
Capusa06
Être végétarien : ce que Grecs et Romains en disaient .
Le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes le 24 février à Paris, offrant une vitrine incomparable aux éleveurs français. Ce rendez-vous annuel rencontre un fort écho dans les médias, tout en se heurtant à une demande de plus en plus partagée de réduction de la consommation de viande, voire à une incitation à l’abstinence. Ce hiatus fait écho à un débat ancien puisque la question du végétarisme (le terme n’existait pas encore) était déjà très présente dans l’Antiquité grecque et romaine.
Porté par des personnalités comme Pythagore, Empédocle, Apollonios de Tyane, Plutarque ou encore Porphyre, ce discours se distingue par sa modernité. En effet, le discours des végétariens et végétaliens actuels entre souvent en résonance avec celui de leurs lointains prédécesseurs. Trois principaux types d’arguments étaient avancés, chaque auteur privilégiant, en fonction de sa sensibilité, certains d’entre eux.
Ce principe découle chez certains végétariens de la croyance en l’immortalité de l’âme et en sa potentielle migration d’un corps vers un autre, humain ou animal (la métempsycose). Consommer de la viande induisait dès lors un risque d’anthropophagie expressément dénoncé par Empédocle. Une anecdote raconte qu’un jour Pythagore, qui passait près d’un homme qui maltraitait son chien, s’indigna :
« Arrête de frapper ! Son âme, je l’entends, est celle d’un ami que j’ai pu reconnaître aux accents de sa voix. »
Tous les végétariens ne partageaient pas cette croyance, pas plus que le reste de leurs contemporains. C’est pourquoi le jeune Sénèque, un temps adepte de l’abstinence de viande, préconise le principe de précaution : si la métempsycose existe, l’abstinence de viande sauve du crime ; dans le cas contraire, elle conduit malgré tout sur le chemin de la sobriété. Plutarque renchérit : certes, la métempsycose est incertaine, mais l’absence de preuve indéniable doit pousser à la prudence.
La justice
C’est sans doute l’argument le plus invoqué aujourd’hui encore. Plutarque distingue la réalité des premiers humains, quand l’agriculture n’avait pas encore été inventée, de celle de son époque. La chasse était alors une nécessité et ne saurait, dès lors, avoir été injuste. En outre, on tuait des animaux sauvages, dangereux, et non des bêtes d’élevage douces et tranquilles. Mais désormais, ajoute Plutarque, les humains regorgent de vivres. Aussi ne tuent-ils plus pour vivre mais pour satisfaire leurs sens : la nécessité a cédé le pas à la tyrannie des délices. Et de préciser : les traitements cruels que les humains font subir aux animaux pour rendre leur chair plus délicate (par exemple, crever les yeux des grues et des cygnes avant de les engraisser afin de donner à leur chair un meilleur goût) prouvent que le besoin n’est plus ce qui pousse à manger de la viande.
Pire, les humains se sont construit des échappatoires pour écarter toute mauvaise conscience : non seulement ils se sont convaincus que les cris poussés par les animaux mis à mort ne sont que des sons inarticulés plutôt que des prières marquant un intérêt à vivre, mais la plupart ont préféré rejeter la responsabilité de l’acte de tuer sur d’autres (les bouchers, les chasseurs), comme pour mieux oublier l’origine du cadavre, charge ensuite aux cuisiniers d’user de leur art afin de masquer « l’horreur du meurtre ». Le propos de Plutarque fonctionne comme un appel à un décentrement afin d’adopter le point de vue de l’animal.
Porphyre le rejoint quand il tente d’imposer l’idée que les existants diffèrent non par nature mais en degré, ce qu’Aristote avait déjà suggéré sans en tirer de conséquences pratiques. Aussi, de manière à combler la fracture entre les humains et les autres espèces, les tenants du végétarisme déploient-ils beaucoup d’efforts pour démontrer que les animaux ne sont dénués ni de raison ni de langage, ce que les éthologues ont depuis largement confirmé. Les Anciens avaient, par exemple, déjà relevé que les animaux s’expriment différemment quand ils ont peur, appellent, se défient, etc. Peut-être est-ce chez Empédocle que l’unité du vivant (parce que tous les existants sont doués de pensée et composés des mêmes éléments) est la plus présente : elle impose aux humains de se penser comme les membres d’une communauté plus large et induit la pratique d’une justice universelle.
L’union à Dieu
Le végétarisme a parfois eu des raisons avant tout (mais jamais uniquement) mystiques, chez Apollonios de Tyane et Porphyre notamment. La recherche de la justice, fille de la raison et attribut divin par excellence, y contribua. Il s’agissait non seulement de s’interdire de retirer la vie, mais également d’écarter de soi toute souillure afin de pouvoir approcher l’autel en état de pureté. C’est pourquoi, comme les véganes aujourd’hui, Apollonios de Tyane refusait, outre la consommation de chair animale, également toute étoffe faite avec la dépouille des bêtes.
La viande était aussi accusée d’alourdir l’esprit qui était, de fait, moins à même de discerner le bien du mal ; à l’inverse, elle était accusée d’attiser les sens : en renonçant à elle, les humains écartaient nombre de maux, en premier lieu l’incapacité à se satisfaire du seul nécessaire. La condamnation des somptuosités de la table existait aussi chez les végétariens non mystiques par rejet de l’intempérance. La critique complétait celle de l’égoïsme des carnivores, indifférents au sort des autres vivants. Quoi qu’il en soit, l’ascèse devait contribuer à rapprocher du divin. Nécessaire à la vie spirituelle, son caractère initiatique est manifeste.
