DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
- 1 février 2020 21:54
DES BEAUX TEXTES, DES BELLES PENSÉES, DES BEAUX MOTS, DES RÉCITS, DES POÉSIES, CITATIONS ET PROVERBES
1 février 2020 21:54

Capusa
Je veux voler l’éternité
Me l’apprivoiser en esclave
Cette impalpable ubiquité
La veux porter en laticlave
Je veux incarner le baroque
Être ce voleur de l’instant
Le dépeindre dans sa défroque
Fixer son goût inconsistant
Je veux faire exister l’odeur
Des souvenirs de nos tendresses
Et partager avec ferveur
Le flow de tes tendres adresses
Je veux l’existence future
De celui qui sait esquisser
Seul maître de sa tessiture
Des tableaux vivants éclissés
Je veux voler tous ces moments
Qui dans l’esthétique se perdent
Je les veux rendre résistants
À ces années qui nous emmerdent
(Kieran Wall)
Coccyvette
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté
Extrait de:
Poésies et vérités, 1942
FAE
RELIRE Cantos nuevos en castillan quel bonheur ! Grâce à vous, Ded, merci !
"Cantos nuevos
Federico García Lorca
Dice la tarde: “¡Tengo sed de sombra!”
Dice la luna: “¡Yo, sed de luceros!”
La fuente cristalina pide labios
y suspira el viento.
Yo tengo sed de aromas y de risas,
sed de cantares nuevos
sin lunas y sin lirios,
y sin amores muertos.
Un cantar de mañana que estremezca
a los remansos quietos
del porvenir. Y llene de esperanza
sus ondas y sus cienos.
Un cantar luminoso y reposado
pleno de pensamiento,
virginal de tristeza y de angustias
y virginal de ensueños.
Cantar sin carne lírica que llene
de risas el silencio
(una bandada de palomas ciegas
lanzadas al misterio).
Cantar que vaya al alma de las cosas
y al alma de los vientos
y que descanse al fin en la alegría
del corazón eterno."
F G L, 1920.
Capusa
C’est un joli p’tit coin d’automne
Perdu entre soleil et pluie
Un coin inventé par les dieux
Pour charmer les yeux, les oreilles
Des poètes et des amoureux
C’est un joli p’tit coin d’automne
Enivré de mélancolie
Où l’on ne voit d’autres personnes
Que celles et ceux qui lui pardonnent
De leur rappeler la nostalgie
D’un temps où les enfants s’étonnent
Devant les mystères de la vie
C’est un joli p’tit coin d’automne
Qui rappelle les baisers mouillés
Que s’échangeaient deux beaux enfants
À l’orée d’un bois incendié
Par les feux du soleil couchant
C’est un joli p’tit coin d’automne
Un coin d’enfance abandonnée
Par toutes ces nobles et grandes personnes
Qui ont perdu le goût de rêver
Et ne l’ont jamais retrouvé
Ni au jardin, ni au grenier.
- Jacques Higelin, Flâner entre les intervalles
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FAE
"Je m'en vais déclarant à chaque escale
Le permis de non-séjour
Inscrit sur les lignes de ma main
Je m'en vais emportant dans mon sac à dos
Le poids du monde
Car les ruelles de la traversée
Ont pris possession de mon corps
Je regarde demain avec les milliers d'empreintes
Qui peignent le fond de mon âme
Le chemin est encore loin
L'horizon n'est pas à nos pieds
Mais j'aime le chant des jours à venir
Et je suis partie tôt ce matin."
Poétesse, romancière et philosophe, Tanella BONI est née à Abidjan, en Côte d'Ivoire.
Prix Kourouma 2005, Prix Continental et Prix international de poésie Antonio Viccario 2009.
"Sa poésie est portée par un humanisme rempli d’amour et de compassion, mais elle ne craint pas de dénoncer aussi les oppressions et les violences, commises en particulier contre les femmes." (lesvoixdelapoesie.com)
