Emmanuel Macron, le président de l’injustice

- 19 décembre 2021 16:29

Article de Christian Chavagneux

En cinq ans d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron aura fait vivre à la France une période de libéralisme inégalitaire et antisocial. Découvrez en avant-première cet article qui introduira un dossier spécial de 30 pages consacré au bilan du quinquennat, à paraître dans le numéro de janvier 2022 d’Alternatives Economiques. Chez votre marchand de journaux dès le 30 décembre.

« Je suis pour un pays juste », a affirmé le président Macron lors de l’émission qui lui était consacrée mercredi sur TF1 et LCI. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », aurait dû être la phrase suivante. Le futur candidat n’est plus le jeune premier de la vie politique française : il a désormais un bilan et c’est celui de l’injustice.

L’une des dimensions de cette injustice a été repérée depuis longtemps : Emmanuel Macron a été et restera le président des riches. Il a supprimé une partie de l’impôt sur la fortune, faisant perdre 3,5 milliards de recettes fiscales en faveur des 1 % les plus aisés, selon l’Insee.

L’ISF représentait un symbole important, mais c’était un impôt mité : l’Institut des politiques publiques (IPP) a montré qu’entre l’exonération des biens professionnels et le bouclier fiscal qui limite les impôts payés à un maximum de 75 % des revenus de l’année précédente, les 400 contribuables les plus aisés voyait leur fortune imposée à 0,1 %.

Les plus riches ont surtout bénéficié de la baisse de l’imposition des revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) ramenée à un maximum de 30 %, contre un taux d’imposition maximum sur les intérêts à 58,2 % et à 40,2 % sur les dividendes auparavant. Une aubaine pour les 1 % les plus riches dont le patrimoine est constitué à 34 % de placements financiers, alors que ceux-ci pèsent pour 16 % du patrimoine des 10 % les plus riches et presque rien pour les plus pauvres. Résultat, les très riches ont reçu plus de dividendes, la France est saluée par les investisseurs comme le pays européen leader en la matière.

Pourquoi cette politique inégalitaire ? « Nos compatriotes les plus aisés, comme dit Emmanuel Macron, partaient et allaient investir ailleurs », quand les rares données de Bercy sur le sujet ne pointent aucun départ massif des plus riches et encore moins pour des motifs fiscaux.

La logique de tout cela est peut-être celle de la croyance libérale du Président dans le ruissellement : laisser l’argent aux très riches, c’est bon pour l’investissement et l’emploi ; ce qu’aucune étude ne démontre.

A moins qu’il ne mène tout simplement une « guerre des classes », selon l’expression du milliardaire américain Warren Buffet, pour faire gagner les plus riches. Selon l’IPP, entre 2017 et 2022, les 5 % les plus modestes ont perdu en niveau de vie à cause des mesures décidées par l’exécutif, quand les 1 % les plus aisés ont vu le leur s’accroître de 2,8 % et le top 0,1 % de 4,1 %.

Réduire les droits

Le bilan présidentiel est malheureusement tout aussi clair de l’autre côté de l’échelle sociale : entre la fin 2016 et la fin 2020, le taux de pauvreté est passé de 14 à 14,6 %. Et la stabilité observée en 2020 par rapport à 2019 n’a été due qu’aux mesures exceptionnelles liées à la pandémie. Car la politique sociale du quinquennat a nettement été orientée vers la réduction des dépenses sociales par la réduction des droits.

On se rappelle que l’une des premières mesures du gouvernement a consisté à diminuer les aides personnalisées au logement (APL), et les coupes ont continué – la dernière en date est la « contemporanéisation » entrée en vigueur cette année – pour aboutir à un total de 3,7 milliards d’euros par an retranchés aux revenus des plus modestes. Face aux 3,5 milliards rendus aux plus riches par la réforme de l’ISF, on comprend pourquoi la gauche se rêve en Robin des Bois : Emmanuel Macron a endossé les habits du Shérif de Nottingham !

On a déjà oublié les ordonnances qui autorisent plus de travail de nuit et le dimanche, qui permettent aux employeurs de négocier des accords moins favorables que ceux de leur branche et dont la dernière évaluation de ce mois de décembre souligne le coup porté à la qualité du dialogue social.