Les autres arguments
Ces trois exemples n’épuisent pas l’argumentaire des végétariens de l’Antiquité. Porphyre, soucieux de briser l’apparent consensus autour de la consommation de viande, insiste sur le fait qu’elle n’a rien d’universel et interroge une pratique commandée par la seule coutume. La critique du finalisme (l’idée, prégnante dans l’Antiquité, que tout ce qui existe a pour fin de servir les humains) occupe également une place importante dans l’argumentaire (si tout à une fin, à quoi servent mouches et moustiques, s’interroge-t-on ? Et pourquoi, alors, ne pas penser que les humains ont eux-mêmes été créés pour d’autres espèces, comme le crocodile par exemple, qui les tuera pour survivre et non par goût de la démesure ?).
Des arguments originaux apparaissent parfois, comme le fait que les humains ne sont pas conformés pour manger de la viande (ce que prouve leur dentition) ou quand Tiberius Julius Alexandersouligne que les espèces les plus vertueuses sont celles qui s’abstiennent de viande. D’autres sont plus communs, comme lorsque la nécessité de faire cuire la viande démontre qu’il n’est pas dans la nature humaine d’en consommer. Par contre, les raisons médicales sont peu présentes (tout de même évoquées par le jeune Sénèque qui avait retenu les leçons dispensées à Rome par l’école des Sextii) : l’hygiène de l’âme a primé sur les effets bénéfiques du végétarisme pour la santé du corps.
Ainsi, certains Anciens ont rejeté la singularité radicale de l’humain et souhaité faire du végétarisme l’expression de la rationalité la plus aboutie. Tous ont eu le souci de mettre la justice au cœur des relations entre les humains et les autres espèces et de pointer les ressemblances plus que les dissemblances. Et, comme en écho à certains discours qui nous sont contemporains, c’est tel un « combat » (agôn) que Plutarque présente son action en faveur des animaux.
chocolatte
Le saviez vous ...
Nos objets ont une histoire : le peigne, découvert en Wallonie
Un des plus anciens peignes au monde a été trouvé sur le site archéologique de Spiennes (Mons).
Petit objet, le plus souvent en plastique, le peigne est aujourd’hui utilisé par chacun d’entre nous. Enfoui dans le sac des dames ou dans la poche des hommes, il a trouvé sa place dans notre société depuis des siècles. Et il existe effectivement depuis très longtemps.
Les premiers peignes ont sans doute été fabriqués par les Scandinaves environ 10 000 ans avant J-C. Ils étaient constitués d’arêtes de poissons fixées à un petit morceau de bois. D’autres avaient été réalisés avec des épines de chardons ou des os reliés à une branche.
Parmi les plus anciens peignes retrouvés, une pièce à cinq dents en bois de cerf a été découverte sur le site archéologique (inscrit au patrimoine de l’Unesco) datant de la période néolithique (entre 5 800 et 2 500 ans avant notre ère) de Spiennes, à quelques kilomètres de Mons dans le Hainaut.
À l’occasion de leurs découvertes, les archéologues constatèrent que, souvent, les premiers peignes comportaient deux rangées de dents. L’une de ces rangées était plus grosse et ses dents étaient plus espacées que l’autre rangée dont les dents étaient nettement plus serrées. Cette dernière rangée servait plus que probablement à éliminer les poux ainsi que les lentes qui garnissaient les têtes de nos ancêtres. Le peigne visait, dès lors, un double but, esthétique et hygiénique.
Par la suite, ils furent fabriqués dans d’autres matières, en métal principalement et même en écailles de tortue, dès 1760 en Amérique notamment.
Dans l’Égypte ancienne, ils présentaient souvent des dents des deux côtés. Ils étaient fabriqués en bois ou en ivoire. Mais c’est à l’époque gallo-romaine que ce petit objet devint indispensable à la plupart des individus qui avaient pris l’habitude de se peigner systématiquement au réveil chaque matin. Certains peignes étaient de véritables œuvres d’art ; ils étaient décorés avec des reproductions d’animaux ou d’oiseaux, des cygnes notamment.
C’est au 19e siècle que l’inventeur anglais, Alexander Parkes, imagina le premier peigne en plastique qui fut notamment à la base de la disparition du peigne en plomb, mis sur le marché au 18e siècle, qui donnait une couleur grise aux cheveux tout en étant une source de saturnisme.
Mais, depuis des lustres, il sert également à fixer les cheveux des dames. Parfois joliment décoré, il permet en peu de temps aux femmes de présenter une coiffure plus recherchée. Notamment grâce au "peigne magique" constitué de deux petits peignes reliés par des élastiques.
Si un peigne banal ne coûte que quelques euros, le peigne le plus cher au monde vaut, lui, 9 500 dollars ! Il est produit par la société slovaque Thomas Veres et est fabriqué avec des métaux précieux : argent, or rose et jaune. Leurs étuis sont en cuir d’autruche. Chaque pièce est montée dans un atelier spécialisé en Italie. Moyennant un petit supplément, on peut y faire graver ses initiales. Au diable l’avarice !
chocolatte
C'était hier ...
1873 : Le biologiste Pasteur invente le procédé de fabrication et de conservation de la bière pasteurisée.
1917 : John Ford sort son premier film "The tornado" sous le pseudonyme de Jack Ford.
1931 : Le Star Spanglеd Banner devient l'hymnе national des États-Unis.
1980 : Lors d'une vente à l'enchère de la maison Sotheby Park-Bernet à Londres, une serviette de papier autographiée par Elvis Presley à l'hôtel Riviera de Las Vegas est adjugée pour 500 livres. Un paquet de lettres et d'autographes des Rolling Stones trouve preneur à 220 livres, de même que quatre billets de banques autographiés par les Beatles.
