elle crée Mattel en 1945, un nom formé du Matt de Mattson et du El d'Elliot.

La formation de Mattel

Son mari, Elliot Handler et son associé, Harold « Matt » Matson, ont formé une petite société pour fabriquer des cadres, l'appelant « Mattel » en combinant la partie de leurs noms (« Mat » et « Elliot »). Plus tard, ils ont commencé à utiliser les chutes de la fabrication des cadres pour faire des meubles de maison de poupée. Les meubles étaient plus rentables que les cadres et la société s'est spécialisée dans la fabrication de jouets. Le premier grand succès de vente de la société était l'« Uke-a-doddle », un ukulélé jouet.

Barbie : le commencement

Ruth Handler avait constaté que sa fille Barbara, alors âgée de 10 ans, préférait jouer avec ses poupées en papier qu'avec ses poupées de petite fille et qu'elle leur octroyait des rôles d'adultes. Forte de cette observation Ruth voulut produire une poupée en plastique d'apparence adulte, mais son mari et M. Matson ont pensé que le jouet serait invendable. Lors d'un voyage en Europe du couple, Ruth découvre la poupée allemande Bild Lilli (qui était en fait un jouet gag pour adultes créé d'après le personnage de BD Lilli qui paraissait dans le journal Bild Zeitung) dans un magasin suisse et la rapporte à la maison. Une fois rentrée donc, Ruth Handler retravaille le design de la poupée et la baptise Barbie en référence à sa fille Barbara.

Barbie fait ses débuts à la foire du jouet de New York, le 9 mars 1959. La poupée est vite devenue un immense succès, lançant les Handler et leur société de jouets vers la fortune. Par la suite ils ajouteront un petit ami pour Barbie nommé Ken, en référence à Kenneth, leur fils. D'autres personnages viendront enrichir la gamme « des amis et de la famille ». Le monde de Barbie prenait forme. Ruth Handler a plus tard affirmé que, lorsqu'elle a acheté « Bild Lilli », elle ignorait que c'était un jouet pour adulte.

Ruth Handler a expliqué qu'elle a pensé que cela « était important pour l'estime d'une fille qu'elle joue avec une poupée avec une poitrine adulte »[réf. nécessaire] et Barbie a été créée pour jouer ce rôle. Si la poupée commercialisée à l'origine était transposée à taille humaine, ses mensurations auraient été assez irréalistes et de nombreux critiques ont prétendu que les mesures ont été basées sur les fantasmes masculins plutôt que la métrique humaine réelle. Au fil des années, les mensurations peu réalistes de Barbie ont continué à être controversées, avec beaucoup de théories expliquant que de jouer avec une poupée Barbie diminue l'estime de soi et complexe les petites filles .

En réponse à ces critiques, à la fin des années 1990, Mattel a ajusté le tour de poitrine en le diminuant et a augmenté le tour de taille, même si ces nouvelles mensurations sont encore loin des femmes réelles.

Les dernières années

En 1970, on diagnostique un cancer du sein à Ruth Handler qui subit une mastectomie. À la suite de cette maladie, Ruth se trouva dans l'impossibilité de trouver une bonne prothèse pour la reconstruction. Avec Peyton Massey, elle fonde alors une société de fabrication de prothèses mammaires, Ruthton Corp, qui crée des prothèses plus réalistes que les modèles existants, le modèle « Presque moi ».

En 1978, Ruth Handler est poursuivie pour fraude par la Securities and Exchange Commission (l'organisme « gendarme de la bourse américaine »). Elle est accusée de falsifier les bons de commande. Elle est condamnée à cinq ans de mise à l’épreuve, 500 heures de travaux d’intérêt général par an, une amende de 57 000 dollars et se retrouve écartée de la société Mattel.

Avec les années, les Handler ont une approche moins active dans la gestion de leur société, notamment après leur démission de la présidence. Ils continuent néanmoins à créer et à proposer de nouvelles idées. Un de ces projets est, dans les années 1980, « Barbie et les Rockers » ; Ruth Handler est alors créditée comme autrice du film Barbie et les Rockers, sorti en 1987.