On a oublié tout cela, car la fin 2021 a vu la mise en œuvre de la réforme des allocations chômage qui réduit l’aide aux salariés ayant perdu leur emploi. Par exemple, devoir travailler six mois au lieu de quatre avant de pouvoir toucher quoi que ce soit, « ça change les choses pour beaucoup ! », s’est félicité Emmanuel Macron mercredi, laissant entendre que la cible était les profiteurs du système.

t seule la pandémie a fait reculer le gouvernement sur une réforme des retraites qui, au-delà de tous ses aspects techniques, n’avait pour seul but politique que de réduire le niveau des pensions.

« Comme nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps », assène le chef de l’Etat. Prenons un peu de recul, comme l’a fait l’économiste Lucas Chancel, dont les données sur la période 1870-2020 montrent que, grosso modo, depuis un siècle et demi, on a multiplié par deux notre espérance de vie et divisé par deux notre temps de travail.

La population vieillit ? C’est indéniable. Mais quand le Conseil d’orientation des retraites dresse douze scénarios pour l’avenir en fonction des gains d’efficacité de l’économie française et de la politique des gouvernements envers les fonctionnaires, il y en a neuf sur douze pour lesquels le régime des retraites est en excédent à moyen long terme, neuf ! Et trois pour lesquels il pourrait y avoir un déficit, compris entre 0 et 0,6 point de PIB : insignifiant.

Le « travaillez plus, parce que vous vivez plus » n’est pas économique, il est idéologique.

Haro sur les impôts

Et nul besoin de réfléchir bien longtemps pour comprendre le corpus de référence du Président au cours de ces cinq années. Emmanuel Macron a puisé dans le libéralisme économique, dans sa version la plus dure, on vient de le voir, la plus antisociale.

La stratégie est bien connue. Ce quinquennat a prolongé une évolution ancienne de transfert du financement de la protection sociale des cotisations sociales vers l’impôt. De quoi réduire le coût du travail, mais sans que l’on puisse montrer un effet favorable sur l’emploi. Par contre, cela facilite le détricotage de l’Etat-providence : toute baisse des impôts réclame une baisse des droits sociaux au nom du maintien des équilibres financiers.

Et c’est bien ce qui se passe avec un gouvernement pour qui les impôts semblent l’ennemi de l’intérêt général : baisse de l’imposition des plus riches et de la taxe d’habitation, défiscalisation des heures supplémentaires, baisse des impôts de production et du taux de l’impôt sur les sociétés, etc. Les hausses de la CSG et des taxes sur le tabac et sur l’énergie du début de mandat sont bien loin et portent majoritairement sur les plus démunis.

Enfin, on hésite entre l’incompréhension et la sidération face à un Président élu à 39 ans et qui, face au réchauffement climatique, reste coincé dans un productivisme et une obéissance au lobby nucléaire comme on en connaît peu dans le reste du monde. Le chef de l’Etat n’est pas avare de paroles en la matière, ni de mesures tant qu’elles restent dans le symbole : arrêt de Notre-Dame-des-Landes, création d’un Haut Conseil pour le climat, Convention citoyenne pour le climat, etc.

Tout cela se termine par une loi « climat et résilience » sans ambition, une rénovation des logements sous-financée, une sortie du glyphosate reportée, des aides agricoles qui ne donnent pas la priorité à l’environnement, des aides aux entreprises sans contreparties environnementales, une faible progression des énergies renouvelables et une promotion du nucléaire alors que l’on dispose maintenant de plusieurs études démontrant la possibilité de scénarios sans dépendance à cette source d’énergie coûteuse et dangereuse.