1983 : Tintin et son chien Milou, le capitaine Haddock, le professeur Tournesol et les Dupond-Dupond sont orphelins. Hergé vient de perdre son combat contre le cancer, à l'âge de 75 ans.
1984 : La cérémonie des César récompense cette année Coluche pour Tchao Pantin.
1996 : Mаrguerite Duras, surnomméе « l'impératrice des lettres », meurt à l'âge de 81 ans à Paris. Ellе avait connu lе succès en 1950 avec sa première œuvre importante, Barragе contre le Pacifique, mais еlle devra аttendre en 1984 pοur vοir un de ses ouvragеs, L'amant, couronné par le prix Goncourt. Auteur du scénаrio du film Hiroshima mon amour, ellе a aussi fait de lа mise en scène au cinéma à partir de 1966.
2000 : Stupeur : les Guignols de l'Info tirent leur révérence. Après 12 ans de bons et loyaux services en tant que bouffons, après des périodes plus ou moins bonnes, après avoir épuisé plusieurs équipes d'auteurs, après avoir lancé des slogans connus de tous (Putain, deux ans ! Le monsieur te demande ! A l'insu de mon plein gré ! Ha que coucou ! ...).
Capusa06
La bouilloire (dont le nom est dérivé du verbe « bouillir ») est un ustensile de cuisine utilisé pour porter un liquide à ébullition. Elle est couramment utilisée pour la préparation du thé, du café ou des tisanes. Il existe deux principaux types de bouilloires : les bouilloires en métal que l'on chauffe de façon externe et les bouilloires électriques, disposant d'un chauffage intégré.
Bouilloire traditionnelle
Les bouilloires traditionnelles sont des récipients métalliques, généralement pourvus d'une poignée en plastique. Elles sont destinées à être posées sur une gazinière ou une plaque électrique afin de réchauffer le liquide contenu. Elles sont munies d'un bec verseur.
La bouilloire est généralement remplie par une ouverture sur le haut du récipient, ou bien directement par le bec verseur.
Bouilloire à sifflet
Certaines bouilloires sont munies d'un bouchon-sifflet, généralement disposé au niveau du bec verseur, qui produit un son aigu en fonction de la vapeur produite, indiquant ainsi l'ébullition.
Lorsque l'eau ne bout pas, la chaleur transmise à l'eau liquide est principalement utilisée pour en élever la température, et très peu pour la transformer en vapeur. La vapeur passant dans le sifflet n'atteint pas le débit suffisant pour produire un son important. Lorsque l'eau bout, sa température reste fixe, (à 100 °C à la pression atmosphérique nominale), et la chaleur transférée à l'eau liquide est entièrement utilisée pour la transformer en vapeur : le débit de vapeur est alors soudainement suffisant pour rendre le sifflet audible.
Bouilloire électrique
Bouilloire électrique moderne sans fil.
Les bouilloires électriques peuvent revêtir une forme et une matière similaires à celles des bouilloires traditionnelles ou être constituées de matière plastique. Elles sont généralement munies d'un dispositif d'arrêt automatique lorsque le point d'ébullition est atteint, ce qui permet de ne pas endommager le système électrique de l'appareil. Certains modèles plus anciens sont cependant munis d'un bouchon-sifflet similaire à ceux des modèles traditionnels.
Les modèles les plus répandus sont les bouilloires sans fil : les bouilloires sont disposées sur un socle, relié à une prise électrique, pendant la phase de chauffe. Le récipient peut ensuite se détacher du socle et être utilisé comme un récipient ordinaire.
Le fonctionnement de la bouilloire électrique repose sur l'effet Joule. Les bouilloires sont munies d'une résistance chauffante, généralement immergée, qui se présente sous la forme d'un tube en anneau. Le courant, lorsqu'il passe dans la résistance, provoque une augmentation de l'énergie thermique de l'anneau : l'eau se trouve réchauffée par transfert thermique.
Certains modèles récents disposent d'une résistance située sous une plaque en acier inoxydable, ce qui permet d'éviter l'accumulation du tartre sur la résistance et permet de réchauffer de petites quantités de liquide.
Le dispositif d'arrêt automatique est un thermostat électromécanique ou, le plus souvent pour les plus récents, électronique. L’électromécanique est souvent basé sur le principe du bilame : l'utilisateur le déforme en pressant le bouton de démarrage : le circuit est alors fermé et la phase de chauffe commence. Dès le début de l'ébullition, la température de la vapeur atteignant le bilame provoque le retour de celui-ci à sa forme initiale. Le circuit de chauffe est alors de nouveau ouvert et la bouilloire arrêtée. Le bilame peut être remplacé par un système avec sonde capillaire.
Avantages
Les bouilloires sont généralement plus rapides que n'importe quel autre appareil de chauffage de l'eau.
Elles chauffent l'eau avec une efficacité de 80 % contre 67 % pour le micro-onde et à peine 30 % pour une plaque de cuisson au gaz, elle est donc plus économe en énergie et plus écologique à la condition que la quantité adéquate d'eau soit chauffée. En moyenne, c'est 50 % d'eau en trop qui est chauffée dans la bouilloire, et donc autant d'énergie gâchée.
Elles disposent en général d'un arrêt automatique lorsque l'eau a atteint son point ébullition .
chocolatte
C'était hier ...
1936 : Le supersonique franco-britannique Concorde 001, encore à l'état de prototype, réalise son premier vol inaugural dans le ciel de Toulouse. Il transportera ses premiers passagers le 21 janvier 1976 vers Rio de Janeiro.
