
Josephine22
Que le coup s'abatte tôt ou tard,
Que ce qui doit être soit,
Qu'on me donne la face de la terre
Et la route devant moi.
Je ne cherche richesse, espoir, amour,
Ni véritable Ami;
Tout ce que je cherche, c'est le ciel en haut
Et la route sous mes pas.
Ou bien que l'automne s'abatte sur moi
Dans les champs où je flâne,
L'automne qui rend muet l'oiseau sur l'arbre
Et mord les doigts bleuis.
Blanc comme fariné est le champ givré..
Chaud est le refuge de l'âtre..
Je ne céderai pas à l'automne,
Et même pas à l'hiver !
Que le coup s'abatte tôt ou tard,
Que ce qui doit être soit;
Qu'on me donne la face de la terre
Et la route devant moi.
Je ne veux richesse, espoir, ni amour,
Ni véritable ami;
Tout ce que je veux, c'est le ciel en haut
Et la route sous mes pas.
R.L. STEVENSON
lila
Pierre-Paul a écrit :
Il n'aurait fallu Louis Aragon
Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne
Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l'immensité
Des choses humaines
Moi qui frémissais
Toujours je ne sais
De quelle colère
Deux bras ont suffi
Pour faire à ma vie
Un grand collier d'air
Rien qu'un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frôle
Un souffle posé
Moins une rosée
Contre mon épaule
Un front qui s'appuie
A moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers
Un tendre jardin
Dans l'herbe où soudain
La verveine pousse
Et mon cœur défunt
Renaît au parfum
Qui fait l'ombre douce
UN DE MES POÈMES PRÉFÉRÉS
Merci Pierre-Paul
Pierre-Paul
Il n'aurait fallu Louis Aragon
Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne
Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l'immensité
Des choses humaines
Moi qui frémissais
Toujours je ne sais
De quelle colère
Deux bras ont suffi
Pour faire à ma vie
Un grand collier d'air
Rien qu'un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frôle
Un souffle posé
Moins une rosée
Contre mon épaule
Un front qui s'appuie
A moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers
Un tendre jardin
Dans l'herbe où soudain
La verveine pousse
Et mon cœur défunt
Renaît au parfum
Qui fait l'ombre douce
lila
LA VÉRITÉ
Guy BÉART
Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié
D'abord on le tue, puis on s'habitue
On lui coupe la langue on le dit fou à lier
Après sans problèmes, parle le deuxième
Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté.
J'affirme que l'on m'a proposé beaucoup d'argent
Pour vendre mes chances dans le Tour de France
Le Tour est un spectacle et plaît à beaucoup de gens
Et dans le spectacle, y'a pas de miracle
Le coureur a dit la vérité, il doit être exécuté.
À Chicago, un journaliste est mort dans la rue
Il fera silence sur tout ce qu'il pense
Pauvre Président, tous tes témoins ont disparu
En chœur ils se taisent, ils sont morts, les treize
Le témoin a dit la vérité, il doit être exécuté.
Le monde doit s'enivrer de discours pas de vin
Rester dans la ligne, suivre les consignes
À Moscou, un poète à l'Union des écrivains
Souffle dans la soupe où mange le groupe.
Le poète a dit la vérité, il doit être exécuté.
Combien d'hommes disparus qui un jour ont dit non
Dans la mort propice, leurs corps s'évanouissent
On se souvient ni de leurs yeux, ni de leur nom
Leurs mots qui demeurent chantent "juste" à l'heure.
L'inconnu a dit la vérité, il doit être exécuté.
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha
La foule sans tête était à la fête
Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas
C'est plus juste en somme d'abattre un seul homme.
Ce jeune homme a dit la vérité, il doit être exécuté.