Ruth Handler est introduite dans le Junior Achievement U.S. Business Hall of Fame, en 1997.

Elle meurt en Californie, à la suite de complications chirurgicales liées à un cancer du côlon, le 27 avril 2002 ; elle avait 85 ans.

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3 novembre 2024 10:10

Bonjour et bon dimanche à tous ! 😃
Merci les amis !

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3 novembre 2024 09:39

3 octobre 1990 :
L'Allemagne réunifiée.

La République Démocratique Allemande (RDA) est officiellement absorbée par la République Fédérale d'Allemagne.
Loin d'être un aboutissement, cette réunification s'avère être le début d'un long chemin semé d'embûches.
L'Allemagne réunifiée allait-elle surmonter ses vieux démons et devenir une puissance « comme les autres » ?
Comment les anciennes régions de la RDA allaient-elles s'intégrer dans l'Allemagne capitaliste?
Et quelle place celle-ci allait-elle se tailler au sein de l'Union européenne ?
Pourtant, les efforts consentis ont porté leurs fruits, et l’Allemagne est aujourd’hui l’une des principales puissances économiques mondiales.
Et, trente-quatre ans après la réunification, l’Allemagne demeure un exemple puissant de réconciliation nationale et de promotion de la paix.
Son engagement en faveur de l’unité européenne et son rôle actif dans les missions de maintien de la paix témoignent de la manière dont une nation, autrefois divisée, peut devenir un pilier de stabilité.

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3 novembre 2024 08:45

C'est sa fête : Hubert
De noble ascendance, Hubert fut évêque de Liège et Maastricht au temps des rois mérovingiens. Autour de son tombeau, dans les Ardennes, s'est établie la ville de Saint-Hubert.

Une légende tardive raconte qu'un crucifix lui serait apparu entre les bois d'un cerf au cours d'une partie de chasse. Cela fait de Saint Hubert le patron des chasseurs. On lui attribue aussi des pouvoirs contre la rage !

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3 novembre 2024 08:45

Les chassepots font merveille à Mentana

Le 3 novembre 1867, Giuseppe Garibaldi et 8 000 volontaires (les « Chemises rouges ») tentent d'entrer à Rome afin d'en chasser le pape Pie IX.

Ils veulent remettre la ville au roi d'Italie Victor-Emmanuel II et parachever ainsi l'unité politique de la péninsule. Mais le roi désapprouve cette initiative et la juge prématurée...

Humiliante défaite
Qu'à cela ne tienne, le fougueux Garibaldi viole les injonctions de son roi et prépare l'invasion du Latium !

L'empereur Napoléon III envoie un corps expéditionnaire à Rome pour protéger les possessions du pape. Un premier contingent quitte Toulon le 26 octobre 1867 et arrive à Civitavecchia trois jours plus tard alors que les volontaires garibaldiens ne sont plus qu'à 25 kilomètres de Rome. Dès le lendemain 30 octobre, une avant-garde aux ordres du général de Polhès entre à Rome et rejoint les troupes pontificales.

Le 3 novembre au matin, trois mille soldats pontificaux sortent de Rome et font leur jonction avec les soldats français. Devant eux, autour du village de Mentana, campent les huit mille volontaires garibaldiens, mal équipés, indisciplinés et dépourvus d'artillerie.

Les zouaves et carabiniers pontificaux s'avancent vers Mentana. Craignant une sortie des garibaldiens, ils appellent à la rescousse les Français, lesquels usent de leurs nouveaux fusils. Leur feu, efficace et précis, provoque la débandade des adversaires.

Les Chemises rouges battent en retraite, laissant sur le terrain près d'un millier de morts et de blessés, ainsi que 1500 prisonniers et 2000 fusils. Les troupes pontificales ne déplorent quant à elle qu'une centaine de tués et blessés.

Pour les militaires français, c'est un franc succès. « Les chassepots ont fait merveille », dit-on à l'état-major à propos des nouveaux fusils sur lesquels on avait quelques inquiétudes. Mais les Français se sont bien gardés de poursuivre Garibaldi, personnage populaire dans le monde entier.