1991 : Serge Gainsbourg, 62 ans, est retrouvé mort à son domicile parisien. Son premier album lui a valu le prix de l'Académie Charles Cros. Compositeur à la mode dans la France des années 60, il a écrit pour Brigitte Bardot, Juliette Gréco, Petula Clark, Régine et France Gall. En 1968 il rencontre l'actrice anglaise Jane Birkin ; c'est le début d'une union qui durera 12 ans. L'année suivante le couple enregistre la chanson Je t'aime moi non plus, qui fera scandale dans toute l'Europe.
2002 : "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain", sorti en avril 2001, termine sa carrière de belle manière. Après avoir attiré plus de 8 millions de spectateurs en salles, été nommé aux Oscars et connu un véritable plébiscite aux Etats-Unis, le film de Jean-Pierre Jeunet remporte le César du Meilleur film. Petite déception pour Audrey Tautou en revanche, qui voit lui échapper le César de la Meilleure actrice au profit d'Emmanuelle Devos pour "Sur mes lèvres".
2004 : De l'eau a coulé sur Mars ! La preuve a été rapportée par les deux robots de la Nasa, Spirit et Opportunity, envoyés explorer la planète rouge en janvier 2004 avec pour mission de trouver si Mars avait connu un environnement humide de longue durée qui aurait pu permettre l'apparition de formes de vie.
Capusa06
Vie de Jésus est un essai d'Ernest Renan, publié en 1863. C'est le premier volume d'un projet plus vaste, l'Histoire des origines du christianisme (huit volumes publiés entre 1863 et 1883). Ce succès d'édition européen fait scandale notamment en France car Renan, philologue et historien, présente Jésus comme une haute personnalité morale, et rejette sa divinité et toute intervention du surnaturel.
Historique
Cet essai résulte de notes de lectures et d'ébauches consignées au jour le jour dans des carnets de Renan, prises lors de l'expédition française en Syrie et au Liban à laquelle il participe en 1860-1861. C'est en effet lors de cette mission archéologique que mûrit dans son esprit le projet de cette biographie en parcourant la Judée et la Galilée au printemps 1861. La confrontation des évangiles canoniques à la réalité historique le conduit à cette époque à procéder à un dépouillement de ces textes sacrés. Renan revient ainsi d'Orient en octobre 1861 avec le brouillon de Vie de Jésus mais s'impose de ne pas le publier afin de ne pas se fermer les portes du Collège de France, comme le lui conseillent ses amis, notamment le théologien protestant Albert Réville ou le savant Marcelin Berthelot. Professeur d'hébreu au Collège de France où il succède à Étienne Quatremère en 1862, il en est suspendu quatre jours après sa leçon inaugurale pour injure à la foi chrétienne. Dès lors, la publication de cette biographie devient sa priorité.
Présentation
Vie de Jésus est une biographie de 28 chapitres assez courts qui relate chronologiquement les principaux épisodes de Vie de Jésus et décrit les paysages, les mœurs, les relations sociales des Juifs et du Gentilé à son époque. Le livre défend et illustre une thèse selon laquelle la biographie de Jésus devait être écrite comme celle de n’importe quel autre homme. Les Évangiles devaient être soumis à un examen critique comme n’importe quel autre document historique. En application de cette thèse, Renan reconstitue l'historique de la vie publique de Jésus de Nazareth, à partir d'une synthèse critique des concordances et discordances présentes dans les évangiles. Renan replace l'histoire dans un cadre historique, en rattachant les éléments évangéliques à ce qui était connu du contexte historique et social de l'époque. Il y présente enfin des interprétations de certains miracles suivant la même analyse que pour proposer des fondements historiques des mythologies, comme celui de la multiplication des pains : « Jésus, craignant de la part d'Antipas un surcroît de mauvais vouloir, prit quelques précautions et se retira au désert. Beaucoup de monde l'y suivit. Grâce à une extrême frugalité, la troupe sainte y vécut ; on crut naturellement voir en cela un miracle. »
Réception et réactions
Le livre est publié le 24 juin 1863. Le succès public est immédiat : tiré à 10 000 exemplaires, 60 000 exemplaires sont liquidés en cinq mois et 430 000 exemplaires sont vendus entre 1863 et 1947, date de la dernière édition avec des ventes encore significatives, ce qui en fait un long-seller et l'un des best-sellers européens de l'époque. Il est l'un des livres les plus lus en France dans la seconde moitié du xixe siècle. En 1947, on compte douze éditions, 84 traductions en douze langues dont 60 pour la seule langue allemande. « Le montant des droits d'auteur de ce livre ne sera dépassé, quelques années plus tard, que par Les Misérables », et donne à Renan son indépendance financière.
Ce succès déclenche immédiatement des débats passionnés et la colère de l’Église catholique qui parle de blasphème, mais aussi des critiques de protestants comme Albert Schweitzer qui écrit : « Il n’y a guère d’ouvrage qui pullule d’autant de fautes de goûts et des plus affreuses ! Il s’agit là d’un art chrétien au pire sens du terme, d’art de figurines de cire. »
« En trois mois, il ne paraîtra pas moins de trois cent vingt et un livres, libelles et brochures sur Vie de Jésus et la Bibliothèque du Congrès des États-Unis possède, aujourd'hui encore, une collection de dix-sept volumes intitulée : Réfutations de la Vie de Jésus». Tout en protestant d'un grand respect pour le Jésus-homme en tant que penseur, Renan adopte en effet un point de vue résolument positiviste, comme dans son chapitre sur les miracles (chapitre 16). C'est le cinquième ouvrage de Renan à être mis à l'index (le 24 août 1863). Il est de plus condamné le 8 décembre 1864 dans le Syllabus et les interventions futures de l'historien lui vaudront l'apostrophe du pape Pie IX, le traitant en octobre 1872 de « blasphémateur européen ».
