DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
- 1 février 2020 21:54
DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
1 février 2020 21:54

Capusa
Et si je me perdais...
Et si je me perdais, perdais une fois encore,
Là au bord de ton corps, là au fond de ton cœur.
Si je venais au soir, enrubanné de nuit,
Un nuage de pluie comme simple décor.
Et si tremblant d'espoir, à ta peau de bonheur,
Je réchauffais mes mains, froides du temps passé.
Du temps laissé en vain en des rêves enfouis
Sous un masque de vie semblant se prélasser.
Et si je te volais plus qu'il n'est de raison,
De ton âme fragile qui pour moi se met nue,
Si tel un vagabond errant au vent des rues,
Je te trouvais enfin et dormais sous ton pont...
Yannick Detraissan
Capusa
Les funambules
Elle cache ses bleus et sa méfiance,
Son désespoir
Et ses frayeurs
Quand d'autres jouent, elle c'est malchance,
La main tendue
Lui vaut douleur
Sa seule erreur est sa naissance
Et rien que d'être
Est son malheur
Ils funambulent leur enfance,
Le regard vide
Vers un ailleurs
Lui s'engloutit dans sa souffrance,
Son cœur s'étiole
Quand sa mère pleure
Accablé par son impuissance,
Comment jouer
Quand on a peur
Son avenir n'est que béance,
Les bleus de l'âme
Sont destructeurs
Ils funambulent leur enfance,
Le regard vide
Vers un ailleurs
Elle, abusée en toute confiance,
Bafouée, trahie
Dans sa candeur
Elle a perdu son innocence,
N'a pas les mots
Pour dire ses pleurs
Elle s'est enfuie son insouciance,
Finis les rires
Qui viennent du cœur
Ils funambulent leur enfance,
Le regard vide
Vers un ailleurs
Ils sont des bribes d'existence,
Qu'ils soient d'ici
Ou bien d'ailleurs
Pauvres victimes de toute violence,
Leurs larmes blessent
Le mot bonheur
Leurs cris s'étouffent dans leurs silences,
Comment grandir
Pleins de terreur
Ils funambulent leur enfance,
A-t-on le droit
De regarder ailleurs ?
Laurence GDN
FAE
Merci à tous les intervenants.
Une pensée spéciale pour Louis Aragon (merci Lilou) dont j'ai visité le moulin de la Villeneuve (pas si loin de chez moi) qu'il avait offert à Elsa Triolet et où il repose. Autre souvenir inoubliable le même jour dans le grenier de ce même lieu avec mon fils et où nous avions eu accès au grenier, à la bibliothèque, fermée au public. Je garde en mémoire l'image de mon enfant agenouillé devant un original de l'encyclopédie de Diderot qu'il feuilletait avec un soin extrême, près de notre guide que je n'ai jamais oubliée. Encore merci Lilou, d'avoir ravivé ce souvenir parmi tant d'autres d'aussi belle qualité.
Capusa
Le papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!
Alphonse de Lamartine, Nouvelles méditations poétiques
Capusa
Impatience
Si elle était une ombre
Un petit pas de trop, une danseuse pieds nus
Si elle était l’intrus, le pas-recommandable
La timide aperçue, la silhouette perdue
Si elle était une ombre…
Elle serait à l’orée de la forêt profonde
Elle serait là si sage et si folle à la fois
À lire sur son âme les doigts de ses désirs
Ce serait trop banal
Un roman mal écrit qui se perd en un rêve
Et puis la porte claque, le monde est ainsi nu
Elle n’est rien qu’une feuille posée, là, sur la table
Avec des mots faciles qui ne racontent rien
Elle vit, elle est debout
Elle se blesse à la terre, elle a mal si souvent
Qui tracera les murs de l’amour à donner ?
— Fais-moi la vie jolie, désombre mes errances…
Quand les ombres se posent, elles libèrent le soleil
Et on s’étonne encore d’être à peine frileuse
Tellement amoureuse
Sur le matin tout bleu, attendre alors ta main
Comme une mémoire vraie
Et si je te tutoie, c’est que mon âme à vif
A reconnu ton cœur sur l’absence qui pleure
Fais-moi la vie jolie
Un matin de surprises....
Viviane Fournier
Capusa
Au bout de la nuit
Quand le soir je m'endors, mon esprit vagabonde ;
Il me prend et m'emporte au loin, vers le soleil
Levant. Transi de joie en mon profond sommeil,
L'air mauve me caresse en sa vague féconde.
Mon corps, comme une plume allant au gré de l'onde,
S'évanouit bientôt à l'horizon vermeil
Pour renaître là-haut au faîte de l'éveil,
Bienheureux, délivré des chaînes de ce monde.
Au terme du voyage une étoile m'attend :
L'astre blanc resplendit dans le noir éclatant
Qui m'inonde de paix et me montre la voie...
À la fenêtre luit la promesse du jour
Annonçant avec lui le moment du retour...
J'ouvre un œil confiant pour qu'enfin je la voie.
Capusa
Ton sourire
J’ai porté ce sourire toute la journée, il m’a habillée et m’a embellie, il m’a accompagnée et m’a soutenue; je ne voulais plus m’en défaire, il était à mes côtés, là, à rayonner sans se forcer.
J’ai souri souvent, aujourd’hui, en pensant à toi, en pensant à nos paroles, en pensant que j’étais si privilégiée, oh combien chanceuse j’étais, de t’avoir rencontré, de t’avoir connu, et plus encore…
J’ai porté ce sourire toute la journée, c’est toi qui me l’a donné; ce matin, au réveil, tu étais mon premier rayon de soleil; j’ai commencé la journée, toute en gaieté, ton sourire indélébile, dans mes pensées.
Nashmia Noormohamed, 2016
Coccyvette
Je n'ai juste pas envie de me réveiller un beau matin
et me rendre compte que la moitié de ma vie m'a déjà filé entre les doigts,
que le temps de ma jeunesse est loin derrière moi,
et que pourtant, il y a déjà un bon nombre de choses que je regrette de ne pas avoir eu le courage de faire...
Je refuse de me trimbaler un sac de phrases-non dîtes par peur, d'occasions ratées, de projets non-aboutis, de rêves brisés en mille morceaux et de regrets en tout genre...
Et c'est pour cette raison que, chaque jour, je me force à me répéter que la vie est courte, fragile, incertaine, et que c'est pour cela qu'on ne peut se permettre d'en gâcher une seule seconde...
Je refuse de perdre mon temps avec des gens qui n'en valent pas la peine, je refuse d'avoir des doutes, d'être noyée sous les problèmes, de craindre le regard des autres, de trop penser au lendemain...
Je veux me réveiller un jour en constatant que la moitié de ma vie est derrière moi, certes, mais que j'ai gardé en mémoire un flot de souvenirs colorés, de visages chaleureux, de rires mélodieux...
Je veux sourire en y repensant, pouvoir me dire que je ne regrette rien et qu'il me reste encore un peu de temps pour accomplir d'autres choses, peut-être plus belles encore...
~ Lama Sangye Phel ~
