
Capusa06
FOUDRE
La foudre est un phénomène naturel de décharge électrostatique disruptive de grande intensité qui se produit dans l'atmosphère, entre des régions chargées électriquement, et peut se produire soit à l'intérieur d'un nuage (décharge intra-nuageuse), soit entre plusieurs nuages (inter-nuageuse), soit entre un nuage et le sol (nuage-sol ou sol-nuage). La foudre est toujours accompagnée d'un ou plusieurs éclairs (émission intense de rayonnement électromagnétique, dont les composantes se situent dans la partie visible du spectre), et du tonnerre (émission d'ondes sonores), en plus d'autres phénomènes associés. Bien que les décharges intra-nuageuses et inter-nuageuses soient plus fréquentes, les décharges nuage-sol présentent un plus grand danger pour l'homme. La plupart des éclairs se produisent dans la zone tropicale de la planète et principalement sur les continents. Ils sont associés à des phénomènes convectifs, le plus souvent des orages.
Certaines théories scientifiques considèrent que ces décharges électriques peuvent avoir été fondamentales dans l'émergence de la vie, en plus d'avoir contribué à son maintien. Dans l'histoire de l'humanité, la foudre a peut-être été la première source de feu, fondamentale pour le développement technique. Ainsi, les éclairs ont éveillé la fascination, étant incorporés dans d'innombrables légendes et mythes représentant le pouvoir des dieux. Des recherches scientifiques ultérieures ont révélé leur nature électrique et, depuis lors, les décharges ont fait l'objet d'une surveillance constante, en raison de leur relation avec les systèmes de tempête.
En raison de la grande amplitude des tensions et des courants électriques qu'elle propage, la foudre est toujours dangereuse. Ainsi, les bâtiments et les réseaux électriques ont besoin de paratonnerres, des systèmes de protection. Cependant, même avec ces protections, la foudre cause toujours des morts et des blessures dans le monde entier.
En tant que phénomène de haute énergie, la foudre se manifeste généralement par un chemin extrêmement lumineux qui parcourt de longues distances, parfois avec des branches. Cependant, il existe des formes rares, comme la foudre en boule, dont la nature est inconnue. La grande variation du champ électrique causée par des décharges dans la troposphère peut donner lieu à des phénomènes lumineux transitoires dans la haute atmosphère. La foudre peut trouver son origine dans d'autres événements, tels que les éruptions volcaniques, les explosions nucléaires et les tempêtes de sable. Des méthodes artificielles sont utilisées pour créer des éclairs à des fins scientifiques. La foudre se produit également sur d'autres planètes du Système solaire, en particulier Jupiter et Saturne.
Histoire
La foudre est probablement apparue sur Terre bien avant la vie, il y a plus de trois milliards d'années. De plus, les éclairs ont probablement été fondamentaux pour la formation des premières molécules organiques, essentielles à l'apparition des premières formes de vie. Depuis le début de l'histoire écrite, les éclairs fascinent les êtres humains. Le feu que les éclairs produisent lorsqu'ils touchent le sol sert à ceux-ci pour se réchauffer pendant la nuit, en plus de tenir les animaux sauvages à l'écart. L'homme primitif a donc cherché des réponses pour expliquer ce phénomène, créant des superstitions et des mythes qui ont été incorporés dans les premières religions.
Importance biologique
La pression de vapeur explosive entre le tronc et l'écorce causée par la foudre a fait exploser l'écorce de ce bouleau.
Dès la formation de la Terre, les températures élevées de la croûte terrestre sont responsables de la formation de tempêtes importantes, violentes et permanentes, donnant naissance aux océans. L'eau, au cours de son cycle, transporte avec elle des éléments chimiques, tels que le carbone et l'azote, qui s'accumulent dans les mers primitives. Les rayons ultraviolets et la foudre ont peut-être grandement aidé le processus de combinaison de ces composés inorganiques ainsi qu'à leur transformation en acides aminés, composants essentiels pour l'émergence de la vie.
Les décharges électriques sont la principale source de nitrites et de nitrates, essentiels à la vie des plantes. Les plantes ne sont pas en mesure d'utiliser directement l'azote atmosphérique, elles doivent donc être transformées en d'autres composés azotés. La foudre est responsable de ces réactions chimiques, ce qui maintient le cycle de l'azote.
Les feux de forêt déclenchés par la foudre jouent un rôle fondamental dans l'évolution des plantes, car la consommation de matière sèche et l'élimination d'éventuels ravageurs par le feu sont bénéfiques pour l'environnement. Le processus d'évolution de la vie végétale semble être étroitement lié à l'apparition des incendies, qui favorisent l'émergence de nouveaux gènes. Il est possible que les incendies provoqués par la foudre aient été la première source de feu utilisée par les hommes primitifs, ce qui aurait été l'une des étapes importantes qui ont conduit à l'évolution et à la domination de celui-ci sur son environnement.
Une étude météorologique démontre aussi que la foudre contribue à nettoyer l'atmosphère en produisant des radicaux hydroxyles au sommet du cumulonimbus. Ceux-ci réagissent avec d'autres molécules présentes dans l'air en les oxydant. Le processus capture des composés toxiques dans l'atmosphère, tels que le monoxyde de carbone et le méthane qui sont considérés comme des gaz majeurs au réchauffement climatique et à la destruction de la couche d'ozone. Ceci contribue entre 2 % et 16 % de la capacité oxydante de l'atmosphère terrestre .
chocolatte
C'était .. hier
1885 : Louis Pasteur expérimente pour la première fois sur l'homme le traitement contre la rage.
1971 : Le grand Satchmo n'est plus. Louis Armstrong, trompettiste et chanteur s'est éteint dans son sommeil, deux jours après avoir soufflé ses 71 bougies. Considéré comme le musicien noir le plus célèbre de son époque, il a contribué à faire reconnaître le jazz comme partie intégrante de la culture afro-américaine.