Bien sûr, en entrant dans le détail de l’action présidentielle, comme nous le ferons dans le dossier à paraître dans le numéro de janvier d’Alternatives Economiques, on trouvera ici ou là quelques audaces ou propositions intéressantes. Un constat s’impose néanmoins : le président Macron aura fait vivre à la France cinq ans d’un libéralisme inégalitaire et antisocial, qui conçoit le progrès comme la possibilité donnée à chacun de travailler plus pour produire plus, sans trop d’impôts et sans se préoccuper de la planète. Comme un petit air de fin de XIXe siècle…

https://www.alternatives-economiques.fr//emmanuel-macron-president-de-linjustice/00101560?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=hebdo_abo&utm_content=19122021

Emmanuel Macron, le président de l’injustice

19 décembre 2021 16:29

Article de Christian Chavagneux

En cinq ans d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron aura fait vivre à la France une période de libéralisme inégalitaire et antisocial. Découvrez en avant-première cet article qui introduira un dossier spécial de 30 pages consacré au bilan du quinquennat, à paraître dans le numéro de janvier 2022 d’Alternatives Economiques. Chez votre marchand de journaux dès le 30 décembre.

« Je suis pour un pays juste », a affirmé le président Macron lors de l’émission qui lui était consacrée mercredi sur TF1 et LCI. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », aurait dû être la phrase suivante. Le futur candidat n’est plus le jeune premier de la vie politique française : il a désormais un bilan et c’est celui de l’injustice.

L’une des dimensions de cette injustice a été repérée depuis longtemps : Emmanuel Macron a été et restera le président des riches. Il a supprimé une partie de l’impôt sur la fortune, faisant perdre 3,5 milliards de recettes fiscales en faveur des 1 % les plus aisés, selon l’Insee.

L’ISF représentait un symbole important, mais c’était un impôt mité : l’Institut des politiques publiques (IPP) a montré qu’entre l’exonération des biens professionnels et le bouclier fiscal qui limite les impôts payés à un maximum de 75 % des revenus de l’année précédente, les 400 contribuables les plus aisés voyait leur fortune imposée à 0,1 %.

Les plus riches ont surtout bénéficié de la baisse de l’imposition des revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) ramenée à un maximum de 30 %, contre un taux d’imposition maximum sur les intérêts à 58,2 % et à 40,2 % sur les dividendes auparavant. Une aubaine pour les 1 % les plus riches dont le patrimoine est constitué à 34 % de placements financiers, alors que ceux-ci pèsent pour 16 % du patrimoine des 10 % les plus riches et presque rien pour les plus pauvres. Résultat, les très riches ont reçu plus de dividendes, la France est saluée par les investisseurs comme le pays européen leader en la matière.

Pourquoi cette politique inégalitaire ? « Nos compatriotes les plus aisés, comme dit Emmanuel Macron, partaient et allaient investir ailleurs », quand les rares données de Bercy sur le sujet ne pointent aucun départ massif des plus riches et encore moins pour des motifs fiscaux.

La logique de tout cela est peut-être celle de la croyance libérale du Président dans le ruissellement : laisser l’argent aux très riches, c’est bon pour l’investissement et l’emploi ; ce qu’aucune étude ne démontre.

A moins qu’il ne mène tout simplement une « guerre des classes », selon l’expression du milliardaire américain Warren Buffet, pour faire gagner les plus riches. Selon l’IPP, entre 2017 et 2022, les 5 % les plus modestes ont perdu en niveau de vie à cause des mesures décidées par l’exécutif, quand les 1 % les plus aisés ont vu le leur s’accroître de 2,8 % et le top 0,1 % de 4,1 %.

Réduire les droits

Le bilan présidentiel est malheureusement tout aussi clair de l’autre côté de l’échelle sociale : entre la fin 2016 et la fin 2020, le taux de pauvreté est passé de 14 à 14,6 %. Et la stabilité observée en 2020 par rapport à 2019 n’a été due qu’aux mesures exceptionnelles liées à la pandémie. Car la politique sociale du quinquennat a nettement été orientée vers la réduction des dépenses sociales par la réduction des droits.

On se rappelle que l’une des premières mesures du gouvernement a consisté à diminuer les aides personnalisées au logement (APL), et les coupes ont continué – la dernière en date est la « contemporanéisation » entrée en vigueur cette année – pour aboutir à un total de 3,7 milliards d’euros par an retranchés aux revenus des plus modestes. Face aux 3,5 milliards rendus aux plus riches par la réforme de l’ISF, on comprend pourquoi la gauche se rêve en Robin des Bois : Emmanuel Macron a endossé les habits du Shérif de Nottingham !