Le roi d'Italie comprend qu'il n'a plus rien à espérer de Napoléon III. Quand celui-ci va entrer en guerre contre la Prusse, trois ans plus tard, il profitera de sa défaite pour se saisir enfin de la ville de Rome et en faire sa capitale.

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2 novembre 2024 10:13

Bonjour à tous ! 😃
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2 novembre 2024 09:18

2 octobre 1935 :
L'Italie attaque l'Éthiopie.
Dans un discours belliqueux aux Italiens, Mussolini annonce sa décision d'envahir l'Éthiopie.
Il veut offrir à son pays un empire colonial digne de son rang et n'a pas d'autre solution pour cela que d'attaquer le seul État africain qui ait échappé à la colonisation européenne.
Aussi appelée Abyssinie, l'Éthiopie est gouvernée par le négus Haïlé Sélassié Ier et fait partie depuis 1923 de la Société des Nations.
L'organisation supranationale, en condamnant l'agression, va pousser le dictateur italien à se rapprocher de Hitler.
Dix divisions italienne,s appuyées par les chars et l'aviation, se ruent sur ce pays misérable et le prennent en tenaille à partir des colonies italiennes de Somalia et d'Érythrée.
Malgré des bombardements brutaux et l'usage de l'ypérite et du phosphore, malgré les massacres de populations civiles, malgré également la trahison de certains seigneurs du Sud hostiles à l'empereur, il faudra plusieurs mois aux troupes fascistes pour venir à bout de la résistance éthiopienne.
Les Italiens s'emparent successivement d'Axoum, Adoua et Maklli.
Le 15 avril 1936, Dessié, quartier général du négus, tombe entre leurs mains.
Le 2 mai 1936, le maréchal Badoglio, chef des armées d'Afrique, pénètre enfin à Addis-Abéba, la capitale.
Le 5 mai, Rome annexe officiellement le pays africain cependant que, la veille, le négus a gagné Genève, siège de la SDN, via Djibouti et Jérusalem.
Le 9 mai, le roi Victor-Emmanuel III est proclamé empereur d'Éthiopie et, le 1er juin, Mussolini peut annoncer à Rome la naissance de l'« Africa Orientale Italiana ».

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2 novembre 2024 09:06

Le jour des morts : une invention du Moyen Age

C’est au XIe siècle, à l’abbaye de Cluny, que fut instituée la fête des morts, que nous célébrons encore, chaque année, le 2 novembre. Il s’agissait d’une cérémonie collective destinée à favoriser le repos des défunts. Car leur disparition ne les avait pas écartés de la communauté des vivants : au Moyen Age, les solidarités d’homme à homme étaient ainsi tissées, solides et durables, entre l’Ici-bas et l’Au-delà.

La tradition veut que, début novembre, au lendemain de la Toussaint, les familles viennent au cimetière honorer leurs morts. L’Église catholique consacre en effet depuis des siècles le 2 novembre aux fidèles défunts. Ce que l’on ignore généralement c’est que l’« inventeur » de cette pratique fut, au XIe siècle, l’abbé du monastère bourguignon de Cluny, Odilon 994-1049. La piété qui nous conduit à honorer collectivement nos morts début novembre plonge ainsi ses racines dans un passé lointain.

Cet attachement profond des chrétiens à leurs morts est un phénomène frappant et même paradoxal quand on le compare au traitement des défunts dans l’Antiquité. Dans le monde romain, le décès marque une rupture par rapport au monde des vivants. Les disparus occupent un séjour propre, la nécropole, à l’extérieur de la cité. Le soin qu’on leur rend est du strict ressort de la piété familiale ; ce n’est en rien une affaire publique. Or, à cette dissociation initiale du monde des vivants et du monde des morts, le christianisme va peu à peu substituer une situation radicalement différente, où les morts peuplent l’univers des vivants, avec un triple phénomène de création d’habitats autour des anciennes nécropoles, d’installation des sépultures dans les villes et de constitution de villages autour de l’église et du cimetière. Le grand historien de la mort en Occident, Philippe Ariès, a qualifié ce tournant majeur de « mort apprivoisée », phénomène de longue durée qu’il fait aller du IVe jusqu’au XVIIIe siècle, époque au cours de laquelle, pour des raisons d’hygiène, on rejette les cimetières à la périphérie des villes, dissociant de nouveau le séjour des morts de celui des vivants.