1973 : Un nouveau groupe britannique du nom de Queen lance son premier 45-tours, Keep Yourself Alive
Capusa06
La nuit de Cristal (en allemand : Reichskristallnacht, /ˌʁaɪ̯çskʁɪsˈtalˌnaxt/Écouter) est le pogrom contre les Juifs du Troisième Reich qui se déroula dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 et dans la journée qui suivit. Ce pogrom a été présenté par les responsables nazis comme une réaction spontanée de la population à la mort le 9 novembre 1938 d’Ernst vom Rath, un secrétaire de l'ambassade allemande à Paris, grièvement blessé deux jours plus tôt par Herschel Grynszpan, un jeune Juif polonais d'origine allemande. En fait, le pogrom fut ordonné par le chancelier du Reich, Adolf Hitler, organisé par Joseph Goebbels et commis par des membres de la Sturmabteilung (SA), de la Schutzstaffel (SS) et de la Jeunesse hitlérienne, soutenus par le Sicherheitsdienst (SD), la Gestapo et d'autres forces de police.
Sur tout le territoire du Reich, deux cent soixante sept synagogues et lieux de culte furent détruits, 7 500 commerces et entreprises gérés par des Juifs saccagés ; une centaine de Juifs furent assassinés, des centaines d'autres se suicidèrent ou moururent des suites de leurs blessures et près de 70 000 furent déportés en camp de concentration : au total, le pogrom et les déportations qui le suivirent causèrent la mort de 2 000 à 2 500 personnes. Événement majeur de la vague antisémite qui submergea l'Allemagne dès l'arrivée des nazis au pouvoir en janvier 1933, la « nuit de Cristal » fait partie des prémices de la Shoah.
En provoquant cette première grande manifestation de violence antisémite, les nazis voulurent accélérer l'émigration des Juifs, jugée trop lente, en dépit de la politique de persécution et d'exclusion mise en œuvre depuis février 1933. L'objectif fut atteint : le nombre de candidats à l'émigration crût considérablement. Mais, en dépit de l'indignation que l'évènement suscita dans le monde, les frontières des autres pays restèrent fermées.
Marquant une rupture avec la politique nazie de 1933 à 1937, ainsi qu'une étape dans la violence et la persécution antisémites, cet évènement fut également révélateur de l'indifférence des nations au sort des Juifs d'Allemagne et d'Autriche, et de l'incapacité des États démocratiques à contrecarrer les coups de force menés par l'Allemagne de Hitler.
Le contexte : les mesures antisémites durant le Troisième Reich
Article détaillé : Juifs d'Allemagne sous le Troisième Reich.
Photographie en noir et blanc d'un membre de la SA à côté d'une affiche proclamant : « Allemands ! Défendez-vous ! N'achetez pas chez les Juifs ! » en 1933
Un SA à côté d'une affiche proclamant : « Allemands ! Défendez-vous ! N'achetez pas chez les Juifs ! », 1933.
Le programme du NSDAP, rédigé le 24 février 1920, prévoit que « seul peut être citoyen un frère de race (Volksgenosse). [...] Aucun Juif ne peut donc être frère de race » et dans Mein Kampf (1925), Adolf Hitler proclame à de nombreuses reprises son désir de voir l'Allemagne « libérée des Juifs » (Judenfrei). Les Juifs sont victimes d'une politique antisémite dès l'arrivée des nazis au pouvoir en janvier 1933. Cette discrimination se traduit notamment par le boycott des commerces juifs, voulu par Hitler, organisé par Julius Streicher et mis en œuvre par la SA, le 1er avril 1933, dans une opération au succès limité et largement condamnée à l'étranger[5]. Au cours du même mois, les Juifs sont exclus de la fonction publique, à quelques rares exceptions près, par le décret sur la restauration du fonctionnariat du 7 avril 1933 et ses règlements d'application.
L'ostracisme envers les Juifs est officialisé le 15 septembre 1935 lors de l'adoption des lois de Nuremberg, principalement la « loi pour la protection du sang et de l'honneur allemands » (« Blutschutsgesetz ») et la « loi sur la citoyenneté du Reich » (« Reichsbürgergesetz »). Ces lois et les décrets qui leur font suite établissent la détermination du caractère juif, demi-juif ou quart de juif (Mischling), en fonction de l'ascendance, interdisent les relations sexuelles et le mariage entre citoyens de sang allemand ou apparentés et Juifs, privent les Juifs de la citoyenneté allemande, ainsi que de la plupart de leurs droits politiques, dont le droit de vote, et les excluent de certaines professions libérales et de l'enseignement.
La campagne anti-juive se durcit en 1937, notamment via l'exposition Le Juif éternel (Der Ewige Jude) organisée à Munich, mais surtout au cours de l'année suivante. Début 1938, les passeports des Juifs allemands sont confisqués. Le 26 avril, les Juifs reçoivent l'ordre de faire enregistrer tous les biens qu'ils possèdent, ce qui facilite leur aryanisation. Le 17 août, les prénoms portés par les Juifs sont réglementés et trois décrets additionnels aux lois de Nuremberg définissent la notion d'entreprise juive et interdisent aux Juifs l'exercice de la profession médicale. Tout est fait pour pousser les Juifs à émigrer, quel qu'en soit le prix.
chocolatte
C'était .. hier
1954 : Elvis Presley enregistre "That's Alright (Mama)" pour sa maman. Ce premier disque deviendra son premier succès
1957 : Ava Gardner et Frank Sinatra divorcent après 6 ans de mariage
1964 : Première diffusion de "A Hard Day's Night" (4 garçons dans le vent) avec les Beatles
1996 : Naissance en Ecosse du premier mammifère adulte cloné : la brebis Dolly.
2000 : Sean Connery qui porte le vêtement traditionnel écossais, dont un kilt, s'agenouille devant Elizabeth II qui l'adoube en lui touchant légèrement l'épaule à l'aide d'une épée et dépose une médaille autour de son cou. En se relevant, il devient Sir Sean Connery.
