
Josephine22
"J APPELLE POESIE CET ENVERS DU TEMPS"
Ces ténèbres aux yeux grands ouverts, ce domaine passionnel où je me perds,
ce soleil nocturne, ce chant maudit,aussi bien qui se meurt dans ma gorge
où sonnent à la volée les cloches de la provocation......."
"l'imaginaire beauté pareille à l'eau pure des sources perdues..."
Louis ARAGON
lila
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre ?
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.
J'ai tout appris de toi, comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.
Comme, au passant qui chante, on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre ?
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?
J'ai tout appris de toi, pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux.
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre ?
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste ?
Et pourtant, je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre ?
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?
lila
Ce matin, le monde entier s’est arrêté.
Vous savez pourquoi ?
Parce qu'un réservoir de 8 ans était vide.
Les garçons avaient déjà commencé leur journée d'école et les gens étaient à leurs bureaux et je m'apprêtais à partir travailler quand j'ai remarqué que mon fils était debout dans la salle de bain en train de s’essuyer le visage.
J’ai fait une pause et je lui ai demandé s'il allait bien.
Il a levé les yeux avec des larmes qui coulaient silencieusement sur son visage et a secoué sa tête.
Quand j'ai demandé si quelque chose été arrivé, il a encore secoué la tête.
Alors je me suis assise sur le côté de la baignoire et je l'ai tiré sur mes genoux.
Je lui ai dit que parfois nos réservoirs de cœur se sentent vides et qu'ils ont besoin d'être remplis.
Il a pleuré dans ma poitrine et je l’ai enlacé.
Je lui ai demandé s'il pouvait sentir mon amour le remplir ?
Il a fait un oui de la tête, et les larmes se sont arrêtées...
J’ai attendu une minute...
« Est-ce que mon amour a déjà atteint tes orteils ? »
Il a fait non de la tête...
Ok nous prendrons le temps dont tu as besoin.
Le travail n'a aucune importance pour le moment.
L’école n'est pas importante non plus.
Ceci est la chose la plus importante aujourd'hui, okay ? Je te remplis d’amour jusqu’à ras bord.
« Est-ce que c'est bon ? »
« Oui. »
Encore une minute de plus...
« Ton cœur est rempli d'amour de maman maintenant ? »
« Ouais... »
Je vois briller tes yeux, tu es rempli à ras bord et tu souris !
Vous tous vous n'avez peut-être pas 8 ans; vous avez 28 ans, 38, 48 ans ou peu importe ; mais nous sommes parfois tous vides en dedans.
Son week-end était si chargé et si plein et sa petite âme était juste sèche.
Nous devons tous faire une pause, et prendre un moment pour nous remplir de bonnes choses.
Écrire, faire une prière, profiter d’un rayon de soleil, écouter une chanson, rire, voir des amis, se faire des câlins.
Prenez un moment pour remplir votre réservoir.
C'est la partie la plus importante de votre journée !
Misty Starr Whittington Robertson
lila
La Camarde qui ne m'a jamais pardonné
D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez
Me poursuit d'un zèle imbécile
Alors cerné de près par les enterrements
J'ai cru bon de remettre à jour mon testament
De me payer un codicille
Trempe dans l'encre bleue du Golfe du Lion
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion
Et de ta plus belle écriture
Note ce qu'il faudrait qu'il advînt de mon corps
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord
Que sur un seul point, la rupture
Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon
Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson
Celles des titis, des grisettes
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée
Terminus en gare de Sète
Mon caveau de famille, hélas n'est pas tout neuf
Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf
Et d'ici que quelqu'un n'en sorte
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces braves gens "poussez-vous donc un peu"
Place aux jeunes en quelque sorte
Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus
Creusez si c'est possible un petit trou moelleux
Une bonne petite niche
Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins
Le long de cette grève où le sable est si fin
Sur la plage de la corniche
C'est une plage où même à ses moments furieux
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux
Où quand un bateau fait naufrage
Le capitaine crie "je suis le maître à bord"
Sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord
Chacun sa bonbonne et courage
Et c'est là que jadis à quinze ans révolus
À l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus
Je connus la prime amourette
Auprès d'une sirène, une femme-poisson
Je reçus de l'amour, la première leçon
Avalais la première arête
Déférence gardée envers Paul Valéry
Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris
Le bon maître me le pardonne
Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens
Mon cimetière soit plus marin que le sien
Et n'en déplaise aux autochtones
Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau
Ne donnera pas une ombre triste au tableau
Mais un charme indéfinissable
Les baigneuses s'en serviront de paravent
Pour changer de tenue et les petits enfants
Diront "chouette, un château de sable"
Est-ce trop demander sur mon petit lopin
Plantez, je vous en prie une espèce de pin
Pin parasol de préférence
Qui saura prémunir contre l'insolation
Les bons amis venus faire sur ma concession
D'affectueuses révérence
Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie
Tous chargés de parfums, de musiques jolies
Le Mistral et la Tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos
De villanelle, un jour, un jour de fandango
De tarentelle, de sardane
Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec moins que rien de costume
J'en demande pardon par avance à Jésus
Si l'ombre de ma croix s'y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur posthume
Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon
Pauvres cendres de conséquence
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances
lila
Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ que je me l'amputasse ! »
Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! »
Curieux : « de quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « ça, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Prévenant : « gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « l'animal seul, monsieur, qu'Aristophane
Appelle hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! »
Cavalier : « quoi, l'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau c'est vraiment très commode ! »
Emphatique : « aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
Dramatique : « c'est la Mer Rouge quand il saigne ! »
Admiratif : « pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « ce monument, quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue ! »
Campagnard : « hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! »
Militaire : « pointez contre cavalerie ! »
Pratique : « voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
—Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.
Edmond Rostand (1897)