A l’origine, l’Église se montre réservée à l’égard des défunts. Interrogé sur l’attention qu’il convient de leur consacrer, Augustin, au Ve siècle, nie l’utilité des rites funéraires traditionnels des Romains. Dans la perspective du salut promis aux chrétiens, ces usages ne sont d’aucun secours ; ils ne peuvent servir qu’à consoler les vivants. En revanche, Augustin soutient que les fidèles peuvent se rendre utiles aux défunts de trois façons ce concours est habituellement qualifié de « suffrage » : en priant pour eux, en faisant dire des messes et en pratiquant l’aumône. Encore convient-il de distinguer les défunts que les vivants peuvent efficacement assister. Inutile de se préoccuper des trop grands pécheurs dont le sort est déjà scellé en enfer ; quant aux morts très particuliers que sont les saints, ils n’ont, évidemment, pas besoin de nos suffrages. Il ne reste donc que les défunts moyens, ni trop bons ni trop mauvais, que l’on peut aider à entrer dans la communion des saints.

Les moines doivent prier pour tous les morts

La tradition ultérieure a donné à la fois raison et tort à Augustin. Raison, parce que les suffrages pour les défunts ont été unanimement adoptés. Tort, dans la mesure où les vivants ont continué à honorer leurs morts, restant fidèles à la piété familiale romaine traditionnelle : au XIIe siècle, les clercs dénoncent encore les repas funéraires offerts sur les tombes. Faisant preuve de pragmatisme, l’Église s’en est accommodée et a toléré le soin entourant les funérailles et l’attention portée aux sépultures comme des pratiques coutumières relevant des familles. Mais au-delà de cette piété privée, les clercs sont parvenus progressivement à faire de l’Église une famille spirituelle occupée au soin collectif de tous les disparus.

A l’intérieur de l’Église, le soin dû aux morts est défini au début du Moyen Age comme étant l’affaire de spécialistes, les moines, qui ont volontairement choisi de mourir au monde. Pourtant, saint Benoît 480-550, le père des moines d’Occident dont la règle de vie est unanimement suivie dans les communautés monastiques depuis le IXe siècle au moins, n’a guère montré d’intérêt pour les défunts. Le premier à manifester une franche sollicitude à leur égard est le pape et ancien moine Grégoire le Grand 540-604, dont l’oeuvre exerce une énorme influence sur les communautés monastiques médiévales. Ses Dialogues exposent une doctrine de l’expiation et du feu purificateur selon laquelle les fautes les moins graves sont rémissibles et combustibles comme le bois, le foin et la paille.

Grégoire illustre ses thèses par des récits de miracles et d’apparitions qui rendent familières les figures de revenants et vulgarisent l’idée d’une nécessaire et efficace assistance liturgique aux défunts. Il rapporte ainsi la tragique mais édifiante histoire d’un frère, Justus, qui a enfreint son voeu de pauvreté en dissimulant deux pièces d’or dans sa cellule. A l’heure de sa mort, nul n’ose l’approcher et, sur l’ordre de Grégoire, son corps est jeté dans une fosse à fumier. Quelque temps après, les moines sont cependant invités à lui venir en aide par l’intermédiaire d’un « trentain », ou service liturgique de trente jours, équivalent à la durée de la pénitence infligée au défunt.

Sous l’influence de Grégoire le Grand, les morts deviennent ainsi partie prenante de la vie des moines, dans le cadre de l’office des heures récitées en communauté. Mais c’est principalement à partir du VIIIe siècle que l’on se mobilise pour assister les défunts et les saints. La fête de tous les saints, la Toussaint, naît alors en Angleterre et se répand sur le continent. C’est à ce moment qu’apparaît l’idée de célébrer tous les morts en même temps que tous les saints et que se codifie, au sein de la chrétienté, une répartition des tâches suivant laquelle il revient aux moines d’assister les défunts.