On a déjà oublié les ordonnances qui autorisent plus de travail de nuit et le dimanche, qui permettent aux employeurs de négocier des accords moins favorables que ceux de leur branche et dont la dernière évaluation de ce mois de décembre souligne le coup porté à la qualité du dialogue social.

On a oublié tout cela, car la fin 2021 a vu la mise en œuvre de la réforme des allocations chômage qui réduit l’aide aux salariés ayant perdu leur emploi. Par exemple, devoir travailler six mois au lieu de quatre avant de pouvoir toucher quoi que ce soit, « ça change les choses pour beaucoup ! », s’est félicité Emmanuel Macron mercredi, laissant entendre que la cible était les profiteurs du système.

t seule la pandémie a fait reculer le gouvernement sur une réforme des retraites qui, au-delà de tous ses aspects techniques, n’avait pour seul but politique que de réduire le niveau des pensions.

« Comme nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps », assène le chef de l’Etat. Prenons un peu de recul, comme l’a fait l’économiste Lucas Chancel, dont les données sur la période 1870-2020 montrent que, grosso modo, depuis un siècle et demi, on a multiplié par deux notre espérance de vie et divisé par deux notre temps de travail.

La population vieillit ? C’est indéniable. Mais quand le Conseil d’orientation des retraites dresse douze scénarios pour l’avenir en fonction des gains d’efficacité de l’économie française et de la politique des gouvernements envers les fonctionnaires, il y en a neuf sur douze pour lesquels le régime des retraites est en excédent à moyen long terme, neuf ! Et trois pour lesquels il pourrait y avoir un déficit, compris entre 0 et 0,6 point de PIB : insignifiant.

Le « travaillez plus, parce que vous vivez plus » n’est pas économique, il est idéologique.

Haro sur les impôts

Et nul besoin de réfléchir bien longtemps pour comprendre le corpus de référence du Président au cours de ces cinq années. Emmanuel Macron a puisé dans le libéralisme économique, dans sa version la plus dure, on vient de le voir, la plus antisociale.

La stratégie est bien connue. Ce quinquennat a prolongé une évolution ancienne de transfert du financement de la protection sociale des cotisations sociales vers l’impôt. De quoi réduire le coût du travail, mais sans que l’on puisse montrer un effet favorable sur l’emploi. Par contre, cela facilite le détricotage de l’Etat-providence : toute baisse des impôts réclame une baisse des droits sociaux au nom du maintien des équilibres financiers.

Et c’est bien ce qui se passe avec un gouvernement pour qui les impôts semblent l’ennemi de l’intérêt général : baisse de l’imposition des plus riches et de la taxe d’habitation, défiscalisation des heures supplémentaires, baisse des impôts de production et du taux de l’impôt sur les sociétés, etc. Les hausses de la CSG et des taxes sur le tabac et sur l’énergie du début de mandat sont bien loin et portent majoritairement sur les plus démunis.

Enfin, on hésite entre l’incompréhension et la sidération face à un Président élu à 39 ans et qui, face au réchauffement climatique, reste coincé dans un productivisme et une obéissance au lobby nucléaire comme on en connaît peu dans le reste du monde. Le chef de l’Etat n’est pas avare de paroles en la matière, ni de mesures tant qu’elles restent dans le symbole : arrêt de Notre-Dame-des-Landes, création d’un Haut Conseil pour le climat, Convention citoyenne pour le climat, etc.

Tout cela se termine par une loi « climat et résilience » sans ambition, une rénovation des logements sous-financée, une sortie du glyphosate reportée, des aides agricoles qui ne donnent pas la priorité à l’environnement, des aides aux entreprises sans contreparties environnementales, une faible progression des énergies renouvelables et une promotion du nucléaire alors que l’on dispose maintenant de plusieurs études démontrant la possibilité de scénarios sans dépendance à cette source d’énergie coûteuse et dangereuse.

