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C'était hier ...
1979 : Elton John devient la première star pop à se produire en Israël. Dans les semaines qui suivront, il sera le premier chanteur de l'Occident à faire une tournée de spectacles en Russie.
1994 : Le sport automobile perd son plus grand champion, le brésilien Ayrton Senna, mort à 34 ans à la suite d'un accident sur le circuit italien d'Imola
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Qui était Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse aussi célèbre que controversé ?
Sigmund Freud, neurologue autrichien du XIXe siècle, est célèbre pour avoir fondé la psychanalyse et développé des théories novatrices sur l'inconscient et la sexualité infantile, influençant ainsi de nombreux psychiatres de renom. Pourtant, ses réalisations demeurent controversées par ses pairs.
Sigmund Freud est indissociable de la psychanalyse, discipline qu’il a fondée à la fin du XIXe siècle. Retour sur l’histoire du célèbre neurologue autrichien.
Neurologue de formation, Sigmund Freud crée la psychanalyse à la fin du XIXe siècle. Développant des théories sur l’interprétation des rêves, l’hystérie ou encore la sexualité infantile, il est l’un des médecins les plus admirés, mais aussi les plus critiqués de son époque. Introducteur de célèbres concepts, comme le complexe d’Œdipe, et le Moi, le Ça et le Surmoi, il a influencé de nombreux psychiatres, comme Jacques Lacan, en France.
Qui est Sigmund Freud ?
Sigmund Freud naît à Freiberg, dans l’empire d’Autriche, le 6 mai 1856. Issu d’une famille juive, il s’installe avec celle-ci à Vienne dans les années 1860. Brillant élève, il suit des études de médecine et sort diplômé en 1881. Après avoir travaillé dans divers services hospitaliers, Freud ouvre son propre cabinet de neurologie en 1886.
Déjà, ses travaux sur l’hystérie masculine, influencés par Charcot, suscitent la polémique. Il s’intéresse ensuite à l’hypnose avant d’élaborer la théorie de la séduction. En 1896, Freud parle pour la première fois de "psychanalyse" et gagne une solide réputation dans le milieu de la psychiatrie. Il traite alors des patients issus de la haute société viennoise.
Alors que la psychanalyse rassemble toujours plus d’adeptes, Freud publie de nombreux ouvrages sur cette discipline. Dans les années 1920, il développe ses idées sur le Moi, le Ça et le Surmoi. En 1932, il publie "Pourquoi la guerre ?" avec Albert Einstein.
À cause de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, Sigmund Freud se réfugie à Londres en 1938. Il meurt d’un cancer de la mâchoire le 23 septembre 1939.
Pourquoi Freud est-il connu ?
Sigmund Freud est connu pour être le père de la psychanalyse, une discipline permettant de traiter les névroses en explorant l’inconscient. Freud a publié d’importants ouvrages sur ce sujet, comme "Cinq leçons sur la psychanalyse" (1910), "Totem et Tabou"(1912) ou encore "Introduction à la psychanalyse" (1916-1917).
La psychanalyse a attiré de nombreux adeptes et ses techniques thérapeutiques sont toujours utilisées de nos jours.
Quelle est la théorie de Freud ?
La psychanalyse repose sur l’idée que de nombreux comportements et pensées humains sont influencés par des forces inconscientes, souvent issues de l’enfance, et que ces forces peuvent provoquer des conflits internes qui affectent le fonctionnement mental. Freud "cartographie" l’appareil psychique à l’aide de deux topiques. La première topique comprend l’inconscient, le préconscient et le conscient.
La seconde topique comprend le Ça, le Moi et le Surmoi. Freud soutient aussi l’idée selon laquelle des pulsions sexuelles existent chez l’enfant. Selon lui, la sexualité infantile permet d’expliquer la sexualité adulte et les névroses. Il introduit aussi le concept de complexe d’Œdipe : l’enfant désire entretenir une relation amoureuse avec le parent du sexe opposé et éliminer l’autre parent, considéré comme un rival.
Pourquoi Freud est-il critiqué ?
Des philosophes comme Karl Popper ou Ludwig Wittgenstein remettent en cause la scientificité de la psychanalyse. Ils pointent notamment des incohérences au niveau de la théorie, et l’absence d’études cliniques sérieuses. Certains contemporains le considèrent comme un gourou.
Sigmund Freud a aussi été critiqué au sein même du mouvement psychanalytique. Alfred Adler et Carl Jung, après avoir été psychanalystes, ont rompu avec Freud à cause de désaccords théoriques.