La société chrétienne idéale est en effet, dès les années 840, pensée suivant le schéma des trois ordres fonctionnels : ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent. Au sein de la première fonction, il revient aux moines de prier pour le salut collectif et de s’occuper des morts. De ce point de vue, les communautés monastiques constituent des groupements volontaires cimentés dans l’amitié, la charité et le devoir de solidarité garantissant à leurs membres une fraternité ici-bas et un souvenir dans l’Au-delà.

On peut donc dire que, dès l’époque carolingienne VIIIe-Xe siècle, l’idée de célébrer collectivement les défunts un jour donné, pas trop loin de celui des saints, est dans l’air. Le mouvement est lancé dans les années 800 par trois abbayes situées en Germanie : à Saint-Gall et à Reichenau, une commémoration annuelle est fixée le 14 novembre, tandis que la communauté de Fulda honore collectivement les morts le 11 octobre. L’initiative d’Odilon de Cluny ne fait donc que fixer et institutionnaliser une pratique déjà attestée avant et ailleurs.

Le succès de cette initiative, prise à une date inconnue autour de 1030, ne s’explique en fait que par l’énorme influence qu’exerce alors le monastère de Cluny au sein de l’Église. Ce monastère — fondé en 910 par le duc d’Aquitaine Guillaume le Pieux dans les environs de Mâcon — est un établissement romain, dans la mesure où son fondateur l’a placé directement sous la protection des apôtres Pierre et Paul et de leurs successeurs, les papes. Cluny est ainsi affranchi de toute autre autorité temporelle et spirituelle que celle de Rome. D’autre part, au cours du Xe siècle, l’établissement acquiert rapidement un prestige intellectuel et spirituel sans précédent. Cluny est, dès les alentours de l’An Mil, une puissance supra-régionale. Son abbé fraye avec les plus grands, pontifes, princes, rois et empereurs. Dans ces conditions, une initiative clunisienne ne pouvait manquer de concerner à terme l’ensemble de l’Église latine : le pape Léon IX 1049-1054 encourage la commémoration de tous les défunts, qui devient d’usage général en Occident au cours du XIIe siècle.

Les documents contemporains attestent du succès de l’initiative d’Odilon. Les fidèles se pressent pour solliciter l’assistance des moines de Cluny. Tel est l’objet de nombreux actes conservés dans les archives du monastère, le plus souvent sous forme de donations appelées « actes à cause de mort ». Ces actes nous renseignent assez précisément sur les services funéraires attendus des moines. On souhaite d’abord rejoindre le sanctuaire de Cluny ou l’une de ses dépendances, considérés comme un asile pénitentiel offrant aux défunts deux « lieux de mémoire », le cimetière et le nécrologe, qui permettent de se placer sous la protection de saint Pierre, à la fois patron du monastère, chef de l’Église romaine et porte-clés du Ciel, pour qu’il soit un bon avocat le jour du jugement.

Il y a deux cimetières à Cluny : celui des frères et celui des laïcs. Mais l’un et l’autre sont communautaires. Au XIe siècle, ce phénomène est encore récent. Au début du Moyen Age, on ne différenciait qu’exceptionnellement les défunts païens et chrétiens, et ce sont les moines qui ont instauré la pratique du cimetière communautaire, objet, depuis la fin du Xe siècle, d’un rite de consécration, acte liturgique qui en fait le séjour des chrétiens, à l’exclusion des pécheurs, des hérétiques, des infidèles, voire de toute personne souillée, par exemple les femmes en couches.