Capusa06
5 juillet 1946 : Naissance explosive du bikini .
Le 5 juillet 1946, au bord de la piscine Molitor, à Paris, le public découvre avec ravissement un maillot de bain féminin « plus petit que le maillot de bain le plus petit au monde » selon le slogan de son créateur, un ingénieur automobile du nom de Louis Réard.
Ce maillot de bain deux pièces, effectivement plus étriqué que ceux qui l'ont précédé, est baptisé du nom de Bikini, un atoll de l'archipel des Marshall sur lequel les Américains ont fait un essai nucléaire quelques jours plus tôt.
Les mannequins professionnels s'étant défilées, c'est à une danseuse nue du Casino de Paris, Micheline Bernardini, que son créateur a dû s'adresser pour sa présentation officielle à la presse internationale. Avec lui débutent les... « Trente Joyeuses ».
Capusa06
5 juillet 1922 : Création du passeport Nansen pour les apatrides
À la suite de la Première Guerre mondiale et des bouleversements géopolitiques qu’elle a déclenchés, des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans nationalité et sans rattachement à aucun État. L’explorateur norvégien Fridjtof Nansen, nommé en 1921 premier Haut commissaire aux réfugiés par la Société des Nations, élabore alors ce qui devient rapidement le « passeport Nansen ». Ce document de voyage, rédigé en français, est reconnu le 5 juillet 1922 par seize États à l’issue d’une conférence tenue à Genève. Valable à l’origine pour les Russes, il est par la suite étendu à d’autres nationalités, et reconnu par un nombre croissant d’États. Au total, 450 000 personnes vont en bénéficier dans l’Entre-Deux-Guerres, disposant ainsi de documents d’identité leur permettant de voyager.
chocolatte
Le saviez vous ...
La statue de la liberté
Vous vous demandez qui a construit la statue de la Liberté ? Elle est le fruit d’un étonnant pari politique, technologique et commercial. De sa naissance en Moselle, en 1865, à son inauguration à New York, en 1886, retour sur cette folle aventure franco-américaine.
Le soir du 21 avril 1865, l’heure est à la fête chez Edouard de Laboulaye. Dans sa demeure provinciale de Gatigny, commune de la Lorraine située à 12 kilomètres de Metz, ce professeur de droit au Collège de France et ardent promoteur du système politique américain a convié ses amis libéraux à célébrer la victoire de l’Union sur les sécessionnistes du sud des Etats-Unis. Toutefois, un malaise gâche l’ambiance. Napoléon III a pris le parti des sudistes afin de conforter sa position au Mexique qui fait l’objet d’une intervention française depuis 1862. Comment dire aux unionistes que les Français partagent malgré tout leurs valeurs ?
Edouard de Laboulaye a une idée : ériger, aux Etats-Unis, un monument avec « un travail commun de nos deux nations ». Parmi les convives, un certain Frédéric Auguste Bartholdi, 31 ans, écoute les paroles du professeur. Ce sculpteur prometteur, issu d’une famille alsacienne aisée, est séduit par un tel projet. Reste à savoir comment mettre en place une telle opération et à quoi pourrait bien ressembler ce monument singulier. Il faudra attendre une dizaine d’années avant que l’idée ne prenne réellement forme.
Les relations entre la France et les Etats-Unis deviennent tendues lorsque, en juillet 1870, l’Amérique choisit de soutenir la Prusse dans le conflit déclenché par Napoléon III. Pour autant, Bartholdi ne renonce pas à son dessein. Fasciné par les colosses antiques, comme le colosse de Rhodes – gigantesque effigie du dieu grec Elios qui servait de porte d’entrée de l’île –, le sculpteur avait proposé à Ismaïl Pacha (1830-1895), souverain d’Egypte, d’édifier une statue à la gloire de son pays pour ouvrir l’entrée du canal de Suez. Une déesse romaine, Libertas, sous les traits d’une paysanne égyptienne. Nom de l’œuvre : L’Egypte apportant la lumière à l’Asie.
Si le projet n’a pas abouti, l’Alsacien souhaite alors utiliser ses croquis pour concevoir un équivalent new-yorkais. En 1871, il s’exile aux Etats-Unis, fuyant Colmar, sa ville natale occupée par les armées prussiennes de Bismarck, et la Commune, dont il réprouve la violence. Dans ses bagages, il emporte deux modèles de statues et des lettres d’introduction d’Edouard de Laboulaye.
A Washington, Bartholdi se heurte à l’indifférence du président Ulysses S. Grant
Outre-Atlantique, Frédéric Auguste Bartholdi s’efforce de rallier les Américains à sa cause. Pour lui, ce symbole offert par la France à l’Amérique doit être élevé à Bedloe’s Island, îlot à l’embouchure du chenal menant au port de New York. Donc visible de tous les navires arrivant du Vieux Monde… Mais l’accueil est mitigé.
Si à Philadelphie, l’Union League Club, un réseau de libéraux fortunés, s’enthousiasme et promet une importante aide financière, à Washington, le sculpteur se heurte à l’indifférence du président Grant. Quant aux conservateurs, qui assimilent la liberté française au radicalisme de la Commune de Paris, ils se méfient de cette statue venue de l’Hexagone. En outre, le climat politique de la France, que Bartholdi regagne à l’hiver 1871, n’est pas non plus propice aux idéaux de liberté. Le gouvernement Thiers doit faire face à une vague royaliste demandant la restauration d’une monarchie.
Le financement de la statue de la liberté, côté français, va durer… cinq ans !
Quatre ans plus tard, l’heure de la phase de construction du monument semble pourtant arrivée. Certes, Edouard de Laboulaye sait qu’il ne doit attendre aucun soutien du nouveau président de la République Mac Mahon, ancien Versaillais pendant la Commune. Mais le regain de popularité des républicains se fait sentir jusque dans le Parlement.