Ce soir avec vous, j’ai enfreint la règle du jeu
J’ai enfreint la règle des moineaux, des aigles
Vous avez très peur pour moi, car vous savez que je
Risque vos murmures, vos tomates mûres
Ma chanson a dit la vérité, vous allez m'exécuter
Ma chanson a dit la vérité, vous allez m'exécuter.
lila
Avec ma gueule de métèque
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents
Avec mes yeux tout délavés
Qui me donnent l'air de rêver
(Moi qui ne rêve plus souvent)
Avec mes mains de maraudeur
De musicien et de rôdeur
Qui ont pillé tant de jardins
Avec ma bouche qui a bu
Qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim
Avec ma peau qui s'est frottée
Au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon
Avec (mon cœur qui a su faire)
Souffrir autant qu'il a souffert
Sans pour cela faire d'histoires
Avec mon âme qui n'a plus
La moindre chance de salut
(Pour éviter le purgatoire)
Je viendrai, ma douce captive
Mon âme sœur, ma source vive
Je viendrai boire tes 20 ans
Et je serai prince de sang
Rêveur ou bien adolescent
Comme il te plaira de choisir
Et nous ferons de chaque jour
(Toute une éternité d'amour)
Que nous vivrons à en mourir
Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d'amour
Que nous vivrons à en mourir
lila
La vieillesse par Georges Moustaki
Où et quand viendra-t-elle et comment sera-t-elle
En robe de velours ou vêtue de dentelle
Chargée de nostalgie ou porteuse d'ivresse
La vieillesse
Deviendrai-je un vieux singe un vieux fou un vieux con
Mandarin sclérosé radoteur ou bougon
Ou m'accordera-t-elle un peu de sa sagesse
La vieillesse
Viendra-t-elle comme une amie
Comme une dame aux cheveux blancs
À l'air paisible et souriant
Qui viendrait partager mes nuits
Ou comme l'ultime adversaire
Celle qui reste à vaincre encore
Avant de rencontrer la mort
Et de s'endormir sous la terre
Où et quand viendra-t-elle et comment sera-t-elle
En robe de velours ou vêtue de dentelle
Chargée de nostalgie ou porteuse d'ivresse
La vieillesse
Fera-t-elle de moi un sinistre dévot
Préoccupé de Dieu beaucoup plus qu'il ne faut
Ou me donnera-t-elle droit à la paresse
La vieillesse
Serai-je comme un arbre sec
Qui semble défier le temps
Et qui supporte bravement
Des coups de hache des coups de bec
Ou le vieux beau qui vieillit mal
Et regarde avec inquiétude
Son beau crâne qui se dénude
Et ses dents qui se font la mâle
Où et quand viendra-t-elle et comment sera-t-elle
En robe de velours ou vêtue de dentelle
Chargée de nostalgie ou porteuse d'ivresse
La vieillesse
Je dis qu'il est trop tôt mais je sais qu'il est tard
Je veux être un vieil homme sans être un vieillard
Et vivre chaque instant tout le temps que me laisse
La jeunesse
Josephine22
J'AI TOUJOURS ETE INTACT DE DIEU...
J'ai toujours été intact de Dieu, et c'est en pure perte que ses émissaires, ses commissaires, ses prêtres, ses directeurs de conscience, ses ingénieurs des âmes, ses maîtres à penser se sont évertués à me sauver.
Même tout petit, j'étais assez grand pour me sauver moi-même dès que je les voyais arriver.
Je savais où m'enfuir : les rues, et quand parfois ils parvenaient à me rejoindre,je n'avais pas besoin de secouer la tête, il me suffisait de les regarder pour dire non.
Parfois, pourtant, je leur répondais " C'est pas vrai !"
Et je m'en allais, là où ça me plaisait, là où il faisait beau même quand il pleuvait, et quand de temps à autre ils revenaient avec leurs trousseaux de mots-clés, leurs cadenas d'idées,
les explicateurs de l'inexplicable, les réfutateurs de l'irréfutable, les négateurs de l'indéniable,
je souriais et répètais : C'est pas vrai !" ..et "C'est vrai que c'est pas vrai !"
Et comme ils me foutaient zéro pour leurs menteries millénaires, je leur donnais en mille mes vérités premières.
CHOSES ET AUTRES
Jacques PREVERT..