Bien sûr, en entrant dans le détail de l’action présidentielle, comme nous le ferons dans le dossier à paraître dans le numéro de janvier d’Alternatives Economiques, on trouvera ici ou là quelques audaces ou propositions intéressantes. Un constat s’impose néanmoins : le président Macron aura fait vivre à la France cinq ans d’un libéralisme inégalitaire et antisocial, qui conçoit le progrès comme la possibilité donnée à chacun de travailler plus pour produire plus, sans trop d’impôts et sans se préoccuper de la planète. Comme un petit air de fin de XIXe siècle…

https://www.alternatives-economiques.fr//emmanuel-macron-president-de-linjustice/00101560?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=hebdo_abo&utm_content=19122021

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jokaire

17 mars 2022 15:30

POLITIQUE - Un rapport explosif publié le jour où Emmanuel Macron donne sa grande conférence de presse de campagne. Ce jeudi 17 mars, une commission d’enquête du Sénat qui s’est penchée sur l’influence (controversée) des cabinets de conseil au sein des pouvoirs publics accuse l’entreprise McKinsey (dont les liens avec le gouvernement ont fait polémique) d’optimisation fiscale.

“Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l’impôt sur les sociétés (IS) en France mais ses versements s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans”, dénoncent les sénateurs, rappelant que le cabinet de conseil a pourtant réalisé un chiffre d’affaires de 329 millions d’euros en France pour le seul exercice 2020, “dont environ 5% dans le secteur public”.

Résultat, “il semble qu’il s’agisse d’un exemple caricatural d’optimisation fiscale”, accuse le Sénat, alors que Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey et conseiller sur la campagne d’Emmanuel Macron en 2017, avait juré devant les membres de la commission que l’entreprise avait bien payé l’impôt sur les sociétés en France. Des propos mensongers pour lesquels le Sénat compte saisir la justice, puisque l’intéressé s’exprimait sous serment et que le faux témoignage devant la représentation nationale est passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

“La Macronie préfère envoyer vos impôts au Delaware”
Sans surprise, ces révélations provoquent de vives réactions politiques, dans la mesure où le gouvernement a souvent été accusé d’accorder une trop large place à ces cabinets privés pour appuyer ses décisions. “Emmanuel Macron doit s’expliquer sur le recours massif de l’État à l’entreprise McKinsey dont le Sénat révèle qu’elle ne paye pas ses impôts en France. Comment pouvait-il ne pas le savoir?”, tacle Valérie Pécresse dans un tweet, jugeant que le chef de l’État est dans l’obligation de “rendre des comptes” après ce rapport.

“Voilà comment on démantèle l’État et le service public. Non seulement le gouvernement⁩ a payé des millions d’euros de commandes de conseils à McKinsey, mais en plus c’est un fraudeur fiscal!”, a renchéri sur le même réseau social Delphine Batho, porte-parole du candidat écologiste Yannick Jadot. Même son de cloche du côté de l’Insoumis François Ruffin. “Le cabinet de conseil a touché 10,8 millions d’euros du gouvernement rien qu’en 2020. Ils devraient être traînés devant des tribunaux. La Macronie préfère envoyer vos impôts au Delaware”, a tweeté l’élu picard.

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jokaire

15 mars 2022 21:53

DÉBATS
GUERRE EN UKRAINE
Raphaël Glucksmann : « Si nous ne défendons pas l’Ukraine pour nos principes, alors faisons-le pour nos intérêts vitaux »
TRIBUNE
Raphaël Glucksmann

Le député européen appelle, dans une tribune au « Monde », l’Europe à montrer qu’elle est prête « à payer le prix de la liberté » en mettant fin aux importations de gaz et de pétrole russes et en fournissant davantage d’armes aux forces ukrainiennes.

Depuis le 24 février 2022, les dirigeants européens répètent en boucle que l’histoire est redevenue tragique et que la guerre est de retour dans nos vies. Mais ont-ils vraiment compris ce que cela signifiait ? Et nous ? Avons-nous compris que l’avenir de l’Europe se décidait dans les ruines de Marioupol et de Kharkiv, dans les rues de Kyiv [le nom ukrainien de Kiev] et de Kherson, dans les corridors des chancelleries et les travées des Parlements aussi, en chacun de nous enfin ?