➤ Article paru dans le magazine GEO
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Le karité, exclusivement une affaire de femmes
Le karité, une source d'émancipation pour les femmes au Ghana
Baumes, soins, crèmes de beauté… le beurre de karité a conquis la planète. Au Ghana comme dans tout le Sahel, où il est une ressource traditionnelle, sa production est un travail surtout féminin. Elle est même devenue une remarquable source d’émancipation.
Chaussées de Crocs sous leurs tuniques fleuries, Arishetu Awal, Mariam Dana et Salamatu Alhassan ont déjà rempli plusieurs bassines de fruits ronds d’un vert acidulé. Elles les ramassent à même la terre rouge, courbées en deux, au pied des arbres à karité dont les silhouettes sveltes piquettent la savane environnante. Mains gantées pour se protéger des petits scorpions venimeux qui se cachent dans les herbes rases, ces femmes du village de Nyioko, dans le nord du Ghana, âgées de 29 à 35 ans, reproduiront inlassablement les mêmes gestes durant la période de récolte qui s’étire de juin à août, lors de la saison des pluies. Des scènes identiques se déroulent au même moment dans presque tous les villages de la région et bien au-delà, dans l’ensemble de la bande sahélienne.
Organisées en coopératives, les femmes récoltent les fruits frais
Du Sénégal à l’Ouganda, l’arbre à karité — Vitellaria paradoxa pour la science — ne pousse qu’à l’état sauvage, parfois solitaire au milieu des champs, ou plus densément dans les zones de savane arborée. Celui qui résiste à ceux qui tentent de le domestiquer est parfois appelé "l’or des femmes", car ce sont elles, organisées en coopératives, qui collectent ses fruits frais pour les faire sécher et extraire du noyau une huile végétale aujourd’hui connue dans le monde entier : le fameux beurre de karité, qui entre dans la composition de nombreux produits cosmétiques. Ramasser le fruit est un travail long, physique, fatigant, mais auquel elles tiennent : il leur permet d’assurer un avenir à leurs enfants mais aussi de s’affranchir un peu de la tutelle de leur mari. Elles le font en chantant, en discutant beaucoup, en riant souvent. "Ce que j’aime le plus, c’est qu’on travaille toutes ensemble", remarque Salamatu Alhassan.
Depuis Accra, la capitale du Ghana bordée par l’océan Atlantique, il faut huit heures de route pour rejoindre Tamale (375 000 habitants), chef-lieu de la région du Nord. Située aux portes du Sahel, la troisième ville du pays est un carrefour commercial entre Accra et Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Autour se déploie un paysage de grandes plaines et de savane à l’infini, zébrée de pistes de latérite et parsemée de petits villages aux cases de terre crue coiffées de toits pointus.
La région, plus pauvre que le reste du pays, est le berceau de l’ethnie dagomba, majoritairement musulmane et structurée autour de clans dominés par les hommes. Ici, on produit surtout du riz, du coton… et le fameux karité.
Le karité a permis aux enfants de faire des études
Bassines chargées de noix sur la tête, une dizaine de femmes du village de Murugu cheminent en file indienne. En cette saison des pluies, le parc national de Mole, où elles viennent collecter les noix, a pris toutes les nuances de vert. Dans cette immense réserve vivent des centaines d’éléphants, qui contribuent via leurs déjections à disséminer les graines de karité. Toutes font partie de la Damongo Sunkpa Shea Women’s Cooperative, qui regroupe plusieurs associations de femmes et compte 800 membres. En 2022, les membres de cette coopérative ont reçu le prix de l’Initiative Équateur (en partenariat avec les Nations unies), qui récompense les communautés locales œuvrant à un développement économique durable. Elles ont remporté 10 000 dollars qui leur ont servi pour faire vivre leur activité, s’équiper, se former.
Memuna Braimah, 46 ans, est la présidente de la coopérative de Murugu, à laquelle elle appartient depuis dix ans. Elle ne sait ni lire ni écrire, mais sa fille Rafia, elle, poursuit à 24 ans un MBA à l’Université de Tamale : "C’est grâce à ma mère et à son travail depuis vingt ans dans le beurre de karité que j’ai pu faire des études, souligne la jeune femme, de retour à Murugu pour les vacances. Je suis très fière d’elle."
Abou Tagnan, qui est basé au Burkina Faso, est le coordinateur de projets en soutien aux coopératives, de la marque L’Occitane en Provence. "Chez nous, on dit que le karité est non seulement l’or des femmes, mais aussi le papa des orphelins et le mari des veuves, dit-il. Cela permet aux femmes de vivre mieux."
