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chantoon - 16 janvier 2014 05:47

martinemdh
LâArbre et la graineâ â BenoĂźt Marchon
Quelquâun meurt, et câest comme des pas qui sâarrĂȘtent.
Mais si câĂ©tait un dĂ©part pour un nouveau voyage ?
Quelquâun meurt, et câest comme un arbre qui tombe.
Mais si câĂ©tait une graine germant dans une terre nouvelle ?
Quelquâun meurt, et câest comme une porte qui claque.
Mais si câĂ©tait un passage sâouvrant sur dâautres paysages ?
Quelquâun meurt, et câest comme un silence qui hurle.
Mais sâil nous aidait Ă entendre la fragile musique de la vie ?

chantoon
Bonjour, bonjour...
L'apparence .
Ici-bas, oh ! vraiment c'est une étrange chose :
Quand on souffre le plus, on prend un air joyeux ;
Quand on porte en son sein le cĆur le plus morose,
On met, pour le cacher, un sourire en ses yeux.
De sa peine chacun meurt, et personne n'ose
Ăter Ă son chagrin son voile insoucieux ;
Homme, on veut ĂȘtre gai comme un enfant bien rose,
Et l'on refoule en soi sa douleur de son mieux.
Dans ce monde d'oubli, voilĂ , voilĂ l'usage !
Mais qu'on n'aille donc pas nous juger au visage,
Ni prendre pour du vrai tout ce clinquant moqueur !
Comme un arbre fleurit et verdit à l'écorce
Quand son vieux tronc creusé penche et tremble sans force,
On sourit au dehors, et l'on est mort au cĆur.
( Un peu tristounet mais ainsi va la vie .)
martinemdh
Quand vous serez bien vieille, au soir, Ă la chandelle,
Assise auprÚs du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me cĂ©lĂ©brait du temps que jâĂ©tais belle.
Lors, vous nâaurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne sâaille rĂ©veillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre et fantĂŽme sans os :
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si mâen croyez, nâattendez Ă demain :
Cueillez dĂšs aujourdâhui les roses de la vie.
Pierre de Ronsard
martinemdh
Mon enfant, ma soeur,
Songe Ă la douceur
D'aller lĂ -bas vivre ensemble !
Aimer Ă loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traĂźtres yeux,
Brillant Ă travers leurs larmes.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
MĂȘlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
Ă l'Ăąme en secret
Sa douce langue natale.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
RevĂȘtent les champs,
Les canaux, la ville entiĂšre,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumiĂšre.
Là , tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
L'invitation au voyage
PoĂšmes de Charles Baudelaire

chantoon
Bonne fin d'aprĂšs midi.....
J'ai retrouvĂ© cette poĂšsie....elle me fait rĂ©ver...đ
Les fleurs fines.
Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume
Poussaient au bord de nos chemins
Le vent tombait et l'air semblait frĂŽler tes mains
Et tes cheveux avec des plumes.
L'ombre était bienveillante à nos pas réunis
En leur marche, sous le feuillage ;
Une chanson d'enfant nous venait d'un village
Et remplissait tout l'infini.
Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne
Sous la garde des longs roseaux
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux
Sa haute et flexible couronne.
Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient
Ensemble une mĂȘme pensĂ©e,
Nous songions que c'était notre vie apaisée
Que ce beau soir nous dévoilait.
Une suprĂȘme fois, tu vis le ciel en fĂȘte
Se parer et nous dire adieu ;
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.
Ămile Verhaeren.