Le succès de Vie de Jésus suscite la publication en 1864 par Augustin Crampon, alors professeur au séminaire d'Amiens, qui a suivi la même formation de langues anciennes et d'exégèse qu'Ernest Renan, de sa traduction des quatre Évangiles canoniques avec notes et dissertations, et un avant-propos polémique, premier essai destiné au grand public de sa traduction de la Bible parue en 1904.
chocolatte
C'était hier ...
1923 : Le Time Mаgazine est publié pour la première fois.
1926 : Sortie du premier film d'Alfred Hitchcock : "Le jardin des plaisirs
1955 : Premiers essais du magnétoscope par Charles E. Anderson.
1969 : Lе suрersonique Conсorde vole pour la première fois. Il faudra toutefοis attendre près de 7 ans plus tаrd avant qu'il n'entre еn service.
1982 : Un module remрli d'instruments scientifiques largué par une sonde soviétique se posе en douceur sur le sol de Vénus, аprès un voyage dе quelque 300 millions de kilomètres.
2002 : La Belgique abandonne sa monnaie. Le franc belge est mort à minuit. Il est remplacé, depuis le 1er Janvier par l'Euro (€).
Capusa06
Histoire du jeu d'échecs
Les échecs ou jeu d'échecs sont un jeu de société combinatoire abstrait pour deux joueurs. L'histoire du jeu d'échecs est longue de plus de 1 500 ans.
L'origine du jeu fait l'objet de plusieurs hypothèses. Le jeu, dans sa forme primitive, est né en Asie entre le iiie et le vie siècle de notre ère. Le lieu précis est toujours discuté : Inde, Chine, ou Asie centrale (entre la Perse et l'Ouzbékistan). Arrivé en Perse sous le nom de Chatrang au vie siècle, il est adopté par le monde musulman au Moyen-Orient et y connaît un grand développement qui prépare sa forme moderne.
Le jeu du Shatranj parvient en Europe occidentale avec l'expansion de l'islam, d'abord en Afrique du Nord, en Espagne, puis en Italie, il y évolue lentement. Les règles modernes, qui accélèrent le jeu, apparaissent pendant la Renaissance et sont figées avec l'apparition des premiers traités imprimés pour donner le jeu que nous connaissons aujourd'hui.
En Extrême-Orient, les échecs se sont développés à partir de sa version chinoise, le Xiangqi, en Corée et au Japon au xe siècle.
Au terme d'un processus de normalisation, le jeu d'échecs dans sa forme moderne est désormais répandu dans le monde entier, et il est pratiqué par de nombreux joueurs, librement ou affiliés à des clubs et des fédérations nationales. Des compétitions sont organisées à tous les niveaux, y compris les championnats du monde et les Olympiades sous l'égide de la Fédération internationale des échecs. Il existe un système de classement des joueurs en fonction de leur force appelé le Classement Elo, dominé par les maîtres et grands maîtres internationaux. Dans ce contexte, le jeu d'échecs joue un rôle sur la scène internationale et ses compétitions ont notamment été l'un des théâtres de l'opposition entre les États-Unis et l'Union soviétique pendant la guerre froide.
Le problème des origines du jeu d'échecs
Le jeu moderne des échecs européens diffère fortement des versions primitives. Il existe des jeux d'échecs différents, persans (chatrang), indiens (chaturanga), arabes (shatranj), mongols (shatar), européens, birmans (sit-tu-yin), thaïs ou cambodgiens (makruk), malais (catur), chinois (xiangqi), coréens (janggi), japonais (shogi), etc. Tous ces jeux partagent un ensemble de traits qui renvoient à une véritable préhistoire puisqu’il n’existe aucun témoignage direct et sans équivoque du supposé ancêtre commun. Or, si l’histoire du développement des échecs se trouve largement décrite et bien connue, les origines restent enveloppées d’un voile opaque qui les renvoie le plus souvent à une naissance indienne ex nihilo. Pourtant, un examen objectif des sources disponibles révèle vite la fragilité de cette thèse très répandue.
L'histoire des échecs a elle aussi sa propre « histoire », riche et surprenante. Cette dernière est née dès les premières diffusions du jeu et a tout de suite mêlé l’épopée et la légende. Puis une réaction exagérément rationnelle est venue créer un nouveau mythe : la primauté d’un ancêtre, chaturâjî ou chaturanga, joué aux dés par quatre protagonistes avant qu’un sage élimine le hasard et réduise la partie à deux adversaires. Cette belle fable est aussi séduisante que tenace. Pourtant, elle est très certainement fausse.
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C'était hier ...
Le 29 février 1632, Galilée, savant Italien, publie « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde », ce texte va à l’encontre de ses idées. Effectivement, il ne croit pas que le soleil tourne autour de la Terre. Pourtant il écrit ce livre à la demande du pape, est un dialogue en 3 personnes, l’une défendant l’héliocentrisme (la terre tourne autour du soleil, qui est l’idée de Galilée, l’autre le géocentrisme de Ptolémée et Copernic (le soleil tourne autour de la terre) et le troisième n’a pas d’opinion. Bien que son ouvrage prône le géocentrisme, Galilée sera forcé l’année suivante de déclarer qu’il a tort au sujet de l’héliocentrisme sous peine d’être condamné à mort sur le bûcher.