Les Ivoiriens l’utilisaient couramment
L’histoire de cette marque avec le beurre de karité — produit "miracle" pour la peau — a commencé il y a une quarantaine d’années. Aujourd’hui, l’ingrédient aux pouvoirs hydratants et cicatrisants, riche en vitamines A, D, E et F, aussi bien utilisé comme matière grasse dans l’industrie alimentaire que pour ses propriétés cosmétiques ou pharmaceutiques, a conquis les marchés internationaux. Il est désormais omniprésent au rayon beauté sous forme de baume pour le corps, pour les cheveux, le visage, les mains et les pieds. Pourtant, il n’a pas toujours eu bonne réputation ! Le journaliste ivoirien Soro Solo, 73 ans, grande voix de la radio dans son pays et en France, raconte ce qu’il entendait dans son enfance, quand la Côte d’Ivoire était une colonie française :
On nous disait que le beurre de karité sentait trop fort, que c’était bon pour les sauvages. Et trente ans plus tard, dans un grand magasin parisien, j’ai découvert avec stupeur qu’on vantait ce produit magique !
Les Ivoiriens, eux, l’utilisaient couramment à l’époque. "Dans mon village, on n’avait pas encore d’huile raffinée pour cuisiner, on utilisait le beurre de karité, poursuit-il. Les guérisseurs l’utilisaient pour fabriquer les onguents. Les filles, pour se lisser et se tresser les cheveux. Et les garçons s’en enduisaient la peau pour la danse initiatique qui permet de passer de l’adolescence à la majorité et de siéger dans la cour des grands."
80 % des exportations sont destinées au secteur agroalimentaire en Afrique
Aujourd’hui, sur la récolte annuelle de karité au Sahel (environ 1 million de tonnes de noix), près de la moitié est encore consommée localement. Le reste s’exporte avec un succès grandissant, et pas forcément où on l’imagine : "On l’ignore souvent mais son principal usage est alimentaire et non pas cosmétique, explique Pierre Ricau, agronome et analyste en chef pour N’kalô, une société de conseil pour le secteur agroalimentaire en Afrique. Environ 80 % des exportations sont destinées à cette industrie. Le beurre de karité entre notamment dans la fabrication du chocolat, en substitution du beurre de cacao."
Depuis 2000, l’Union européenne, par exemple, autorise l’usage d’autres huiles végétales que le beurre de cacao dans la fabrication du chocolat, à hauteur de 5 %. Le beurre de karité est utilisé pour ses caractéristiques qui améliorent la conservation et la texture, rendant le chocolat moins sensible à la chaleur. Le désamour pour l’huile de palme, cause de sévères déforestations en Asie, et objet de grandes campagnes de boycott, a aussi encouragé le recours au karité. "C’est encore un petit marché, mais en forte croissance", note l’analyste. Selon Transparency Market, le marché mondial du karité pourrait atteindre 3,5 milliards de dollars en 2028. Une entreprise danoise, AAK, un des premiers fabricants mondiaux d’huiles végétales et de matières grasses qui exporte les noix vers l’Europe pour les transformer, en est un acteur historique. D’autres entreprises, comme le groupe américain Bunge mais aussi le Japonais Fuji Oil et l’Indien Indorama ont investi dans des usines de transformation locales au Ghana et au Burkina.
Les coopératives investissent pour faciliter le travail
Au retour de la journée de récolte, les femmes de Nyioko ne sont pas au bout de leurs efforts. Il leur faut respecter douze étapes afin d’obtenir du beurre de karité artisanal. D’abord, le «dépulpage» à la main pour dégager les noix du fruit frais. Certaines en profitent pour croquer avec gourmandise dans la pulpe verte au goût d’avocat sucré, riche en vitamine C. Ensuite, les noix sont bouillies afin d’être débarrassées de leur germe. Une étape coûteuse en eau et en bois de chauffe, à laquelle le coordinateur Abou Tagnan a trouvé une solution originale : "Nous avons mis au point une sorte de couscoussier pour cuire les noix à la vapeur, explique-t-il. Cela permet de réduire le temps de séchage d’une dizaine de jours à trois jours, par rapport à la cuisson dans l’eau bouillante."
Ce système D a pour autre avantage d’être plus économe en eau, en bois… et en temps : au lieu de la centaine de jours de travail nécessaires autrefois pour produire une tonne de beurre, la mécanisation permet de réduire cette durée à huit heures seulement. Vient ensuite le séchage, qui est effectué à même le sol.
