đâ€ïžđ POESIES, HAĂKUS, avez-vous dit? Dites m'en plus....đâ€ïžđ
chantoon - 16 janvier 2014 05:47

martinemdh
C'est un trou de verdure oĂč chante une riviĂšre
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; oĂč le soleil, de la montagne fiĂšre,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tĂȘte nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
PĂąle dans son lit vert oĂč la lumiĂšre pleut.
Les pieds dans les glaĂŻeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au cÎté droit.
martinemdh
L'eau qui caresse le rivage,
La rose qui s'ouvre au zéphir,
Le vent qui rit sous le feuillage,
Tout dit qu'aimer est un plaisir.
De deux amants l'égale flamme
Sait doublement les rendre heureux.
Les indifférents n'ont qu'une ùme ;
Mais lorsqu'on aime, on en a deux.
martinemdh
vers la fin d'un discours extrĂȘmement important
le grand homme dâĂ©tat trĂ©buchant
sur une belle phrase creuse
tombe dedans
et désemparé la bouche grande ouverte
haletant
montre les dents
et la carie dentaire de ses pacifiques raisonnements
met Ă vif le nerf de la guerre
la délicate question d'argent
Clown
S i Valentin t'était conté,
T u saurais tout de l'amitié !
V alentine's Day est trĂšs fĂȘtĂ©,
A mérique, Angleterre, tous les anglo-saxons
L ouent depuis longtemps le 14 février,
E nvoient leurs voeux sur petits cartons.
N ous réservons nos voeux à nos amours,
T rés dommage de se restreindre,
I l ne faut pas oublier nos ami(e)s
N i de célébrer l'AMITIE.
Chris.
martinemdh
le petit homme qui chantait sans cesse
le petit homme qui dansait dans ma tĂȘte
le petit homme de la jeunesse
a cassé son lacet de soulier
et de toutes les baraques de la fĂȘte
tout d'un coup se sont écroulées
et dans le silence de cette fĂȘte
dans le dĂ©sert de cette fĂȘte
j'ai entendu ta voix heureuse
ta voix déchirée et fragile
enfantine et désolée
venant de loin et qui m'appelait
et j'ai mis ma main sur mon cĆur
ou remuaient
ensanglantés
les sept éclats de glace de ton rire étoilé
Verlaine
martinemdh
j'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur le tĂȘte
alors
on ne me salue plus
a demandé le commandant
non on ne salue plus
a répondu l'oiseau
ah bon
excusez-moi je croyais qu'on saluait
a dit le commandant
vous ĂȘtes tout excusĂ© tout le monde peut se tromper
a dit l'oiseau

chantoon
Bonjour,bonjour...il y a, parfois, dans l'air un quelque chose qui rappelle les beaux jours, malgrĂ© le petit vent glacial de certaines journeĂ©s, oĂč les pluies torrentielles qui s'abattent allĂ©grement sur les toits....peut ĂȘtre l'arrivĂ©e d'un printemps qui s'invite bien en avance....???
LA FIN DE L'HIVER âïžâïžđšđ€
Tout au fond du jardin les premiĂšres jonquilles
Poussent un bouton jaune au bord du vieux chemin.
Il fait un peu plus chaud et lâhiver qui vacille
Va bientĂŽt sâestomper dans les derniers embruns
De la male saison. Il fait un peu moins frais,
Le soleil est moins pĂąle et reprend du volume
Au centre du ciel bleu soudain presquâincendiĂ©.
Il fait un peu plus chaud et le beau temps allume
Des flammĂšches de rose au coeur des amandiers,
Bien pùles lumignons qui chassent février.
Quelque chose sâen va, autre chose sâen vient ;
Câest lâhiver qui expire ; il fait un peu moins frais
Et lâair frĂ©mit dĂ©jĂ de ces tout petits riens
Qui le pointillent dâor et le rendent lĂ©ger.
martinemdh
dans une boite de paille tressée
le pĂšre choisit unr petite boule de papier
et il la jette
dans la cuvette
devant des enfants intrigués
surgit alors
multicolore
la grande fleur japonaise
le nénuphar instantané
et les enfants se taisent
émerveillés
jamais plus tard dans leur souvenir
cette fleur ne pourra se faner
cette fleur subite
faite pour eux
a la minute
devant eux
Prévert
martinemdh
dans l'amour la vie a encore
l'eau pure de ses yeux d'enfant
qui s'ouvre sans savoir comment
sa bouche est encore une fleur
dans l'amour la vie a encore
ses mains agrippantes d'enfant
ses pieds partent de la lumiĂšre
et ils s'en vont vers la lumiĂšre
dans l'amour la vie a toujours
un cĆur lĂ©ger et renaissant
rien n'y pourra jamais finir
demain s'y allĂšge d'hier
P Eluard