C’est donc dans cette atmosphère politiquement favorable que le professeur décide de donner, en 1875, le feu vert à une statue de Bartholdi dont le nom exact sera La Liberté éclairant le monde. Edouard de Laboulaye, qui rêve d’une inauguration en 1876, pour le centenaire de l’indépendance américaine, est pourtant loin d’imaginer que le financement, côté français, va durer… cinq ans ! Pour collecter les 400 000 francs de l’époque (2 millions de dollars actuels, soit 1,6 million d’euros) jugés nécessaires pour débuter le chantier, un comité, « l’union franco-américaine », est mis sur pied, composé de modérés et de personnalités républicaines comme Hippolyte de Tocqueville, frère d’Alexis, l’auteur de De la démocratie en Amérique (1835 et 1840).
Au mois de novembre, un somptueux gala est organisé dans la grande galerie du Louvre. Bilan : 40 000 francs collectés. Et l’adhésion d’Elihu Washburne, ambassadeur américain en France, qui parvient à convaincre le Congrès de faire de Bedloe’s Island la terre d’accueil de la statue. Le comité mise sur un soutien populaire grâce aux échos de la presse. De fait, la plupart des journaux modérés relayent la campagne de souscription, à l’image du quotidien Le Petit Journal qui incite ses 350 000 lecteurs à la générosité.
La torche de la statue de la liberté a été conçue par le célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc
La statue s’installe petit à petit dans l’imaginaire collectif : des revues comme L’Illustration multiplient les publications de dessins de ce monument néoclassique d’une hauteur prévue de 45 mètres. La torche qu’elle brandit, conçue par le célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc, et sa couronne de rayons font beaucoup parler d’elles dans les rues de Paris. En guise de préambule de ce travail titanesque, une statue d’argile d’une hauteur de 2,11 mètres sert de maquette dans les ateliers de « plomberie et cuivrerie d’art » Monduit, Gaget, Gauthier et Cie, lesquels ont gagné l’appel d’offres pour les travaux de confection et d’érection de cette « statue de la Liberté ».
Lors de l’Exposition universelle en 1878, les visiteurs payent pour se hisser sur la tête de la statue de la liberté
Dans leurs ateliers du nord-ouest de Paris, les artisans commencent par fabriquer la main et la torche. Las, l’année suivante, les travaux sont interrompus. La cause ? Frédéric Auguste Bartholdi a sous-estimé les montants nécessaires. Meilleur communicant que comptable, le sculpteur profite alors de l’invitation de l’Union League Club pour exposer la main et le flambeau à Philadelphie pour la célébration du centenaire de l’indépendance américaine.
Aux visiteurs qui s’enthousiasment, il entreprend de vendre photographies, lithographies, statuettes et même des fragments de métal extraits de la statue. Le succès est tel que le sculpteur recommence cette opération commerciale en France. En 1878, lors de l’Exposition universelle de Paris, sur le Champ-de-Mars, les visiteurs payent pour se hisser sur la tête de la statue, réalisée entre-temps grâce aux fonds recueillis aux Etats-Unis. Et c’est ainsi qu’en 1880, la somme pour terminer le monument est réunie. L’aventure technologique peut donc commencer avec la fabrication de la pièce essentielle : le corps de la statue.
Gustave Eiffel nommé ingénieur principal du projet de construction de la Statue de la Liberté
Très vite, les ingénieurs soulèvent une problématique : comment la statue de la Liberté pourra-t-elle tenir face aux vents parfois très violents qui balaient la rade de New York ? Gustave Eiffel, grand industriel nommé ingénieur principal du projet, après la mort de Viollet-le-Duc en 1879, apporte la solution en transposant la technologie révolutionnaire qu’il applique dans le monde entier à ses ponts ferroviaires. La statue devient une sorte de tour Eiffel moderne revêtue d’une toge antique. Plus techniquement, sous son drapé composé de centaines de minces plaques de cuivre, elle dissimule un squelette souple constitué d’un pilier central soutenu par de fines poutrelles qui offrent une résistance au vent.
En 1882, au terme de sept ans de travail acharné, les centaines de pièces entrent en phase d’assemblage
Chez Monduit, Gaget, Gauthier et Cie, quelque 600 plâtriers, ferronniers et ingénieurs œuvrent jour et nuit à ce gigantesque chantier. Il s’agit, dans un premier temps, d’agrandir à l’identique le modèle d’origine, ce qui demande de minutieux calculs. Rien ne doit être laissé au hasard. L’eau de mer, par exemple, susceptible d’asperger la statue durant les jours de tempête, menace de provoquer des décharges électriques aux endroits où le fer entre en contact avec le cuivre. Pour pallier ce problème, les ouvriers glissent des tissus recouverts d’amiante en guise d’isolant, une technique utilisée pour les navires.
Enfin, en 1882, au terme de sept ans de travail acharné, les centaines de pièces entrent en phase d’assemblage. Progressivement, la silhouette de la statue surgit au-dessus des toits des immeubles haussmanniens. Deux ans durant, elle devient une présence familière et aimée, louée par la presse. Du président de la République, Jules Grévy, à Victor Hugo, qui la qualifie de « gage de paix permanent », les personnalités défilent pour voir la statue avant qu’elle ne soit officiellement présentée à l’ambassadeur américain Levi Morton, le 4 juillet 1884, pour ensuite être démontée. Toutes les pièces sont alors rangées et numérotées dans 212 caisses. Direction la baie de New York.
De Paris à Rouen, la statue déboulonnée est transportée par chemin de fer. Elle entreprend ensuite la traversée de l’Atlantique à bord de la frégate Isère où embarquent la famille Bartholdi, les époux Gaget et une équipe de douze ouvriers affectée au démontage et à la reconstruction du colosse. Après avoir affronté plusieurs tempêtes en plein océan, le bateau est accueilli en fanfare dans le port de New York le 17 juin 1885.