Dans la cour des maisons, des tapis de noix prennent peu à peu, au soleil, une belle couleur cannelle. Une fois nettoyés, triés, les fruits sont ensuite concassés pour ne conserver que l’amande, d’où sera tiré le beurre. Les femmes de la coopérative se partagent les rôles : debout, certaines broient les noix à l’aide d’énormes pilons de bois, avant que d’autres, assises en cercle, ne les passent au tamis pour se débarrasser de l’écorce. Les coopératives investissent pour faciliter le travail. Pour la torréfaction, les anciens foyers en pierre sont progressivement remplacés par d’autres plus modernes, et les résidus servent de combustible. Le broyage, désormais mécanisé, permet d’obtenir une pâte consistante, couleur chocolat et à la bonne odeur de noisette grillée. Vient ensuite l’étape du pétrissage. La pâte était jadis travaillée à la main, lavée, malaxée, puis à nouveau nettoyée, jusqu’à ce que l’eau soit claire. Un travail harassant désormais mécanisé dans de nombreuses coopératives. La pâte est ensuite cuite, par un système de pyrolyse ou avec des fours améliorés qui réduisent les fumées. Enfin, le beurre est filtré, dernière étape avant le conditionnement dans des cartons et l’expédition.
Assana Issaku, 25 ans, participe à tout cela, mais surtout, elle observe. La jeune femme ne fait pas encore partie de la coopérative, dont sa mère est membre, mais prévoit de la rejoindre un jour. "La mécanisation des étapes pénibles permet d’attirer les jeunes filles qui fuyaient cette activité, assure Abou Tagnan. De nouvelles générations vont perpétuer ce savoir-faire."
De quelques kilos au début à plusieurs centaines de tonnes aujourd’hui, le groupe cosmétique pour lequel il travaille a accompagné au fil des ans la structuration et la professionnalisation de la filière, d’abord au Burkina Faso, puis au Ghana avec son partenaire Savannah Fruits, qui achète les noix, notamment aux femmes du village de Nyioko. "Notre particularité est d’acheter du beurre fabriqué localement par les femmes, au Ghana comme au Burkina Faso, au plus haut prix du marché [en décembre 2023, entre 19 et 20 cédis, soit 1,50 €/kg], poursuit-il. Un beurre bio et équitable. Cela permet de donner plus de revenus aux femmes plutôt que d’acheter les amandes et d’aller fabriquer du beurre ailleurs, comme le font certaines entreprises."
La coopérative de femmes de Nyioko touche 340 cédis (environ 23 euros) pour un sac d’amandes de 85 kg vendu à Savannah Fruits. Et elle vend en moyenne 60 sacs par jour. Des revenus qui tombent à point nommé lors de la période des pluies. "L’argent du karité arrive au moment le plus difficile de l’année, quand les maris n’ont pas de revenus car les autres cultures sont à l’arrêt, et que les greniers sont vides, précise Abou Tagnan. La femme apporte alors un soutien et son mari a tendance à l’écouter, ce qui n’est pas forcément le cas pour celles qui n’ont pas de revenus ! Elles peuvent acheter à manger, payer les frais de santé, et même embaucher des aides pour les travaux agricoles…"
Un rôle dans la régulation du climat et un refuge pour la biodiversité
L’organisation en coopératives "a permis à certaines de ces femmes de devenir des leaders locales, voire des conseillères municipales mais aussi d’accéder à la microfinance pour lancer d’autres activités et diversifier leurs sources de revenus", observe Assita Dembele, spécialiste en biodiversité pour L’Occitane au Burkina. En 2019, l’entreprise a présenté aux Nations unies un programme visant à améliorer les conditions de vie et de travail des femmes, les aider à faire face aux coups durs, et préserver les «arbres à beurre». Chaque année, quelque huit millions d’arbres à karité, sur les deux milliards que compte l’Afrique, disparaissent. En cause : le changement climatique, l’évolution des pratiques agricoles, la récolte de bois de chauffage, l’expansion démographique…
À ce rythme, la production sera, estime-t-on, gravement menacée en Afrique de l’Ouest dans une vingtaine d’années. Déjà, les femmes sont obligées d’aller toujours plus loin pour ramasser les noix, les arbres se faisant plus rares dans les champs. Consciente de la menace, l’Alliance globale du karité, association qui regroupe l’ensemble des acteurs de la filière, a lancé en 2020 l’initiative Action pour les parcs à karité avec l’objectif de restaurer quatre millions d’hectares en dix ans. L’arbre joue un rôle dans la régulation du climat, il protège et régénère les sols. Et il est aussi un refuge pour la biodiversité : les abeilles se régalent de ses fleurs, des mille-pattes géants décomposent ses feuilles et se nourrissent de la pulpe de ses fruits, perroquets et éléphants en raffolent, participant à sa dissémination via leurs déjections…
Accroupie dans la cour de sa maison à Murugu, Amina Danaba, 45 ans, émince ail et oignons pour assaisonner le plat de riz au beurre de karité qui mijote dans une marmite posée sur le feu. Elle est la première des trois épouses de Sedu Munaba, 53 ans, un petit agriculteur local. "Je suis très fier d’elle et de son travail avec la coopérative, dit ce dernier, en posant sa main sur l’épaule de sa femme. Elle aide beaucoup notre famille avec l’argent qu’elle gagne."