Neuf cents messes en trente jours

Le nécrologe, second lieu de mémoire recherché par les fidèles qui se confient aux moines, a la forme matérielle d’un livre. Aux origines de l’Église, les noms de quelques défunts privilégiés, destinés à être proclamés au cours de la messe, figuraient sur des tablettes ; mais le manque de place et l’importance de la demande obligent bientôt les clercs à recourir à un support plus fourni, en l’occurrence manuscrit, destiné à mentionner le nom des défunts et le service promis à la date anniversaire de leur mort.

Confier sa mémoire aux moines, c’est ensuite bénéficier de toutes les interventions que l’on est en droit d’attendre de ces spécialistes de la gestion de l’Au-delà : prières, messes et assistance aux pauvres. Prières et oraisons représentent le premier et le plus simple des gestes d’intercession. La messe, c?ur de la liturgie chrétienne qui commémore le sacrifice du Christ, est le lieu de passage obligé de tous les fidèles qui entendent suivre la voie ouverte par le Dieu fait homme retourné auprès du Père en passant de l’Ici-bas à l’Au-delà. Par l’eucharistie, il s’agit de connaître un pareil destin. Il arrive d’ailleurs que le nom de certains défunts soit inscrit sur la table d’autel.

L’importance nouvelle qu’on attribue à l’eucharistie en matière funéraire marque un tournant dans l’histoire du monachisme occidental. Car les moines sont, à l’origine, de simples laïcs. Or la nécessité de célébrer des messes suppose qu’ils accèdent toujours plus nombreux à la prêtrise. En outre, le service des défunts contribue à transformer cette commémoration collective de la mort du Christ, fondatrice de la communauté des fidèles, en un acte privé, le temps fort d’une démarche pénitentielle individualisée, d’autant plus efficace qu’elle est répétée. D’où une extraordinaire inflation de cette pratique : à l’occasion de la mort d’un moine, on dit, à Cluny, la bagatelle de neuf cents messes en l’espace de trente jours.

Il y a un troisième « service » attendu des moines à l’égard des morts : le secours accordé aux pauvres — ceux-ci étant parfois mentionnés au nombre de douze, rappel symbolique du nombre des apôtres. Les actes passés à cause de mort précisent l’importance des dons qu’on leur destine sous forme de « prébende » du latin praebere, « offrir ». Par « pauvres », il convient d’entendre tout d’abord les moines eux-mêmes, qui sont devenus tels par choix de vie, mais aussi la multitude des miséreux venus chercher au monastère de quoi survivre, à une époque où l’Occident latin est encore cerné par la faim. J. Wollasch a ainsi pu calculer qu’au début du XIIe siècle, la communauté de Cluny compte de trois cents à quatre cents moines, mais que dix mille prébendes sont distribuées chaque année à dix mille pauvres, ce qui représente le chiffre de la population d’une ville comme Francfort.

Ces « vrais » pauvres sont les doubles symboliques des morts ici-bas : le défunt nécessiteux, qui n’a pas encore rejoint la communion des saints, est représenté par le pauvre au sein de la communauté des vivants. D’autre part, selon la parole du Christ Luc, xvi, 9, les pauvres sont considérés comme « les amis qui accueillent dans les demeures éternelles » : nourri des biens terrestres abandonnés par le mort, le pauvre est censé lui offrir en retour les biens célestes.

Le tournant majeur que marque l’instauration du jour des défunts est ainsi révélateur de l’importance accordée aux morts, ou plus exactement aux relations sociales qui les attachent aux vivants. La société chrétienne contemporaine d’Odilon de Cluny et de ses frères — une société seigneuriale et féodale — se définit et se reproduit en effet dans sa façon de penser le grand passage entre l’Ici-bas et l’Au-delà : les transactions funéraires représentent une modalité privilégiée d’affirmation de l’identité de chacun, les lieux de mémoire du monastère cimetière, nécrologe, actes à cause de mort formant comme un entre-deux où les laïcs en quête de miséricorde non seulement disent qui ils sont mais surtout récapitulent leurs alliances et leurs relations de parenté, charnelle et spirituelle.