Le dire n’est pas suffisant, il faut se comporter et agir en conséquence, c’est-à-dire tout faire – tout sauf une intervention militaire directe contre la puissance nucléaire russe – pour arrêter Vladimir Poutine en Ukraine. Maintenant. Sans tergiversation ni faux-fuyant.

Mais nos élites biberonnées au mythe de la paix perpétuelle sauront-elles faire face à la tempête qu’elles ont si longtemps refusé de voir venir ? L’Europe trouvera-t-elle la force de naître de ce chaos que les anciens Grecs plaçaient aux origines du monde, ou bien s’y noiera-t-elle par impuissance et apathie ?

Une résistance qui change la donne
A ces questions, nos dirigeants n’ont pas encore apporté de réponse claire. Les Ukrainiens, si. Imprévue à Moscou comme à Washington, leur résistance est la surprise qui ouvre une brèche et place chacun face à ses responsabilités. Sans elle, nos gouvernants auraient une fois de plus consenti à la défaite du droit, de nos principes et de nos intérêts. Ils auraient condamné, puis seraient passés à autre chose. Comme en Géorgie. Comme en Syrie. Comme en Crimée. C’est cette résistance héroïque qui change la donne.

Nous n’enverrons pas d’armée combattre à ses côtés, mais nous pouvons l’aider beaucoup plus qu’actuellement. Face aux hésitations américaines sur les avions de chasse Mig polonais, les Européens doivent assumer de livrer les avions, les missiles sol-air, les batteries antimissiles que les Ukrainiens nous demandent afin d’essayer de fermer ce ciel meurtrier que nous laissons ouvert.

Les démagogues qui confondent les mots « paix » et « soumission » clament qu’agir ainsi nous conférerait le statut de « cobelligérant ». C’est faux. La charte de l’Organisation des Nations unies est. claire : lorsqu'une nation souveraine est envahie en violation du droit international, lui fournir des armes ne rend aucunement « cobelligérant ». Affirmer l’inverse revient à accepter que Poutine fixe les termes du débat qu’il suscite et du conflit qu’il impose.

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durgarani

12 mars 2022 23:42

Oui surtout aller voter au 1er tour afin que les candidats changent au dernier vote. Il faut frapper un grand coup, il faut oser, n'importe comment on ne peut pas refaire 5 ans comme on vient de passer, ce serait injuste.

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triccce

10 mars 2022 09:21
jokaire a écrit :
LE PAON ET LE PALAIS.



Un jeune paon , imbu de son plumage

Fût pris dès son plus jeune âge

En mains par une vieille pintade

Qui laissa son vieux coq en rade.



Lors , notre jeune volatile

Qui se trouvait fort volubile

Ne fût plus satisfait de son habitat

Et se rêva en costume d'apparat.



Pourquoi , se disait-il , se contenter

D'un simple poulailler , fût-il doré ,

Alors que , sans travailler,

Je puis demeurer au palais.



Il me suffit , si mes calculs sont bons ,

De prendre mes congénères pour des pigeons

Et , pour les prochaines élections ,

De bien jouer les trublions.



Ainsi fût fait , et contre toute attente,

Il prît la place laissée vacante

Par tous les vieux coqs déplumés

Dont tout le monde s'était lassé.



Pour constituer sa basse-cour

Il fit appel à des vautours

Aptes à tondre la laine ,

À amasser toutes les graines.



Ses anciens congénères

Qu'il jugeait fort vulgaires

Virent enfin , mais un peu tard ,

Qu'on les prenait pour des bâtards.



Fort de son plébiscite aux élections ,

Notre dieu-paon , tel Pygmalion ,

Favorisa un jeune sardouk

Dont il se servait comme bouc.



Grisé par ses nouvelles prérogatives,

Celui-ci , de manière fort hâtive ,

Se crût par son maître autorisé

De jeunes oisons brutaliser.