Amina a même pris sous son aile la deuxième épouse de Sedu, ainsi que sa belle-fille. Pour elle comme pour les autres femmes du village, le karité est un moyen de se serrer les coudes entre femmes, de gagner le respect du mari et d’avoir voix au chapitre au sein du ménage : il est, décidément, un ingrédient magique.
➤ Article paru dans le magazine GEO n°540, Le Vietnam, de février 2024.
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La fermeture éclair, ou « fermeture à glissière », « fermeture à crémaillère », « tirette », « zip » ou encore en anglais « zipper », est un dispositif mécanique permettant l'ouverture et la fermeture rapide d'un vêtement, d'un sac, de chaussures ou le raccordement et la séparation rapide de pièces de tissus (porte de tente par exemple).
Historique
Les premières fermetures rapides à glissières ont été élaborées aux États-Unis à Chicago en 1851 par les ingénieurs Elias Howe, Max Wolff et finalement en 1893 par Whitcomb Judson. Ces premières fermetures constituées d'œillets et de crochets avaient une fâcheuse tendance à s'ouvrir seules.
En 1913, l'ingénieur suédo-américain Gideon Sundbäck travaillant pour Judson dépose le brevet pour la mise au point de la fermeture éclair moderne en remplaçant le système d'œillets et de crochets par un dispositif de dents engrenées à l'aide d'un curseur. Ce procédé est au départ utilisé pour les chaussures.
Par ailleurs, l'ingénieur soleurois Simon Frey développe un modèle de fermeture analogue avant la Première Guerre mondiale. Mais il ne trouve aucun fabricant intéressé à lui acheter les droits de fabrication, en Allemagne et en Suisse. Son système est acheté en 1921 par un Américain .
En 1923, Martin Othmar Winterhalter (de) (de Suisse orientale) achète à Gideon Sundbäck son brevet pour les fermetures à glissière et commence à produire des fermetures éclair en série. Il fonde en 1936 l'entreprise Riri SA (de), à Mendrisio (Tessin, Suisse).
Un système concurrent, la fermeture à glissière Vitex, est breveté en France en 1925 par l'entreprise grenobloise ARaymond et fabriqué jusqu'en 1955.
La marque commerciale « Fermeture Éclair » est la propriété de la société française Éclair Prym France, basée à Menneval dans l'Eure. Dans les années 1930, la mode s'empare de la fermeture éclair, et Elsa Schiaparelli l'intègre à ses créations de haute-couture.
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Le saviez vous ..
Le fromage
Il est possible de déguster plus de 1000 fromages en France, et environ 10 000 dans le monde. Mais à quoi pouvait bien ressembler l'odeur des premiers fromages ?
D'après les propos de François Robin, un des meilleurs ouvriers de France en classe fromagerie et Éric Birlouez, ingénieur agronome et sociologue, invités de l'émission Le Temps d'un bivouac.
François Robin explique que,"en France, il existe une vraie tradition en matière de fromages, une variété assez extraordinaire du point de vue des terroirs et des pratiques agricoles qui y sont liées".
On estime qu'il y en a un peu près 10 000 dans le monde.
Mais quelles peuvent bien être ses origines, notamment du point de vue de sa production ? Alors, y a-t-il de quoi en faire tout un fromage ?
Une archéologie du fromage !
Éric Birlouez précise que"le fromage est très récent dans l'histoire de l'humanité, car pour faire du lait, il fallait d'abord savoir domestiquer des espèces de mammifères. Cette histoire commence à l'époque du Néolithique précisément, il y a 10 000 ans, avec la domestication des chèvres et des brebis au Proche-Orient, puis grâce aux bovins, plus tard".