Le 29 février 1940, Autant en emporte le vent gagne 8 oscar, il faut noter que pour sa participation au film, Hattie McDaniel obtient un Oscar. C’est la première actrice noire à obtenir cette récompense.
Le 29 février 1956, Norodom Sihanouk se proclame Premier ministre du Cambodge.
Le 29 février 1960, au Maroc, un puissant tremblement de terre, détruit le nord de la ville d’Agadir. Le bilan officiel est de plus de 15 000 victimes.
Le 29 février 1988, l’ex-dictateur de Centrafique, Jean-Bédel Bokassa, condamné à mort,
Le 29 février 1988 , le dictateur Kolingba manifeste son opposition à la peine capitale en annulant la peine de mort contre Bokassa et commue sa peine en prison à vie en isolement cellulaire, et, l'année suivante, réduit la peine à vingt ans de détention.
Capusa06
Indispensable pour nous réveiller le matin ou idéal après notre déjeuner, la tasse de café devrait toujours s’accompagner d’un verre d’eau. Voici pourquoi.
Un shoot de caféine qui fait du bien. Au petit-déjeuner, le café a réussi à s’imposer comme l’une des boissons chaudes les plus consommées par les foyers. Sa dose de caféine est connue pour donner un coup de boost à notre organisme et donc nous permettre de démarrer une nouvelle journée en étant bien réveillé.
Certains l’aiment corsé quand d’autres le préfèrent allongé ou encore accompagné d’une dose de lait. Quand on le boit à la terrasse d’un café, le serveur nous apporte toujours un verre d’eau. Un accompagnement auquel on ne pense pas forcément lorsque l’on est chez soi et qui pourtant mériterait qu’on en prenne l’habitude. Pour preuve, il existe 4 raisons expliquant pourquoi il est préférable de boire de l’eau avant son café.
Réhydrater le corps
Après une nuit de 7 à 8 heures de sommeil, le corps accumule beaucoup de toxines. Pour un réveil du métabolisme en douceur, il est important de se réhydrater. Et la seule boisson qui a vraiment ce rôle, c’est l’eau. Le café est une boisson déshydratante de par sa haute teneur en caféine. Il convient donc de boire de l’eau avant de préparer son café matinal.
Atténuer l’acidité gastrique
Le café est connu pour acidifier l’organisme, provoquant parfois des aigreurs, des reflux ou encore des indigestions. Mais si l’on boit un verre d’eau juste avant de prendre son café, l’eau va diluer cette acidité gastrique et va permettre de rééquilibrer le pH du corps.
Garder les dents blanches
Le café a tendance à faire jaunir les dents de ses consommateurs. Si vous aussi vous souhaitez conserver des dents d’un blanc éclatant, n’oubliez pas le verre d’eau. Bu un quart d'heure avant la première tasse de café, l’eau va créer une fine couche protectrice sur l’émail.
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Le saviez vous ...
La sauge
La sauge est une plante de la famille des Lamiacées qui tire son nom du latin salvare signifiant ""sauver"" ou ""guérir"". On attribue en effet depuis des temps très anciens des vertus médicinales à certaines espèces de sauge. Au cours du Moyen Âge en Europe, la liste des bienfaits de la sauge officinale en a même fait une panacée, un remède à tout, utilisé en infusions, en décoctions ou en onguents.
Ce sont les feuilles de cette même sauge (Salvia officinalis) qu’on utilise en cuisine dans les pays européens et méditerranéens notamment. Son goût puissant et camphré en fait une herbe idéale pour relever n’importe quel bouillon et assaisonner une sauce ou une marinade. Elle est particulièrement prisée en Italie et dans le Sud de la France où de nombreuses recettes populaires font appel à elle. On se sert également de la sauge officinale pour assaisonner certaines charcuteries comme les saucisses. Par ailleurs, l’essence de sauge est employée dans la fabrication de produits cosmétiques, de parfums et de savons ou de dentifrices.
La sauge est une plante si ancienne qu’il est difficile d’en déterminer l’origine exacte. Elle est ainsi connue en Chine, en Amérique du nord et en Amérique du sud depuis très longtemps. Elle possède en fait de très nombreuses espèces (plus de 700) qui sont regroupées sous le genre Salvia. Certaines espèces de sauge sont simplement ornementales .
Au Mexique, la variété la plus consommée est connue sous le nom de chia (Salvia hispanica). Ses graines étaient très prisées par les Aztèques et les Mayas qui la mangeaient comme une céréale, s’en servaient comme monnaie d’échange ou bien comme offrande rituelle pour leurs dieux.
La plupart des variétés de sauges européennes sont des plantes rustiques, parmi lesquelles on retrouve la sauge officinale (Salvia officinalis) très employée en cuisine dans les pays méditerranéens. La sauge officinale est d’ailleurs originaire de cette région où on peut la rencontrer couramment à l’état sauvage. La sauge se présente sous la forme d’un petit arbuste pouvant atteindre 50 centimètres de hauteur et dont le feuillage est persistant. Ses feuilles sont de couleur vert gris, avec une forme ovale allongée, un pourtour crénelé caractéristique et un touché duveteux. La sauge fleurit au début de l’été. Elle arbore alors de jolies fleurs bleues et violacées.
On peut la semer en pleine terre au printemps, à partir du mois de mai en général. Mais il est plus simple de procéder par bouturage en plantant dans un petit pot contenant du terreau et du sable des tiges non fleuries prélevées sur un plant adulte. Cette opération peut être effectuée durant tout l’été. Comptez ensuite au moins trois mois avant de pouvoir repiquer les jeunes plants en pleine terre.
