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Bernard Pivot est un journaliste français, écrivain, critique littéraire, animateur et producteur d'émissions culturelles télévisées, né le 5 mai 1935 à Lyon et mort le 6 mai 2024 à Neuilly-sur-Seine.
D'abord journaliste au Figaro littéraire, qu'il quitte en 1974 après avoir été rédacteur en chef, Bernard Pivot fonde le magazine Lire. Il lance à la télévision l'émission littéraire Apostrophes, qu'il présente de 1975 à 1990, elle reste la référence en matière de culture à la télévision, il anime ensuite l'émission Bouillon de culture de 1991 à 2001. Il crée des championnats d'orthographe et des dictées qui remportent un immense succès populaire.
A propos de la dictée Bernard Pivot disait : " la dictée pour tous les amoureux de la langue française qui adorent défier les difficultés et jouer avec les mots, seuls ou en famille, même
si elle contient des mots vaches la dictée est une ludique et aimable façon de s'entraîner....
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Voici un texte avec une dizaine de pièges :
Les mots ont la bougeotte. Seuls ou groupés, ils forcent les frontières, passent par-dessus les vallons, les vallées et les puys, s’imiscent dans nos fourre-tout, voyagent avec nos nipes et nos affûciaux. Voudrait-on les empêcher de s’envoler tous azimuts que cela se révélerait inopérant. Car les mots sont cachés dans notre bouche, embusqués derrière nos quenottes, notre luette ou nos amygdales. Sitôt arrivés à Montréal, à Canberra ou à Kinshasa, à peine avons-nous, les uns ou les autres, desserré les lèvres que les mots, pressés de s’égailler dans la nature, s’échappent comme des étourneaux. Les mots sont d’infatigables globe-trotters. Ils se jouent des fouilles et des censures. Les mots sont libres comme l’air.
Mais, de tout temps, les mots se sont battus pour vivre. Que de verbe et d'adjectifs,frappés d'obsolescence, se sont retirés du trafic ! Que d'onomatopées se sont ressemblé, concurrencées, apostrophées, nui, exclues ! Que de substantifs caducs et prétentieux de rastaquouaires ! Le vocabulaire détonnant et drôlatique des sans-culottes a eu l'heure de régénérer substantiellement la langue. Tes esbrouffes d'hier, Ô ma langue ! Sont devenues prosaïsmes rabâchés d'aujourd'hui. Que de fois t'es-tu retrouvée, ma douce péronnelle, ballotée au grè des modes imprévisibles ! Maintenant tout va plus vite, et les mots, eux aussi, se sont mis au prêt-à-porter, au clonage, à l'appocope spontanée.
" Je cause, tu causes, il cause … " la plus belle cause, c'est la langue.