Les premières traces de fromage sont retrouvées en Pologne il y a environ 7000 ans : l'archéologie avait permis de trouver des petits morceaux de poteries cassés avec des petits trous formés qui dataient très vraisemblablement de cette époque : ils contenaient du fromage et les petits trous laissaient alors penser à une sorte de faisselle, de moule ! Des analyses chimiques ont permis de constater qu'il y avait des matières grasses que l'on pouvait attribuer au fromage.
"En France, tout se passe à la même époque : quelques migrants, arrivés sur la plage de Roquebrune près de Menton, transportent avec eux, dans leur pirogue, les produits qu'ils ramenaient de chez eux. Tout porte à croire qu'ils avaient, eux aussi, domestiqué des brebis et des chèvres".
Quand le fromage n'était qu'une méthode de conservation…
Eh oui, le lait trait de ces animaux domestiqués ne pouvait alors être transformé qu'en fromage car pour être naturellement conservé, le lait ne peut qu'être transformé sous forme de fromage ! Une autre explication : les premiers éleveurs ne digéraient pas aussi bien qu’aujourd’hui le lait liquide et la transformation en fromage était le seul moyen de digérer le lactose du lait.
François Robin explique que cette floraison gustative et fromagère n'était qu'une simple conserve à l'époque ! Un moyen très concret de conserver le lait plusieurs jours.
Le fromage n'est rien d'autre qu'un moyen de survie nutritionnel d'une époque.
Le plus vieux fromage au monde a 3000 ans et... il sentait déjà fort
François Robin nous apprend que "l'homme produisait déjà une forme primitive du fromage il y a des milliers d'années ! Il aurait récemment été retrouvé en Egypte".
C'est un fromage qui date de plus de 3000 ans mais que personne n'a pris le risque de goûter !
Les deux spécialistes citent aussi un exemple de fromage qui est resté stable et n'a sans doute pas évolué jusqu'à aujourd'hui : c'est un fromage sarde, le "callu de cabrettu". Un fromage très particulier car sa production nécessite de sacrifier un chevreau pour y extraire la caillette (cette quatrième poche de l'estomac de l'animal), de sorte à la nouer par les deux bouts avec le lait à l'intérieur) puis à laisser la fermentation se faire. À l'intérieur de la présure animale, le lait se transforme et devient fromage. Au bout de deux à quatre mois, on ouvre cette poche pour enfin déguster un fromage au goût particulièrement prononcé et dont le goût n'a pas sans doute pas changé depuis la Préhistoire - un goût très prononcé !
C'est plus un fromage témoignage qu'un fromage plaisir !
François Robin explique que "c'est une variété qui permet de retracer la création du fromage des peuples nomades qui avaient découvert ce système de caillette. C'est celui-ci qui témoigne des origines du fromage".
La production et le goût, hier comme aujourd'hui ?
À l'époque, ils utilisaient à peu de choses près, les mêmes recettes que les nôtres aujourd'hui :
Une matière première (le lait qui prend naturellement le goût de la flore du pâturage)...
... que l'on solidifie en "se caillant"...
... qu'on égoutte (pour en retirer l'eau) pour une meilleure préservation...
... avant de rajouter le sel pour favoriser la fermentation...
... et d'affiner, une méthode certes plus récente.
Les moyens de solidifier et fermenter ce produit alimentaire résident la plupart du temps dans "la caillette" d'un animal ruminant non sevré (veau, chevreau, agneau) ou bien éventuellement des végétaux (sève de figuier, d’artichaut) qui permettent de cailler et créer un fromage. Tous les fromages d'hier et aujourd'hui ont pour point commun l'idée de faire cailler le lait, autrement dit d'égoutter le fromage et de le rendre plus "transportable".
L'évolution et la transformation du fromage ressemble à une comparaison qui va du yaourt au produit "fini" tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Mais beaucoup de choses changent : hier, le roquefort aurait été moins persillé et très peu bleu ; le comté ressemblait fortement à un emmental et était un fromage très gonflé. En réalité, les fromages évoluent en même temps que nous, avec des moyens qui permettent de mieux les produire et de mieux les transporter".
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C'était hier ...
1429 : Jeanne d'Arc entre dans Orléans et en chasse les Anglais.
1913 : Un brеvet d'invention est аccordé à Gideon Sandback pour la fermеture éclair.
1968 : Première diffusion des Shaddock à la télévision
1980 : Le maître du suspense n'est plus. Alfred Hitchcock
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C'était hier ...