La sauge apprécie les sols légers, secs et bien drainées. Elle s’accommode d’un sol pauvre en nutriments et ses besoins en eau sont par ailleurs très limités. Ainsi, il ne sera pas nécessaire de l’arroser sauf en cas de très forte sécheresse. La sauge requiert une bonne exposition au soleil toute l’année pour développer toute sa force aromatique. Elle résiste bien au froid, mais elle supporte mal le gel en revanche. Elle doit surtout être protégée contre l’humidité, notamment contre les eaux stagnantes en hiver. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas utiliser de coupelle pouvant retenir l’eau pour la culture en pot.
On peut généralement récolter les premières feuilles de sauge au bout d’un an lorsque le buisson est déjà bien étoffé. On prélève ainsi les feuilles directement sur la plante en fonction de ses besoins. Vers la fin de l’été, on effectuera une taille jusqu’à environ 15 centimètres du sol et on fera sécher les feuilles ainsi récoltées qui peuvent être conservées pendant des mois.
Usage original de la Sauge
On prête tout un tas de vertus aux différentes espèces de sauge en fonction des pays et des cultures. En Europe et dans les pays au Sud de la Méditerranée, la sauge est considérée comme une plante salvatrice aux multiples vertus médicinales en plus d’être appréciée en cuisine. Depuis l’Antiquité, les Grecs, les Romains et les Arabes l'ont employée comme tonique ou pour soigner les morsures de serpent et de nombreux autres maux. Chez les Égyptiens, la sauge était réputée pour sa capacité à augmenter la fertilité chez les femmes qui voulaient avoir un enfant. Certaines tribus d’Amérindiens l’utilisent dans le cadre de rites chamaniques pour entrer en contact avec les esprits. La sauge blanche (Salvia apiana) est quant à elle utilisée comme un encens qui prend sa place dans des rituels religieux et mystiques.
La sauge possède un goût puissant, légèrement amer et camphré. Elle se marie à merveille avec le gibier, la viande de porc et d’agneau rôtie, le veau, le poulet, la dinde ou encore le canard. Elle accompagne bien les poissons en terrine ou en papillote également. La sauge est par ailleurs toute désignée pour assaisonner les haricots blancs, et elle accommode harmonieusement les fèves, les pommes de terre et les féculents en général.
En Provence, la sauge est l’ingrédient principal de l’aïgo-boulido, une recette dans laquelle on la fait bouillir dans un grand volume d’eau, accompagnée d’ail et d’huile d’olive avant de verser le tout sur des tranches de pain sec. Ce plat était traditionnellement servi autrefois à l’époque des fêtes de fin d’année. Les Italiens, grands amateurs de sauge également, l’utilisent dans la recette de la Saltimbocca où on enroule une feuille de cette plante aromatique dans une tranche de jambon cru, elle-même roulée dans une escalope de veau arrosée de vin marsala pendant la cuisson. Enfin, certaines variétés de sauge comme la sauge ananas possèdent une saveur plus fruitée et peuvent être utilisées pour préparer des desserts (sorbets, glaces et salades de fruits) ou des thés glacés.
Plusieurs mélanges et préparations pour recettes dans lesquelles la sauge a toute sa place. On la retrouve ainsi dans le Mélange pour grillades avec la sarriette, la marjolaine, le basilic, le laurier et le romarin. Idéal pour les viandes et poissons grillés, on peut aussi l’utiliser pour les marinades. La sauge est aussi présente dans les herbes méditerranéennes, campagnardes. La sauge fait par ailleurs partie des ingrédients du mélange BBQ .
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C'était hier ...
1914 : Le personnage de Charlot, interprété par Chaplin apparaît pour la première fois dans "Charlot et le parapluie".
1957 : Gaston Lagaffe nait de l'imagination et du dessin de Franquin. C'est le premier grand anti héro de la BD.
1970 : Led Zeppelin se produit en spectacle à Copenhague sous le pseudonyme de Nobs ; le comte Evan von Zeppelin, un descendant du constructeur aéronautique Ferdinand von Zeppelin, a menacé le groupe d'un procès s'il monte sur scène au Danemark en utilisant le célèbre nom.
1983 : Le lecteur laser et le disque compact sont lancés en Europe
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QUI A INVENTÉ LE NOEUD PAPILLON ?
L’invention du nœud pap’, l’accessoire chic et tendance qui habille les hommes depuis plus de 2 siècles Depuis toujours, les hommes portent des morceaux de tissu autour du cou, que ce soit la fraise, la cravate, le foulard, la lavallière… Les premiers à avoir arboré ce type d’accessoires seraient des soldats de l’Antiquité, qui le portait en guise de protection. Mais difficile de connaître avec précision à quel moment sont apparus les cravates, nœuds papillon et autres étoffes pour homme, et plusieurs « histoires » se disputent la naissance du nœud papillon.
On aime retenir celle-ci : pendant la guerre de 30 ans, les mercenaires croates avaient des chemises qui fermaient difficilement, or ils devaient se protéger du vent et de la pluie. Ils avaient donc pour coutume de nouer un tissu de coton autour de leur col. Louis XIII aimait beaucoup ce nouvel accessoire qui rendait élégants ses cavaliers. Le nœud papillon de l’époque, forme plus élaborée de la cravate, devient alors à la mode à la Cour de France. On ne le porte non plus en temps de guerre pour se protéger, mais au quotidien pour se distinguer.
Le noeud papillon vivait ses premières heures !