Las , malgré la volonté manifeste

De celer ces faits funestes,

L'histoire vînt à transpirer

Hors de murs du Palais.



Devant ce gros scandale ,

Notre apprenti Sardanapale

Dût rétropédaler

À son grand regret.



Il envoya ses janissaires

Désigner un bouc émissaire

Mais la sauce ne prît pas

Et l'oisillon resta sans voix.



Moralité : Même les rois de l'enfumage,

Ceux mêmes qui se voulaient rois mages ,

Tombent un jour de leur piédestal

Et devront quitter leur habit royal.



Fable de Jean De La Fontaine (1621-1695) , revisitée par un auteur inconnu que

l'on félicite au passage pour son talent et le régal de cette lecture d'actualité !

Très belle fable revisitée ...

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jokaire

8 mars 2022 16:13

LE PAON ET LE PALAIS.



Un jeune paon , imbu de son plumage

Fût pris dès son plus jeune âge

En mains par une vieille pintade

Qui laissa son vieux coq en rade.



Lors , notre jeune volatile

Qui se trouvait fort volubile

Ne fût plus satisfait de son habitat

Et se rêva en costume d'apparat.



Pourquoi , se disait-il , se contenter

D'un simple poulailler , fût-il doré ,

Alors que , sans travailler,

Je puis demeurer au palais.



Il me suffit , si mes calculs sont bons ,

De prendre mes congénères pour des pigeons

Et , pour les prochaines élections ,

De bien jouer les trublions.



Ainsi fût fait , et contre toute attente,

Il prît la place laissée vacante

Par tous les vieux coqs déplumés

Dont tout le monde s'était lassé.



Pour constituer sa basse-cour

Il fit appel à des vautours

Aptes à tondre la laine ,

À amasser toutes les graines.



Ses anciens congénères

Qu'il jugeait fort vulgaires

Virent enfin , mais un peu tard ,

Qu'on les prenait pour des bâtards.



Fort de son plébiscite aux élections ,

Notre dieu-paon , tel Pygmalion ,

Favorisa un jeune sardouk

Dont il se servait comme bouc.



Grisé par ses nouvelles prérogatives,

Celui-ci , de manière fort hâtive ,

Se crût par son maître autorisé

De jeunes oisons brutaliser.



Las , malgré la volonté manifeste

De celer ces faits funestes,

L'histoire vînt à transpirer

Hors de murs du Palais.



Devant ce gros scandale ,

Notre apprenti Sardanapale

Dût rétropédaler

À son grand regret.



Il envoya ses janissaires

Désigner un bouc émissaire

Mais la sauce ne prît pas

Et l'oisillon resta sans voix.



Moralité : Même les rois de l'enfumage,

Ceux mêmes qui se voulaient rois mages ,

Tombent un jour de leur piédestal

Et devront quitter leur habit royal.



Fable de Jean De La Fontaine (1621-1695) , revisitée par un auteur inconnu que

l'on félicite au passage pour son talent et le régal de cette lecture d'actualité !

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

6 février 2022 07:50
jokaire a écrit :
même s'il a des revenus grâce a ses publications, je lui tire mon chapeau,il a au moins l'honneur pour lui car il respecte son mandat et ne s'enrichit pas grâce à lui.
Vous allez me dire que Macron et ses ministres ses députés ont la même probité
Donnez moi des exemples?

Je crois bien que son job de député lui fait de la pub
Il n’en rate pas une pour se mettre en avant ,,
J’ai souvenir de lui braillant sur les champs Élysée durant la crise des gilets. Jaunes ,,,quel cinéma ,,

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Avatar kunzite

kunzite

5 février 2022 22:19
jokaire a écrit :
même s'il a des revenus grâce a ses publications, je lui tire mon chapeau,il a au moins l'honneur pour lui car il respecte son mandat et ne s'enrichit pas grâce à lui.
Vous allez me dire que Macron et ses ministres ses députés ont la même probité
Donnez moi des exemples?

Qu'en savez vous s'il ne s'enrichit pas grâce à son mandat ? Les dons aux associations entraînent des réductions d'impôts ce qui aide à être généreux .
Je me méfie toujours des personnes qui rendent public leurs dons ou leur bénévolat . Je préfère ceux qui le font et qui ne s'en vantent pas .

