
nandocinqsix
lila a écrit :
Je garde la nostalgie de ces dégustations dans les crêperies bretonnes
.. alors revenez vous mettre à table devant la bolée de cidre et une galette de blé noir , après avoir galopé librement comme Colette sur la plages d'Erquy où elle a écrit "Le blé en herbe" ..
Foin de la nostalgie : l'envie constitue les prémices du plaisir , On vous attend en Armorique :
"Quand la Bretagne est douce, elle est très douce . Quand elle est rude, elle est sublime !"
a écrit François-René de Chateaubriand natif de Saint-Malo (1768-1848).
nandocinqsix
lila a écrit :
nandocinqsix,nous attendons avec impatience vos textes préférés
"Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage,
ou comme celui-là qui conquit la toison,
et puis est retourné, plein d'usage et raison,
vivre entre ses parents, le reste de son âge !
Quand reverrais-je hélas, de mon petit village
fumer la cheminée , et et en quelle saison
reverrais-je le clos de ma pauvre maison,
qui m'est une province et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'on bâti mes aïeux,
que des palais romains le front audacieux,
plus que le marbre dur me plait l'ardoise fine :
plus mon Loir gaulois que le Tibre latin,
plus mon petit Liré que le mont Palatin ,
et plus que l'air marin la douceur angevine ! "
Joachin Du Bellay (1522-1560)
que beaucoup d'entre nous ont appris par cœur, et que je cite de mémoire,
à l'exception de la ponctuation, qui aide à son appréciation .
Josephine22
COLETTE est une grand vivante. Pour la bien comprendre, pour la bien admettre, il ne faut pas le perdre de vue,et, rassuré, on s'attellera, plein d'enthousiasme, au char de ce dieu Dionysos femelle.
"J'ai faim !" crie Colette, comme elle criait tout à l'heure " J'ai soif" !
Débordante de vie, d'activité, elle resplendit de joie physique, serrant sur son coeur fort, tout ce qui palpite pour l'étreindre, pour l'écraser, pour en exprimer la moelle substantifique.
Puis, les mains en avant, elle va, elle va vers l'univers pour saisir encore et goûter à tout.
Entre-temps, passive, musarde, gourmette, elle croque des pommes et éventre des éclairs au chocolat.
"Pauline, je vais me trouver mal de faim !"
Claude Chauvière
COLETTE 1931
(Pauline était sa fidèle gouvernante-cuisinière.)
nandocinqsix
lhuron a écrit :
CHANSON DE L'APPRENTISSAGE .
Nous étions trois jolis garçons ,
tous les trois du même canton :
moi et Cadet , Cadet d'orly
plus Elmire de Bois Baudry .
On sortait de l'apprentissage:
moi , charpentier ,
l'autre , tonnelier
plus Elmire , qu'était sabotier.
Le jour du tir * à Jarvay
on était plus blanc que des navets !
que maudit soit ce sacré tirage
et son foutu numérotage ,
car en arborant nos numéros
il n' en avait qu'un bon dans le lot :
et c'est moi , qui l'eus en partage .
J'avais donc rencontré la chance
en tirant le bon numéro,
et je gueulais : " Vive l'indépendance!"
sur la route qui mène à Meaux
où je m'en allais à la cayenne *
prendre mon trousseau .
un anneau d'or* à mes oreilles !
J'étais Dévoirant * de la raccroche
la belle Fleur de Saint Cyr sur Morin ,
j'avais deux tunes dans mes poches ,
une belle canne dans mes mains ,
près de Troyes en Champagne
je fis la connaissance d'un gavot*
qui se prenait pour Charlemagne !
Je lui foutis ma canne sur le museau
je savais pas ce que j'avais gagné ...
dans la bonne ville de Toulon
je fus saisi par deux brasses -carrés *
et l'on m'embarqua pour la Chine
comme artilleur de marine .
Mon tour de France s'arrête là,
c'est devenu un tour du monde !
et puisqu'on dit que la terre est
c'est un tour qui ne finit pas
c'est le destin qu'est cause de ça
sinon je serais encore dans le paysage
en train de chanter sur un faîtage !
Il m'reste dans l'cœur une chanson
celle que je viens d'vous fair'entendre .
Elle a peut - être pas bonne façon
mais c'est tout d'même un'chanson tendre
quand j'tenais Margot par la main
sur le Pont de l'Archer , près du moulin .
Pierre MAC ORLAN créée par Monique MORELLI
LE TIR :
tirage au sort effectué par les jeunes d'une vingtaine d'années ,pour partir accomplir le service militaire ( 7 ans !). Celui qui tirait un bon numéro était exempté . Les gens fortunés avaient la possibilité de se " payer " un remplaçant .
LA CAYENNE :
la maison qui hébergeait les compagnons durant leur apprentissage.
UN ANNEAU D'OR :
l'apprentissage fini , e futur compagnon devait exécuter un chef d'œuvre , récompensé par un anneau d'or qui ornait chaque oreille .