Le chic anglais aux origines du nœud pap’
Certains historiens parlent aussi beaucoup du célèbre Dandy anglais Beau Brummel qui, au 19e siècle, avait détourné sa cravate avec un nœud très complexe dont lui seul avait le secret et qui ressemblait au nœud papillon que l’on connaît aujourd’hui. Il donne d’ailleurs son nom à certains nœuds pap’ commercialisés de nos jours, et même si on ne le reconnaît pas toujours comme son inventeur officiel, il est certain qu’il a eu un rôle de taille dans l’élaboration de cet accessoire pour homme.
Une autre version de la naissance du nœud papillon est également retenue par les historiens. La tenue “James Bond”, smoking et chemise blanche, serait en effet apparue après que le Prince de Galles a fait réaliser un costume auprès du tailleur Henry Poole à Londres. Et bien entendu, l’histoire ne s’arrête pas là ! À la fin du 19e siècle, l’américain James Brown Potter découvre cette tenue en rendant visite au Prince en Angleterre, et tombe sous le charme de cette veste à l’allure plus décontractée que celles portées jusqu’alors. Il décide donc de se rendre à son tour chez le spécialiste de la taille de costumes, Henry Poole, et repart sur le nouveau continent avec un smoking. Cette tenue à la fois chic et informelle séduit la haute société new-yorkaise, qui le découvre lors d’une soirée organisée par Pierre Lorillard, descendant d’un immigré français. L’histoire raconte que ce dernier aurait retravaillé la forme du costume, créant le smoking tel qu’il est toujours porté de nos jours. Mais non satisfait de la silhouette obtenue, il aurait décidé d’y ajouter un nouvel accessoire inspiré de la cravate : le nœud papillon.
Le smoking et les nœuds papillons deviennent un classique
À partir de ce moment, la mode du smoking pour homme est alors très suivie. Il continue à se porter au fumoir en fin de repas (lieu d’où il tient d’ailleurs son nom), mais il prend aussi une place de plus en plus importante dans la garde-robe des notables, qui veulent allier le chic à la modernité. On le voit alors surtout durant les grandes occasions, tel que le mariage. Les scientifiques et médecins sont aussi traditionnellement de grands adeptes, car le nœud papillon leur permet d’être plus l’aise dans l’exercice de leur profession qu’en portant une cravate. Les couleurs étaient alors très peu répandues, et on se contentait d’un pantalon et d’une veste noirs, d’une chemise blanche et d’un nœud pap’ noir, pour un style sobre et classique.
Ce n’est cependant qu’au début des années 1900 que le terme de « nœud papillon » entre dans le langage courant. Effectivement, l’histoire raconte que c’est suite à la représentation de l’opéra Madame Butterfly de Puccini en 1904, dans lequel le protagoniste porte cet accessoire, que cette nouvelle forme de cravate aurait pris le nom de nœud papillon, en référence au titre de l’ouvrage.
Et au XXIe siècle ?
Gardant sa place dans la collection d’accessoires des hommes au cours des années folles, le nœud papillon reste toutefois destiné aux occasions particulières à cette époque. Il devient même un produit désuet dans le courant du 20e siècle, période durant laquelle les cravates deviennent les accessoires favoris des hommes pour orner leur costume. Seules certaines professions comme les serveurs, les chefs d’orchestre ou les médecins, par souci pratique ou hygiénique, continuent alors à nouer leur nœud papillon autour du cou.
Mais depuis quelques années, le nœud papillon fait son retour sur le devant de la scène grâce notamment aux artistes qui en arborent avec fierté. Il est un essentiel de la mode homme, en France comme ailleurs ! C’est un accessoire qui permet de se démarquer dans une société qui prône l’uniformité. Il a aussi un côté fun, surtout lorsqu’il arbore des motifs ou que l’on joue avec les matières. Le nœud papillon en bois, parfois agrémenté d’un tissu Liberty par exemple, est une variante moderne de cet accessoire qui séduit les hommes qui veulent sortir du lot. Il peut aussi s’associer à d’autres accessoires qui agrémentent une tenue originale, comme des boutons de manchette au style décontracté, une pochette assortie, etc. On trouve d’ailleurs de nombreux coffrets rassemblant ces différents accessoires dans les boutiques de mode, chez les tailleurs et en ligne. On peut également se permettre de la couleur, suivre avec facilité un thème ! Ils sont souvent plusieurs à porter le même pour faire partie de la même « team ». Le nœud papillon rose, turquoise, corail, multicolore, uni ou à motifs, ne fait plus peur aux hommes d’aujourd’hui, qui en font parfois même la collection. On ne porte pas un nœud pap’ par hasard, c’est un réel parti-pris et très souvent une fierté !
Pour ceux qui souhaiteraient toutefois garder l’aspect classique du nœud papillon pour des occasions spéciales, les couleurs et les matières plus traditionnelles gardent une place de choix au sein des collections pour homme. La soie et le coton sont probablement les plus répandus, et peuvent être associés à des tenues très variées. On évitera toutefois de porter le nœud pap’ avec une chemise au col officier, au col Mao ou un col inversé, afin de ne pas frôler le mauvais goût. Le marié l’associe la plupart du temps au costume ou simplement avec une veste, donnant une allure chic. Des boutons de manchettes viennent parfois agrémenter le smoking, pour offrir une touche de raffinement. Lors d’un mariage, les invités et les témoins optent aussi parfois pour le nœud pap’, sobre ou de couleur, qui s’avère un très bon choix dès lors que la tenue ne fait pas d’ombre à l’heureux élu ! Quel que soit le style, ce petit accessoire révolutionne ainsi n’importe quelle tenue ! Si vous hésitiez encore à céder votre cravate pour le nœud papillon, vous savez donc maintenant que vous n’avez que l’embarras du choix et que vous pouvez laisser place à vos envies les plus folles.
