
Josephine22
Tu sauras, mon petit Luc, que nous eûmes à déjeuner, du gros crabe tourteau, de la crevette rose,
des bigorneaux, des palourdes ruisselantes de leur eau fraßche ( les petites hußtres nous les mangeons à goûter), des rillettes- maison, des harengs-maison à peine salés, des petits mulets grillés,...Le reste, on s'en foutait pas mal. D'autant plus que le beurre salé coule à pleins bords.
COLETTE
en Bretagne
Josephine22
LE MOUSSE
Mousse : il est donc marin ton pĂšre ?...
PĂȘcheur, Perdu depuis longtemps,
En découchant d'avec ma MÚre,
Il a couché dans les brisants...
Maman lui garde au cimetiĂšre
Une tombe..et rien dedans...
C'est moi son mari sur la terre,
Pour gagner du pain aux enfants.
Deux petits._Alors, sur la plage,
Rien n'est revenu du naufrage ?...
_Son garde-pipe et son sabot...
La mĂšre pleure, le dimanche
Pour repos...Moi : j'ai ma revanche
Quand je serai grand _matelot !
Tristan CORBIERE
lila
Il y avait dans ce temps-lĂ de grands hivers, de brĂ»lants Ă©tĂ©s. J'ai connu, depuis, des Ă©tĂ©s dont la couleur, si je ferme les yeux, est celle de la terre ocreuse, fendillĂ©e entre les tiges du blĂ© et sous la gĂ©ante ombelle du panais sauvage, celle de la mer grise ou bleue. Mais aucun Ă©tĂ©, sauf ceux de mon enfance, ne commĂ©more le gĂ©ranium Ă©carlate et la hampe enflammĂ©e des digitales. Aucun hiver n'est plus d'un blanc pur Ă la base d'un ciel bourrĂ© de nues ardoisĂ©es, qui prĂ©sageaient une tempĂȘte de flocons plus Ă©pais, puis un dĂ©gel illuminĂ© de mille gouttes d'eau et de bourgeons lancĂ©olĂ©s⊠Ce ciel pesait sur le toit chargĂ© de neige des greniers Ă fourrages, le noyer nu, la girouette, et pliait les oreilles des chattes⊠La calme et verticale chute de neige devenait oblique, un faible ronflement de mer lointaine se levait sur ma tĂȘte encapuchonnĂ©e, tandis que j'arpentais le jardin, happant la neige volante⊠Avertie par ses antennes, ma mĂšre s'avançait sur la terrasse, goĂ»tait le temps, me jetait un cri:
â La bourrasque d'Ouest! Cours! Ferme les lucarnes du grenier !⊠La porte de la remise aux voitures !⊠Et la fenĂȘtre de la chambre du fond!
Mousse exaltĂ© du navire natal, je m'Ă©lançais, claquant des sabots, enthousiasmĂ©e si du fond de la mĂȘlĂ©e blanche et bleunoir, sifflante, un vif Ă©clair, un bref roulement de foudre, enfants d'Ouest et de fĂ©vrier, comblaient tous deux un des abĂźmes du ciel⊠Je tĂąchais de trembler, de croire Ă la fin du monde. Mais dans le pire du fracas ma mĂšre, l'Ćil sur une grosse loupe cerclĂ©e de cuivre, s'Ă©merveillait, comptant les cristaux ramifiĂ©s d'une poignĂ©e de neige, qu'elle venait de cueillir aux mains mĂȘme de l'Ouest ruĂ© sur notre jardinâŠ
lila
Josephine22 a écrit :
PREMIERE TREILLE MUSCATE
J'oubliais, c'est vrai de vous dire que la mer limite, continue, prolonge, ennoblit, enchante
cette parcelle d'un lumineux rivage, la mer que colore et pùlit, selon l'heure, l'astre qui s'élance à l'aube, d'un Est froid et bleu, pour périr le soir dans une écume de nues longues et légÚres d'un rose furieux.
C'est la mer qui fournit à la vigne ce sol friable et salé dont le cep se sustente mystérieusement.
C'est la mer qui m'a appelée ici.
Ici, je suis libre maintenant de vivre, si je veux, de mourir si je peux....
Sidonie Gabrielle COLETTE
Prisons et Paradis.
đ
Josephine22
PREMIERE TREILLE MUSCATE
J'oubliais, c'est vrai de vous dire que la mer limite, continue, prolonge, ennoblit, enchante
cette parcelle d'un lumineux rivage, la mer que colore et pùlit, selon l'heure, l'astre qui s'élance à l'aube, d'un Est froid et bleu, pour périr le soir dans une écume de nues longues et légÚres d'un rose furieux.