28 avril 1480 : échec du siège de Rhodes
Le pacha Misach Paléologue, ancien prince byzantin de Constantinople converti à l’islam, débarque sur l'île de Rhodes avec 70 000 hommes pour assiéger la forteresse des chevaliers hospitaliers.
Le siège dure trois mois mais échoue face aux 4 000 hommes du Grand-Maître de l'Ordre Pierre d'Aubusson. Les Hospitaliers se permettent même une contre-attaque et prennent l'étendard du Pacha. Paléologue est tué dans un combat naval contre une flotte espagnole venue en renfort alors qu'il lève le siège, le 28 avril 1480.
Les Hospitaliers perdront cependant l'île lors du siège par le sultan Soliman le Magnifique en 1522. Ils se réfugieront alors sur l'île de Malte.
28 avril 1503 : Bataille de Cérignole
En 1500, à la faveur d'une deuxième guerre d'Italie, le roi Louis XII a réussi sans coup férir à occuper la très riche cité de Naples, jusque-là possession espagnole. Mais les Espagnols ne tardent pas à reprendre l'offensive contre les Français et le 28 avril 1503, ils les affrontent à Cérignole, au sud-est de la péninsule italienne.
Louis d'Armagnac, duc de Nemours, commande l'armée française (9500 hommes et 26 canons). L'un des plus grands capitaines de son temps, Gonzalve de Cordoue surnommé le Gran capitan, lui fait face. Il dispose d'autant d'hommes mais de moitié moins de canons.
L'Espagnol connaissant le goût français pour les charges de cavalerie, lui tend un piège : simulant une timide attaque, les Espagnols se laissent poursuivre par les cavaliers français qui ne s'aperçoivent pas qu'ils sont entraînés vers les arquebusiers protégés par des fossés. Le duc de Nemours est tué et la bataille s'achève par un affrontement entre les piquiers gascons et suisses d'un côté, espagnols et allemands de l'autre.
Les Français perdent le tiers de leurs effectifs. Après une autre défaite à Garigliano, ils doivent une nouvelle fois évacuer la péninsule.
28 avril 1760 : Bataille de Saint-Foye
Le 28 avril 1760, à Sainte-Foye, en Nouvelle-France, les Français repoussent une attaque anglaise et prennent une revanche aussi éclatante qu'inutile sur la bataille des plaines d'Abraham, qui avait vu la mort de Montcalm et la perte de la ville de Québec.
L'historien britannique Francis Packman l’a qualifiée de « plus grande victoire française en Amérique, parce qu’elle a fait un jour trembler le sort de la ville de Québec et de ce fait, trembler toute l’Amérique »...
28 avril 1789 : Mutinerie à bord du Bounty
Le 28 avril 1789, au large de Tahiti, une mutinerie se produit à bord du Bounty. Elle oppose le commandant du navire, William Bligh, à ses hommes conduits par l'officier Fletcher Christian. Une partie des mutins trouvera refuge sur l'atoll de Pitcairn...
28 avril 1898 : Ultimatum américain à l'Espagne
Le 28 avril 1898, les États-Unis adressent un ultimatum à l'Espagne. Saisis par une fièvre impérialiste, les États-Unis lorgnent avec envie sur les dernières colonies espagnoles. Une révolte populaire à Cuba est prétexte à un ultimatum et au déclenchement d'une guerre facile contre l'Espagne.
28 avril 1912 : La mort de Bonnot
Les hommes de la Sûreté emmenés par le préfet Lépine encerclent une villa de Choisy-le-Roi où a trouvé refuge Jules Bonnot.
L’ennemi public numéro un terrorise les Parisiens depuis la fin de l’année précédente. Avec sa bande de malfrats issus des milieux anarchistes, il a multiplié en quelques mois les braquages de banques et les actions violentes contre les forces de l’ordre.
Les policiers dynamitent la maison et abattent Bonnot et son complice Dubois lors de l’assaut final. Il faudra cependant attendre le 14 mai suivant pour que le reste de la «bande à Bonnot» soit neutralisé dans l’attaque d’un pavillon à Nogent-sur-Marne.
28 avril 1920 : Mandat français au Liban et en Syrie
Le 28 avril 1920, la France est officiellement investie par la Société des Nations d'un « mandat pour la Syrie et le Liban » (en fait un protectorat)...
28 avril 1925 : Churchill réévalue la livre sterling
Le mardi 28 avril 1925, Winston Churchill, chancelier de l'Échiquier (ministre des finances) dans le gouvernement conservateur de Stanley Baldwin, annonce le retour à la convertibilité or de la livre (suspendue en 1919).
