

Charlot
C'est pas une fois que j'ai vu ça, mais mille... Un type qui parle avec un autre, et puis, ça n'a pas d'importance s'il n'entend pas ou s'il ne comprend pas. L'important c'est de parler, ou bien de rester tranquille, sans parler. Peu importe, peu importe.
John Steinbeck
Capusa06
Chaleur estivale
Sur la plage le parasol fermé pointe au firmament
Ma langue savoure les grains de sel sur mes lèvres moites
Mes pieds s’enfoncent dans le sable chaud
Le sommeil me guette
Le rêve m’attend
Le soleil grandit l’éternité de mes pensées.
Je répète jusqu’à l’hallucination les vers que tu as écrits pour moi,
une nuit à côté des étoiles.
Sous l’astre de l’été
je revis notre amour : colonne ivre du temple de l’éternité
Les saisons se succèdent
Et moi
je crois encore aux feux d’artifices.
Sybille Rembard, Beauté fractionnée, 2002
suzon
C'est une vérité certaine qu'on n'est jamais plus tranquille ni moins trompé qu'en vivant avec des gens d'un bon esprit. Il en coûte beaucoup plus de peine pour être admis et pour se conserver dans une mauvaise compagnie que dans une bonne. Comme la mauvaise a plus de vanité que d'esprit et de raison, il faut bien des soins pour lui plaire, et ce n'est pas une petite affaire que d'entretenir un sot en bonne humeur avec lui-même et avec les autres.
Alexander Pope
Coccyvette
Et puis la vie m'a appris qu'il faut toujours voler plus haut.
Plus haut que la jalousie, plus haut que la douleur, que la méchanceté.
Plus haut que les larmes, que les jugements.
Il faut toujours voler plus haut où certains mots ne peuvent pas vous atteindre, où certains gestes ne peuvent pas vous blesser,
où certaines personnes ne pourront jamais arriver.
Alda Merini.
Coccyvette
À côté
Paul Eluard
À CÔTÉ
La nuit plus longue et la route plus blanche.
Lampes je suis plus près de vous que la lumière.
Un papillon l’oiseau d’habitude
Roue brisée de ma fatigue
De bonne humeur place
Signal vide et signal
À l’éventail d’horloge.
À CÔTÉ
Soleil tremblant
Signal vide et signal à l’éventail d’horloge
Aux caresses unies d’une main sur le ciel
Aux oiseaux entr’ouvrant le livre des aveugles
Et d’une aile après l’autre entre cette heure et l’autre
Dessinant l’horizon faisant tourner les ombres
Qui limitent le monde quand j’ai les yeux baissés.
Capusa06
« Elle a le cœur à la bonne place comme on dit, Elle a aussi la gueule bien accrochée et le poing bien tendu, les convictions qui mènent à la révolte et les larmes de la colère, Elle a ce qui fait la vie au fond du ventre, cette étincelle primaire d'humanité, Elle a dans les yeux des ailes brisées, puis recollées au jour le jour avec des morceaux de sourires, de rage, de terreur et d'amour, alors Elle vole un peu tordue, un peu bancale, en dessinant du bout de ses plumes, des arabesques marginales dans une traînée d'or et de sang, c'est ce qui la rend tumultueuse, des vies, des vies, des vies, là tout au fond d'Elle, qui la renversent, la redressent, la satellisent, la plombent, mais Elle vole toujours, puis parfois quand Elle se pose, quand fatiguée de rêves trop lourds, de trop d'orages dans ses hauts cieux, Elle éclate en sanglots, alors son âme perle sur ma peau, et moi, sur sa chair tendre et fragile, je dessine les étoiles qu'Elle n'a pas vu là-haut, je fais de son corps le ciel au-dessus de ses ailes, pour qu'Elle le touche avec moi au moment où Elle s'endort. »
-Jean Roadisi.-