Une des principales ressources financières de Cluny

Il ne faut donc surtout pas penser la mort et l’accès à l’humanité bienheureuse, au Moyen Age, comme un temps et un espace désocialisés. Les défunts du monde féodal, âge des relations d’homme à homme, enseignent au contraire la force et la multiplicité des liens constitutifs de la vie en société. Pierre le Vénérable, neuvième abbé de Cluny 1122-1156, qui est amené à parler des vivants et des morts à plusieurs reprises dans ses écrits, évoque un « devoir de miséricorde » contraignant le fils à aider son père défunt, le frère à se préoccuper de son frère, le filleul de son parrain ou de sa marraine, le serviteur de son maître, le vassal du seigneur auquel il a prêté hommage, et inversement.

A travers ces devoirs de miséricorde qui lient les vivants aux morts, c’est bien, sous couvert du vocabulaire chrétien de la « charité », toute une conception des solidarités nécessaires à la vie en société à l’âge féodal qui est donc mise en forme par les moines. Ceux-ci, qui sont le plus souvent de grands seigneurs, trouvent dans le soin accordé aux défunts de quoi asseoir leur puissance politique et économique. Dans le circuit des échanges qui s’instaure entre Ici-bas et Au-delà, ce sont en effet les dons octroyés par et pour les morts qui permettent d’assurer la bonne marche de l’« entreprise » clunisienne : les services funéraires constituent l’une des principales ressources propres à faire vivre le monastère. S’occuper des défunts revient ainsi à imposer son pouvoir sur les vivants soucieux de trouver une place dans l’Au-delà.

Le jour des morts : 1er ou 2 novembre ?
Depuis le Moyen Age, l’Église a lutté contre la confusion entre 1er et 2 novembre, respectivement jour des saints et jours des morts. Une distinction qui, le plus souvent, échappe aux fidèles.

Le rapprochement de la Toussaint et du jour des morts a, dès le XIe siècle, créé dans l’esprit des fidèles une confusion qui s’est prolongée jusqu’à nos jours. L’Église a pourtant tout fait pour l’éviter, comme en témoigne le vocabulaire lui-même : il s’agit le 1er novembre de fêter tous les saints, c’est-à-dire ceux que l’Église a officiellement canonisé et proposés comme tels à l’imitation des croyants ; le lendemain, on se contente de commémorer tous les défunts de religion chrétienne.

La distinction entre les saints et les autres est clairement introduite par le curé d’une petite paroisse de l’Anjou d’adressant en ces termes à ses ouailles vers 1770 : « On ne prie point pour les saints que l’on sait dans le ciel […], on doit plutôt les invoquer. On ne prie pas non plus pour les païens, les hérétiques et autres dont la damnation est évidente, parce que ces prières seraient inutiles et que dans l’enfer il n’y a point de miséricorde à espérer. On prie donc seulement pour ceux dont on ne connait pas encore la destinée, mais que l’on peut croire avec raison être morts en bons chrétiens et dans la voie du salut, quoique pas encore assez purs pour avoir été introduits dans le ciel… »

Pourtant, la plupart des fidèles n’ont que faire de ces subtiles distinctions. Pour eux, un mort est un mort, et les 1er et 2 novembre sont voués à tous les disparus indistinctement. La preuve en est qu’un certain nombre de pratiques, pour beaucoup d’origine préchrétienne s’étalent sur deux jours. C’est ainsi que depuis le Moyen Age s’est instaurée la coutume de sonner les cloches des églises pendant la nuit du 1er au 2 pour éloigner les âmes des morts qui rôdent, et le clergé des XVIIe et XVIIIe siècles a eu beaucoup de mal à lutter contre cet usage déclaré « superstitieux ».

De même, certains interdits concernent les deux jours à la fois, comme labourer la terre, qui est un travail de fossoyeur, ou faire la lessive, car on risquerait de laver son propre linceul, ou sortir de chez soi pendant la nuit, celle-ci étant réservée aux trépassés. Aujourd’hui encore, c’est le 1er novembre, jour légalement férié, et non le lendemain, que les cimetières reçoivent la visite de tous ceux qui veulent se recueillir, chrysanthèmes à la main, sur la tombe d’un proche.

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