
lila
Holidays, oh holidays
Câest lâavion qui descend du ciel
Et sous lâombre de son aile
Une ville passe
Que la terre est basse
Holidays
Holidays, oh holidays
Des églises et des HLM
Que fait-il le Dieu quâils aiment?
Qui vit dans lâespace
Que la terre est basse
Holidays
Holidays, oh holidays
De lâavion, lâombre prend la mer
La mer comme une préface
Avant le désert
Que la mer est basse
Holidays
Holidays, oh holidays
Tant de ciel et tant de nuages
Tu ne sais pas Ă ton Ăąge
Toi que la vie lasse
Que la mort est basse
Holidays
Holidays, oh holidays
Câest lâavion qui habite au ciel
Mais nâoublie pas, toi si belle
Les avions se cassent
Et la terre est basse
Holidays
lila
Le vase oĂč meurt cette verveine
Dâun coup dâĂ©ventail fut fĂȘlĂ© ;
Le coup dut lâeffleurer Ă peine :
Aucun bruit ne lâa rĂ©vĂ©lĂ©.
Mais la légÚre meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
Dâune marche invisible et sĂ»re
En a fait lentement le tour.
Son eau fraĂźche a fui goutte Ă goutte,
Le suc des fleurs sâest Ă©puisĂ© ;
Personne encore ne sâen doute ;
Nây touchez pas, il est brisĂ©.
Souvent aussi la main quâon aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-mĂȘme,
La fleur de son amour périt ;
Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croĂźtre et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisĂ©, nây touchez pas.
René-François Sully Prudhomme, Stances et poÚmes, 1865
lila
Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simples bagages
Ils ont fait la saison des amitiés sincÚres
La plus belle saison des quatre de la Terre
Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
Et la fidélité des oiseaux de passage
Dans leurs cĆurs est gravĂ©e une infinie tendresse
Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse
Alors, ils viennent se chauffer chez moi
Et toi aussi, tu viendras
Tu pourras repartir au fin fond des nuages
Et de nouveau sourire Ă bien dâautres visages
Donner autour de toi un peu de ta tendresse
Lorsquâun autre voudra te cacher sa tristesse
Comme lâon ne sait pas ce que la vie nous donne
Il se peut quâĂ mon tour je ne sois plus personne
Sâil me reste un ami qui vraiment me comprenne
Jâoublierai Ă la fois mes larmes et mes peines
Alors, peut-ĂȘtre je viendrai chez toi
Chauffer mon cĆur Ă ton bois
FRANĂOISE HARDY
lila
L'amour est une forteresse
Dont les murs sont faits de promesses
C'est lĂ que dorment les amants
Cachés de tout, cachés du temps
Et quand leurs lĂšvres se rejoignent
C'est tout l'univers qui s'éloigne
Autour le silence est parfait
Comme un instant d'éternité
Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants
L'amour est une forteresse
Dont les murs sont faits de tendresse
Aussi fins qu'un papier de soie
Mais qui ne se déchirent pas
La peau et la peau qui se touchent
Les mots qui naissent sur la bouche
Disent tout bas comme un secret
Qu'on peut tout prendre et tout donner
Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants
L'amour est une forteresse
Qu'il faut réinventer sans cesse
Pour qui oublie de la rĂȘver
Elle disparaĂźt Ă tout jamais
Si devant vous des amants passent
Quoi qu'ils se disent ou quoi qu'ils fassent
Ne vous posez pas de question
L'amour a toujours ses raisons
Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants
Tourne le, tourne le, tourne le temps
Tout autour des amants
FORTERESSE Michel FUGAIN
lila
Quel jour sommes-nous
Nous sommes tous les jours
Mon amie
Nous sommes toute la vie
Mon amour
Nous nous aimons et nous vivons
Nous vivons et nous nous aimons
Et nous ne savons pas ce que c'est que la vie
Et nous ne savons pas ce que c'est que le jour
Et nous ne savons pas ce que c'est que l'amour.
Jacques Prévert
CANDIDE
« Jâai dĂ©couvert par ma propre expĂ©rience, limitĂ©e, que le plus haut degrĂ© de sĂ©rĂ©nitĂ© intĂ©rieure naĂźt du dĂ©ploiement de lâamour et de la compassion. Plus nous nous soucions du bonheur des autres, plus notre sentiment de bien-ĂȘtre grandit. Le fait de cultiver une attitude de proximitĂ© chaleureux envers autrui calme automatiquement lâesprit. Cela contribue Ă dissiper les peurs et les incertitudes qui peuvent nous troubler, et nous donne la force de faire face Ă dâĂ©ventuels obstacles. Câest la source suprĂȘme de succĂšs dans la vie. » DalaĂ LAMA
CANDIDE
C'est intĂ©ressant de savoir qu'il peut y avoir une parole de rĂ©sistance, mĂȘme modeste. Ce qui m'amuse, c'est de mettre un peu de poĂ©sie dans l'Ă©crasante supĂ©rioritĂ© de l'image, Ă l'heure de l'Ă©crasante supĂ©rioritĂ© de la bĂȘtise. Il faut reconnaĂźtre qu'elle a pris des proportions inouĂŻes. Ce qui est dramatique, disait Camus, c'est que « la bĂȘtise insiste ». La poĂ©sie, la musique n'insistent pas.
Fabrice Luchini