C'est la mer qui fournit à la vigne ce sol friable et salé dont le cep se sustente mystérieusement.
C'est la mer qui m'a appelée ici.
Ici, je suis libre maintenant de vivre, si je veux, de mourir si je peux....
Sidonie Gabrielle COLETTE
Prisons et Paradis.
Pierre-Paul
lila a écrit :
OĂ?
A Evry 91000
http://www.ec-dumas-evry.ac-versailles.fr/spip.php?article1008
https://www.google.com/maps/dir//%C3%89vry,+91000+%C3%89vry-Courcouronnes/@48.6358099,2.4535669,83m/data=!3m1!1e3!4m8!4m7!1m0!1m5!1m1!1s0x47e5de1eaa00cd73:0x2fc69a12a2793c39!2m2!1d2.441782!2d48.629828
Pierre-Paul
lila a écrit :
L'AFFICHE ROUGE
ARAGON
Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la priĂšre aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'Ă prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais Ă l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur Ă tous Bonheur Ă ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumiĂšre et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense Ă moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée Î mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frÚres pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre Ă en mourir
Jâen parle toujours lorsqu'en randonnĂ©e, je passe Ă cĂŽtĂ© du pont ou ils ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s
lila
lhuron a écrit :
LA ROUTE DES SAINTES MARIES .
Sur la route des Saintes Maries
Les raboins semblaient s'engueuler
Mais dans leur langue de Hongrie
Ce n'étaient que mots d'amitié
Les fleurs faisaient un peu gitanes
Et les gais enfants goudronnés
Disaient de tendres mots grossiers
Au bord de l'ombre des platanes
Nous allumĂąmes des chandelles
Quand la nuit stoppa le convoi
Et nous chantĂąmes pour notre roi
Des hermétiques bagatelles
Puis chacun boucla sa gueule
Mis Ă part on ne sait quel moustachu
Qu'on envoya choir dans une meule
Avec un grand coup de pied au cul
Pierre MAC ORLAN , chanson créée par Monique MORELLI .
đ
lila
Pierre Rabhi vient de nous quitter. Il aura marquĂ© son temps et dĂ©montrĂ© la force des idĂ©es â avec la sobriĂ©tĂ© heureuse â et la force de lâexemple par son Ćuvre au Burkina Fasso et dans sa ferme en ArdĂšche. LâagroĂ©cologie dont il fut le pionnier dĂ©passa largement le cadre de son action. Olivier de Schutter ancien rapporteur pour le droit Ă lâalimentation Ă lâONU, dĂ©crit lâagroĂ©cologie et le droit Ă lâalimentation « comme Ă©tant la bonne solution pour rĂ©soudre les problĂšmes de lâalimentation dans le monde. »
La sobriĂ©tĂ© heureuse promue par Pierre Rabhi ne consiste pas Ă se priver de ce qui nous rend heureux â ce serait absurde â mais Ă mieux comprendre ce qui procure une satisfaction vĂ©ritable et Ă ne plus ĂȘtre assoiffĂ© de ce qui engendre davantage de tourments que de bonheur. La crise Ă©cologique et climatique qui est le grand dĂ©fi du XXIe siĂšcle est en grande partie une crise du superflu. Un amĂ©ricain moyen produit deux cents fois plus de CO2 quâun Zambien et un Qatari deux mille cinq cents fois plus quâun Afghan.
« Le consommateur, nous dit Pierre Rabhi, est Ă lâĂ©vidence le rouage dâune machine qui produit toujours plus, afin que lâon consomme toujours plus [âŠ] La liste serait longue de tous les superflus qui ont prĂ©cipitĂ© lâhistoire dans les pires convulsions, au dĂ©triment du nĂ©cessaire. »
lhuron
LA ROUTE DES SAINTES MARIES .
Sur la route des Saintes Maries
Les raboins semblaient s'engueuler
Mais dans leur langue de Hongrie
Ce n'étaient que mots d'amitié
Les fleurs faisaient un peu gitanes
Et les gais enfants goudronnés
Disaient de tendres mots grossiers
Au bord de l'ombre des platanes
Nous allumĂąmes des chandelles
Quand la nuit stoppa le convoi
Et nous chantĂąmes pour notre roi
Des hermétiques bagatelles
Puis chacun boucla sa gueule
Mis Ă part on ne sait quel moustachu
Qu'on envoya choir dans une meule
Avec un grand coup de pied au cul
Pierre MAC ORLAN , chanson créée par Monique MORELLI .