DÉVOIRANT & GAVOT :
surnom quese donnaient les membres des 2 sociétés rivales des COMPAGNONS :
celle du DEVOIR : les DÉVOIRANTS
celle du TOUR DE FRANCE : les GAVOTS
Elles ont fusionné dans la deuxième moitié du XIX ème siècle . À noter que dans certaines réions , on dit encore : travailler comme un gavot , quand on " salope " le travail .
BRASSES - CARRÉS :
pour compléter les équipages de navires , la police des ports arrêtait tous les hommes valides et les embarquait de force .Comme le capitaine était seul maître à bord après DIEU ...
J'aime beaucoup cette chanson en souvenir de mon grand*père paternel , Compagnon du Devoir et du Tour de France , maître tailleur de pierres et maçon . Notre fille porte ses anneaux d'or en boucles d'oreille .
Bravo et merci pour ce témoignage en guise de belle reconnaissance !
lhuron
CHANSON DE L'APPRENTISSAGE .
Nous étions trois jolis garçons ,
tous les trois du même canton :
moi et Cadet , Cadet d'orly
plus Elmire de Bois Baudry .
On sortait de l'apprentissage:
moi , charpentier ,
l'autre , tonnelier
plus Elmire , qu'était sabotier.
Le jour du tir * à Jarvay
on était plus blanc que des navets !
que maudit soit ce sacré tirage
et son foutu numérotage ,
car en arborant nos numéros
il n' en avait qu'un bon dans le lot :
et c'est moi , qui l'eus en partage .
J'avais donc rencontré la chance
en tirant le bon numéro,
et je gueulais : " Vive l'indépendance!"
sur la route qui mène à Meaux
où je m'en allais à la cayenne *
prendre mon trousseau .
un anneau d'or* à mes oreilles !
J'étais Dévoirant * de la raccroche
la belle Fleur de Saint Cyr sur Morin ,
j'avais deux tunes dans mes poches ,
une belle canne dans mes mains ,
près de Troyes en Champagne
je fis la connaissance d'un gavot*
qui se prenait pour Charlemagne !
Je lui foutis ma canne sur le museau
je savais pas ce que j'avais gagné ...
dans la bonne ville de Toulon
je fus saisi par deux brasses -carrés *
et l'on m'embarqua pour la Chine
comme artilleur de marine .
Mon tour de France s'arrête là,
c'est devenu un tour du monde !
et puisqu'on dit que la terre est
c'est un tour qui ne finit pas
c'est le destin qu'est cause de ça
sinon je serais encore dans le paysage
en train de chanter sur un faîtage !
Il m'reste dans l'cœur une chanson
celle que je viens d'vous fair'entendre .
Elle a peut - être pas bonne façon
mais c'est tout d'même un'chanson tendre
quand j'tenais Margot par la main
sur le Pont de l'Archer , près du moulin .
Pierre MAC ORLAN créée par Monique MORELLI
LE TIR :
tirage au sort effectué par les jeunes d'une vingtaine d'années ,pour partir accomplir le service militaire ( 7 ans !). Celui qui tirait un bon numéro était exempté . Les gens fortunés avaient la possibilité de se " payer " un remplaçant .
LA CAYENNE :
la maison qui hébergeait les compagnons durant leur apprentissage.
UN ANNEAU D'OR :
l'apprentissage fini , e futur compagnon devait exécuter un chef d'œuvre , récompensé par un anneau d'or qui ornait chaque oreille .
DÉVOIRANT & GAVOT :
surnom quese donnaient les membres des 2 sociétés rivales des COMPAGNONS :
celle du DEVOIR : les DÉVOIRANTS
celle du TOUR DE FRANCE : les GAVOTS
Elles ont fusionné dans la deuxième moitié du XIX ème siècle . À noter que dans certaines réions , on dit encore : travailler comme un gavot , quand on " salope " le travail .
BRASSES - CARRÉS :
pour compléter les équipages de navires , la police des ports arrêtait tous les hommes valides et les embarquait de force .Comme le capitaine était seul maître à bord après DIEU ...
J'aime beaucoup cette chanson en souvenir de mon grand*père paternel , Compagnon du Devoir et du Tour de France , maître tailleur de pierres et maçon . Notre fille porte ses anneaux d'or en boucles d'oreille .
lila
ARAGON
"Les yeux d'Elsa"
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
A l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés
Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé
Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche
Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux
L'enfant accaparé par les belles images
Ecarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages
Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août
J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
O paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa
Josephine22
Une petite Bretonne glissante et muette, cheveux tirés, rubans quimperlais volant derrière elle,
surgit, les sourcils hauts, comme si nous l'avions éveillée d'un sommeil de cent ans.
Mais le thé la suit de près, et le cidre mousseux, et des crêpes brûlantes, dorées, et le parfait beurre salé, qui sous le couteau, crache des perles de petit-lait...
COLETTE
A portée de la main..1949
