Avatar chocolatte

RECUEIL DE POÈMES ET DE POÉSIES

chocolatte - 5 janvier 2019 17:23

De beaux textes que vous avez envie de partager... pour notre plus grand plaisir :cligne:

RECUEIL DE POÈMES ET DE POÉSIES

Avatar chocolatte

chocolatte5 janvier 2019 17:23

De beaux textes que vous avez envie de partager... pour notre plus grand plaisir :cligne:

avatar
Avatar chocolatte

chocolatte

21 avril 2019 21:35


Avril

Déjà les beaux jours, – la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; –
Et rien de vert : – à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
– Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

Gérard de Nerval (1808-1855

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

16 avril 2019 20:46

Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…

Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles...
Plus loin, c'était Montmartre et ses charmants coteaux.

Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.

Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

Jean-Paul Labaisse 2009
d'après le roman de Victor Hugo

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

11 avril 2019 22:33

Aujourd'hui je n'ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n'existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leur corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire
sauve parfois l'équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose aussi
pèse sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

6 avril 2019 21:13

Es-tu brune ou blonde ? de Paul Verlaine


Es-tu brune ou blonde ?
Sont-ils noirs ou bleus,
Tes yeux ?
Je n'en sais rien mais j'aime leur clarté profonde,
Mais j'adore le désordre de tes cheveux.

Es-tu douce ou dure ?
Est-il sensible ou moqueur,
Ton coeur ?
Je n'en sais rien mais je rends grâce à la nature
D'avoir fait de ton coeur mon maître et mon vainqueur.

Fidèle, infidèle ?
Qu'est-ce que ça fait,
Au fait
Puisque toujours dispose à couronner mon zèle
Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait.

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

3 avril 2019 14:52


Envers et contre tous


Montre à tes amis ton cœur et ta bonne foi,
Montre ton front à tous tes adversaires.
Fidèle à ta nature et conforme à ta loi :
Laisse dire les sots, écoute les sincères,
Consulte les sensés et marche devant toi.

Henri-Frédéric Amiel (1821-1881)
La part du rêve

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

30 mars 2019 09:02

Pas eu le temps
Patrick Bruel

Pas eu le temps de regarder passer ma vie
Ni de bien comprendre où mes vingt ans sont partis
Pas eu le temps de dire au revoir à un ami, pas eu le temps
Pas eu le temps de bien préparer mes bagages
Pour être prêt à regarder sur mon visage
Toutes les marques que le temps laisse à son passage, pas eu le temps
Il est trop lâche, il va trop vite le temps passe et me précipite
Vers un homme que je ne suis pas prêt à reconnaître déjà
Il est trop lâche, il va trop vite le temps passe et me précipite
Vers un homme dont je ne veux pas dire que lui, c'est peut être moi
Pas eu le temps d'avoir su apprendre à aimer
Me souvenir de toutes les peaux que j'ai touché
Ni de savoir s'il y a des cœurs que j'ai brisé, pas eu le temps
Pas eu…

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

27 mars 2019 10:07

Au bord de l'eau
René-François Sully Prudhomme (1839-1907)


S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
Le voir passer ;
Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
Le voir glisser ;
À l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;
Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S'en embaumer ;
Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;
Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,
Chante, écouter...
Entendre au pied du saule où l'eau murmure
L'eau murmurer ;
Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;
Mais n'apportant de passion profonde
Qu'à s'adorer ;
Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;
Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,
Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

20 mars 2019 20:41

La maison du bonheur

Bienvenue et entre donc dans ma maison
c'est ici que nous vivons
L'hiver tu auras bien chaud
l'été tu boiras mon eau.

Si tu es blessé?
Je te soignerai.

Si tu as faim?
il y aura du pain
Si tu as peur?
Écoute mon coeur,
et si tu veux t'en aller
regarde tu peux t'envoler
mais reviens à ton heure
dans la maison du bonheur.

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

18 mars 2019 21:15

A ce Printemps perdu
Elodie Santos


A ce Printemps perdu
où nous nous sommes aimés
au bord de la rivière
un jour du mois de Mai

A ce Printemps perdu
où l’on sent le bonheur
quitter cette espérance
qu’on laisse et ne voit plus

A ce Printemps perdu
et à la renaissance
d’une passion si belle
Vie qui n’existe plus

A ce Printemps perdu
et aux charmants oiseaux
et à ces chants d’idylles
belles, mises à nu

A ce Printemps perdu
Comme un beau violon
aux cordes abimées
Qu’on n’entendra plus jamais

A ce Printemps perdu
et à ces vieilles pierres
un jour au coeur des vignes
qui ne seront plus là

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

16 mars 2019 20:00

Le bonheur, c’est tout petit,
Si petit que parfois on ne le voit pas,
Alors on cherche, on cherche partout.

Il est là, dans l’arbre qui chante dans le vent,
L’oiseau le crie dans le ciel,
La rivière le murmure,
Le ruisseau le chuchote,
Le soleil, la goutte de pluie le disent.

Tu peux le voir là, dans le regard de l’enfant,
Le pain que l’on rompt et que l’on partage,
La main que l’on tend.

Le bonheur, c’est tout petit,
Si petit que parfois on ne le voit pas,
Et on le cherche dans le béton, l’acier,
La fortune,
Mais le bonheur n’y est pas,
Ni dans l’aisance ni dans le confort.

On veut se le construire mais il est là,
À côté de nous, et on passe sans le voir,
Car le bonheur est tout petit.

Il ne se cache pas,
C’est là son secret.

Il est là, près de nous
Et parfois en nous.

D. QUERTAIN

Copié sur un autre forum..

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

14 mars 2019 22:21

Liberté de Paul Eluard

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

9 mars 2019 16:39

Poème de Joachim du Bellay

France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m’as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine
D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

Las, tes autres agneaux n’ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

7 mars 2019 22:59

Ne te prive pas d'être heureux

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap

lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd'hui!

Agis tout de suite !



(Pablo Neruda)

Répondre·

Avatar chocolatte

chocolatte

5 mars 2019 07:30

Rondeaux / Charles d'Orléans

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en parure jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie ;
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.

*

Hiver, vous n’êtes qu’un vilain.
Été est plaisant et gentil :
En témoignent Mai et Avril
Qui l’escortent soir et matin.

Été revêt champs, bois et fleurs
De son pavillon de verdure
Et de maintes autres couleurs
Par l’ordonnance de Nature.

Mais vous, Hiver, trop êtes plein
De neige, vent, pluie et grésil ;
On vous doit bannir en exil !
Sans point flatter, je parle plain :
Hiver, vous n’êtes qu’un vilain.

Répondre·

Avatar CANDIDE

CANDIDE

4 mars 2019 12:22

Au seul souci de voyager …
Stéphane Mallarmé
Au seul souci de voyager
Outre une Inde splendide et trouble
– Ce salut soit le messager
Du temps, cap que ta poupe double

Comme sur quelque vergue bas
Plongeante avec la caravelle
Ecumait toujours en ébats
Un oiseau d’annonce nouvelle
Qui criait monotonement
Sans que la barre ne varie
Un inutile gisement
Nuit, désespoir et pierrerie

Par son chant reflété jusqu’au
Sourire du pâle Vasco.

Répondre·