Mais les caisses resteront scellées sur le sol américain pendant un an ! Sur Bedloe’s Island, les fondations et le piédestal ne sont hélas pas achevés lors de l’arrivée de la statue démontée. Depuis 1877, les soutiens américains – avec l’Union League Club – s’efforcent tant bien que mal de réunir de quoi financer le socle, mais il reste bien difficile de convaincre les élites d’ouvrir leurs portefeuilles pour ce sculpteur français, Bartholdi, trop peu connu aux Etats-Unis.
Le montage de la statue dura deux ans et huit mois. Les Parisiens qui habitaient à proximité ont pu observer les différentes étapes de la construction, de la mise en place des échafaudages à la pause du dernier rivet à plus de 46 mètres de hauteur.
Gaget fait fabriquer des petites répliques qu’il offre aux passants… qui serait à l’origine du mot « gadget »
Comme en France, c’est grâce au soutien populaire que la dame de fer est sauvée. En mars 1885, Joseph Pulitzer, grand patron de presse, en appelle à la générosité des 153 000 lecteurs de son quotidien, le New York World. Cinq mois plus tard, 121 000 New-Yorkais ont donné les 100 000 dollars manquants. Dès la fin de l’année, la construction du piédestal est enfin sur le point de s’achever. Sur Bedloe’s Island, les ouvriers s’attellent à l’assemblage de la statue, se suspendant à sa carcasse tels des alpinistes, le vent interdisant la mise en place d’un échafaudage.
Plus de vingt ans après, le rêve fou du sculpteur est devenu réalité de l’autre côté de l’Atlantique…
Le 28 octobre 1886, Frédéric Auguste Bartholdi assiste, ému, à l’inauguration de la statue, entouré d’un million d’Américains en liesse. Gaget, lui, a eu l’idée de fabriquer des petites répliques qu’il offre aux passants. Un immense succès… qui serait à l’origine du mot « gadget ». Pompiers, enfants et soldats défilent dans les rues pavées où des milliers de drapeaux français et américains sont agités avant que le président des Etats-Unis, Grever Cleveland – qui s’était un temps opposé au financement du projet – ne prononce un discours solennel. En ce jour décrété férié, un vent de liberté souffle au-dessus de New York et de la tête de Bartholdi qui a une pensée pour Edouard de Laboulaye, décédé trois ans trop tôt. Plus de vingt ans après le dîner de Glatigny, son rêve fou est devenu réalité de l’autre côté de l’Atlantique…
chocolatte
C'était ... hier
1884 : La France offre la statue de la Liberté aux États-Unis. L'œuvre du sculpteur français Bartholdi sera inaugurée officiellement le 28 octobre 1886 dans le port de New York.
1934 : Mort de Marie Curie.
1997 : La sonde américaine Pathfinder se pose sur mars, après un voyage de 191 millions de kilomètres qui aura duré 7 mois.
2003 : Barry White s'éteint à l'âge de 58 ans
Capusa06
La pie est attirée par ce qui brille ?
La pie semble cumuler les tares : non seulement elle est “bavarde” (la pie bavarde a pour nom scientifique Pica pica) mais en plus elle volerait. Volatile absolument infréquentable, il ne semble pourtant pas souffrir de la réputation qu’on lui fait puisqu’il pullule, au point d’être considéré comme un animal “nuisible” (terme remplacé en 2016 par l’expression "animaux susceptibles d'occasionner des dégâts" dans la loi pour la reconquête de la biodiversité).
De ce fait, sur la majeure partie du territoire français, elle peut être détruite à tir sur autorisation individuelle délivrée par le préfet à certaines périodes. Dans les campagnes, on l’accuse de faire concurrence aux chasseurs car elle pille les réserves de jeunes petits gibiers, de petits oiseaux et de mammifères. Cette accusation n’a jamais été scientifiquement vérifiée. Une étude ciblée sur les pies a d’ailleurs conduit à annuler en 2017 l'arrêté dans huit départements (Aube, Aude, Haute-Loire, Meurthe-et-Moselle, Nièvre, Hautes-Pyrénées, Haut-Rhin, Var). Cet oiseau est par ailleurs protégé en Belgique et au Luxembourg.
Des scientifiques anglais apportent des réponses .
Des scientifiques de l'université d'Exeter en Grande-Bretagne ont cherché à en savoir plus et à vérifier si les histoires véhiculées sur la pie correspondent à la réalité. Leurs expériences montrent que la vision d’un oiseau voleur est partiellement fausse.
Les expériences impliquaient à la fois des pies sauvages et des pies élevées en captivité. Divers objets ont été présentés aux oiseaux, certains brillants (vis métalliques, petits anneaux argentés et morceaux de papier d'aluminium) et d'autres non. Ces derniers étaient alors peints en bleu mat. De nombreux tests ont été réalisés en plein air et d’autres dans un environnement clos. Et le résultat a été sans appel : la pie ne fait preuve d’aucune attirance particulière pour les objets brillants. Elle n’est donc pas particulièrement portée sur le vol de bijoux.
Ces chercheurs anglais se sont alors demandé comment les pies ont pu acquérir une telle réputation de voleuses. Ils penchent en faveur d'un biais cognitif du cerveau humain qui consiste à accorder davantage d’importance à des choses inhabituelles ou surprenantes. De ce fait, nous avons une propension plus grande à nous en souvenir. Ainsi, notre esprit étant lui-même assez facilement attiré par ce qui brille (d’où la pratique culturelle de porter des bijoux), nous ne retiendrions probablement que les épisodes où nous avons vu une pie se saisir d’un objet brillant, ignorant les autres fois où elle s'empare d'autre chose.
Un oiseau qui a sa place dans l’écosystème .