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Avatar jokaire

jokaire

4 février 2022 23:14
kunzite a écrit :
Il a d'autres revenus avec ses films, ses documentaires, ses livres . Il peut se permettre de ne garder que le SMIC sur sa paye de député mais il pourrait aussi tout garder .

même s'il a des revenus grâce a ses publications, je lui tire mon chapeau,il a au moins l'honneur pour lui car il respecte son mandat et ne s'enrichit pas grâce à lui.
Vous allez me dire que Macron et ses ministres ses députés ont la même probité
Donnez moi des exemples?

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Avatar kunzite

kunzite

4 février 2022 16:41
hervé Nono a écrit :
Ruffin dit surtout ça c’est pour faire parler de lui ...
C’est ce qu’on appelle un démagogue,,,,
Et puis ça ne lui coûte pas un sou
Ptet ben même qu,il en gagne

Il était plus intéressant quand il n'était pas député.

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Avatar hervé Nono

hervé Nono

4 février 2022 16:14
kunzite a écrit :
Il a d'autres revenus avec ses films, ses documentaires, ses livres . Il peut se permettre de ne garder que le SMIC sur sa paye de député mais il pourrait aussi tout garder .

Ruffin dit surtout ça c’est pour faire parler de lui ...
C’est ce qu’on appelle un démagogue,,,,
Et puis ça ne lui coûte pas un sou
Ptet ben même qu,il en gagne

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Avatar bern515

bern515

4 février 2022 15:53
hervé Nono a écrit :
Tu penses qu’omicron est le camarade de Macron ,,🤔

oui Louis j'ai entendu dire " Oh!!!macron " quelle vilaine bête

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Avatar triccce

triccce

4 février 2022 15:41
Vieuxchat a écrit :
Macron mâle à Droite ou maladroit ? Malin plus qu'éduqué, retord plus que tordu ? Que voulez vous qu'il fît, puisque la politique ne sert à rien ? Gauche Droite, ça ne veut plus rien dire...C'est le balancier blanc-bonnet, bonnet- blanc ! Tous ces présidents se sont "servis", de De Gaulle qui s'est donné tous les pouvoirs (même "chef des Armées" !...) à Hollande qui a ridiculisé sa fonction, suivi par notre président qui s'affiche avec des rappeurs à moitié nus qui font "le doigt d'honneur" au photographe !...En attendant la tva sur une baguette est la même pour les nantis que pour les pauvres, les riches le sont de plus en plus (surtout depuis la pandémie, c'est curieux, non ?), et les pauvres désertent les villes dont les loyers ont bondis, et le Bâtiment qui travaille au ralenti, etc... Alors mes beaux messieurs-dames vous pourrez dire ce que vous voulez, la France regarde tristement ce qu'on est devenu ! Et encore, ne nous plaignons pas, nos généraux ne nous ont pas fait perdre une autre guerre (même s'ils la perdent dans les déserts !)...

👍 très vrai !
Hélas les sondages le favorisent.....

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kunzite

4 février 2022 15:30
Carmenlustucru a écrit :
"Il n'y a que Monsieur RUFFIN pour oser proposer de mettre tous les politiques députés, sénateurs ministres et président au niveau du seul de pauvreté."

Je ne sais pas si c'est encore le cas mais "quand il a été élu, il ne gardait que le SMIC et de quoi payer les impôts correspondants sur sa paye de député, le reste étant versé à des associations.

Il a d'autres revenus avec ses films, ses documentaires, ses livres . Il peut se permettre de ne garder que le SMIC sur sa paye de député mais il pourrait aussi tout garder .

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jasbelle

4 février 2022 15:20

La plupart des grosses sociétés ont des fondations ayant pour but entre autres d'aider les enfants méritants de familles pauvres. Si on est dans ce cas avec un bac avec mention TB et admission dans une école de gestion, on se renseigne.

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jasbelle

4 février 2022 15:17

Janine 33 - Je suppose que votre petite-fille est française et non d'un pays non européen.

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