On s'apercevra très vite des implications désastreuses pour la Grande-Bretagne et le reste du monde de cette réévaluation de la sterling, recommandée par les financiers de la City et Norman Montagu, gouverneur de la Banque d'Angleterre...
28 avril 1945 : Exécution de Mussolini
Les cadavres de Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci livrés aux quolibets des badaudsLe 28 avril 1945, trois jours après l'ordre d'insurrection générale lancé par les partisans antifascistes, Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci sont exécutés par des résistants italiens sur l'ordre du chef communiste Walter Audisio.
Leurs cadavres sont pendus par les pieds à une poutre et exposés aux quolibets de la foule, dans une station service de la piazzale Loreto, à Milan, jusqu'à l'intervention d'officiers alliés.
Deux jours plus tard, Hitler et sa maîtresse se suicideront dans leur bunker pour échapper à un sort comparable.
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Marie Harel, née Marie Catherine Fontaine le 28 avril 1761 à Crouttes, près de Vimoutiers en Normandie et morte le 9 novembre 1844 à Vimoutiers, est une agricultrice qui serait l'inventrice du camembert avec l'abbé Charles-Jean Bonvoust.
Invention du camembert
Elle épouse, le 10 mai 1785 à Camembert, Jacques Harel, laboureur à Roiville. Le couple s'établit à Roiville, d'où la légende, qui semble historiquement peu crédible, de la fabrication du fromage à Camembert. Mais bien que le couple Harel vivait à Roiville, Marie et Jacques travaillaient à la ferme de Beaumoncel, propriété de Jean Perrier, sur les hauteurs de Camembert. Jacques était donc laboureur et Marie s'occupait des vaches et de la laiterie-fromagerie. C'est ici qu'ils se sont rencontrés. Ils se sont mariés à Camembert le 10 mai 1785 et vivaient à Roiville, tout en continuant à travailler à Camembert. Donc le fait que le couple Harel vivait à Roiville n'est pas incompatible avec la création du fromage dans le village de Camembert .
Il se fabriquait, depuis la fin du xviie siècle déjà, un fromage renommé dans le pays de Camembert. Thomas Corneille signale, dans son dictionnaire géographique, publié en 1708 : « Vimonstiers : [...] on y tient tous les lundis un gros marché où l'on apporte les excellents fromages de Livarot et de Camembert ». Pourtant, selon une légende tardive qui apparaît au début du xxe siècle, l'invention du camembert sera attribuée à Marie Harel qui aurait bénéficié des conseils d'un prêtre réfractaire, l'abbé Bonvoust, au manoir de Beaumoncel où elle travaillait, dont certains disent qu'il aurait été originaire de la Brie (en réalité, l'abbé Bonvoust était alençonnais), et lui aurait transmis la recette de préparation du fromage à croûte fleurie qui y est produit. Ce récit apocryphe, que rien n'atteste, reste souvent considéré comme véridique dans de nombreux ouvrages qui le transmettent avec de surprenants enrichissements.
En 1790, à la suite du vote de la Constitution civile du clergé, ce prêtre est parti se réfugier en l’abbaye de la Sainte Trinité de Fécamp. Puis, peut-être vers 1791, plus sûrement en 1796 — car il est bien attesté que cette année-là, le père Bonvoust était à Camembert, où il a signé des actes de baptêmes —, il revient sur ses terres ornaises, mais se sachant recherché par la nouvelle gendarmerie républicaine, il se réfugie à Camembert. Il y observe Marie Harel en train de fabriquer ses fromages, et fort de ses connaissance sur l'affinage des fromages dans diverses abbayes, comme à Neufchâtel, il lui proposa une autre méthode, laquelle forme une croute autour de la pâte molle. C'est ainsi que les 2 techniques, celle de l'abbé et celle de Marie, ont créé le fromage que l'on connait aujourd'hui.
Indépendamment de la véracité de l'histoire, Marie Harel a donc bien existé, et a fabriqué des camemberts selon un savoir-faire local. Son principal mérite fut d'avoir été à l'origine d'une lignée de fromagers entreprenants qui ont développé la fabrication du camembert à une grande échelle, notamment son petit-fils Cyrille Paynel, né en 1817, qui créa une fromagerie dans la commune du Mesnil-Mauger dans le Calvados.
L'essor de la production de camembert dans la première moitié du xixe siècle est l'œuvre collective des descendants de Marie Harel qui se considéraient comme les seuls détenteurs légitimes de l'appellation camembert. Mais, à partir de 1870, d'autres transformateurs normands contestent cette volonté de monopole familial .

mais moins de charme 