Le régime alimentaire omnivore de la pie est celui de prédateur opportuniste l’amenant à consommer ponctuellement des œufs et de jeunes oiseaux pour sa propre nichée. Comme merles, hirondelles ou moineaux mènent deux, voire trois nichées par an quand la pie n’en mène qu’une, il faudrait que les pies soient particulièrement nombreuses pour menacer l’équilibre de la biodiversité. Des études ont confirmé que la pie n’est pas responsable de la raréfaction des petits oiseaux. Sur ce point, son pouvoir de nuisance est sans comparaison avec celui des chats.
Outre les coléoptères, les larves, les escargots et les limaces, la pie se nourrit aussi de fruits et de graines. Mais ce n’est pas tout : elle est également nécrophage : elle contribue donc à débarrasser le sol des déchets organiques.
Mais comme la pie est un animal très ingénieux, elle peut suivre un prédateur pour ramasser d'éventuels restes de nourriture et il attesté qu’elle est capable de voler la nourriture stockée par d'autres oiseaux.
Le seul tort de la pie est probablement d’être intelligente
Pica pica appartient à la famille des Corvidae. Cette famille dans son ensemble est réputée regrouper des oiseaux aux très bonnes capacités cognitives. Une étude de 2004 compare même leur niveau d’intelligence à celui des grands-singes (chimpanzés, orangs-outans et gorilles) sur de nombreux domaines comme celui de la cognition sociale, du raisonnement causal, de la flexibilité mentale, de l'imagination et de la prospection. Or, au sein des Corvidés, la pie semblerait sortir du lot et ferait partie des oiseaux les plus intelligents de la planète.
Qu’est-ce qui la rend si particulière ?
Ce qui rend la pie remarquable, c’est sa capacité à se reconnaître dans un miroir. Or, la conscience de soi est une compétence rare chez les animaux. Cela peut d’ailleurs constituer une hypothèse complémentaire à celle du biais cognitif humain énoncé plus haut pour expliquer que la pie est attirée par ce qui brille. Des pies pourraient avoir été surprises à plusieurs reprises se mirer dans une surface réfléchissante. Mais comme l’hypothèse de l’intelligence animale ne vient pas forcément immédiatement à l’esprit, l’idée qu’elle puisse être attirée par ce qui brille aurait alors prévalu.
La pie peut stocker ses aliments dans des arbres, des buissons ou des trous qu’elle creuse dans le sol. Lorsqu’il s’agit d’invertébrés, le corps pourrit au bout d’un certain temps : la pie se révèle capable de récupérer cette nourriture pour la consommer à temps, avant qu’elle ne devienne plus comestible. Et pour échapper à la perspicacité de ses congénères, une pie va jusqu’à multiplier les fausses cachettes pour déjouer les tentatives de vol par les autres pies.
Enfin, c’est sans doute à cela que fait référence l’opéra de Rossellini : les pies aiment décorer leur nid avec différents objets, mais elles ne choisissent pas nécessairement des objets brillants...
chocolatte
Le saviez vous ..
Louis Pasteur est un scientifique français, spécialisé dans la chimie et la microbiologie (science des microbes). Il est né le 27 décembre 1822 à Dole (Jura) et est mort le 28 septembre 1895 à Marnes-la-Coquette (Seine-et-Oise).
Il est notamment connu pour avoir inventé le premier vaccin contre la rage.
En 1831, il entre au collège d'Arbois puis au collège royal de Besançon en 1839. Il y passe le bac en 1840 puis est licencié en sciences.
Les travaux de Louis Pasteur en trois périodes.
Première période, le physicien-chimiste
Il exerce comme professeur de physique au lycée de Dijon en 1848 puis en 1849, il est nommé professeur suppléant de chimie à la faculté des sciences de Strasbourg. Cette même année, il épouse Marie Laurent, la fille du recteur de la faculté. Le mariage sera qualifié d'union exemplaire. Pasteur aura quatre filles et un fils mais malheureusement, 3 mourront très jeunes. A la suite de la mort de sa mère, Pasteur va rester dans l'ombre, plongé dans un chagrin profond.
Après une longue période de calme, il s'intéresse avec beaucoup plus d'ardeur à ses travaux. En 1853, Pasteur est fait chevalier de l'Ordre Impérial de la Légion d'honneur. En 1858, il installe son laboratoire dans les greniers de l'École normale supérieure.
Deuxième période, le biologiste
Le 8 novembre 1862, Louis Pasteur est élu à l'Académie des Sciences et en 1863, il est nommé Professeur de Physique et Chimie à l'école des beaux arts. En 1865, Il dépose un procédé de conservation et d'amélioration des vins, de la bière et autre par chauffage, sous le nom de « pasteurisation ».
En 1867, il eut à subir un douloureux calvaire, car il perdit son père et ses deux filles, Cécile Marie Louise Marguerite -dite Cécile- (1853-1866) et Camille (1863-1865).
Le 19 octobre 1868, alors qu'il revenait d'une séance de l'Académie des Sciences, Pasteur est victime d'une attaque d'hémiplégie gauche, une attaque des centres moteurs qui paralyse une partie du corps. On craint pour sa vie, il peut encore parler mais il gardera jusqu'à la fin de sa vie, un avant bras fléchi et contracturé et une démarche difficile et lente. Napoléon III l'envoya se reposer à Trieste dans sa villa et le fit Commandeur de la Légion d'honneur.
Vers 1870, Pasteur s'intéresse aux maladies de la bière.
Après l'abdication de Napoléon III, Louis Pasteur, fervent Napoléonien, ne reprend que lentement ses recherches. En juillet 1874, la troisième République lui offre 25 000 francs avec le cordon de la Légion d'Honneur.
Troisième période, le médecin chirurgie
Louis Pasteur dans son laboratoire
A partir de 1877, Pasteur pourra se consacrer exclusivement à la recherche sur les maladies contagieuses des animaux et de l'homme.
Un an après, il énonce les conditions idéales de stérilisation, d'où le nom de Pasteurisation ..
Puis Louis pasteur découvre le vaccin contre :
la rage (chez l'humain),
les maladies du charbon (chez les moutons),
le choléra (chez les poules).