chantoon
Bonsoir...
Chaleur estivale
Sur la plage le parasol fermé pointe au firmament
Ma langue savoure les grains de sel sur mes lĂšvres moites
Mes pieds sâenfoncent dans le sable chaud
Le sommeil me guette
Le rĂȘve mâattend
Le soleil grandit lâĂ©ternitĂ© de mes pensĂ©es.
Je rĂ©pĂšte jusquâĂ lâhallucination les vers que tu as Ă©crits pour moi,
une nuit à cÎté des étoiles.
Sous lâastre de lâĂ©tĂ©
je revis notre amour : colonne ivre du temple de lâĂ©ternitĂ©
Les saisons se succĂšdent
Et moi
je crois encore aux feux dâartifices.
Sybille Rembard, Beauté fractionnée, 2002
martinemdh
si jamais une coquette
Vous demande un jour
Quelle saison est la plus chouette
Pour rĂȘver d'amour
Ne dites pas qu'la meilleure date
C'est mars ou fin septembre
L'époque la plus a déquate
C'est celle que chantent les chattes
A la mi-Août
C'est tellement plus romantique
A la mi-AoûtOn fera les quatre cents coups
A la mi-Août
Tous les cĆurs sont en pique-nique
A la mi-Août
Les filles n'ont pas peur du loup
Et si la belle vous dit soudain
J'adore les fourrures
Quand donc aurais-je mon ragondin ?
hantez d'un air badin :
A la mi-Août
C'est bien plus économique
A la mi-Août
Y a d'la joie pour les matous
Je m'souviens lorsque naguĂšre
J'ai passé mon bac
Comme j'étais pas une lumiÚre
J'avais plutĂŽt l'trac
Le prof d'histoire me demande
Quand donc est né l'shÀh d'Perse ?
DÚs l'instant qu'on parlait du shÀh
J'ai dit eh ! bien voilA la mi-Août
C'est tell'ment plus romantique
A la mi-Août
Y a d'la joie pour les matous
A la mi-Août
On se sent plus dynamique
A la mi-Août
On s'amuse comme des fous
Je connais une Auvergnate
Qui aime un bougnatQuand elle dit : "A bas les pattes"
Il s'écrie : "Fouchtra
Quand ch'est-y que tu me donn'ras
Tout ché que tu pochÚdes ?"
Pour l'inchtant répond-elle au gars
Y'est pas quechtion de cha.
A la mi-Août

chantoon
Bonjour, bonjour....
Bonne pensée du matin
Arthur Rimbaud (1854-1891)
à quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous les bosquets l'aube évapore
L'odeur du soir fĂȘtĂ©.
Mais lĂ -bas dans l'immense chantier
Vers le soleil des Hespérides,
En bras de chemise, les charpentiers
Déjà s'agitent.
Dans leur désert de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
OĂč la richesse de la ville
Rira sous de faux cieux.
Ah ! pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus ! laisse un peu les Amants,
Dont l'Ăąme est en couronne.
Ă Reine des Bergers !
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie,
Pour que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer, Ă midi.
martinemdh
le politicien
que voulez vous au juste
la baisse des prix ?
allez vous l'avez !
la contraception ?
allez vous l'avez !
la réforme scolaire ?
allez vous l'avez !
la réforme agraire?
allez vous l'avez !
la réforme fiscale?
allez vous l'avez !
le bien ĂȘtre ?
allez vous l'avez
avec tous ces "allez vous lavez ",on est propre !!!
martinemdh
Somme, doux repos de nos yeux.
Aimé des hommes et des dieux,
Fils de la Nuit et du Silence,
Qui peux les esprits délier,
Qui fais les soucis oublier,
Endormant toute violence.
Approche, Î Sommeil désiré !
Las ! c'est trop longtemps demeuré :
La nuit est à demi passée,
Et je suis encore attendant
Que tu chasses le soin mordant,
HÎte importun de ma pensée.Clos mes yeux, fais-moi sommeiller,
Je t'attends sur mon oreiller,
OĂč je tiens la tĂȘte appuyĂ©e :
Je suis dans mon lit sans mouvoir,
Pour mieux ta douceur recevoir,
Douceur dont la peine est noyée.
HĂąte-toi, Sommeil, de venir :
Mais qui te peut tant retenir ?
Rien en ce lieu ne te retarde,
Le chien n'aboie ici autour,
Le coq n'annonce point le jour,
On n'entend point l'oie criarde.
Si tous les songes ne sont rien,
C'est tout un, ils me plaisent bien :
J'aime une telle tromperie.
HĂąte-toi donc, pour mon confort;
On te dit frĂšre de la Mort,
Tu seras pĂšre de ma vie.Mais, las ! je te vais appelant,
Tandis la nuit en s'envolant
Fait place Ă l'aurore vermeille :
O Amour ! tyran de mon coeur,
C'est toi seul qui par ta rigueur
EmpĂȘches que je ne sommeille.
Hé ! quelle étrange cruauté !
Je t'ai donné ma liberté,
Mon coeur, ma vie, et ma lumiĂšre,
Et tu ne veux pas seulement
Me donner pour allégement
Une pauvre nuit tout entiĂšre ?