Mais si le vaccin contre la maladie du charbon est mis au point dès 1881, il faudra attendre 1885 pour que Joseph Meister soit le 1er être humain à être vacciné contre la rage (avec succès).
Malheureusement, Pasteur est victime d'une seconde attaque d'hémiplégie.
L'Institut Pasteur
En 1888, on construit l'Institut Pasteur à Paris. Il sera à la fois un endroit pour le traitement de la rage, et un institut d'enseignement pour étudier la microbiologie. L'institut Pasteur est inauguré le 14 novembre 1888, par le président de la République. Il fut dirigé par Pasteur lui-même jusqu'à sa mort. Aujourd'hui, l'institut Pasteur est très réputé.
L'année 1888 marque la fin des travaux de Pasteur car il est très affaibli par de nouvelles hémorragies cérébrales. Il vit dans l'institut où il aura la joie de voir ses élèves attirer des chercheurs du monde entier. Louis Pasteur décède quelques années plus tard, le 28 septembre 1895 à Marnes-la-Coquette.
chocolatte
C'était .. hier
1885 : Pasteur soigne la rage :
Louis Pasteur vaccine pour la première fois contre la rage un petit berger alsacien de 9 ans prénommé Joseph Meister. La vaccination est une réussite, l'enfant est sauvé. Fort de son succès, le biologiste réalisera plus de 350 inoculations en un an. Il profitera de sa renommée pour lancer une souscription qui permettra de créer l'institut qui porte son nom. Avec ses collaborateurs, Calmette, Roux et Chamberlan, ils avaient réussi à isoler les germes responsables de la rage en 1880.
1969 : Le guitariste des Rolling Stones (27 ans) est retrouvé mort dans la piscine de sa maison du Sussex en Angleterre.
1971 : Le chanteur du groupe "The Doors", James Douglas Morrison dit Jim Morrison, meurt à Paris dans son bain à 28 ans. Originaire de la côte Ouest des Etats-Unis, Jim Morrison avait formé le groupe en 1965 après sa rencontre avec l'organiste Raymond Daniel Manzarek sur les bancs de la faculté d'UCLA. Avec le batteur John Paul Densmore et le guitariste Bobby Krieger, ils seront très vite propulsés à la tête des hit-parade américains avec le 45 tours "Light my Fire".
1978 : Première apparition à la télévision française du dessin animé japonais 'Goldorak'. Les téléspectateurs d'Antenne 2 découvrent un "merveilleux robot" qui veille sur la terre. Le succès est foudroyant.
2004 : Décès du cosmonaute soviétique Andrian Nikolaïev à l'âge de 74 ans. En 1962, il avait établi le premier record d'endurance dans l'espace en accomplissant 64 fois le tour de la Terre en 96 heures.
Capusa06
Le pastel est un bâtonnet de couleur utilisé en dessin et en peinture. Il est composé de pigments, d'une charge et d'un liant. On distingue les pastels secs (tendres ou durs) des pastels gras (à l'huile ou à la cire).
Histoire du pastel
Le pastel a vraisemblablement été inventé en France et en Italie à la fin du xve siècle et a été utilisé par Léonard de Vinci grâce à l'impulsion de Jean Perréal.
Le pastel est très prisé dès le xviie siècle, où ses couleurs franches et son aptitude à imiter fidèlement les tissus, les textures et les lumières le rendent indissociable de l'art du portrait. Il est utilisé par de nombreux peintres comme Rosalba Carriera, Charles Le Brun, Robert Nanteuil ou Joseph Vivien.
Au xviiie siècle, le pastel connaît son âge d'or. Il est notamment utilisé par Maurice Quentin de La Tour, surnommé le « prince des pastellistes », qui met au point une méthode de fixation du pastel aujourd'hui disparue. Jean Siméon Chardin, Jean-Baptiste Perronneau, Jean-Étienne Liotard ou des petits maîtres comme Jean-Martial Frédou ou Claude Hoin explorent d'autres voies. Le pastel, symbole de la grâce de l'Ancien Régime, tombe en désuétude peu après la Révolution française au profit de la peinture à l'huile.
Il continue cependant à être utilisé et poursuit son évolution grâce aux impressionnistes, à Edgar Degas et Toulouse-Lautrec, et aux nabis (avec entre autres Édouard Vuillard), connaissant ensuite une véritable renaissance dans les années 1890 avec le mouvement symboliste, sa technique subtile étant propice à l'expression des préoccupations de ces artistes. On peut citer Lucien Lévy-Dhurmer, l'un des meilleurs[réf. souhaitée] pastellistes de la fin du XIXe siècle, Émile-René Ménard, Edmond Aman-Jean, Jeanne Jacquemin mais aussi l'inclassable Odilon Redon. Au début du XXe siècle, Simon Bussy s'illustre dans l'art animalier, mais vers 1950, la technique du pastel semble avoir pratiquement disparu.
Durant les années 1965-1970 Pierre Risch décide de relancer le pastel en organisant des expositions didactiques et conférences s'adressant à un large public ; il collabore avec le fabricant J.-M. Paillard et Lamberty à la mise au point d'une nouvelle gamme de pastels secs.
En 1986, dans son « éloge du pastel », publié dans Considération sur l'état des Beaux-Arts, l'historien de l'art Jean Clair en appelle à un retour à cette pratique particulièrement virtuose et subtile en opposition à ce qu'il considère comme une certaine facilité de la peinture contemporaine.
Capusa06
Le Palio de Sienne (en italien : Palio delle Contrade) est le plus connu des Palii (pluriel de Palio) italiens. C'est une course de chevaux, qui se tient deux fois par an (le 2 juillet pour le « Palio di Provenzano », et le 16 août pour le « Palio dell'Assunta », le « Palio de l'Assomption ») dans la ville de Sienne, sur la Piazza del Campo, place centrale. Chaque couple cavalier/cheval représente une des dix-sept contrade de la ville. Une grande parade précède la course qui attire des spectateurs du monde entier.
Drapeaux.
Le 9 septembre 2000 a eu lieu en outre un Palio jubilaire (extraordinaire) à l'occasion du Jubilé de l'an 2000 (Sienne se trouve sur la via Francigena, route des pèlerins se rendant à Rome).
Les chevaux et les cavaliers arborent les couleurs et les armes de leurs contrade.
Histoire
Les plus vieux palii connus datent du Moyen Âge. La place centrale accueillait des jeux souvent guerriers : pugna, une espèce de match de boxe, des joutes et, dès le xvie siècle, des combats avec des taureaux.
Les courses en public organisées par les quartiers étaient populaires dès le xive siècle. Appelées palii alla lunga, elles traversaient toute la ville.
Au xvie siècle, la coutume du palio est répandue dans presque toutes les villes italiennes. Lors de ces manifestations, des chevaux, montés sans selle, couraient dans les rues du centre de la ville.
Quand Ferdinand Ier, grand-duc de Toscane, interdit les combats avec les taureaux en 1590, les contrade organisent des courses sur la piazza del Campo : elles avaient lieu à dos de bufflonnes, elles étaient appelées bufalate ; plus tard des courses à dos d'âne et enfin des courses de chevaux furent organisées.
La première forme de palio moderne (appelé palio alla tonda pour le distinguer du plus ancien palii alla lunga) eut lieu autour de 1650. Au début une seule course était organisée le 2 juillet, ce n'est que plus tard que la seconde, fut ajoutée le 16 août.
Si l'on en croit l'érudit et critique d'art Pierre du Colombier, « le Palio n'est pas aussi ancien qu'on pourrait le croire. Dans sa forme actuelle, on ne le fait pas remonter plus haut que le xviie siècle bien qu'il ait des origines notablement plus lointaines, il ne s'est véritablement codifié qu'au xixe siècle .
La course aujourd'hui
La première course, le Palio di Provenzano, qui se tient le 2 juillet, correspond à l'ancienne date de la Visitation et à une fête locale en l'honneur de la Madonna di Provenzano, une sculpture en bois, placée dans l'église homonyme construite à l'emplacement de la demeure du condotierre Provenzano Salvani.
La seconde course, du 16 août, se tient le lendemain de l'Assomption (Palio dell'Assunta) et est dédiée à la Vierge Marie. Après certains événements très importants, la communauté siennoise peut décider de tenir un troisième Palio entre mai et septembre.
La course démarre avec 10 chevaux, ce qui signifie que seuls 10 quartiers sur les 17 peuvent être représentés à chaque course. Les sept représentants de quartiers qui n'ont pas pris part à la dernière course de même date un an plus tôt sont automatiquement inclus et trois de plus sont aléatoirement choisis. Trois jours avant la course, des propriétaires privés offrent dans leurs écuries le choix de dix chevaux de qualités équivalentes aux représentants des quartiers. Un tirage au sort détermine l'attribution des chevaux aux contrades. Six courses d'essais sont courues : la première le soir de la sélection des chevaux, et la dernière le matin après le Palio. Les résidents croyants de chaque contrade invoquent l'aide de leur saint patron pour leur cheval et jockey. Juste avant le départ de la course, les chevaux se rendent chacun dans l'église ou la chapelle de la contrade dont ils portent les espoirs pour être bénis par le prêtre. Depuis les soupçons de dopage de 2002, le règlement du Palio de Sienne interdit d'administrer ou de faire administrer aux chevaux toute substance dopante et prévoit des sanctions sévères en cas de vérification par des tests sanguins effectués sur les chevaux présentés par les propriétaires.
La course est précédée par une parade spectaculaire, appelée cortège historique, où défilent, parmi beaucoup d'autres, les Alfieri, porte-drapeaux, en costumes médiévaux. Avant cela, une escouade montée de carabinieri, portant des sabres, font une charge de cavalerie sur la piste.
Les spectateurs arrivent tôt le matin, et emplissent le centre de la place, à l'intérieur de la piste jusqu'à saturation. À cet emplacement, les places sont gratuites. Des places assises, vendues longtemps à l'avance, peuvent également être proposées. Il est également possible de louer des places sur les balcons des immeubles environnants.
La course est annoncée à 19 h 30 en juillet et à 19 h en août, avec la détonation d'une charge explosive. Les protagonistes, qui montent à cru, font trois tours de la place. Au départ, seuls neuf chevaux peuvent être alignés sur la même ligne, le dixième (appelé rincorsa) part derrière les neuf autres. Le départ est donné par le Mossiere, qui doit attendre que tous les chevaux soient en position. Quand cela est (difficilement) fait, il actionne un mécanisme qui enlève le canapo (la cordelette de départ).
Sur la piste, les cavaliers ont le droit de se servir de leur cravache pour frapper les autres chevaux et cavaliers. Le vainqueur est le premier cheval qui termine la course avec ses ornements de têtes intacts. Il n'est pas nécessaire que le cavalier termine la course (ce qui est fréquent). Le perdant de la course est le quartier qui finit deuxième et non pas dernier.
Le vainqueur reçoit un drapeau en soie peinte, appelée palio, conçue spécialement pour chaque course. Quoique l'enthousiasme après la victoire soit extrême, la remise des prix est immédiate. Des bagarres entre partisans de différents quartiers se produisent parfois et les perdants sont souvent ridiculisés par les vainqueurs.
Les spectateurs encourent également certains risques. Les principales critiques viennent des associations de défense des animaux et des vétérinaires qui protestent contre les mauvais traitements faits aux chevaux (blessures et même parfois morts). La mise en compétition de demi-sang et même de pur-sang a multiplié les risques d'accidents graves. En août 2004, le cheval de la Contrada del Bruco est tombé et a été piétiné car la course n'a pas été arrêtée. Le cheval est mort de ses blessures, provoquant différentes plaintes de ligues de protection des animaux.